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Comment les éditeurs ont donné à Amazon un bâton pour se faire battre

15/12/2011

Traduction partielle de How Publishers gave Amazon a stick to beat them with, reprenant lui-même un article de Charles Stross : Cutting their own throats. J’ai rajouté quelques liens hypertextes, pour des éléments sans doute moins familiers au lecteur français (en tout cas au moins moi-même…)

En désignant la reproduction d’ebooks (abusiv. : “piratage”) par les lecteurs comme ennemi public n°1, et en choisissant les DRM comme outil pour la combattre, les éditeurs se sont livrés pieds et points liés à Amazon, en rendant les utilisateurs de Kindle dépendant de l’écosystème du géant américain.
Voir en parallèle cet article concomitant du Monde.fr portant sur Apple et la presse
.

“Le goût des sociétés pour les DRM est dû à la peur du piratage des ebooks. Mais à côté de ce piratage, la plus grande menace autour des ebooks, pour ces six grands éditeurs [Big Six] s’appelle Amazon, et la focalisation idiote des Big Six sur les DRM dans les ebooks offre à Amazon  un bâton pour les battre plus fort.

[...]

Une grande partie de ce contrôle réside dans le Kindle, propriété d’Amazon, leader des readers [:-) ...].]. Stross explique que ce dispositif de DRM enferme de nombreux acheteurs d’ebooks à l’intérieur du système, étant donné qu’il est virtuellement impossible de lire des livres Kindle sur d’autres systèmes (sauf à utiliser le logiciel Kindle d’Amazon pour iPad, ou le Cloud Reader) sans acheter un nouvel exemplaire.

Si vous achetez un livre que vous ne pouvez lire que sur Kindle, vous allez naturellement être réticent à l’idée de migrer vers d’autres plates-formes de ebooks qui ne peuvent pas lire ces ebooks bridés pour Kindle — et encore plus réticents à l’idée d’acheter des ebooks sur des bases utilisant des DRM incompatibles

Les éditeurs — ainsi que certains auteurs, particulièrement ceux qui contrôlent la Authors Guild, qui s’est battue contre toute tentative de Google et d’autres pour ouvrir le marché des ebooks — ont été tellement obsédés par le piratage et le verrouillage de leurs produits, qu’ils ont permis à Amazon de prendre le contrôle de leur avenir (si ça vous rappelle quelque chose au sujet d’Apple et de l’industrie de la musique, ce n’est sans doute pas une coïncidence). Au lieu de rendre facile aux lecteurs le téléchargement des auteurs dont ils diffusent les oeuvres, sur différentes plates-formes, au lieu de leur permettre de les partager et de les copier, ils n’ont réussi qu’à permettre plus facilement  Amazon de les contrôler et de dominer ce secteur”.

—————————-

A l’occasion, je rendrai compte ici de mon utilisation du Kindle, acheté il y a un mois. Je ne me retrouve pas du tout dans cette description du “prisonnier d’un écosystème”. Mais l’article traite des éditeurs plus que des usagers, et en cela il reste — il me semble — pertinent.

Trouver les coordonnées géographiques de sa bibliothèque

24/11/2011

Depuis quelques jours l’ABES a intégré dans la description des bibliothèques universitaires françaises leurs coordonnées géographiques (latitude / longitude) dans le champ 202. Ces coordonnées ont été initialisées automatiquement en demandant à Google des coordonnées à partir de l’adresse postale. Mais comme Google n’a pas réponse à tout et que les adresses postales ne sont pas toutes facilement analysables (numéro de boîte, numéro de bâtiment sur un campus …), on se retrouve avec des bibliothèques au milieu des parkings des campus, ou dans la cour de la mairie.

Afin d’éviter d’avoir des bibliothèques localisées “bizarrement” le jour où l’ABES proposera un service basé sur ces localisations (c’est certainement déjà prévu) c’est le moment de mettre à jour les coordonnées de vos bâtiments. Mon coordinateur Sudoc m’a demandé de lui fournir les coordonnées de nos bibliothèques, si  ce n’est pas déjà fait chez vous, préparez vous !

Si vous ne connaissez pas les coordonnées de vos bibliothèques il est très simple de les trouver à partir de Google Maps. Il suffit de zoomer jusqu’à trouver votre bâtiment puis activer le menu contextuel à l’aide du clic droit :

Menu Google maps sur clic droit

Dans ce menu en choisissant l’option “Plus d’infos sur cet endroit”, la zone de recherche de Google Maps devrait être mise à jour de la manière suivante :Coordonnées de la BULes coordonnées sont sous la forme latitude,longitude (si vous êtes sur la côte ouest pensez au signe “-” pour la longitude) et correspondent respectivement au 202$a et 202$b de la fiche de bibliothèque (voir ce que donne une notice de bibliothèque sur idref en XML) il ne reste plus qu’à mettre à jour la fiche avec ces deux valeurs.

Recommandation numérique et désir mimétique

23/11/2011

Le modèle du désir mimétique développé par René Girard s’applique de manière assez satisfaisante aux outils de recommandation et de partage de liens qui prolifèrent sur Intefrnet.

René Girard (2007) - photo Vicq -Wikimedia

René Girard (2007) - Par Vicq (Travail personnel) (domaine public), via Wikimedia Commons

Une récente émission (14 novembre 2011) des Nouveaux chemins de la connaissance (sur France Culture) fut consacrée au premier livre de René Girard, Mensonge romantique et vérité romanesque.

