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Fin de Google Wave – et donc ?

06/08/2010

Google l’a annoncé : Google Wave ferme, parce que le succès n’était pas celui espéré. Quelques réactions, entre « à chaud » (ç’aurait été hier) et « à froid » (ce sera pour la rentrée ou plus tard, ou jamais).

1. En l’état, une évaluation des résultats était grotesque.

Le nombre de fonctionnalités manquantes pour vouloir adopter réellement Google Wave était tel que seuls les curieux ou les très-familiers des nouvelles technologies (pas seulement les internautes quotidiens, ou les digital natives) pouvaient réellement l’utiliser en acceptant d’oublier temporairement ses insatisfactions.

Les moult corrections et compléments attendus le resteront donc (attendus). Sur Google Wave en l’état, les waveurs ne pouvaient être constitués que d’une population vaste de testeurs, pas vraiment plus.

Je me demande quelles étaient les attentes de Google, mais c’est davantage leurs attentes que le logiciel lui-même qui ont été mises en échec.

2. Si on est développeur, il est inutile de trop s’investir dans un projet Google avant que celui-ci ait été jugé par Google comme ayant eu suffisamment de succès.

De nombreux développements, outils, robots, documentations, ont été élaborés. Direction la poubelle…

Problème résiduel : comment savoir si Google est content des résultats d’un service fraîchement lancé ? Ils ne diront jamais le contraire, sauf le jour de la fermeture du service…

3. Comment faire adopter un produit nouveau à une vaste population ?

C’est simple : il faut que le produit nouveau ressemble suffisamment à des produits déjà existants utilisés par la population visée.

Les lecteurs de DVD ont rapidement « pris » en grande partie parce qu’ils ressemblaient aux magnétoscopes. Mais ils ont été moins adoptés par les personnes âgées, parce que la lecture d’un DVD, avec un menu et différentes lignes de lecture (un « embranchement » au niveau du menu, vers le film, le choix des langues, les bonus, etc.) est plus facilement compréhensible à ceux qui ont par ailleurs un ordinateur.

Disons qu’un nouvel outil doit :

  1. ressembler suffisamment à un outil plus ancien, pour permettre une prise en main rapide des fonctionnalités de base (exemple : lire un film)
  2. laisser à l’utilisateur la possibilité de découvrir progressivement, mais sans situation bloquante, les autres fonctionnalités (exemple : mettre la VO avec sous-titres en français)

La question est donc : quelle était la population visée par Google Wave ? Comme l’outil était pensé comme « le moyen de communication de l’avenir », on peut supposer que la génération visée était, globalement, « les jeunes ». C’est-à-dire une génération pour qui le mail est fait pour les vieux. Ces internautes-là utilisent, pour communiquer : Facebook, le SMS, le chat, et le téléphone portable.

Si Google visait l’adoption immédiate de cet outil de l’avenir, il lui fallait partir d’une interface ressemblant un peu à l’un de ces outils, dans lequel l’internaute aurait rapidement compris comment envoyer un message — avant de voir peu à peu toutes les fonctionnalités collaboratives, d’intégration d’autres outils, etc.

Le problème de base est que, par exemple, l’interface Google Wave n’envoie pas de message. Elle ouvre une wave (plutôt sur le modèle du forum ou du groupe de discussion). Le modèle « de référence » (point de repère) aurait donc pu être plutôt Facebook — sauf que l’interface et les fonctionnalités n’ont rien à voir.

