Petites remarques en passant sur Google Wave

Préambule

Je l’ai dit, j’ai même insisté : préférer Google Wave à sa messagerie (Gmail, par exemple), c’est préférer un affichage comme ceci :

ou, plus souvent, comme cela (moins d’imbrications) :

à un affichage comme cela (sur Gmail) :

[Notez que déjà dans Gmail, Google regroupe les billets par sujet. Pour  Google, ce qui fait sens, ce n'est pas l'ordre dans lequel nous lisons les informations (affichage des mails les uns sous les autres, dans l'ordre chronologique), mais leur rattachement à un sujet commun.]

Le reste (les gadgets, les bots, etc.) ne vient qu’en second lieu. Non pas que les possibilités que ces outils offrent soient anecdotiques, mais parce que si on ne franchit pas une étape intellectuelle (et non technique), tous ces merveilleux gadgets n’apparaîtront que comme tels : des gadgets.

Modalités de la conversation

De nos relations entre interlocuteurs

Une wave n’a pas de “sujet” (il n’y a pas de champ Sujet). Dans la liste des waves, on voit apparaître les premiers mots de la wave (comme pour les bulles pontificales :-) ), et les derniers (“les derniers” signifiant les plus récents, pas ceux tout en bas de la wave). Cela signifie que ces premiers mots ne seront jamais “Bonjour” ou quelque autre formule de salutation (on ne saurait envisager d’avoir dans la colonne centrale une liste de waves intitulées “Bonjour”).

De même, quand on a écrit un blip, et qu’on quitte GWave, cela ne signifie pas que l’échange est fini. Même si pour soi-même il est terminé, quelqu’un est toujours susceptible de le relancer.

Bref :

  • c’est la fin des formules de politesse (en début et fin de message)
  • que l’on entame une wave, qu’on se trouve en plein milieu ou qu’on pense la terminer, on est toujours dans un flux continu de conversation, de même qu’Internet est de plus en plus perçu comme un flux d’informations (et non comme une base d’informations).

A noter également, il peut assez vite arriver que deux interlocuteurs alimentent (soit chacun de son côté, soit simultanément) deux endroits de la wave traitant de deux sujets différents. Cela correspond bien à la génération montante dite “multi-fonctions”. Sauf que l’ascenseur Google Wave permettant d’aller de haut en bas dans les blips a un comportement souvent très curieux, qui ne facilite pas cette manière-là de converser.

Quoi qu’il en soit, le résultat, quand ça se produit, est plutôt lisible. En tout cas, ce serait chose impossible à faire avec des mails (avec Twitter, les hashtags permettent de mener deux ou trois sujets de front avec la même personne.  Mais c’est parfois un vrai problème quand ils sont oubliés, ou que les 140 caractères ne permettent pas de les rappeler…)

Mode synchrone et asynchrone — disponibilité

La notion de synchronie n’a plus de sens : on peut répondre à n’importe quel blip à n’importe quel moment, de manière synchrone ou asynchrone. Si vous avez trouvé la phrase qui tue deux jours après vous être fait mouché, vous pouvez la mettre dans la wave, au bon endroit, c’est parfaitement légitime. Il n’y aura plus jamais d’esprit de l’escalier.

Pour cette raison, je trouve que c’est une très mauvaise idée que Google Wave affiche un point vert censé indiquer si la personne est en ligne ou non (d’ailleurs, la fonction bugue, mais c’est un autre problème) : en effet que mon interlocuteur soit en ligne ou non au moment où j’écris n’a plus aucune importance. Soit il intervient directement dans la wave que je suis en train d’alimenter (et dans ce cas, comme je le vois en temps réel, je m’en rends compte immédiatement), soit il décide d’aller sur une autre wave (mais cela, je n’en sais rien) ou de simplement lire ce que j’écris, en décidant de se garder le temps de la réflexion pour répondre.

Dans tous les cas, je n’ai pas besoin de savoir s’il est en ligne. En outre, le fait que ma disponibilité s’affiche pour les autres conduit me contraint à avoir une gestion de cet affichage, et celle-ci va s’avérer complexe : je suis visible pour telle wave et pas pour telle autre, ou pour tel interlocuteur mais pas pour tels autres, etc.

Je crains de trouver cela pénible.

Les gadgets

Pour l’instant, il est difficile au regard de l’interface de savoir ce que Google a prévu (et je n’ai pas cherché sur Internet à trouver réponse à cette question), mais il est clair que le mode d’ajout actuel de gadgets et de bots est impossible.

Tout ce qu’on peut faire est d’ajouter un gadget par son URL. Et pour connaître l’URL d’un gadget ? Il faut aller voir sur Google.

Mais pour cela, il faut savoir ce qui existe, ce que des développeurs ont pu créer. Bref, en l’état actuel des choses, on est obligé de suivre l’actualité Google Wave pour voir passer tel ou tel gadget et songer que peut-être, celui-ci ou celui-là sera utile un jour.

Mais il faut espérer que Google mette en place un espace de déclaration (voire même de stockage) de ces gadgets, et possibilités de les retrouver au sein de GWave via un moteur de recherche (comme les widgets Netvibes, en somme).

Même chose pour les bots.

Cela dit, cela ne nous interdira pas de monter une page sur Bibliopedia pour mentionner les gadgets labellisés “à connaître quand on est bibliothécaire et qu’on utilise GWave”.

Conclusion

(C’est une conclusion sur le billet, pas sur GWave)

Les modalités de la conversation, avec GWave, se détachent de plus en plus de ce qu’elles peuvent être dans la réalité. Comme si les contraintes des modes de communication (à commencer par la parole) bridaient les capacités de notre cerveau à aller bien au-delà, comme si on commençait à lui fournir enfin de nouvelles possibilités mieux adaptées à ses possibilités.