Ecouter l’émission

René Girard a marqué l’histoire de la discipline anthropologique mais aussi quelques autres comme l’herméneutique des textes bibliques avec 3 thèmes majeurs interconnectées :

C’est en tout cas ce que j’en ai retenu…

Cette émission à lui consacrée porte sur le désir mimétique. Le début de l’émission illustre et explicite parfaitement ce concept, en rediffusant la première publicité Nespresso.

L’argumentaire (comme pour beaucoup d’autres pubs) en est le suivant : Georges Clowney aime ce café. Donc vous allez aimer ce café.

Pour aller plus loin : quoique Georges Clowney aime, vous l’aimerez.

De manière plus général, mon désir n’est pas motivé par la qualité ou l’attractivité de l’objet désiré, mais par le fait qu’un autre le désire lui aussi.

Quand l’objet du désir peut être possédé par les deux (comme c’est le cas dans le partage en ligne d’informations), il est simple médiateur du désir. Il reste un modèle.

Quand cet objet est indivisible (au hasard : quand deux personnes désirent un être humain), le médiateur devient rival.

Sans développer plus avant la théorie elle-même (pourquoi ne pas réécouter l’émission ?), il me semble que ça peut fonctionner assez bien pour les pratiques de partage de liens et de recommandations, que ce soit sous la forme de boutons Like, de publication de tweets ou de veille partagée.

Suivre la veille de quelqu’un ne consisterait pas tant à se tenir informé qu’à espérer, à terme, ressembler à celui-ci en l’imitant dans ses lectures.

Pour dire les choses d’une manière plus satisfaisante pour l’ego : une même information est jugée plus ou moins intéressante selon la personne qui nous l’a recommandée.

Je vous laisse méditer là-dessus :-)

La limite de cette théorie dans le monde de l’internet, c’est qu’elle s’adresse aux personnes imitatrices, pour leur apprendre à ouvrir les yeux. Mais elle ne fournit pas les techniques pour faire croître son influence, ou, plus exactement, pour devenir un meilleur médiateur (quelqu’un de plus désirable, en somme…).

Récupérer les couvertures des revues ScienceDirect pour son opac

18/11/2011

1. Constatation

De plus en plus d’opac affichent les pages de couvertures des monographies, généralement tirées d’Amazon, de Google Books ou d’Electre. Cet affichage est obtenu en générant une URL type de l’image, sur la base de l’ISBN.

Par exemple, pour afficher une image Amazon, on construit
http://images.amazon.com/images/P/{isbn10}.01._SSTHUM_.jpg

2. Frustration

A ma connaissance, il n’y a pas d’équivalent pour les revues, pas de base qui propose la même chose avec des ISSN. Du coup c’est toujours la même icône qui apparaît. C’est tristounet.

Sur de nombreuses plates-formes de revues, la notion même de couverture n’existe pas – c’est d’ailleurs assez logique, bien que dommage pour ceux qui veulent colorer leurs catalogues de bibliothèque.

Sur ScienceDirect, les revues ont une couverture. Mais on ne peut pas les appeler directement sur une URL du genre http://sciencedirect.com?issn=XXXX-XXXX.

<update>Suite à une info de @jsicot : on peut faire un lien profond vers les couvertures de ScienceDirect, sans toute la manip de récupération des images : l’URL est : http://www.extranet.elsevier.com/inca_covers_store/issn/XXXXXXXX.gif, où XXXXXXXX sont les 8 chiffres de l’ISSN (sans tiret)</update>

3. Résolution

En revanche Elsevier propose de télécharger l’ensemble des images et de les stocker sur son propre serveur.

Donc :

  1. vous allez sur cette page d’Elsevier
  2. vous récupérez les 11 fichiers compressés (.tar) qui contiennent les quelques milliers de revues. Ces 11 fichiers contiennent les couvertures classées par premier caractère de l’ISSN.
  3. vous décompressez tous ces fichiers dans un même et unique répertoire sur un serveur de chez vous.
    Par exemple dans un répertoire http://moncatalogue.univ.fr/sdirect_covers/
  4. vous constatez que les noms des images sont l’ISSN (papier) de la revue, sans le tiret, avec une extension de fichier .gif
  5. vous modifiez le modèle d’affichage de vos notices, de manière à ce que, pour les revues ScienceDirect, la notice appelle l’image sous la forme du template http://moncatalogue.univ.fr/sdirect_covers/{issn_sans_tiret}.gif

Ce genre d’enrichissement facilite la navigation (si la position change, ils savent au moins que c’est une couverture marron et noire).

J’ai cherché si d’autres plates-formes permettaient des liens profonds vers des images, ou leur téléchargement, mais je n’ai pas trouvé d’équivalent.

En connaissez-vous ?

4. Cas pratique : avec Primo

  1. Stocker les images dans un répertoire sur le même serveur que Primo (par exemple dans un sous-répertoire de /images, appelé “sdirect_covers”)
  2. Dans les règles de normalisation, utiliser un champ local pour y mettre l’ISSN sans tiret.
    Pour nous : dans la section addata, le champ lad05
    (en entrée : on prend l’ISSN, avec son tiret. Comme traitement :
    Replace Characters
    avec comme paramètre :
    -@@
    ce qui signifie : remplacer le tiret par rien du tout)
  3. Aller dans Mapping Tables > table Templates
    Ajouter une nouvelle ligne appelée (par exemple) : sdirect_thumb, avec comme valeur :
    /primo_library/libweb/images/sdirect_covers/{{addata/lad05}}.gif
  4. Dans les règles de normalisation, section links/thumbnail, rajouter une règle sur le même modèle que celles existantes  ($$Tamazon_thumb) avec comme variable $$Tsdirect_thumb

Ce qui donne :

Il me semble que l’intérêt n’est pas que esthétique. J’ai l’impression que les chercheurs aiment avoir des points de repère dans leurs recherches visant à l’économie de moyens (comme tout le monde !), et aiment savoir que quand ils cherchent “european journal” la revue qui les intéresse est toujours en 3e position.

