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Bibliothécaire du dimanche : un débat qui nous dépasse

09/02/2011
Caran d'Ache au sujet de l'Affaire

Caran d'Ache au sujet de l'Affaire

Un billet relativement neutre (c’est-à-dire énonçant aimablement des faits l’amenant à sa conclusion) a entraîné des commentaires d’un ton inhabituel sur ce blog, avec chez certains un niveau de réflexion qui me désole.

J’ai l’impression (mais peut-être n’est-ce que l’obsession d’un cerveau malade ?) que les réactions "réflexes" sont dus en partie au spectre du dimanche derrière l’expression "ouvertes le soir et le week-end" (qui n’est pas la même chose que : "ouvertes le soir et le samedi"). Le billet lui-même ne parle pas du dimanche, mais celui-ci apparaît dès le 3e commentaire, dans un bel amalgame :  plusieurs commentaires ont adopté le procédé consistant à caricaturer la position et la pensée du billet ensuite pour le contredire.

J’avais déjà évoqué il y a quelque temps la question des horaires d’ouverture, pas tellement pour prendre position moi-même (je ne me sens pas mûr sur la question) que pour signaler deux visions de ce que doit être une bibliothèque, qui sous-tendent souvent les positions de chacun:

  • la bibliothèque comme supermarché, où l’on emporte les biens afin de les consommer plus tard et ailleurs.
  • la bibliothèque comme café, où l’on consomme sur place (sans quoi ça n’a pas de sens), conception qui rejoint clairement celle de bibliothèque comme troisième lieu.

La question de l’ouverture du dimanche n’est à mon sens que très partiellement liée à celle des horaires d’ouverture : on peut très bien ouvrir plus sans ouvrir le dimanche, et la démarche, la philosophie, en sont complètement différentes. D’où le danger, quand on invite à des ouvertures plus larges, à parler de "week-end" au lieu de "samedi" (à moins d’assumer, mais alors explicitement, sa position en faveur du dimanche).

Petit préalable

Tout d’abord, dans les réticences des bibliothécaires à l’ouverture du dimanche (et aux extensions d’horaires plus généralement — cf. les commentaires sus-cités), il y a la perte de la vie de famille, ou, plus globalement, de la vie sociale, leur vie, telle qu’elle existe pour chacun d’entre eux actuellement.

Entrés dans la profession il y a 30 ou 5 ans, ils se sont projetés dans un rythme de vie où, à la rigueur, on travaille le samedi (en BM surtout), mais où le dimanche est de toute façon un rendez-vous fixe, garanti, avec les activités personnelles.

Exceptions : la BPI et les quelques bibliothèques municipales qui ouvrent déjà le dimanche. Dans ces bibliothèques les personnels ont construit leur vie autour du travail du dimanche (ou au moins avec lui).

Ce qu’il faut comprendre, c’est que, dans chacune de ces existences, ce n’est pas tant le dimanche qui perturbe que le changement de rythme en soi.

Oui, travailler le dimanche alors qu’on ne le faisait pas avant, modifie le rythme des activités familiales ou personnelles, mais c’est aussi parce que les récupérations (forcément en semaine) permettent de faire autre chose des heures libérées. On finit forcément par y trouver un intérêt, non pas parce que travailler le dimanche, c’est mieux, mais simplement parce que ça permet d’autres choses impossibles avant (aller chercher ses enfants à l’école, les récupérer pour un déjeuner par semaine, etc.).

C’est bien pour cela qu’il faut s’abstraire de son existence quotidienne actuelle pour entrer vraiment dans le débat.

La question des moyens

Le premier commentaire dudit billet (un des  plus mesurés) évoque la question des moyens : comment peut-on demander d’ouvrir plus alors qu’on alloue moins d’argent par les bibliothèques ?

Je suis tenté d’y répondre par une pirouette (sans y croire d’ailleurs complètement moi-même) : chaque bibliothécaire répartit inégalement son temps entre travail interne (acquisitions, gestion courante, catalogage, etc.) et service public.

Actuellement les budgets sont réduits. "Les budgets", ça veut dire que l’argent disponible pour acquérir diminue plus vite que le nombre d’acquéreurs. Donc ça libère du temps pour les acquéreurs, les catalogueurs et les personnes chargées de l’équipement des livres.

Fin de la pirouette, il n’est pas nécessaire d’argumenter dessus.

Un choix de société

A mon sens, le vrai débat doit être porté à un autre niveau.

Actuellement, des bibliothèques parsemées ouvrent progressivement le dimanche, mais sans qu’un débat national ait finalement rangé les bibliothèques dans la catégorie des services qui devaient ouvrir le dimanche.

Actuellement, sont considérés comme devant "naturellement" être en activités le dimanche :

  • dans le public : hôpitaux, commissariats, transports en commun, musées
  • dans le privé : toute activité qui estime nécessaire d’ouvrir le dimanche pour être rentable, notamment celle qui "exploite" (en tout bien tout honneur) le temps libre des gens (cinémas, cafés, etc.)