A moins que l’inverse ne soit vrai, et que les premiers pas de l’internet (par exemple la naissance des onglets, mais aussi la capacité des ordinateurs à faire tourner plein d’applications simultanément) aient développé des capacités nouvelles. Mais j’ai plus de mal à croire à cette seconde hypothèse, car j’imagine les possibilités d’évolution du cerveau comme plus lentes dans l’histoire de l’humanité. Cela dit, les neurosciences s’intéressent peut-être déjà à la manière dont le cerveau crée certaines connexions (et en supprime d’autres), selon qu’il est sollicité par une personne utilisant un ordinateur ou non.

Astuce 9 : l’utilisation des mots-clés dans les marque-pages (Firefox)

Comme pour les autres astuces : pardonnez-moi si je livre ici des trucs évidents pour tout le monde. Outre le fait qu’elle soit peut-être archi-connue, elle est en outre très anecdotique. Mais comme je m’en sers beaucoup…

J’ai plusieurs manières d’exploiter les favoris que je mets dans Firefox.

En voici une :

Quand on crée un nouveau marque-page (raccourci Ctrl + D), Firefox ne propose que trois champs à remplir : Titre, emplacement, étiquettes (indexation).

Mais ensuite, quand le marque-page a été mis dans la barre personnelle ou la liste des marque-pages, on peut revenir au favori et faire un clic droit pour afficher les  propriétés :

On obtient alors un champ “Mot-clé”, qui permet d’indiquer en réalité un raccourci.

Quand on crée un nouvel onglet (avec la souris ou avec le raccourci Ctrl + T — “T” comme “tab“), le curseur se place automatiquement dans la barre d’adresse.

Je peux indiquer mon “mot-clé”.

J’arrive ainsi en 2 ou 5 caractères à mon site web, uniquement par le clavier.

Petite explication complémentaire pour ceux que ça intéresse

En réalité, c’est un détournement de la fonction “moteur de recherche rapide” que peut avoir un favori dans Firefox.

Le mot-clé sert essentiellement à permettre une recherche rapide (dans Amazon, FlickR ou autre) selon le mode d’emploi indiqué ici. En effet on peut associer une variable à ce mot-clé.

Si au lieu d’indiquer en favori l’URL classique de Google, je mets : http://www.google.fr/search?q=%s avec le mot-clé “gg”

Quand je taperai dans ma barre d’adresse : “gg lully”, j’obtiendrai une page de résultats Google pour la recherche Lully. Càd que Firefox remplace “gg lully” par http://www.google.fr/search?q=lully.

Mais si je mets un favori sans le paramètre %s dans le champ mot-clé (correspondant aux mots qu’il faudra rechercher), Firefox se contente d’afficher la page correspondant à l’URL.

Sensibilisation des Licence à la doc élec

C’est gratuit, c’est idiot, c’est très moche, mais ça me fait plaisir. Pardon pour ce laisser-aller (et puis non, finalement : après tout, je suis chez moi !)

Non, je doute que ce soit jamais mis en place nulle part…

Librement adapté d’une (vieille) idée originale de David et Thibaud (ou l’un des deux seulement ? je ne me suis jamais posé la question)

Vous n’avez pas de résolveur OpenURL ? Pourquoi ne pas piquer celui d’un autre…

Cela faisait longtemps que je ne vous avais parlé d’OpenURL (cf. la série de billets y afférant sur cette page).

Préambule à destination de ceux qui auraient besoin d’un petit rappel (si vous avez besoin d’un rafraîchissement, la buvette est par là)

Je vais prendre deux exemples simples :

  • vous trouvez des métadonnées bibliographiques sur une page, auxquelles sont associées des COinS (càd ces mêmes métadonnées, mises sous forme de lien OpenURL auquel il ne manque que l’URL racine du résolveur qui va être capable de transformer ce lien “métadonnique” en lien vers l’article).
  • vous utilisez Zotero, et celui-ci permet de transformer les métadonnées d’une notice biblio en lien OpenURL, pour peu que l’on indique l’URL racine d’un résolveur (dans les Préférences) : quand cela est fait, le bouton “Localiser” est actif et cliquable.

Seulement voilà : vous/votre bibliothèque ne possédez pas de résolveur OpenURL. Si bien que

  • les pages avec COinS n’affichent nulle icône cliquable vous conduisant à la ressource en ligne,
  • et le bouton “Localiser” de Zotero est d’un gris morne et triste.

Donc la page web (dans le premier cas) et Zotero (dans le second) pourraient produire un lien vers une base de connaissance, en indiquant à celle-ci la référence

Munro JH. “Deflation and the petty coinage problem in the late-medieval economy: The case of Flanders, 1334-1484″, Explorations in Economic History. 1988; 25(4): 387-423.
sous la forme :
genre=article
&atitle=
Deflation%20and%20the%20petty%20coinage%20problem%20in%20the%20late-medieval%20economy%3A%20The%20case%20of%20Flanders%2C%201334-1484
&jtitle=
Explorations%20in%20Economic%20History
&volume=
25
&issue=
4
&au=
John%20H.%20Munro
&date=
1988-10
&pages=
387-423
&issn=
0014-4983

Mais vous savez déjà tout cela.

Donc la base de connaissance cible a trois qualités essentielles :

  1. elle connaît les collections physiques et numériques de la bibliothèques
  2. elle comprend cette syntaxe “genre=”, “atitle=”, etc.
  3. à chaque ISSN ou revue + année, elle sait associer une URL.

Pour le résolveur d’une bibliothèque, qui aurait pour URL : http://jubil.upmc.fr/openurl?, par exemple, on envoie à ce résolveur les informations bibliographiques ci-dessus sous la forme : http://jubil.upmc.fr/openurl?genre=article&atitle=Deflation…. etc.