Biblioblogs : le clown, le masque et la plume

17/11/2011

[-où l'auteur prouve qu'il peut être long, ennuyeux et bavard sans être technique
-où il profite de l'arrivée d'un tout nouveau biblioblog pour se permettre des commentaires sur le sien
- où, infidèle aux frères Wachowski,  il témoigne de son goût pour les chroniques d'Alexandre Vialatte et les dessins d'animation 3D Pixar, au détriment des productions Disney, des conférences philosophiques et des thèses sociologiques
- où le Diable est le tout autre, au détriment même de Dieu
- et où, au final, personne n'est démasqué
- grandeur consécutive d'Allah]

Faisons les présentations

Quatre blogs humoristiques, quatre pseudonymes, quatre masques :

Le pseudonymat dans la biblioblogosphère a vécu. Peu s’en servent désormais. Et même en revenant quelques années en arrière, il est difficile de comprendre, autrement qu’en invoquant le choix personnel de chaque blogueur, pourquoi l’un s’en servait, et un autre non. Une constante pourtant : sur les blogs de type parodique ou humoristique, les auteurs prennent un pseudonyme.

Bien sûr qu’il ne s’agit pas de ça, bien sûr qu’il ne s’agit pas de risque.

Entre gens sérieux, la pitrerie est spirituelle

Il y a dans l’utilisation du pseudonyme, dans notre petit milieu de bibliothécaire, quelque chose qui relève du jeu littéraire.

L’apparition du tout dernier de ces biblioblogs, Notorious Bib illustre une des tendances littéraires sous-jacentes à cette (im)posture.

Sur les 4 biblioblogs humoristiques, tous sont masqués. Donc créer un biblioblog pour faire rire, manifestement, « impose » à son/leurs auteur(s) d’adopter un masque.

La figure qu’il y a là derrière, c’est bien évidemment celle du clown, le clown maquillé au point d’être masqué. Et c’est plus ou moins ce rôle que décide d’assumer le blogueur pour son public (la communauté des lecteurs de biblioblogs).

Ceci est d’autant plus vrai que le pseudonyme choisi se signale comme pseudonyme (ce n’est pas un faux nom) :

  • Melvil Dewey et Jean-Philippe Rameau (pour Couv. ill. en coul.)
  • MisterPamp (Notorious Bib)
  • Le diable (des bibliothèques)

Donc choisir de mettre un masque est particulièrement adapté quand on a le projet de faire rire, et ce d’abord par le choix du masque lui-même, qui participe à ce projet.

avatar TwitterPour ma part, j’ai conservé depuis le début le même avatar Twitter, contrairement à beaucoup d’autres, parce que j’y trouvais une forme de perfection, dont pas d’humour, mais au moins d’esprit :

Le rat (de bibliothèque), écrasé (ratatouille), crie “geeeek“.

La cohérence est trop savoureuse pour que j’en change. Le choix du masque est un plaisir en soi, et ce seul plaisir peut valoir justification.

L’avatar de N0T0Ri0US BiB, c’est le pamplemousse (pour MisterPamp[lemousse], c’est assez logique). Acide et sucré ?

Mon clown et moi : double vie ?

Mais pour en revenir à la figure du clown, elle permet plusieurs choses :

  • Affronter le risque de ne pas réussir à faire rire
    On a vu sur Twitter de nombreuses critiques sur les définitions du Dictionnaire du Diable. Il me semble que ces critiques étaient d’autant plus faciles à exprimer (et à recevoir) que les auteurs étaient inconnus.
  • Laisser tomber le masque le reste du temps
    J’ai ainsi connu quelqu’un dont les textes étaient assez drôles, mais qui paraissait sinistre, en vrai.
    Souvenez-vous aussi de la difficulté d’être clown plutôt que d’en faire un métier : cf. dans Nemo, le poisson-clown obligé de raconter des blagues
  • D’une certaine manière, permettre aisément à quiconque d’endosser ce rôle pour les textes publiés.
    Les textes et l’humour qu’ils véhiculent se diffuse peut-être mieux en étant moins signé.

Ce dernier point sera peut-être plus clair en évoquant deux textes qui ont circulé il y a quelques années :

Ces deux textes ont circulé souvent avec une absence de paternité (surtout pour le premier), ou avec une réappropriation par le diffuseur (qui, en faisant connaître le texte, en assumait l’expérience – je vous renvoie aux autres versions qu’on peut trouver sur Google de cette anecdote de botte d’enfant).

Le texte drôle circule mieux quand il n’a pas d’état civil clairement établi. Il devient creative commons. Les répliques des comédies sont reprises à l’envi dans les cours d’école, bien plus spontanément que celles des autres films.