Il y a eu un assez gros débat autour des zones touristiques, pour justifier une nouvelle exception au principe de fermeture du dimanche.

Mais avec les bibliothèques, la question se repose (y compris le dimanche…)1 : si on ouvre les bibliothèques le dimanche, est-ce au titre d’une exception, parce que leur activité entre en réalité dans la typologie des métiers déjà exercés le dimanche (musées, transports), ou est-ce parce que le dimanche cesse d’être une exception ?

Des arguments portent vers les deux possibilités :

  1. les missions des bibliothèques évoluent, elles se repositionnent de plus en plus comme lieux de sociabilité plus que comme temple du savoir.
  2. l’idéologie gouvernementale vise clairement à faire sauter le verrou psychologique, culturel ou religieux, qui ferme encore l’accès au dimanche comme jour "normal".
  3. [un troisième argument serait de dire que les bibliothèques auraient depuis toujours dû faire partie des exceptions, et que ce n'est que maintenant qu'on s'en rend compte, et qu'on ose enfinle dire.]

Pour moi, ce qui distingue les musées et les bibliothèques (je l’ai déjà dit dans le billet sus-mentionné), c’est que pour les musées le service ne peut se consommer que sur place, tandis que les bibliothèques qui ouvrent le dimanche sont précisément celles qui sont le plus orientées vers le prêt (à ma connaissance, peu de bibliothèques patrimoniales sont dans ce cas).

Il y a une demande de la part de lecteurs pour une ouverture le dimanche. Mais il y aurait certainement une demande de la part de citoyens pour une ouverture des bureaux de poste le dimanche, ou des services d’archives (qui, dès qu’on traite de musées et de bibliothèques, ne sont jamais très loin). A partir du moment où vous êtes consommateur de ce service (dont vous ne pouvez profiter sur vos propres heures de travail), vous serez favorable à ce qu’il soit accessible sur vos heures de disponibilité.

Si on ouvrait des bureaux de poste le dimanche, il y aurait des gens pour y aller. Ca veut dire que les postiers auraient tort de s’y opposer ? que les bureaux de poste sont en train de devenir un "troisième lieu" ?

Nier la "culture du dimanche" ?

Il y a un verrou social, culturel, psychologique, autour du travail du dimanche (et quand il y a un verrou, ce n’est pas en soi souhaitable de le faire sauter : il est forcément structurant).

C’est ainsi. Il paraîtrait même qu’il est plus fort à Lyon qu’ailleurs.

Nier son existence, ou plus exactement argumenter contre ce verrou par des arguments du type "Mais il y a une demande pour un tel service", c’est de l’inconscience ou de l’hypocrisie. Car on ne répond pas à une question qui relève de l’inconscient collectif (ou de la conscience collective ?) par une approche aussi pragmatique. Sauf à susciter des réactions hostiles par réflexe, non argumentées : les uns et les autres ne se situent pas au même niveau.

Or, se situer au niveau du principe du travail du dimanche, principe au sein duquel (mais qui ne le résume pas) se pose la question des bibliothèques, me paraît légitime.

Ce verrou socio-philosophico-culturel dominical n’a rien à voir avec les extensions d’horaires le soir, ni même (quoiqu’il s’en rapproche davantage) avec l’ouverture entre Noël et le jour de l’An. Donc ce n’est pas à coup de besoins qu’il est juste d’y répondre.

Conclusion ?

Aucune. A ce stade, je ne prends pas partie.

Je ne veux pas prendre partie. Ce qui me semble essentiel, c’est de refuser autant les réactions des bibliothécaires qui se sentent menacés dans leur vie personnelle, que celles des lecteurs qui réclament un dû, et celles évidemment des bibliothécaires qui les appuient dans leur revendication au nom du besoin exprimé.

Je ne peux pas prendre partie parce que ce débat ne doit pas se limiter à des échanges entre bibliothécaires et lecteurs, ou entre bibliothécaires modernes et bibliothécaires vétustes.

Il me semble évident que cette question doit se résoudre par un débat national, à l’issue duquel l’ouverture des bibliothèques le dimanche (ou leur fermeture) ne serait qu’une conséquence parmi d’autres.

Ce débat n’aura pas lieu, puisque le gouvernement ne le souhaite pas (il y en a eu un sur les zones touristiques, ce qui ne concerne pas les bibliothèques) et subventionne les ouvertures du dimanche.

Donc, en attendant en vain ce débat, je ne participerai pas à ceux qui le précèdent, et je n’aurai même pas d’opinion.

Tout ça pour ça.

PS : dimanche 6 février, première ouverture de la BU St-Jean du SCD de Nice (je n’y étais pas).  Salle de lecture pleine, essentiellement d’étudiants de médecine qui n’ont à peu près pas utilisé la documentation (peu de demandes de prêts). Des tables, des chaises, des prises, la wifi. Ça tombe bien : c’était fait pour servir !