Le résolveur vérifie d’abord si la bibliothèque a la revue (papier ou en ligne). Et s’il la trouve comme revue en ligne (dont il connaît l’URL), il propose à l’usager le lien vers celle-ci.

Fin du préambule. Début des festivités

Vous n’avez pas de résolveur : Crossref, oui

Si vous envoyez une URL de ce type à Crossref, il possède la base de connaissance permettant de rediriger la requête vers la revue en ligne.

Donc vous pouvez créer un compte (gratuit) chez Crossref, et utiliser son résolveur.

Il y a deux limites :

  1. Crossref ignore quels abonnements vous avez. Donc il vous proposera une redirection vers la revue, même si ensuite l’accès au texte intégral s’avère impossible. Et si plusieurs fournisseurs diffusent la même revue, il n’est pas garanti que Crossref renvoie vers celui chez lequel vous avez pris un abonnement.
  2. Crossref ne connaît pas vos ressources papier. Donc il ne proposera jamais de lien vers la notice de la revue imprimée, si elle existe.

En revanche il y a un avantage et une nuance :

  1. La nuance d’abord, concernant le premier inconvénient : le chercheur se rend de toute manière bien compte qu’il n’a pas accès au texte. Il comprendra mieux ce qui se passe en atterrissant sur le site de l’éditeur lui fournissant le résumé et lui proposant de payer, qu’en arrivant sur une page SFX ou autre (interface qu’il n’a jamais vue, ou si peu)
  2. L’avantage, c’est que le chercheur clique sur le lien Accès et tombe directement sur la revue (qu’il ait ou non accès à l’article), sans même voir passer le résolveur (je rappelle que SFX permet d’ailleurs une telle redirection automatique, si la ressource est repérée par le résolveur dans les fonds de la bibliothèque. Mais ce n’est pas le cas de tous les résolveurs).

S’inscrire sur Crossref pour profiter de son résolveur

Deux inscriptions sont possibles :

  • A titre individuel : on indique un email
  • A titre institutionnel

Tout est expliqué ici

La création d’un compte se fait sur cette page.

Si vous avez indiqué un mail (inscription à titre personnel), vous pouvez indiquer à Zotero comme à LibX (onglet OpenURL) l’URL racine :

http://www.crossref.org/openurl?pid=adressemail@mail.com&

Si vous vous êtes inscrit comme bibliothèque membre de Crossref, l’URL racine sera

http://www.crossref.org/openurl?pid=login:mot_de_passe&

(Remarque : la notion de “mot de passe” est un peu particulière, c’est une double valeur envoyée à Crossref qui permet de savoir qui lui envoie la requête. Evitez de choisir un “vrai” mot de passe, car la valeur apparaît en clair dans les URL)

Dans les préférences Zotero

Dans l’onglet OpenURL de LibX

Quelle utilisation par la bibliothèque ?

Honnêtement, je ne sais pas trop…

Je veux dire qu’en soi, le service rendu est déjà très appréciable : on a des métadonnées d’un article, on les transmet à Crossref qui redirige ainsi vers le diffuseur de la revue.

En plus, il est gratuit.

Mais chaque fois que LibX va trouver un COinS pour un ouvrage imprimé (par exemple sur cette page où je cite deux livres), il va également proposer un lien (par exemple ce lien-ci pour le premier ouvrage) et Crossref va répondre qu’il ne retrouve pas l’ouvrage dans sa base de connaissance (pas de DOI…). Le message peut être incompréhensible pour l’utilisateur, d’autant que la bibliothèque n’a pas la main sur cette page pour en expliciter le sens.

De même dans Zotero : si vous référencez une monographie, le lien Localiser va lui aussi être actif, et fournir le même genre de résultat sur Crossref.

Donc à titre personnel, ne bénéficiant d’aucun résolveur, je m’en sers, je vous le signale — et je vous laisse y réfléchir !

Dernière remarque (de prudence)

Vu les rubriques de l’aide de Crossref, je me demande si leur résolveur ne permet pas d’aller plus loin que ça, en terme de personnalisation pour une bibliothèque (déclarer ses collections ? Limiter les rebonds aux seules ressources en ligne et éviter les monographies imprimées, etc.).

Mais à ce stade je n’ai pas le courage de me lancer là-dedans. Si quelqu’un veut prendre la suite… ;-)

Les Z en ligne [Help ! I need somebody, help !]

Etat des lieux préalable

A quoi ressemblent les aides en ligne de nos catalogues et/ou portails ?

Je crois que le plus fréquent, c’est : à rien. Il n’y en a pas.

Pour deux raisons possibles (mais si vous avez d’autres cas, n’hésitez pas à témoigner) :

  1. la bibliothèque considère que l’usage de son catalogue est suffisamment intuitif pour se passer d’aide.
  2. personne n’a le temps de s’occuper de la rédiger.

Je ne suis pas certain d’avoir envie de commenter le premier cas (je n’ai jamais rencontré de lecteur s’exclamant : “Oh ! un opac ! chouette ! trop facile !”). Et le second parle de lui-même.

Pour ma part, je considère que l’existence même d’une aide en ligne est légitime. Le problème est qu’on la rédige généralement sans se poser au préalable une question de principe : à quoi doit ressembler une aide en ligne ?

(c’est une question de même nature à laquelle Silvère répond au sujet des univers Netvibes : avant de monter un univers de bibliothèques, qui s’est longtemps demandé à quoi ça devait ressembler, et pour qui)

Et quand il y a une aide, à quoi ressemble-t-elle ?