Encore un monde parallèle

Le discours humoristique, cela se vérifie pour les 4 blogs mentionnés, agit en parallèle au monde réel. Il n’a pas d’action directe sur l’activité des bibliothécaires auxquels il s’adresse, pourtant il tisse un réseau propre, une connivence, qui vient doubler celle qui existe déjà (sur Twitter, Facebook, mais aussi Sucat ou même de visu). Cette connivence (« as-tu lu le dernier billet de Notorious Bib ? ») n’a pas d’existence en-dehors du blog lui-même et de son lectorat.

Et c’est ce réseau parallèle qui justifie lui aussi le choix d’une identité parallèle.

Il est intéressant, pour finir, de noter la contrainte liée à ce choix : un peu trop jeune pour m’en souvenir, j’ignore quelles furent les réactions quand Coluche fit mine de se lancer dans la politique. Quoi qu’il en soit, il est difficile ensuite à la signature du clown de signaler d’autres textes qu’humoristiques et parodiques. Sa légitimité est acquise dans ce domaine, mais pour les autres son identité est tout à reconstruire. Pour ma part, j’ai ainsi trouvé curieux, voire gênant, que le @dicodudiable (compte Twitter) ait émis pendant quelque temps d’autres tweets que ceux initialement prévus au programme (les définitions décalées). C’était gênant parce que la nature du message était brouillée : à quel titre parlait-il.

Autres pistes

J’ai été rassuré, en rédigeant ce billet, de rejoindre (à ma mesure !) les réflexions de Bergson sur Le Rire (consulté grâce à Publie.net, merci à eux d’exister !). Se trouvent en effet au chapitre I plusieurs passages qui font écho à ce qui précèdent, en ne limitant pas le masque comique à la seule figure du clown (la comédie grecque aurait pu être invoquée également) : un des effets comiques majeurs, c’est du mécanique plaqué sur du vivant :

“Suivons donc cette logique de l’imaginaire dans le cas particulier qui nous occupe. Un homme qui se déguise est comique. Un homme qu’on croirait déguisé est comique encore. Par extension, tout déguisement va devenir comique, non pas seulement celui de l’homme, mais celui de la société également, et même celui de la nature. “
“Revenons donc une dernière fois à notre image centrale : du mécanique plaqué sur du vivant. L’être vivant dont il s’agissait ici était un être humain, une personne. Le dispositif mécanique est au contraire une chose. Ce qui faisait donc rire, c’était la transfiguration momentanée d’une personne en chose, si l’on veut regarder l’image par ce biais. [...] Nous rions toutes les fois qu’une personne nous donne l’impression d’une chose.”
“[...] les clowns allaient, venaient, se cognaient, tombaient et rebondissaient selon un rythme uniformément accéléré, avec la visible préoccupation de ménager un crescendo. Et de plus en plus, c’était sur le rebondissement que l’attention du public était attirée. Peu à peu on perdait de vue qu’on eût affaire à des hommes en chair et en os. “

Autre lecture que je n’ai fait que survoler car je n’y ai pas trouvé le volet “clownesque” que j’espérais : la thèse de doctorat
MARCIENNE (M.), Les constructions identitaires du sujet à travers la mise en place de pseudonymes et l’émergence d’un nouveau code langagier via l’outil Internet [En ligne]. [s.l.] : [s.n.], [s.d.]. Disponible sur : < http://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00484359/fr/ > (consulté le 16 novembre 2011).
La thèse est centrée sur la notion d’identité double, ce qui ne me contredit pas, mais n’apporte pas d’élément complémentaire à mon moulin.

Enfin, j’ai très peu parlé des avatars, mais il est certain que, choisis consciencieusement, ils disent quelque chose de leur propriétaire davantage qu’une simple photo, et là encore participent au projet de création. Son usage nous ramène donc à la pratique de la représentation par attributs plus que par ressemblance, démarche de figuration généralisée au Moyen âge, où les attributs disent suffisamment de la personne pour n’avoir pas besoin de ressemblance.

Otton III - Enluminure de l'abbaye de Reichenau (Évangéliaire d'Otton III, v. 1000, Bayerische Staatsbibliothek, Munich) - image Wikimedia

Louis de France, duc de Bourgogne - par Hyacinthe Rigaud - conservé au Château de Versailles, 1er étage - Grand appartement du Roi : Salon de l

Astuce Primo : accès aux ressources en ligne

27/10/2011

Nativement, accéder aux ressources électroniques depuis une interface Primo n’est pas très ergonomique, pour la v2 comme pour la v3.
[par "ergonomique", de manière générale, je veux dire : qui correspond à la manière habituelle de naviguer des internautes. Quelque chose de trop particulier -- comme Google Wave en son temps -- nécessite une excessive adaptation aux spécificités de l'outil, qui risque de décourager les utilisateurs]

Regardez par exemple une notice de revue en ligne depuis la DiscoverLibrary de l’Université Vanderbilt.

Sous les 3 lignes de la notice abrégée, est ajouté “Full text available“. Il faut ensuite cliquer sur l’onglet “Online Resource”.
Apparaît alors, dans un iframe (avec ascenseur spécifique), la revue encapsulée, avec un discret lienOpen source in a new window” juste sous le titre de l’onglet.

L’affichage encapsulé, qui réduit les dimensions et rajoute un ascenseur à celui existant, n’est pas confortable. Et je doute par ailleurs que tous les lecteurs voient le lien sous l’onglet permettant d’ouvrir la ressource hors de Primo.