—————————————–
1 Attention, il y a un jeu de mot

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53 Commentaires
  1. 09/02/2011 08:16

    Petit témoignage d’ailleurs: j’ai fait mes études à Genève avec des BU ouvertes de 8h à 22h en semaine, le samedi et le dimanche en horaires réduits. Toutes les bibliothèques n’étaient pas ouvertes de manière aussi large, mais nous avions toujours un lieu de travail disponible, sans que les places soient trop chères même en période d’examens.

    Les services étaient réduits, mais ce dont on avait besoin durant les horaires "décalés", c’était avant tout la place de travail, pas les services. Et c’était un bon job d’appoint pour des étudiants employés par les BU pour assurer ces ouvertures étentdues.

    Quand j’ai débarqué à Lyon pour un master, j’ai été vraiment surpris de ne pas trouver la même amplitude d’horaires (comme j’ai été surpris d’apprendre par la suite que dans d’autres pays, certaines BU étaient ouvertes 24/7).

    Je suis incapable de comparer les ressources des BU suisses et françaises, mais je me doute bien que les moyens de ces dernières peuvent être insuffisants pour ouvrir davantage. En revanche, je ne peux pas imaginer que le besoin n’existe pas.

    A noter que cette ouverture du dimanche en Suisse ne se généralise pas à l’ensemble de la société: nous avons voté récemment à Genève contre l’extension d’ouverture des magasins en soirée et quatre dimanches par an http://bit.ly/dYq8Wz

    Et en ce qui concerne les services d’archives, on va déjà essayer de généraliser l’ouverture le samedi :) Il y a cependant une différence avec les bibliothèques: ce ne sont pas des lieux de sociabilité, mais avant tout des réservoirs de ressources documentaires; dans le cadre de cette discussion, on est donc plus proche du modèle du musée, à la différence que la consultation à distance est plus envisageable pour les archives.

  2. 09/02/2011 08:22

    @Souslapoussière : Pas convaincu sur la bibliothèque comme lieu de sociabilité à la différence des archives.
    Qu’est-ce qui empêche un service d’archives, pour justifier sa salle de lecture de 130 places, de se promouvoir comme lieu de rendez-vous des associations généalogistes du coin ?
    Et "la consultation à distance est plus envisageable pour les archives" : donc avant la numérisation, il aurait fallu ouvrir les dimanches ? (mais c’est trop tard…)

    En fait, les premiers interlocuteurs des archivistes sont les services versants, et les administrations en général. C’est, il me semble, la seule raison forte (psychologiquement et "organisationnellement") pour expliquer que les archives vivent au rythme des autres administrations (9h-17h).
    D’ailleurs, pour l’exemple que je connais le mieux, les services administratifs du départements sont bloqués dans un centre fermé le samedi, le dimanche et en soirée. Donc même si les archives avaient envie d’ouvrir davantage, elles n’en auraient pas la possibilité matérielle (sécurité, etc.).

  3. 09/02/2011 09:05

    Je n’ai pas d’avis sur l’opportunité d’ouvrir les services d’archives le dimanche, néanmoins l’exploitation des statistiques des consultations à distance devraient permette de dégager des tendances :
    - les consultations se font-elles sur les heures d’ouverture traditionnelles ?, dans ce cas, il s’agit du même public, qui pour des raisons matérielles et pratiques, a modifié son mode d’accès ;
    - les consultations sont-elles réalisées le soir et/ou le week-end ? il s’agit alors d’un "nouveau" public, ou en tous les cas de lecteurs pour qui les horaires sont vraisemblablement une contrainte.
    D’ailleurs les jours/horaires d’accès à distance témoigneront peut-être d’une différence de pratique entre les types de recherche (généalogique, administrative, scientifique).
    Bon, bah… y’a plus qu’à attendre les premiers chiffres !!!!

  4. antmeyl permalink
    09/02/2011 10:07

    Le ton des commentaires sur le billet de bibliobsession ne me surprend pas du tout.

    Sur cette question, le sentiment qu’on se moque de nous est confirmé jour après jour, année après année.

    En ce qui concerne les BU, la politique ministérielle d’extension des horaires d’ouvertures n’a pas été débattue ni négociée. C’était une injonction motivée par un souci d’affichage politique à court terme, donc sans financement pérenne. A charge pour les établissements universitaires devenus autonomes de les financer avec une masse salariale plafonnée ou en baisse.

    A partir de là, j’entends bien tous les collègues qui invoquent la nécessité du « dialogue social ». Cela démontre simplement qu’ils n’ont aucune idée concrète de la façon dont le pouvoir en place pratique le « dialogue social » dans notre pays, notamment dans le périmètre couvert par le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche : ce n’est pas un dialogue et il ne repose sur aucune considération sociale (seulement budgétaire).