Je suis ravi de pouvoir pour ma part ne froisser personne (contrairement au Bibliobsédé avec ses contre-exemples) en m’appuyant sur un seul exemple d’aide à la fois exemplaire (sic) et désastreux : c’est l’aide que j’ai moi-même rédigée pour Jubil (le portail documentaire de Paris 6) du temps lointain où cela incombait à mes fonctions.

Que contient cette aide (qui est à l’image des quelques aides à l’utilisation de l’opac que j’ai pu trouver sur Internet) ?

Elle reprend méthodiquement toutes les rubriques du menu, en expliquant ce qu’il y a derrière : elle explique consciencieusement

  • ce que sont les recherches simple et avancées
  • ce qu’est la recherche multi-ressources
  • ce que sont les guides de recherche et les dossiers documentaires
  • etc.

C’est-à-dire que, comme tout bibliothécaire qui se respecte, j’ai bien expliqué comment fonctionnait mon outil.

Et alors ?

Sauf que ça n’intéresse personne.

Construire une aide en ligne ainsi, cela induit une certaine vision du public qui va s’en servir. On imagine (inconsciemment — car en réalité on manque de se poser seulement la question) un lecteur curieux, avide, à la soif encyclopédique qui, naviguant avec aisance sur le catalogue, se demande soudain : “Mais ! Approfondissons un peu ! J’ai du temps à perdre et je vais en profiter pour aller au bout des possibilités de cet outil !”

On imagine un lecteur qui a envie de savoir comment fonctionne le catalogue.

Ce lecteur n’existe pas.

Le seul internaute qui est susceptible d’utiliser l’aide en ligne, c’est celui qui bute désespérément sur un problème (du genre “0 réponse”) et en dernier recours, se résigne à cliquer sur le lien Aide.

Il se sent honteux, du reste : car sur aucun autre site il n’en a jamais eu l’usage. Il croit à son propre échec, alors que c’est le nôtre qu’il concrétise. Pleurons un peu sur son sort, mais sans nous attarder. Pleurons surtout sur le nôtre, et remontons nos manches.

Et maintenant ?

C’est bien simple : la première chose qui doit apparaître à l’utilisateur cliquant sur le lien d’aide, c’est la réponse immédiate à sa situation.

  • Il ne trouve pas de livre sur un sujet
  • Il ne trouve pas de revue en ligne (normal : l’imbécile est sur l’opac, voyons !)
  • Il ne trouve pas l’article alors qu’il sait avoir vu la revue quelque part dans les rayons
  • etc.

Bref, la première information qu’il faut lui fournir, c’est un ensemble de solutions immédiatement applicables, pour qu’il passe le moins de temps possible sur cette aide.

Nous n’avons pas le droit de vouloir lui imposer d’avoir une bonne connaissance de l’opac : nous devons lui économiser tout effort pour qu’il puisse rapidement passer à autre chose. L’opac n’est qu’un écran de transition vers le document, pas un objectif en soi.

Donc en réalité une aide en ligne devrait ressembler d’abord à une FAQ, ou à une liste de How To.

Puis, si vraiment le désir du professionnel de l’information est irrépressible (ou à destination de ses collègues), il peut, dans un second temps (donc en décroché, avec un rebond secondaire, ou de toute autre manière), fournir une documentation complète sur les fonctionnalités de son catalogue.

Car si un lecteur susceptible d’être intéressé par cette information-là existe, il sera par définition suffisamment aguerri et motivé pour retrouver cette information, même un peu discrète.

Pour aller un tout petit peu plus loin

La majorité des internautes n’ira pas utiliser l’aide en ligne.

Pourtant (honte sur nous !) la majorité de la majorité aurait bien besoin des informations qui s’y trouvent.

La page des actualités est un endroit tout à fait légitime et bienvenu pour accueillir de petites mises au point du genre : “Comment trouver une revue en ligne ?” Ces “actualités” étaient parmi les plus consultées de celles publiées sur Jubil.

Pourtant l’information était déjà présente dans les pages du portail, mais pas sur la page d’accueil.

En outre, l’internaute accepte plus aisément de lire une page de 20 lignes une fois de temps en temps, lui indiquant des manipulations simples, que de se plonger dans la lecture de l’aide.

Regardez : le contenu des billets que j’ai publiés sur Electre était intégralement dans l’aide en ligne d’Electre… :-)

Et un dernier petit pas (pour la route !)

L’exemple ci-dessus le montre assez : les lecteurs acceptent l’idée de lire une aide, pourvu qu’elle ne soit pas dans l’aide et qu’elle soit dispensée sous forme homéopathique.

Il y a donc trois autres emplacements privilégiés pour la proposer :

  1. la page du formulaire de recherche (généralement exploitée pour fournir des astuces comme la troncature)
  2. la page d’attente avant affichage de la liste des résultats (jamais utilisée. Sans doute parce que nos opac sont trop rapides pour cela)
  3. la page de résultats, en particulier s’il n’y en a aucun.

Ces trois emplacements mériteraient une réflexion plus en profondeur pour juger du contenu réellement adéquat (le deuxième peut bien évidemment être évacué dans la plupart des cas : on ne va pas ralentir l’affichage pour le plaisir d’afficher des conseils de recherche).

Il me semble que le 3e emplacement fait déjà l’objet de réalisations intéressantes, mais je n’ai pas encore trouvé la solution définitivement convaincante tant en termes de contenu que de présentation (lisibilité de l’information pour la réorientation du lecteur).

Google Wave ne vous satisfait pas ? Cela tombe bien

On n’a plus l’habitude des versions beta, sauf quand ce sont des betas de bibliothèques numériques institutionnelles.

En tout cas les grandes sociétés du web nous avaient habitués à des produits quasi finis, où la motion “beta” était comme une précaution superfétatoire, comme une coquetterie de midinette (“Oh ! Je suis laide à faire peur !”).