Donc il nous a paru préférable

  1. de faire remonter l’URL dans la notice abrégée
    (puisque c’est l’information que les internautes cherchent en priorité)
  2. de masquer l’onglet “Online Resource”

Pour le deuxième objectif, c’est simple : ça dépend des CSS où il suffit de mettre l’onglet en display: none (on en a profité pour que la hauteur des onglets, quand on les déplie, soit désormais automatique : elle devait être limitée à cause de l’affichage des revues dans l’iframe. Quand il n’y a plus à afficher que des notices détaillées, la hauteur n’est jamais excessive).

Pour faire apparaître un lien vers la revue depuis la notice abrégée

On n’a droit qu’à trois lignes dans la notice détaillée. Donc : 1)  Titre ; 2) Fournisseur ; 3) Etat de collection. Il n’est pas “autorisé” de rajouter une 4e ligne. En revanche chaque ligne peut être composée de plusieurs éléments de la notice.

Il faut donc que la troisième soit composée de

  • Etat de collection
  • saut de ligne <br/>
  • Lien vers la ressource (avec un attribut class permettant de gérer la couleur et la petite icône devant le lien)

1. création du champ local

J’ai utilisé un champ local display/lds15, qui récupère le lien vers la ressource (déjà stocké dans links/linktorsc) et le retraite.

En effet le lien tel que stocké dans linktorsc ressemble à ceci :

$$Uhttp://proxy.unice.fr/login?url=http://www.sciencedirect.com/science/journal/00129593$$DAccès en ligne

Il faut donc enlever le début et la fin, et mettre à la place les balises HTML qui permettront d’afficher le lien “En ligne” :

Et ça donne :

<br/><a href="http://proxy.unice.fr/login?url=http://www.sciencedirect.com/science/journal/00129593">En ligne</a>

2. affichage dans la notice détaillée

Dans les paramètres de la vue, Brief Display, la 3e ligne est composée des éléments suivants (jamais tous présents dans une même notice) :

L’éditeur (Publisher) est commun aux revues et aux livres. Le “Creation Date” n’existe que pour les monographies. Le champ lds08 est l’état de collection pour les revues, dans un affichage personnalisé distinct de celui qui apparaît dans la notice détaillée. Le dernier, je viens d’en parler.

NB : de temps en temps, la mise à jour de Primo fait sauter la possibilité d’ajouter des balises HTML dans les champs des notices XML. Il vaut mieux tester prudemment, et éventuellement attendre une correction si cette possibilité saute temporairement (ce qui est déjà arrivé deux fois).

Interface mobile

25/10/2011

Nous sommes en train de mettre en place et de déployer une interface mobile du catalogue public (feuilles CSS spécifiques pour une version allégée) — l’occasion de se poser pas mal de questions.

NCSU Mobile catalog - photoContenu contre service

D’abord, la possibilité d’un accès mobile me semble donner une plus grande force à la perception du catalogue non plus comme la mise à disposition d’un contenu (les collections de la bibliothèque) mais bien comme un service.

Ma réflexion sur ce point n’est pas forcément pleine de subtiles nuances, donc je vais l’éclairer simplement :

  • un catalogue comme contenu, c’est dire au lecteur : “Venez voir notre nouvelle interface, qui signale 250.000 livres, 10.000 revues et 20.000 revues en ligne, sans compter les CD et les DVD”.
  • un catalogue comme service : “Vous cherchez cet ouvrage ? Nous l’avons — et si nous ne l’avons pas, nous le ferons venir dans les 10 jours — et si nous n’y parvenons pas nous l’achèterons — ou alors nous vous proposerons des documents alternatifs”
    Bref, tout sauf : “Dites-nous ce qui vous manque, nous vous expliquerons comment vous en passer.”

Et donc vanter le catalogue sur des affiches présentes dans les rayons, c’est s’adresser à un lecteur qui a décidé de ne pas passer par le catalogue.
(certes, ceux qui passent par le catalogue devraient aussi finir par arriver dans les rayons, mais c’est là une preuve rare d’optimisme : logiquement le catalogue est là pour décourager ceux qui souhaitent accéder aux collections ;-) )

C’est donc supposer que les rayons le laissent frustré, pour lui proposer d’atténuer sa frustration. Quelle est-elle ? Il ne trouve pas le document tant espéré. Donc on peut :

  • lui signaler que le document est peut-être dans le rayon d’à côté
  • qu’il est peut-être dans une autre BU de l’Université
  • qu’il est peut-être dans une autre BU de France et/ou de Navarre
  • qu’il est peut-être en ligne
  • qu’il est peut-être emprunté, donc réservable
  • que lui-même (le lecteur) peut appeler à l’aide, mais pas trop fort, via un service de chat
  • etc.

Bref, il s’agit non pas de lui dire qu’on lui propose une version mobile du catalogue, mais bien un service convenant à sa situation.

Il me semble qu’il est plus facile de se poser la question du service pour l’interface mobile que pour l’interface classique : la mise en place de celle-ci, c’est un lien dans un menu. Tout est dans ce lien (que l’on peut nommer “Trouver des livres” plutôt que “Catalogue”, mais sans que ça aille très loin).

Cela dit il faut espérer que ça nous donnera tout de même des idées pour la suite, y compris dans notre “approche” du catalogue web.