    Nationalement, ce débat n’aura pas lieu parce que la question a déjà été tranchée le 18 janvier 2007 comme l’expliquait JC Brochard
    ici

    Théoriquement, il pourrait avoir lieu localement mais à ma connaissance, jamais sur la nécessité d’ouvrir plus, seulement sur la façon d’ouvrir plus.

    Bref, le débat ne nous dépasse pas, il n’existe pas, hormis entre pairs dans le microcosme de la blogosphère, ici ou ailleurs, càd pas là où les décisions sont prises.

  5. 09/02/2011 10:09

    Oui, attendons. Comme ça, dans quelques années, les livres que nous désirons lire le dimanche seront téléchargeables en ligne et la question de l’ouverture ne se posera même plus ;)

  6. 09/02/2011 10:10

    (Lully, merci de pardonner aux archivistes qui font dévier les commentaires, il faut croire que nous sommes plus matinaux que les bibliothécaires ou que nous avons plus de temps à perdre)

    130 places dans la salle de lecture? Là, la différence de moyens est plutôt en faveur des services français :)

    Ta remarque sur les horaires des archives calqués sur ceux des administrations est tout à fait juste. C’est pourquoi on peut être déjà content des ouvertures du samedi, qui ne sont pas gagnées même dans de grands services.

    Mais je persiste à affirmer que nos salles de lectures n’ont pas la même vocation d’espace de travail qu’en BU. Il me semble d’ailleurs (mais je n’ai pas de référence sous la main) que des archives ont vu leur fréquentation physique baisser à mesure que des ressources étaient mises en ligne.

  7. 09/02/2011 10:13

    Et un autre point à discuter: les bibliothèques (et archives) qui offrent des expositions ne devraient-elles pas s’efforcer d’ouvrir au moins ces espaces "muséaux" le dimanche?

  8. Valérie Bertrand permalink
    09/02/2011 11:00

    Bonjour,
    Vous avez oublié la BNF comme bibliothèque qui ouvre le dimanche (il n’y a pas que la BPI à Paris !!). J’en sais quelque chose puisque j’ai débuté ma carrière de conservateur là bas, et je travaillais le dimanche.
    Je suis actuellement dans une BU à Lyon et nous ouvrons du lundi au vendredi (8H30 à 19H et deux jours à 21H en période d’examen) et les samedi jusqu’à 17H.
    Nous n’ouvrons pas le dimanche et il n’en est pas question pour l’instant car nous sommes au sein du campus, ce qui suppose que l"université dans son entier ouvre, avec la sécurité, des techniciens d’astreinte : cela coûte cher.
    En revanche nous avons des pressions pour ouvrir plus (notamment le soir).
    Je n’ai rien contre le fait d’ouvrir plus, je pense qu’effectivement c’est utile (car il paraît que les bibliothèques ont encore une utilité), et je suis donc plutôt favorable. mais je suis consternée par la façon dont on met en œuvre les extensions d’horaires dans les universités, en ne proposant aucune possibilité de rémunération en plus pour les personnels. Un cadre peut se permettre de faire garder ses enfants le dimanche et récupérer ses heures en semaine, mais quid des autres catégories de personnel? A la BNF nous avions le choix : soit on récupérait nos heures, soit on était payés et à l’époque la rémunération valait le côut (elle permettait notamment de ne pas travailler à perte si on embauchait une nounou!).
    Je trouve que le débat idéologique n’a pas lieu d’être : évidemment que c’est utile d’ouvrir plus les bibliothèques (territoriales ou universitaires), est-ce que des bibliothécaires diront le contraire? Cela suppose qu’ils scient la branche sur laquelle ils sont assis. Il faut ramener le débat sur le terrain , et parler des conditions de cette ouverture : quels moyens nos tutelles (au delà des discours démagos de façade) sont-elles prêtes à nous donner pour mettre en œuvre cela?
    J’ai travaillé le samedi et le dimanche à la BNF, jusqu’à 22H certains soirs de semaine en section médecine, le samedi et à 21H en ce moment. Je trouve que ce sont des moments où on a un autre rapport au public, où il y a une ambiance différente, agréable, plus détendue. mais je pense aussi comme cela parce que cela reste gérable pour ma vie professionnelle et personnelle, j’ai encore le temps de faire mon travail en semaine et d’avoir une vie de famille.
    Pour conclure je pense que les bibliothécaires devraient prendre des cours de négociation et de communication pour négocier les changements dans leurs structures plutôt que de se crisper sur des positions de principe qui les fait ranger au rayon des espèces en voie de disparition . En même temps je suis assez irritée des discours démagogiques sur les extensions , discours qui ne sont assortis d’aucun moyen supplémentaires et qui n’engagent que les personnels qui rament pour les mettre en œuvre.
    Mes propos n’engagent que moi bien entendu.

  9. tacheau permalink
    09/02/2011 11:28

    Je pense que le débat national sur l’extension des horaires ou l’ouverture le dimanche n’a plus vraiment de sens dans une société en voie de déconcentration. Je n’ai pas d’avis à donner sur cette évolution qui traverse tout le champ politique, gauche/droite confondues, juste le constat fait par ailleurs pour beaucoup de services dans les collectivités locales depuis la décentralisation des années 80, que les bibliothèques universitaires gérées directement par l’Etat avec des crédits fléchées et des missions dictées de Paris n’étaient pas des plus efficientes.