Bref, Google Wave, c’est du vrai beta.

Il ne vous satisfait pas ? Vous voudriez pouvoir envoyer des mails avec ? Vous voudriez pouvoir accéder à des gadgets ou des bots sans avoir à les chercher sur le web, mais directement dans GWave ? Vous voudriez gérer votre profil (disponibilité) et ne pas laisser les messages s’afficher avant que vous n’ayez corrigé toutes les fautes de frappe ?

Ca tombe bien : Google Wave ne satisfait pas Google non plus. En tout cas pas en l’état. Si vous en étiez content, tel quel, vous ne seriez jamais embauché par Google (en même temps, ce n’est peut-être pas votre projet de vie).

Donc plutôt que de vous épuiser à lister vous-même tout ce qui ne va pas dans Google Wave, allez vous inspirer de la liste des idées sur le forum mis en place par Google, et votez pour celles qui vous semblent les plus importantes.

Dans les suggestions les plus plébiscitées :

  • Pouvoir faire une wave en bloquant tout ajout de nouvel intervenant (éviter l’arrivée intempestive du supérieur hiérarchique à cause d’une manipulation malencontreuse ou malveillante)
  • Enlever des intervenants d’une wave
  • Intégrer Gmail et GDocs
  • Intégrer les flux RSS
  • Transférer des images d’une wave à l’autre par Drag’n'Drop

Et je vous laisse lire le reste (il y a aussi les “hot ideas“, mais j’ignore comment elles sont distinguées des autres)

Invitations Google Wave

J’ai l’impression que, il y a trois semaines, le monde était divisé en :

  • ceux qui avaient un compte GWave
  • ceux qui ne savaient à quelle porte sonner pour obtenir une invitation.

Et désormais on trouve une autre configuration :

  • Ceux qui ont un compte GWave
  • Ceux qui n’en ont jamais entendu parler…

Bon, si Google Wave vous intéresse (c’est un sujet qu’il me plairait encore d’aborder, mais les statistiques de la DLL m’ont un peu absorbé ces derniers temps), et si vous n’avez pas encore reçu d’invitation, j’en ai 10 à fournir.

Vous pouvez m’indiquer par mail où vous envoyer une invitation.

Remarque post-liminaire

Et je renouvelle mon conseil (cf. billet précédent) : il ne s’agit pas de tester un nouveau service, il s’agit de s’en servir. Donc essayez d’utiliser GWave pour échanger avec d’autres personnes disposant également d’un compte GWave — pour faire plus vrai, essayez même de parler d’autre chose que de GWave dans vos échanges ;-) . Demandez-leur s’ils vont bien, où en est la rédaction du rapport d’activité 2008, s’ils connaissent un bar sympa dans le 5e, s’ils ont aimé Into The Wild et Trois Femmes puissantes, etc.

Les conversations se font assez facilement avec GWave, et la difficulté d’adoption ne sera pas technique : elle sera (éventuellement) intellectuelle. Reconnaîtrez-vous votre parole dans un flux de blips évoquant le mythe babélien du texte pré-existant à sa formulation par un auteur.

Les “plus” de Google Wave, vous les découvrirez au fur et à mesure. Pour l’instant vous n’en aurez pas l’usage puisque vous ne vous en servez actuellement pas dans votre messagerie (insérer du code, mettre une carte heuristique, etc.). Ca viendra peu à peu.

Je vous recommande de vous abonner au flux de Wave France, blog non-officiel mais plein de petits conseils (sur le mode des How To).

Statistiques DLL 2005-2008 : enfin la comparaison devient possible

J’avoue que cela m’a donné du fil à retordre, et j’ai eu besoin de l’aide de Risu (que je remercie ici derechef et vigoureusement).

Nous avions jusque là 4 tableaux coexistants, mais il était impossible de faire des analyses d’évolution en masse.

Exemple de question simple : les bibliothèques qui augmentent leur nombre d’ouvrages augmentent-elles aussi leur nombre de prêts ? Pour ça, il fallait pouvoir retrouver, d’une année sur l’autre, quelles bibliothèques avaient augmenté leur nombre de livres et comparer avec les colonnes d’évolution des prêts.

Bref, il fallait faire une jointure sur le nom de la ville pour relier les tableaux entre eux.

J’ai dû passer par un fichier XML de transition pour obtenir un tableau unique, listant pour chaque commune toutes les valeurs de 2005 à 2008.

Le tableau (fichier CSV) obtenu faisant plus de 1 Mo (il pèse 2,2 Mo), je ne peux pas le charger sur Google Docs. Avant que je trouve où le poser, si quelqu’un en veut je veux bien le zipper et le lui transmettre par mail.

<update>Je l’ai chargé dans ManyEyes, tout en ignorant pour le moment tout de cette base…  Vous pouvez récupérer toutes les données en format tabulé en cliquant sur ce lien. Ou bien trifouiller vous-même directement sur cette plate-forme</update>

Idem pour le fichier XML, si ça inspire quelqu’un (…) Je signale à tout hasard à quoi ressemble ce dernier :

Pour chaque ville, on a ceci :