QR codes : méthodologie statistique

Les QR codes, c’est entendu, c’est encore un truc de geek. Il paraît. Mais comme c’est un truc qui n’est pas spécifique aux bibliothèques, au moins on se trompera ensemble, ce sera moins triste (les bibliothèques ont tellement d’outils qui leur sont particuliers…). Quoi qu’il en soit on va essayer de proposer aux lecteurs l’accès au catalogue avec une URL courte (http://catalogue.unice.fr/m redirigeant vers la vraie URL) et avec un QR code.QR Code vers l'opac du SCD de Nice

Et l’URL cryptée dans le QR code va contenir le nom de la bibliothèque où le lecteur l’a trouvé, dans un paramètre dont l’opac ne va absolument pas tenir compte (un rajout du type &origine=bu_sciences en fin d’URL), mais qui permettra ensuite de faire des statistiques d’accès par lieu/population suivant un procédé dont j’ai déjà parlé.

Il est tout à fait possible d’ailleurs que ces stats ne révèlent rien du tout, ne nous disent pas qu’en BU Lettres les QR codes sont plus utilisés qu’en BU Sciences (proportionnellement à la population desservie, etc.). Mais ça vaut le coup d’essayer. Pour peu que chaque BU imagine une mise en avant de ces QR codes (différence dans les supports : signalétique, marque-pages, guides du lecteur, etc. — mais aussi différence dans le message sur le contenu/service), on pourra peut-être voir aussi quel angle promotionnel fonctionne ou pas.

Les applications

Appli iPhone de l'UNS - photoSurtout, la mise en place de cette version mobile est pour moi l’occasion de constater avec un immense effarement et une grande honte que je n’y connais rien côté applications :

  • expérimentations
  • usages
  • attentes
  • stratégie
  • technologies

à un point qui me glace.

Donc je connais désormais un des dossiers qui vont bien m’occuper dans les mois à venir. La biblio-webographie est heureusement abondante.

Tout de même, il me semble avoir déjà compris (mais corrigez-moi si je me trompe) que si la mise en place d’une application mobile peut donner l’illusion de prendre une part active à la dissémination (être “là où sont les utilisateurs” c’est donc être sur leurs mobiles), en réalité on reproduit exactement la situation des sites web : d’abord créer son appli Bibliothèque à soi pour la proposer aux lecteurs, comme on crée un site web à soi.

Mais dans l’internet mobile d’aujourd’hui, que sont LibX ou les résolveurs OpenURL ?

Rien ? je tremble.
Rien encore ? je ne sais…

Bon, si on est sur Facebook, on sera aussi dans l’appli Facebook #ouf
Idem pour Foursquare.

La question ne doit pas être : dans l’internet mobile, quelle est la place d’une bibliothèque. Mais bien : de quoi l’usager a-t-il besoin, sur les questions d’accès au document, de manipulation de l’information et de la documentation ? De quels services et de quelles ressources ?
Peut-être l’internet mobile est-il l’occasion de commencer par la dissémination et se poser ensuite la question d’une application propre, plutôt que l’inverse ? — histoire de prendre à revers la démarche que nous avons eu sur le web ?

RSS : suite et…

13/10/2011

Après quelques retours de lectures trop rapides sur le précédent article, il me semble urgent d’apporter des précisions (qui pourtant sont déjà dans ledit billet, mais bon…).

Je n’ai jamais dit que le RSS allait disparaître

Je n’ai d’ailleurs jamais dit non plus qu’il n’allait pas disparaître… En tout cas, je pense et veux penser qu’il va continuer d’exister un bout de temps encore.

En revanche, plusieurs signes manifestes (ce qui est l’intérêt des signes : ils sont manifestes, généralement) montrent que le RSS continue d’exister tout en se faisant moins visible. Il a été très présent sur de nombreux sites pendant ces dernières années, et sont plus discrets. Il semble que les acteurs qui manipulent du RSS renoncent à l’idée de le faire adopter par le plus grand nombre. Il va disparaître en visibilité mais devrait persister en tant qu’être ;-) .

Ce qui, pour un professionnel de l’information, peut être vécu très négativement : le RSS est un outil formidable, et il va être encore plus difficile de le “vendre” à nos collègues et publics (à moins de renoncer complètement à le faire).

Pour ne pas être tout à fait pessimiste, j’ai voulu suggérer un point potentiellement positif : le repositionnement du RSS vers des publics bien formés peut aussi être innovant. Après tout, en matière d’affichage de lux RSS, on n’a pas tellement inventé entre Netvibes et Google Reader :  des listes et des carrés… (alors que du côté des favoris en ligne, Pearltrees a proposé une navigation intéressante, même si pas adaptée à tout le monde et à tous les contextes).

Il paraît qu’un ingénieur Google a précisé que la disparition de Google Reader de la navbar serait définitive… On peut sourire de la notion de choix définitif dans le monde du web — et on aura raison. Donc tout peut s’inverser aussi, et mon billet était plein d’hypothèses et de déductions, et non de prophéties.

Une dernière précision : concernant l’alimentation des pages Facebook avec RSS, c’était une application native de Facebook qui fonctionnait extrêmement mal, permettant (théoriquement) d’alimenter une page Facebook (je ne parle pas du mur d’un profil) avec un un flux RSS. Ceux qui ont voulu l’utiliser se sont rapidement rabattus sur Graffiti. Toujours est-il que Facebook a l’intention de lâcher sa propre application (une appli, c’est de la maintenance, du suivi, tout ça).

Ca ne change rien d’un point de vue technique tant que Graffiti existe, et compte tenu du fait que personne ne pouvait se satisfaire de l’appli Facebook. Mais elle entrait dans une démarche commune d’un ensemble d’acteurs du web (rien moins que Google, Twitter, Mozilla, la presse en ligne – et, donc, Facebook), et c’est en cela que je l’ai intégrée à ma réflexion. Mais en soi elle ne va pas changer grand chose aux usages.