    Dans 10 ans, on ne parlera plus de cette question car chaque université aura choisi qui d’élargir les horaires, qui de développer la doc en ligne, qui de supprimer sa bibliothèque pour construire une piscine… que sais-je encore. D’ici là, le dialogue et la construction des choix politiques se seront nécessairement affermis au sein des établissements qui ne pourront faire l’économie d’un minimum de démocratie et de participation réelles des acteurs (personnel, usagers, partenaires locaux…) et c’est tant mieux.

    Quant à la politique d’intim(id)ation-incitation du Ministère (certes de plus en plus vaine et en contradiction avec le mouvement d’autonomie) qui jouerait avec l’individualisme et l’opportunisme de certains établissements, pour ne pas dire certains bibliothécaires…, elle n’est pas nouvelle et elle a rarement plus procédé d’un dialogue national (libre accès, PRCE pour la formation, constructions, portails documentaires, learning center,…) alors que l’impact sur les agents étaient et sont autrement plus lourd que de travailler le dimanche.

  10. Marie H permalink
    09/02/2011 11:51

    Merci pour ce recadrage du débat.
    Le vrai débat est politique : voulons-nous d’une société qui travaille DANS SON ENTIER 7j/7 et 24h/24 ? Pour l’instant seuls certains services ou appareils de production sont dans ce cas, voulons-nous TOUS travailler avec des rythmes qui se répartissent (négociés ou pas ?) 7j/7 et 24h/24 ?
    Car c’est ce à quoi nous aboutirons : il y aura toujours quelqu’un qui ne dort pas pour vouloir aller à la piscine, à la poste ou à la bibliothèque à 4h de mat le dimanche …
    Avons-nous les moyens économiques, écologiques de supporter ces dépenses ? Avons-nous envie de déstructurer TOUS les rythmes de notre société pour que tout le monde puisse faire ce qu’il veut quand il veut ?
    Moi non, pas pour moi ni ma famille, ni non plus pour mon voisin qui est vigile à la BU et qui ne voit plus ses enfants le soir (il rentre à 23h30) …

  11. 09/02/2011 12:26

    @Marie H : non, pas forcément.
    On peut définir que certaines catégories d’activités travailleront systématiquement le dimanche (sans services internes, seulement orientés publics/clients). Et les bibliothèques entreraient dans ces catégories.
    Mais quelle(s) catégorie(s) ?
    Pour l’instant, je ne vois pas à quel titre les bibliothèques sont spécifiques.
    Si c’est parce qu’il y a une demande (si on ouvre, des gens viendront), alors les bureaux de poste sont aussi.
    etc.

  12. 09/02/2011 13:53

    1. La bibliothèque ouverte 24/24 et 7/7 existe déjà – ça s’appelle une bibliothèque numérique.

    2. La méta-bibliothèque ouverte 24/24 et 7/7 existe aussi déjà – ça s’appelle le web.

    3. il n’y a pas de 3.

  13. 09/02/2011 13:54

    @Tacheau : vous avez raison. La question de l’ouverture des bibliothèques le dimanche peut et va se passer ainsi, de manière fragmentée, bibliothèque par bibliothèque, à cause de la décentralisation.
    C’est toute la différence avec les bureaux de poste : la "tutelle" y est la même pour tous où il serait impossible de prétendre ouvrir un bureau de poste et pas les autres (à l’exception notable de la poste du Louvre).
    Cela signifie-t-il que ça devrait se passer ainsi ?
    Je sais que ce "grand débat" n’aura pas lieu.
    Ca ne m’empêche pas de le réclamer…

  14. 09/02/2011 13:55

    @dbourrion : je suis pour le télétravail et la multiplication des services en ligne (et peut-être même des contenus), y compris au détriment des services sur place.

  15. 09/02/2011 14:11

    @lully : Pas forcément au détriment : bibliothèque continuum, ça permet d’articuler num/pas-num | local/distant et de jouer la complémentarité ouvert/fermé. Et puis pas de détriment : une bib physique ouverte même à 22h30, y’a pas de perte de service, je le vois tous les soirs.

    Par ailleurs, sur la réponse de Marie H : on peut retourner le problème. S’il y a une demande pour que la bib soit ouverte à 04h00 du mat, il y a fort à parier qu’il y a aussi des gens qui ont envie de travailler à cette heure-là (ben oui) – ou qui préfèrent travailler le dimanche (genre pour pas se coltiner le repas gigot-haricots chez mémé)

  16. Stéphanie permalink
    09/02/2011 14:28

    Si je lis correctement les cartes publiées dans le billet de Silvère, il me semble que la plupart des départements restent blancs, dans l’une comme dans l’autre ; c’est-à-dire que leurs bibliothèques 1.ferment en semaine à 19h ou plus tôt 2.n’ouvrent ni le samedi ni le dimanche. Pour ceux qui restent, beaucoup de jaune, soit une ouverture le samedi matin uniquement. Et encore, quelle réalité cela recouvre-t-il ? Mon SCD par exemple figure en jaune sur la carte, parce que la BU de centre-ville est ouverte *certains* samedis matins, 21 sur l’année 2010-2011 pour être précise, de 9h à midi.