<ville>
<nom year="2005">Ambérieu-en-Bugey</nom>
<departement year="2005">1</departement>
<population year="2005">11927</population>
<depenses_de_personnel_en_euros year="2005">177095</depenses_de_personnel_en_euros>
<nb_d_emplois year="2005">5</nb_d_emplois>
<part_des_emplois_specifiques_en_pourcentage year="2005">94</part_des_emplois_specifiques_en_pourcentage>
<nb_de_livres year="2005">31372</nb_de_livres>
<nb_de_phonogrammes year="2005">2414</nb_de_phonogrammes>
<nb_de_videogrammes year="2005">2128</nb_de_videogrammes>
<nb_de_cederoms year="2005">347</nb_de_cederoms>
<nb_de_postes_internet_public year="2005">1</nb_de_postes_internet_public>
<depenses_d_acquisition_en_euros year="2005"/>
<nb_de_livres_acquis year="2005">804</nb_de_livres_acquis>
<nb_d_abonnements year="2005">24</nb_d_abonnements>
<nb_de_phonos_acquis year="2005">152</nb_de_phonos_acquis>
<nb_de_videos_acquises year="2005">129</nb_de_videos_acquises>
<nb_de_cederoms_acquis year="2005">42</nb_de_cederoms_acquis>
<nb_d_inscrits_emprunteurs year="2005">1467</nb_d_inscrits_emprunteurs>
<nb_de_livres_pretes year="2005"/>
<nb_de_periodiques_pretes year="2005"/>
<nb_de_phonos_pretes year="2005"/>
<nb_de_videos_pretees year="2005"/>
<ouverture_hebdomadaire year="2005">10:00:00</ouverture_hebdomadaire>
<surface_totale year="2005">525</surface_totale>
<nb_d_annexes year="2005">0</nb_d_annexes>
<population year="2006">11927</population>
<depenses_de_personnel_en_euros year="2006">188180</depenses_de_personnel_en_euros>
<nb_d_emplois year="2006">5</nb_d_emplois>
<part_des_emplois_specifiques_en_pourcentage year="2006">94</part_des_emplois_specifiques_en_pourcentage>
<nb_de_livres year="2006">32121</nb_de_livres>
<nb_de_phonogrammes year="2006">2604</nb_de_phonogrammes>
<nb_de_videogrammes year="2006">2286</nb_de_videogrammes>
<nb_de_cederoms year="2006">379</nb_de_cederoms>
<nb_de_postes_internet_public year="2006">1</nb_de_postes_internet_public>
<depenses_d_acquisition_en_euros year="2006">20179</depenses_d_acquisition_en_euros>
<nb_de_livres_acquis year="2006"/>
<nb_d_abonnements year="2006">24</nb_d_abonnements>
<nb_de_phonos_acquis year="2006">191</nb_de_phonos_acquis>
<nb_de_videos_acquises year="2006">158</nb_de_videos_acquises>
<nb_de_cederoms_acquis year="2006">31</nb_de_cederoms_acquis>
<nb_d_inscrits_emprunteurs year="2006">1841</nb_d_inscrits_emprunteurs>
<nb_de_livres_pretes year="2006"/>
<nb_de_periodiques_pretes year="2006"/>
<nb_de_phonos_pretes year="2006"/>
<nb_de_videos_pretees year="2006"/>
<ouverture_hebdomadaire year="2006">10:00:00</ouverture_hebdomadaire>
<surface_totale year="2006">525</surface_totale>
<nb_d_annexes year="2006">0</nb_d_annexes>
<population year="2007">11927</population>
<depenses_de_personnel_en_euros year="2007">202620</depenses_de_personnel_en_euros>
<nb_d_emplois year="2007">5</nb_d_emplois>
<part_des_emplois_specifiques_en_pourcentage year="2007">96</part_des_emplois_specifiques_en_pourcentage>
<nb_de_livres year="2007">32866</nb_de_livres>
<nb_de_phonogrammes year="2007">2878</nb_de_phonogrammes>
<nb_de_videogrammes year="2007">2432</nb_de_videogrammes>
<nb_de_cederoms year="2007">398</nb_de_cederoms>
<nb_de_postes_internet_public year="2007">2</nb_de_postes_internet_public>
<depenses_d_acquisition_en_euros year="2007">17320</depenses_d_acquisition_en_euros>
<nb_de_livres_acquis year="2007"/>
<nb_d_abonnements year="2007">24</nb_d_abonnements>
<nb_de_phonos_acquis year="2007"/>
<nb_de_videos_acquises year="2007">141</nb_de_videos_acquises>
<nb_de_cederoms_acquis year="2007">1</nb_de_cederoms_acquis>
<nb_d_inscrits_emprunteurs year="2007"/>
<nb_de_livres_pretes year="2007"/>
<nb_de_periodiques_pretes year="2007"/>
<nb_de_phonos_pretes year="2007"/>
<nb_de_videos_pretees year="2007"/>
<ouverture_hebdomadaire year="2007">10:00:00</ouverture_hebdomadaire>
<surface_totale year="2007">525</surface_totale>
<nb_d_annexes year="2007">0</nb_d_annexes>
</ville>

Exemple d’exploitation : l’accroissement de l’amplitude d’ouverture

Ces statistiques permettent d’avoir un tableau (représentatif ?) de la lecture publique en France. Elles peuvent aussi servir d’aide à la décision. Par exemple : si j’augmente mes horaires d’ouverture, vais-je augmenter mon nombre d’inscrits ? mon nombre de prêts ?

Il y a 1814 communes pour lesquelles nous avons des chiffres sur le nombre de prêts, le nombre d’inscrits et sur l’amplitude horaire pour 2005 ET 2008.

Voici un tableau fournissant pour toutes ces communes : le nom, le département, la population, les prêts, le nombre d’inscrits et le nombre d’heures d’ouverture pour ces deux années

(Remarque : Google Docs affiche n’importe quoi pour la colonne des horaires, mais on peut récupérer le fichier sous Excel et choisir comme format de cellule > personnalisé > [h]:mm)

Sur ces 1814 bibliothèques :

  • 257 ont diminué leur nombre d’heures d’ouverture,
  • 1116 ont gardé la même amplitude horaire (arrondi à l’heure prêt).
  • 560 bibliothèques qui, entre 2005 et 2008, ont augmenté leurs horaires de plus d’une heure.