Je ne sais pas si par le présent billet j’ai rassuré qui que ce soit, mais j’espère avoir évacué les problèmes de compréhension partielle.

Vers la fin du RSS ?

11/10/2011

Davidolib signalait hier que Facebook a l’intention d’interrompre la possibilité d’ajouter des articles par import de flux RSS sur les pages à partir du 31 octobre.

De manière générale, l’interopérabilité de Facebook avec d’autres outils est très orientée. Ainsi, on peut exporter des événements au format iCal, mais je n’ai jamais réussi à y faire entrer un flux d’agenda Google…

Mais tout de même, plusieurs constatations concordent :

  • Firefox a retiré son icône RSS de la barre d’URL
    pourtant on peut toujours “personnaliser” la barre d’outil pour y remettre cette icône
  • Twitter a viré le lien “RSS” sur la page d’un profil
    pourtant les flux continuent d’exister — juste, il faut les chercher trouver

  • Google annonce que Google Reader va disparaître de la barre de navigation depuis Gmail
    mais on pourra toujours y accéder en cliquant sur le lien “Encore plus” . Aimablement, Google invite ceux que ça perturberait à se rajouter un favori Google Reader dans leur navigateur…
  • Récemment, j’ai échoué à trouver sur la page d’accueil du Monde.fr le lien vers la liste de tous les flux. Cette page existe-t-elle encore seulement ? [update : en fait oui - et d'ailleurs cette page n'est pas maintenue... cf. la référence à Firefox 2.0]
    Pourtant tous les flux existent toujours

Si j’en crois l’article Wikipedia, le format RSS date de 1999. Personnellement, j’en ai entendu parler en 2004-2005, et à l’époque très peu de bibliothèques diffusaient du RSS ou l’intégrait dans leurs portail. L’obsession (en bibliothèque) de passer au RSS, que ce soit pour diffuser des actualités ou dans l’espoir de le proposer à toute recherche dans le catalogue, daterait de 2006-2011 (c’est encore vrai aujourd’hui).

Il me semble la période glorieuse du RSS n’est pas celle où il était partout et était utilisé par tout le monde, mais celle où on croyait que ce serait bientôt le cas.

Facebook, Twitter, Google, Firefox ont cessé d’y croire.

Le premier signe fut sans doute le fait que Chrome (fin 2008), contrairement à Firefox, Internet Explorer (7) ou Opera, ne propose pas de feuille stylée pour l’affichage d’un flux RSS : “C’est du XML et débrouille-toi avec. Si tu es intéressé par les flux RSS, alors tu es quelqu’un que le XML ne rebute pas”.

Et donc ?

Les flux RSS, pour l’instant, existent toujours. Mais ils sont mis en retrait au profit d’autres informations connexes au contenu.

Aujourd’hui, ce qu’un internaute attend prioritairement sur une page web, ce n’est pas une icône RSS, c’est

Soyons plus honnêtes : les internautes n’ont jamais cherché l’icône . Aujourd’hui, l’actualité est partagée sur Facebook et Twitter, et c’est ainsi qu’ils se tiennent informés.

Quant à nos formations aux bases de données, aux catalogues — le flux RSS d’une recherche Pubmed… Je sais qu’en formation, il y a toujours des étudiants pour s’illuminer à cette découverte. Mais les autres assurent que, de toute façon, quand quelque chose d’important ou d’intéressant est publié, ils en sont informés par les collègues, par les bruits de couloir (la curation et la recommandation existent aussi IRL), par les quelques revues qu’ils lisent ou parcourent systématiquement.

Le RSS n’est pas pour eux, et son invisibilité croissante ne va pas y aider.

Vers une fin du RSS grand public

Le RSS n’a jamais été “grand public”. Ce qui est (presque) nouveau, c’est qu’on y renonce, apparemment définitivement, après 12 ans de succès très mitigé.

En revanche le RSS reste tout à fait pertinent pour certaines communautés d’utilisateurs — dont, naturellement, les professionnels de l’information :

  • d’abord parce qu’on aime que les choses soient bien faites. Il y a quelques années encore, on formait proprement nos étudiants à faire une belle recherche documentaire méthodique.
    Aujourd’hui, on a envie de faire une belle veille systématique, et de ne pas dépendre d’aléatoires bruits de couloir.
  • ensuite parce que nous sommes obligés de nous tenir au courant de l’actualité de communautés dont nous ne faisons pas toujours partie : communauté des chercheur, collectivité locale (oui, on en fait partie — mais parfois ils l’oublient, eux).

En terme d’outil, quid de Google Reader ou Netvibes ? Google Reader ne va plus être mis en avant comme un outil tous publics (comme c’est le cas de Gmail, Google Docs). Mais Google développe de nombreux outils destinés aux développeurs : vous ne trouverez jamais dans la navbar Google un lien vers les Google Charts Tools, si utiles pourtant.

Cela ne signifie pas forcément la fin du RSS et la fin de tout : les cartes heuristiques n’intéressent potentiellement qu’une petite portion des internautes (et oui, on aimerait tant que ce soit pris en main par un beaucoup plus grand nombre), de même que Pearltrees. Ça n’empêche pas les outils de continuer d’exister.