    Donc les crispations sur la question du dimanche me semblent déplacées. A part pour de rares élus dont tu es (veinard), la question ne se pose tout simplement pas. Donc je ne comprends pas pourquoi on amalgame systématiquement le thème de l’extension de l’amplitude horaire et celui du changement sociétal que représenterait une hypothétique ouverture le dimanche, si ce n’est pour donner un côté un peu scandaleux au premier grâce au second.

    Evidemment, et quoi qu’il en soit, reste toujours la question des moyens mis à disposition pour ouvrir plus, dans ce contexte bla bla bla vous connaissez la suite inutile d’en remettre une couche.

  17. 09/02/2011 14:35

    Ma chère Stéphanie, je ne sais pas si tu as raison, mais en tout cas je suis d’accord :-)
    La fusion des deux problématiques (extensions d’horaires & dimanche) devraient être distingués.
    Seulement j’ai l’impression que ceux qui sont pour comme ceux qui sont contre les mélangent tout de même.
    Dans mon billet, pour ma part, je ne parle bien que du dimanche.

  18. 09/02/2011 14:40

    @Daniel : sur l’hypothèse de personnels prêts à travailler jusqu’à 4h du matin, je n’en sais rien. Cela dit, prétendre que des étudiants de médecine et des mères de famille sont capables et ont envie des mêmes rythmes de vie me semble hasardeux.

    Sur le fond de ton argumentaire, si je comprends bien, le fait qu’il existerait des personnes prêtes à consommer ce service justifie qu’on le mette en place ? (je pose une question neutre et je ne m’indigne nullement)
    Donc, sans faire de comparaison déplacée, en 1940 en France tu aurais
    Ou bien cela n’est-il vrai que pour les bibliothèques, parce qu’elles sont déjà menacées dans leur existence (ou pour toute autre raison).
    J’aimerais vraiment comprendre si les bibliothèques sont une exception (et pourquoi), ou si elles rentrent dans une logique d’ensemble.

  19. Sylvain permalink
    09/02/2011 15:03

    "prétendre que des étudiants de médecine et des mères de famille sont capables et ont envie des mêmes rythmes de vie me semble hasardeux".

    Le problème, vu par le lecteur, est bien celui-là. Être obligé d’attendre qu’une mère de famille (dont on comprend bien qu’elle a d’autres priorités – c’est normal) ait envie de travailler pour qu’on ait le droit d’avoir accès au bouquin dont on a besoin.

    Prenez l’exemple de la Bibliothèque de Gerland, à Lyon, que j’ai fréquentée quelques années. Vous pouvez venir travailler pendant les horaires (réduits).
    Si vous êtes normalien, vous pouvez venir avec votre badge bosser jusqu’à deux heures du matin sans problème – et nombreux sont ceux qui le font.
    Si vous êtes agrégatif en fac – on refuse que vous travailliez. Et vous perdez 4 heures de travail par jour par rapport à un normalien. Ou vous bossez chez vous : choisissez bien votre colloque, la réussite de toute une vie en dépend !

    Bref, le travail d’une multitude de personnes (y compris la recherche !) dépend de Madame qui doit aller chercher ses enfants à l’école à 17h30. Alors que personne n’a besoin de Madame qui reste assis à son bureau de renseignement pendant toute la journée : on veut juste des livres et une salle silencieuse ! Si vous ne voulez pas rester après 18h, donnez-nous les clés, ça nous convient très bien !

  20. 09/02/2011 15:07

    @Sylvain : Je crois qu’il y a deux points sur lesquels tout le monde est d’accord
    1. les lecteurs aimeraient des bibliothèques ouvertes tout le temps (ou au moins largement, si je veux paraître moins provocateur)
    2. les bibliothécaires ont besoin d’avoir une vie privée.
    Donc si on pouvait sortir de ces deux-là, ce serait bien.

    PS : je vais quand même dire "ouvertes tout le temps" en hommage à Pierre Desproges qui expliquait :
    "Quand les ouvriers réclament du bout des lèvres une augmentation de 10%, qui vous dit qu’ils ne préfèreraient pas une augmentation de 20, 30, voire 40% ?"

  21. damiensc permalink
    09/02/2011 15:12

    Le débat est un vrai débat de fond, qui peut s’élargir effectivement jusqu’à ce que chacun envisage comme "modèle de société", le réduire à nos expériences personnelles et subjectives sur la question ( Mon chien ne peut pas travailler le dimanche il va à la messe ) ( j’ai été dans une bibliothèque dans l’Arkansas et bah c"était mieux…..) serait réducteur.