Si les choses étaient bien faites, on devrait avoir une augmentation des prêts proportionnelle (ou au moins corellée) à l’augmentation des horaires d’ouverture.

On devrait donc avoir un truc comme ça, où les points se répartiraient grosso modo le long d’une droite. Cela permettrait de conclure que lorsque l’amplitude horaire augmente, les prêts augmentent…

Correlation attendue entre l'augmentation de l'amplitude horaire et l'augmentation du nombre de prêts

En réalité on obtient plutôt quelque chose comme ça :

Bref, la corrélation n’apparaît pas clairement…

L’augmentation des horaires permettrait d’atténuer la diminution générale

Voici les valeurs médianes pour le pourcentage d’évolution des prêts

((Prêts_de_2008 - Prêts_de_2005) / Prêts_de_2008) * 100

Ce calcul est effectué pour chaque commune et me donne un % d’évolution des prêts de 2005 à 2008.

Je fais la même chose pour le taux d’inscription (nombre d’inscrits rapporté à la population de la commune) pour 2005 et 2008

Idem pour le nombre d’heures d’ouverture.

J’ai donc 3 séries de pourcentages : l’évolution des prêts, l’évolution des inscrits, l’évolution des horaires d’ouverture

Evolution des horaires, des prêts et du taux d’inscription sur l’ensemble de la population d’une commune Médiane Evolution des prêts Médiane Evolution des taux d’inscription Médiane évolution heures d’ouverture
Toutes bibliothèques (1814 bib) -2% -1% 0%
Bibliothèques ayant augmenté leur amplitude horaire entre 2005 et 2008 (560 bib) 2% -1% 12%
Bibliothèque n’ayant pas changé leur amplitude horaire (1116 bib) -3% -2% 0%
Bibliothèques ayant diminué leur amplitude horaire (257 bib) -1% -1% -14%

On constate que, dans la série “générale” (toutes bib confondues), le nombre de prêts et le nombre d’inscrits diminue.

Alors qu’il augmente pour le groupe des bibliothèques ayant accru leurs horaires d’ouverture : il augmente de 2% alors que les horaires augmentent de 12%.

En revanche cela n’aide pas vraiment le taux d’inscriptions.

Finalement, et assez mystérieusement, ce sont les bibliothèques qui n’ont pas changé leur amplitude horaire (1116 bib) qui voient leur nombre de prêts diminuer.

Un petit tour dans les extrêmes

Les chiffres fournis par la DLL sont peut-être erronés, toujours est-il que c’est avec ceux-là qu’on doit bosser.

Voici les augmentations et les diminutions extrême (horaires qui augmentent ou diminuent, évolution des prêts, taux des inscrits).

Rien qui permette de conclure quoi que ce soit…

Ville Accroissement prêts
(%)
Accroissement taux
d’inscrits
Accroissement heures
d’ouverture (%)
Ville ayant diminué
le plus ses horaires d’ouverture
Moyeuvre-Grande -6,96% -3,09% -77,78%
Ville ayant augmenté
le plus ses horaires d’ouverture
Caussade 955% 11% 584%
Ville ayant vu la
plus grande diminution du nombre de prêts
Sancerre -90% -9% 31%
Ville ayant eu la
plus grande augmentation du nombre de prêts
Saint-André-les-Vergers 1800,44% 6,88% -19,30%
Ville ayant eu la
plus grande diminution du nombre d’inscrits
Névez -18,28% -280,42% -11,11%
Ville ayant eu la
plus grande augmentation du nombre d’inscrits
Saint-Romain-de-Surieu 1,72% 99,05% 0,00%

Remarques d’ensemble

A ce stade, on tâtonne encore pour faire des conclusions probantes. En tout cas il apparaît clairement qu’une équation simple (comme : j’augmente mes horaires d’ouverture, donc j’aurai plus de lecteurs) n’est pas envisageable.

Il faudra associer à ces chiffres le nombre d’ouvrages par lecteur, le nombre d’acquisitions dans l’année, etc.

Ce qui me semble le plus criant, c’est que nous avons dans ces tableaux très peu de critères pour évaluer l’amélioration des services rendus par une bibliothèque :

  • Nombre d’inscrits
  • Nombre de prêts

Par exemple, on ne peut pas considérer le nombre de postes internet comme une amélioration en soi, puisqu’ils peuvent rester inutilisés…

et c’est à peu près tout… Alors qu’il faudrait d’autres indicateurs qui permettraient de constater le résultat d’une politique volontaire de la part d’une bibliothèque (et de sa tutelle), à commencer par la fréquentation du site web et du catalogue. Mais aussi le déploiement de services supplémentaires (assistance à la recherche d’emploi, heure du conte, etc.).

Eh bien ! C’est pas gagné !

Et si quelqu’un sait où je pourrais déposer le fichier CSV et le fichier XML, je suis preneur :-)

Statistiques DLL 2005-2008 : Nombre d’inscrits

Toujours dans l’exploitation des statistiques des 4 dernières années fournies par la DLL sur les bibliothèques municipales, voici quelques chiffres sur l’évolution du nombre d’inscrits et du nombre de prêts par inscrit.

Nombre d’inscrits par rapport à la population totale

Le nombre d’inscrits augmente, mais moins que la population totale. Si bien que le pourcentage de la population inscrite en bibliothèque diminue.

J’ai abandonné (pour l’instant) mes 10 catégories antérieures découpant les villes par populations, pour me contenter de 3 groupes (moins long à traiter !), de tailles comparables (1000 communes environ dans chacune).