Je veux donc par principe être optimiste, et croire que la disparition de Google Reader depuis la navbar Google va permettre un repositionnement clair sur son avenir, et relancer les développements de fonctionnalités (un peu gelés depuis pas mal de temps, ce qui n’est pas sans évoquer la longue immobilité de Bloglines, déserté) vers un public enfin mieux défini. On peut aussi croire à l’émergence d’autres outils novateurs, exploitant mieux les possibilités des RSS tout en ayant une démarche plus avancée que celle permise par des outils de type “grand public”.

De même, n’espérons pas que les flux Twitter réapparaissent dans l’interface. Par contre il faut être conscient qu’à partir du moment où les RSS vous semblent un outil utile, vous allez devoir vous battre pour les dénicher, voire les bricoler vous-mêmes.

Bienvenue au club !

Petite bidouille Aleph : améliorer le rapport sur la recherche d’exemplaires

05/10/2011

Je reprends une activité (normale ?) sur ce blog avec un petit truc sympa sur Aleph.

Énoncé du problème

Dans Aleph, un service “Formulaire général de recherche des exemplaires” permet d’obtenir une liste d’exemplaires correspondant à certains critères (bibliothèque, localisation, statut d’exemplaire, etc.).

Le rapport produit un tableau fournissant une série d’infos pour chaque exemplaire. Certaines de ces infos proviennent de la notice bibliographique, les autres de la notice d’exemplaire lui-même.

Il y a un hic.

Quand on a plusieurs exemplaires, les infos bibliographiques ne sont affichées que pour le premier des exemplaires. Pour les autres la case est laissée vide et ça ressemble à ça :

Pour peu qu’on ait envie de retrier les exemplaires dans un tableur, on perd vite des informations bien pratiques.

Explication technique du problème (XML-XSL)

Les administrateurs Aleph savent (les autres s’en foutent) que ce tableau est une page HTML, résultat d’un fichier XML (contenant la liste des exemplaires) transformé par une feuille XSL appelée -retrieval-form.xsl (ou general-retrieval-form-00.xsl, ou -01.xsl, etc).

Pour simplifier, le fichier XML qui liste les exemplaires est ainsi conçu (les balises sont fictives) :

<file>
  <document>
    <no>000275321</no>
    <titre>20 clés pour la compétitivité</titre>
    <auteur>Galambert, Patrice</auteur>
    <cb>0960126298</cb>
    <bib>BU Droit</bib>
    <st_ex>Prêt long</st_ex>
  </document>
  <document>
    ...
  </document>
</file>

Pour chaque exemplaire (ici, balise <document>), sont listées les infos bib et les infos d’exemplaire. Or quand l’exemplaire est le deuxième pour la même notice bib, les infos bibliographiques ne sont pas répétées dans le fichier XML.

La feuille XSL génère une ligne du tableau par exemplaire (une ligne pour chaque balise <document>), et met dans chaque cellule la valeur d’un élément. Si l’élément est absent, la cellule reste vide…

Solution

Pour les infos bibliographique de chaque exemplaire, avant que la feuille XSL ne mette l’information “Titre” dans la cellule Titre, il faut tester si ce titre est mentionné. S’il n’y a pas de titre, la feuille XSL doit remonter au premier exemplaire précédent contenant un titre, et le récupérer pour l’afficher dans l’exemplaire qui n’en a pas.

C’est ce que fait le code ci-dessous.

<xsl:variable name="title">
    <xsl:choose>
      <xsl:when test="string-length(./z13-title)=0">
        <xsl:value-of select="preceding::section-02[string-length(./z13-title)
             &gt; 0][1]/z13-title"/>
      </xsl:when>
      <xsl:otherwise>
        <xsl:value-of select="./z13-title"/>
      </xsl:otherwise>
    </xsl:choose>
</xsl:variable>

Pour chaque exemplaire, on génère une variable title. Sa valeur est la suivante :

  • si la balise z13-title a une valeur vide, on remonte l’exemplaire précédent qui contient un titre (si l’exemplaire immédiatement précédent, on remonte encore jusqu’à trouver un titre)
  • sinon, on prend la valeur de la balise z13-title

Qu’en faire ?

Si vous souhaitez modifier vos fichiers general-retrieval-form.xsl (stockés dans le répertoire XXX01/form_fre), il faut :

  1. dans la section <xsl:template name="section-02"> (ligne 49 ou environ), coller le code indiqué ci-dessus.
  2. là où la feuille XSL indiquait qu’il fallait, pour chaque section-02 (càd chaque exemplaire), mettre la valeur de la balise z13-title, il faut désormais mettre la valeur de la variable $title
    donc remplacer
    <xsl:with-param name="value" select="./z13-title"/>
    par
    <xsl:with-param name="value" select="$title"/>
  3. Si vous voulez faire la même chose pour l’auteur, il faut reprendre dupliquer le code fourni pour générer une variable auteur récupérant la valeur du z13-author
    <xsl:variable name="author">
    <xsl:choose>
    <xsl:when test="string-length(./z13-author)=0">
    <xsl:value-of select="preceding::section-02[string-length(./z13-title)
    &gt; 0][1]/z13-author"/>
    </xsl:when>
    <xsl:otherwise>
    <xsl:value-of select="./z13-author"/>
    </xsl:otherwise>
    </xsl:choose>
    </xsl:variable>

    et remplacer
    <xsl:with-param name="value" select="./z13-title"/>
    par
    <xsl:with-param name="value" select="$title"/>
  4. idem pour l’ISBN, etc.

Sinon, vous pouvez aussi m’envoyer vos fichiers par mail.

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