    Je ne pense pas que l’envisager dans un comparatif Horaire IRL et Horaire "numérique" 24H/24H soit non plus judicieux : si les usagers pour pouvoir consulter leur bibliothèque 24h/24h doivent attendre l’ouverture de la Bib pour utiliser le Wifi.

  22. Sylvain permalink
    09/02/2011 15:16

    @Etienne
    Et ???!
    Ce que je vous dis, c’est qu’on n’a pas besoin des bibliothécaires. Que leur rôle est actuellement essentiellement de nous empêcher de travailler (sauf si on est dans une Grande Ecole bien sûr) !!!
    Je ne vois pas ce qui empêche que vous achetiez et cataloguiez vos livres en journée et que nous venions travailler quand on veut.

    Je crois que vous ne vous rendez pas compte de l’image que vous avez parmi les doctorants.

  23. anonymous permalink
    09/02/2011 15:20

    un détail sur les monitrices qui préfèrent ça à mcdo : je suis B.A.S. depuis 5 ans dans un des établissements d’enseignement supérieur les plus prestigieux de notre vieille europe et je sais que je gagne moins qu’une maître-chien à disneyland (emploi aussi qualifié que le mien). Et non je ne me plains pas (je n’ai jamais cru aux boniments sur "l’europe de la connaissance" et je préfère me faire exploiter là qu’ailleurs). Et non je ne stigmatise pas les monitrices : je me sens bien plus proche d’elles que de nos cadres qui se goinffrent de primes sur le dos de ces monitrices et des techniciennes (quand une directrice obtient de ses "collaboratrices" une extension d’horaire, elle peut se payer de belles écolo-vacances en tunisie). les "responsables" de BU sont de complètes hypocrites qui n’ont pas (encore) compris que les cadres sont les idiotes utiles de la présidence (pri-primes) toujours méprisées par les "vraies" travailleuses, celles qui comptent le temps d’exploitation et la monnaie au supermarché.

  24. Marie H permalink
    09/02/2011 15:28

    @Sylvain : merci d’avoir en un clic résolu tous nos problèmes de personnel et d’organisation, on laisse les clés à nos usagers. Là, c’est notre ingénieur hygiène et sécurité qui va être content ! Ce n’est pas franchement toutes les BU de France l’ENS, si ?
    Et puis, je connais aussi des hommes qui veulent aller chercher leurs enfants à 17h30 ou souhaitent avoir une vie (sportive, sexuelle ou culturelle) en dehors de leur travail avant 23h.
    Pour la recherche, vous nous faites trop d’honneur en disant qu’elle dépend de nous et de nos horaires de travail.
    @dbourrion : effectivement, je me demande pourquoi on parle d’ouverture plus large alors que la doc se dématérialise et que je peux lire ou visionner chez moi, un cours d’Harvard.
    Peut-être parce que c’est plus simple pour nos tutelles comme discours de vouloir mettre les fonctionnaires au boulot que de négocier de beaux accès pour tous auprès d’Elsevier et autre.
    De plus, pour ne pas risquer le point Goldwin comme Lully, le jour où nos usagers te demandent des bibliothécaires en string en service public (oui, je sais cela ne se voit pas derrière le bureau ;-)), tu choisiras juste la couleur ?
    Depuis que je fais du service public, je suis mieux consciente que derrière chaque service rendu, il y a une personne et non un truc "dans les nuages" qui fait ce qu’on lui demande sans rien dire.

  25. 09/02/2011 15:29

    @Sylvain : excusez-moi, j’ai lu trop vite votre commentaire.
    "Ce que je vous dis, c’est qu’on n’a pas besoin des bibliothécaires."
    Bon, ce serait assez long pour expliquer quelles conséquences ça a, en termes d’organisations, d’ouvrir une bibliothèque sans bibliothécaires.
    Je n’ai pas le courage de me lancer là-dedans tout de suite.

    Sur l’argument "vous ne vous rendez pas compte de l’image que vous avez parmi les doctorants", à quoi est-ce que vous vous attendez comme réponse ?

    Précision : j’ai rédigé une thèse (oh ! pas une thèse de doctorat, juste une simple thèse d’Ecole des chartes) : deux années de recherche, mille pages de rédaction, 70 pages de bibliographie.
    Je ne maudissais pas les bibliothécaires parce que ça fermait à 19h le soir et que c’était fermé le dimanche.
    Peut-être que j’aurais préféré parfois qu’elle soit ouverte plus largement, mais cela n’a pas eu pour conséquence une "réputation" pourrie chez les étudiants.