Le tableau ci-dessous indique le % d’inscrits par rapport à la population totale de la ville. Comme ce pourcentage est déjà fourni pour chaque commune dans les stats de la DLL, j’ai pris la valeur médiane de cette série plutôt que sa moyenne (faire des moyennes de pourcentages, c’est tout de même assez risqué…)

Les petites communes pénètrent mieux dans la population. Certainement pour un tas de raisons que je vous laisse élaborer.

Nb d’inscrits / population totale – Médiane
2005 2006 2007 2008
Villes de plus de 8000 habitants 15,24 % 15,14% 14,60% 14,41%
Villes entre 3000 et 8000 habitants 18,45% 17,88% 18,00% 16,76%
Communes de moins de 3000 hbts 21,28% 21,30% 21,47% 20,06%

Notez pour 2008 que le maximum d’inscrits est pour Remiremont : 216,7% de la population de la commune sont inscrits !

(j’en conclus naturellement qu’ils desservent aussi des environs très peuplés et peu provisionnés en bibliobus… Si vous y voyez un problème de copier-coller, à vous de le démontrer). Mauléon serait à 104% et Mehun-sur-Yèvre à 96%

Paris est à 14% d’inscrits, Marseille à 7% et Lyon à 17%.

Nombre de prêts par inscrit

Voici le nombre de prêts par nombre de personnes inscrites. Toujours avec mes trois groupes de communes.

J’ai mis à part les prêts de livres, puis les ai intégrés dans un ensemble “Tous documents” (avec films et CD, donc)

Nb de livres prêtés / Nb d’inscrits – Moyenne Nb de docts prêtés / Nb d’inscrits – Moyenne
2005 2006 2007 2008 2005 2006 2007 2008
Villes de plus de 8000 habitants 25,58 25,86 26,15 26,92 36,22 36,55 37,06 38,43
Villes entre 3000 et 8000 habitants 24,78 24,90 23,79 25,14 30,31 30,62 29,14 30,94
Communes de moins de 3000 hbts 24,71 24,55 23,54 23,75 29,07 29,00 27,66 27,71

Si bien que les lecteurs des grandes villes seraient de plus grands consommateurs des documents de la bibliothèques que ceux des petites communes.

La palme pour 2008 reviendrait à Avallon, qui compte 10 lecteurs inscrits pour 44765 livres prêtés… Nous savons désormais avec quoi les Bourguignons calent leurs tonneaux lorsqu’ils sont bancals…

Vient ensuite Saint-Brieux, avec 196  lecteurs inscrits qui auraient emprunté 260550 livres (1330 livres par lecteur).

Et enfin Saint-André, à la Réunion : 67 lecteurs, 63000 livres prêtés.

Moralité : on peut aussi s’amuser avec les stats !

(et bien sûr, les critiques et soutiens aux bibliothèques palmées sont les bienvenues !)

Pour leur rendre justice : pour Avallon, si on compare avec les communes de taille similaire, on comprend vite que le nombre de prêts est correct (pour 10 communes de la même taille qu’Avallon, on a une moyenne de 51000 prêts pour 2008), et le nombre d’inscrits invraisemblable. Cela prouve bien qu’il vaut mieux utiliser des médianes que des moyennes, qui permettent d’évacuer à peu près les aberrations.

DLL – Statistiques 2005 (et évolution des postes publics)

Il manquait 2005 (je n’irai pas plus loin de toute façon).

Donc voici le récapitulatif pour accéder à ces tableaux :

  • 2005
  • 2006
    (Rq : j’ai corrigé une erreur : j’avais collé une seconde fois les données relatives aux collections, au lieu des données sur les prêts et les locaux)
  • 2007
  • 2008

Exemple d’étude évolutive : Absence de postes internet publics

Et voici, en bonus, un petit tableau de l’évolution sur 4 ans du nombre de postes internet proposés au public. Plus exactement, voici le pourcentage de bibliothèques ne proposant pas de poste internet à ses lecteurs.

Tout d’abord, une vision globale (toutes villes confondues) : moyenne et médiane du nombre de postes

Nombre de postes internet publics 2005 2006 2007 2008
Moyenne 2,9 3,3 3,8 4,3
Médiane 1 1 1 2

Ce sont des pourcentages : chaque groupe est de 280 bib environ.

On y voit que les petites villes y sont défavorisées, mais que dans les villes de 30.000 habitants et plus, encore une bibliothèque sur 10 ne propose aucun poste internet à ses usagers.

L’évolution en faveur d’un équipement croissant est néanmoins incontestable.

Je vous laisse bien évidemment critiquer à loisir ces chiffres (exemple de critique : proposer un seul poste dans une ville de 25.000 habitants vous permet de ne pas apparaître dans ce tableau, alors le service n’est pas identique si la bibliothèque d’une commune de 1500 habitants ouvre un poste).

% de bibliothèques proposant 0 poste internet
2005 2006 2007 2008
Villes entre 28433 et 2201578 hbts 21,07% 15,71% 14,64% 11,43%
Villes entre 14915 et 28404 hbts 37,86% 32,50% 27,86% 20,71%
Villes entre 8982 et 14852 hbts 42,86% 38,93% 32,50% 27,86%
Villes entre 6687 et 8964 hbts 37,50% 33,93% 30,71% 27,14%
Villes entre 5000 et 6662 hbts 41,43% 39,29% 35,36% 32,14%
Villes entre 3743 et 5000 hbts 46,43% 41,43% 37,50% 34,64%
Villes entre 2847 et 3742 hbts 48,21% 45,00% 42,50% 37,14%
Villes entre 2114 et 2843 hbts 45,71% 44,64% 36,79% 34,64%
Villes entre 1426 et 2113 hbts 51,07% 47,86% 45,36% 38,21%
Villes entre 1 et 1425 hbts 55,58% 50,00% 45,16% 39,71%

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