Au regard du public visé, je pense que Google aurait dû davantage réfléchir à une ressemblance entre Google Wave et son service de chat. Exemples :

  • pouvoir maîtriser sa « disponibilité »‘
  • pouvoir voir si des personnes étaient « disponibles », non seulement parce que connectées sur Google Wave, mais même sous GMail. Et si on ouvre une wave avec quelqu’un dans ce cas-là, que la personne en soit informée sous forme d’une bulle sur le même modèle qu’elle est sollicitée si je l’interpelle en chat.
  • que par défaut le curseur soit en bas de la wave, prêt à saisir un nouveau message — plutôt que de devoir choisir spécifiquement son emplacement — je pense que de nombreuses personnes sont restées devant leur wave vide sans savoir simplement comment créer un blip…

4. Des évolutions à venir

« Nous n’avons pas l’intention de poursuivre le développement de Wave comme produit autonome, mais nou allons maintenir le site jusqu’à la fin de l’année et étendre la technologie dans d’autres projets Google » (blog Google, traduction Numerama).

C’était une évidence, mais c’est plus agréable de le voir écrit. Donc tout ne sera pas abandonné tel quel, mais réexploité.

Au regard des usages que j’ai constaté pour GWave, celui-ci peut réutilisé autant du côté de la messagerie (mode mail ou chat) que du côté de GDocs — et pourquoi pas de Google Voice !

Ce dont a beaucoup souffert Google Wave, c’est de n’avoir absolument pas été intégré aux autres outils Google. Depuis Google Wave, on pouvait appeler un document GDocs. Mais depuis Google Docs, comment « ouvrir une wave sur ce document ».

Autre scénario, encore plus vraisemblable : quelqu’un me voit en ligne sur GMail et m’interpelle en chat. Nous échangeons quelques mots puis, au vu de l’ampleur de la discussion — ou plus sûrement parce que l’un de nous deux doit s’absenter au milieu d’une passionnante conversation — nous voulons basculer sur Google Wave. Aucun bouton « Envoyer ce chat vers une nouvelle wave » n’était proposé.

Et c’est typiquement le genre de récupération que j’espère : que l’on puisse, non pas archiver une conversation en chat, mais la basculer en mode asynchrone pour pouvoir la reprendre ultérieurement.

Bref, pour l’avenir, j’espère que Google va surtout faire évoluer sa fonction chat de GMail, plutôt que la boîte GMail « traditionnelle » — en faisant disparaître progressivement la différence synchrone/asynchrone. Parce que c’est ainsi que Google pourra intéresser de futurs utilisateurs, beaucoup plus qu’en faisant évoluer la boîte mail vers un mode synchrone.

Bon, j’attends de voir (et je suis un peu sceptique, pour tout dire). En attendant, je vais rebasculer les waves qui le mériteront vers des documents GDocs.

Google Wave reste une bonne idée. J’ai dans ma boîte des waves de plus de 100 messages. Aurais-je pu avoir les mêmes conversations avec une boîte mail (100 mails ?), ou en chat (pas de mise en forme, pas de pièce jointe, uniquement du mode synchrone). Il va me falloir un outil de substitution. Quelqu’un a des suggestions ?

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3 commentaires
  1. 06/08/2010 15:25

    Comment diable allons-nous faire Lully ? :-) Il n’y a qu’avec toi que j’utilise régulièrement GWave, + des utilisations ponctuelles, disons, « festives ». C’est peu, et pourtant, effectivement, je me dis qu’on va avoir un problème maintenant.
    Les Google Docs permettent à peu près la même chose, écriture synchrone, etc. (avec des manques similaires : gérer sa disponibilité, …).

  2. HommeDeJava permalink
    16/08/2010 22:09

    Snif! Snif! Google wave est disparu pendant mes vacances…

    Google Wave était beaucoup une solution à la recherche d’un problème,… La collaboration / communication temps réel et multimédia est davantage un outil de niche qu’un besoin grand public.

    Je n’ai jamais été en mesure d’intéresser mes collaborateurs à travailler sérieusement en temps réel dans une Wave. Nous avons juste essayé la technologie pour le plaisir, mais rien de sérieux. Aussi, je trouvais Wave un peu trop « touffu » et mal organisé… On ne savait trop où donner de la souris ou du clavier.

    Quoi qu’il en soit, Google pourra réutiliser la technologie Wave en interne dans GoogleDocs et GMail.

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