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Pleins de questionnements sur nous, nos outils, et nos missions

03/06/2009

Ces derniers temps, on a vu fleurir les doutes et les débats.

Si je reviens 4-5 ans en arrière, j’ai souvenir que la montée en puissance d’internet rendait certains ironiques (ou sceptiques, ou inquiets) sur le devenir des bibliothèques avec cette mane d’information et de documentation. Je reste marqué par cette phrase tirée de I, Robot : "Vous auriez interdit internet pour qu’il y ait encore des bibliothèques !"

A présent, nous avons passé ce cap sans finalement y laisser trop de plumes, notre existence n’est plus menacée — notre essence, peut-être ? –  et j’ai l’impression que c’est une nouvelle série d’interrogations qui se multiplie.

Première série : qui/que suis-je ?, avec des rebonds ici et (et ailleurs aussi)

Deuxième série : que sont les bibliothèques ? Où il est question de modèles, d’avenir et de troisième lieu.

Troisième série : est-ce que je vais tenir encore longtemps comme ça ?

La troisième série est intéressante : j’observe depuis quelques doutes un aveu d’essoufflement (notamment sur Twitter), que je ressens moi-même depuis quelques semaines. Tous ces nouveaux outils : Prezi, Friendfeed, Wolfram Alpha, Bing, Feedly, Zotero 2.0, ScreenToaster et Vimeo, Google Wave, JetPack,  etc. Je n’arrive plus à tout tester, je n’arrive plus à tout m’approprier, je n’arrive plus à suivre et je me prends à trouver que la retraite est bien loin. Je me sens vieux…

Ce ne sont là que des exemples de toutes les interrogations qui fourmillent : je ne mentionne pas les tweets, statuts (Facebook) ou autres messages sur Friendfeed qui pourraient illustrer ces trois séries. Mais quoi qu’il en soit elles me semblent se combiner assez bien pour dire qu’il est peut-être utile, voire nécessaire — pour moi en tout cas — de faire une petite pause pour se demander : au fait, pourquoi je fais tout ça ?

Avec la difficulté (pour moi du moins) de coordonner Netvibes, Google Reader, Twitter, FriendFeed et Feedly (et j’oublie, quand j’ajoute un favori sur Delicious ou sur Connotea, lequel va être automatiquement envoyé sur Friendfeed, ou sur un autre encore), où je retrouve les mêmes informations, ou les mêmes billets relayés par de nouveaux canaux, j’avoue que j’ai du mal à y voir toujours clair.

Marlène a elle aussi ressenti le besoin de faire un petit point. Nescio se pose des questions existentielles.

Et moi, je pense que je vais faire une pause de veille : sans me désabonner à aucun fil RSS, je vais juste les passer en revue beaucoup plus rapidement. Je vais rater plein de trucs formidables. Mais j’espère disposer ainsi de temps pour réfléchir au reste, à tout ce que j’ai déjà survolé sans vraiment l’approfondir.

J’aimerais surtout déterminer à quoi me servent toutes ces infos qui passent, le temps que je consacre à tous ces nouveaux outils, en quoi ça rend service à ma bibliothèque et à ses lecteurs. Redonner une certaine dimension à tout ça, quoi ! sans me contenter de : je fais de la veille parce que c’est mon métier (ce qui est vrai : je fais de la veille parce que c’est mon métier).

Précision : je pense faire une pause de veille, mais pas forcément blogguer moins. Peut-être même le contraire, puisque je blogguer sur ce que j’ai pris le temps d’approfondir (à mon niveau, hein !).

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16 Commentaires
  1. dbourrion permalink
    03/06/2009 14:43

    Petite anecdote perso : j’ai ressenti exactement le même sentiment de trop plein d’infos et d’outils l’an passé. En particulier, je m’angoissais avec ça : "Je vais rater plein de trucs formidables." mais par fatigue réelle, j’ai adopté une attitude que l’on peut résumer par "Si c’est vraiment formidable, ça peut attendre 3 mois que je m’en aperçoive…"
    Dit autrement, j’ai adopté une position plus décontractée et distanciée en me disant que, plutôt que de sauter sur tout ce qui passe, je vais attendre qu’émergent un peu les choses vraiment intéressantes (tu vois, comme quand la mer se retire – il suffit d’attendre).
    Ca n’a pas diminué l’avalanche, mais je sais à présent que dans cette avanlanche, certaines choses formidables ne prendront pas/ n’ont pas pris et que donc, cela aurait du temps perdu que de les creuser.
    Par contre, les trucs qui sont sans doute vraiment importants, j’ai l’impression de mieux les distinguer… L’impression…
    Et puis il faut relativiser : nous ne travaillons pas dans un service d’Urgences néo-nat… Alors si on rate une info, il n’y aura pas mort d’homme…

  2. 03/06/2009 14:49

    @dbourrion : merci Daniel, tu m’apprends ainsi que j’ai un an de retard… Trop cool ! ;-)

  3. dbourrion permalink
    03/06/2009 17:12

    non, ce n’est pas ce que je voulais dire… :-(
    Je voulais dire : tu traverses une crise existentielle normale :-)

  4. 03/06/2009 18:48

    Oui, moi aussi je me reconnais dans ces questionnements… à un moment donné, il faut savoir renoncer à certaines choses. Et on finit par bloguer une fois par trimestre ;-) mais au fond, peut-être que ça suffit, et ça fait moins de bruit pour les autres !!!

  5. 03/06/2009 18:58

    Mon questionnement à moi, c’est plutôt de mieux communiquer sur ce qui se passe auprès des collègues qui n’ont pas le temps de se tenir au courant. Et ça demande du travail!

    Avec les autres zhybrides, ce partage est facile et évident. Alors qu’à la majorité de mes collègues, je donne l’impression de venir d’une autre planète parce que je partage de temps en temps quelques liens que je juge intéressants sur la liste de diffusion du SCD.

    Sinon, j’avoue que je profite beaucoup du travail de veille ou de test (Pearltrees et Feedbly, par exemple, je ne me suis pas ruée dessus) fait par d’autres. Le Bouillon du Bibliobsédé est pour moi une source toujours pertinente! :D

  6. B. Majour permalink
    03/06/2009 19:32

    Tiens, j’en suis à la même réflexion : en quoi est-ce vraiment utile à mon travail ?

    Je me cantonne à quelques sites, pour éviter l’avalanche, et parce que je préfère regarder à gauche et à droite… sans m’arrêter sur le filet des fils RSS.

    Et parce qu’il y a plaisir à découvrir du neuf. :-)
    Comme en bibliothèque.

    Quant à l’idée de tout tester, de tout vouloir "regarder", c’est bien, mais – depuis longtemps – je sais que ça ne vaut pas un seul outil bien maîtrisé.

    Le besoin de réfléchir, c’est un outil à bien maîtriser :-)

    A quoi et pour quoi/qui j’utilise ces outils, telle est la question.
    Le break permet de se pencher sur ces questions.

    Et comme le dit DBourrion, prendre du recul, ce n’est pas mort d’homme, c’est s’éloigner pour mieux voir… ce dont on a vraiment besoin.

    Wait and see, disent les anglais. Des gens très pragmatiques.
    J’adopte leur devise et, de temps en temps, je prends obligatoirement du recul. Pour éviter le nez dans le bouquin ou le guidon, pour les plus cyclistes.

    La phase digestive. :-)

    Abandonner l’outil pour voir s’il manque vraiment dans son travail quotidien.
    Sinon, il est en trop.

    Bon courage pour cette digestion.
    B. Majour

  7. 03/06/2009 19:36

    Ce n’est pas tant la question du pourquoi que celle du comment qui m’interpelle : il y a trop de redondances entre les sources, et il va falloir désherber ;-)

  8. dbourrion permalink
    03/06/2009 19:46

    @phelly : pas ça, P. très amicalement, pas ça :"des collègues qui n’ont pas le temps de se tenir au courant"….
    Tout le monde a le temps de se tenir au courant dans une bib, faut pas déconner… Quoi, alors toi, ou les veilleurs, ont du temps à perdre à veiller, et pas les autres ????

    Non, pas ça… Parce que le temps, les veilleurs le prennent et le trouvent.
    Donc tout le monde peut le trouver – et on ne me fera pas avaler que pendant une plage de service public, par exemple, on ne trouve pas le temps de veiller…

    Je ne dis pas que tout le monde doit souvre 500 sources, mais une veille minimum, la grose grosse grosse majorité des collègues a le temps de la faire en bib.

  9. 03/06/2009 19:48

    Effectivement, l’abondace est difficile à gérer, à juguler. Et on en est toujours à tester des outils, sans savoir quels sont ceux dont nous avons besoin. La question à laquelle on essaie de répondre: quelle information est importante pour moi?

  10. 03/06/2009 21:25

    Exemple perso: pour diverses raisons, j’ai passé plusieurs mois sans connexion personnelle, et sur mon lieu de travail difficile de prendre le temps de faire une veille correcte. Résultat je me suis trouvé dans la position du collègue qui va peu sur le net et qui a du mal à comprendre cet engouement qu’ont certains pour les blogs et autres sites professionnels. Et surprise, je ne m’en portais pas plus mal. Du coup ma connexion récupérée, une veille beaucoup moins importante et pas le courage d’écrire.
    Ce qui me pousse à reprendre (difficilement) le "petit cabanon" : l’impression d’être en dehors du coup pour ce qui est de la réflexion sur le métier, de ne pas participer à une aventure excitante. Mais la veille, aujourd’hui encore, je la fait moins sérieusement qu’avant. C’est en voulant commenter l’article de B Calenge que je tombe sur ce post. C’est le désir de participer qui fait veiller.

  11. 04/06/2009 18:15

    @dbourrion : la majorité pourrait effectivement trouver le temps. J’aurais dû dire plutôt "qui n’ont pas l’envie/le courage de s’y mettre".

    C’est une question de culture professionnelle, aussi. Pour moi la veille est essentielle. Beaucoup d’autres estiment que ce n’est pas nécessaire dans leur travail quotidien.

  12. dbourrion permalink
    04/06/2009 22:11

    @phelly : ouf, tu m’as fait peur :-)

  13. 05/06/2009 08:28

    @phelly et @dbourrion : il m’est arrivé d’essayer d’expliquer à une collègue comment gagner du temps (veille documentaire, meilleure maîtrise de l’informatique, etc.). Elle m’a dit qu’elle n’avait pas le temps pour ça…

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