  26. 09/02/2011 15:34

    sur le "débat" du dimanche, je suis plus que favorable à l’ouverture des bibliothèques les dimanches même si, hélas, cela se traduisait par une baisse malheureuse des emplois de cadres ou par une baisse de leurs rémunérations pour permettre une rémunération décente (moniteurs et titulaires) des personnes "réellement" con(st)(c)ernées. TINA

  27. 09/02/2011 15:41

    @Marie H : entre dire "Là, en ouvrant plus, on rend un vrai service donc on le fait" et "en se mettant en string, ils seront contents donc on le fait", il y a une marge.
    C’est un travers que je dénonçais comme ayant envahi les commentaires chez Silvère : virer à l’absurde la position d’autrui pour la contester.
    Il est préférable pour tout le monde (et surtout pour moi) de s’en abstenir.

  28. Marie H permalink
    09/02/2011 15:43

    "Je crois que vous ne vous rendez pas compte de l’image que vous avez parmi les doctorants."
    Si si, je me rends compte :
    Lors de la dernière journée de la gentillesse, un doctorant m’a offert un café "parce que vous êtes efficace et que vous nous rendez bien service".
    Je peux aussi citer ceux qui m’ont dit 4 fois en formation Zotero, "c’est génial, ce que vous nous montrez".
    Ceux qui n’en reviennent que nous trouvions un article de 1984 (non numérisé) qui est à l’autre bout de la France en moins de 24h …
    Ceux qui s’étonnent que dans notre ville, ce sont les livres qui se déplacent, pas les lecteurs …
    Mais quand les gens sont désagréables avec vous, demandez-vous si vous êtes courtois avec eux, et vous aurez fait un grand pas dans la connaissance des relations humaines .

  29. antmeyl permalink
    09/02/2011 15:50

    Il y a effectivement un débat de société : libérer le travail ou se libérer du travail le dimanche.

    @Sylvain, c’est quoi ta solution pour "la mère de famille qui doit aller chercher ses enfants à l’école"? Rester au foyer pour s’occuper de la progéniture (puisqu’il semble visiblement acquis dans ton exemple que ce travail leur revienne)? Je te suggère d’aller un peu plus loin dans la réflexion en creusant des thèmes comme la double journée de travail dont sont victimes principalement les femmes ou la nécessité croissante d’un double salaire depuis les années 1960…

  30. Stéphanie permalink
    09/02/2011 15:50

    @sylvain (puisqu’il faut bien que quelqu’un se dévoue) Merci de vous soucier de notre image auprès des doctorants. Vous avez manifestement une expérience malheureuse en bibliothèque, mais vous ne devriez pas en tirer des principes universels tels que : "on n’a pas besoin des bibliothécaires". Les doctorants que nous formons à l’utilisation de logiciels facilitant leur travail de rédaction, à l’interrogation de bases de données dont ils découvrent souvent l’existence, etc. (j’ai la flemme de lister toutes nos activités, pardonnez-moi), me semblent plutôt apprécier notre médiation. Si, si, y en a même qui nous disent merci et nous offrent des chocolats. Et ouais.

    @anonymous (les deux en fait) je ne comprends pas très bien par quel miracle une ouverture le dimanche pourrait ne pas affecter les cadres. Vous pensez qu’ils font tous 9h-17h, et manient du fouet pour que les masses rament plus vite ?

  31. 09/02/2011 16:19

    @Stéphanie bien que souvent mystique je n’ai ici fait allusion à aucun miracle mais à de simples, banales, dérisoires (sales ?) primes (et c’est le mal au corps que je chercherais un miracle ou une autre cause pouvant expliquer plus simplement la "légèreté" de notre encadrement sur certains sujets)
    j’ai déjà proposé (dans ma précédente vie d’emploi-jeune) une extension d’ouverture dans une petite bibliothèque municipale où nous étions toutes volontaires – c’est la mairie qui s’y est opposée

  32. Marie H permalink
    09/02/2011 16:23

    @Stephanie : dommage que nous soyons si loin, j’aurais pris le café en goûtant des chocolats.
    @lully : désolée que mon ironie est rendu mon propos outrancier. Tout ce que demandent nos usagers n’est peut-être pas légitime ou faisable (pour ne pas mettre de péjoratif dans les adjectifs), nous passons les demandes à la moulinette du "possible", "souhaitable", hors propos" …. ou me trompé-je ?
    Certaines demandes des étudiants servent aussi d’alibi, peut-être ?
    @antmeyl : "je mets 100 F dans le nourrin" : tu peux ajouter la différence de salaire hommes/femmes, le plafond de verre … et pourquoi la loi TEPA a fait augmenter le salaire des hommes mais moins celui des femmes (moins disponibles pour les heures sup)…

    Et pour finir, on ne se demande pas si ce n’est pas pour le sommeil de nos étudiants qu’il faut se battre ? ;-)

  33. 09/02/2011 16:24

    la dernière phrase/paragraphe était entre balises [mylife] qu’un script aura fait sauter…

  34. Sylvain permalink
    09/02/2011 16:52

    @Etienne Oui, vous étiez dans une Grande Ecole. Laissez-moi deviner : bibliothèque privée pour les élèves avec facilité d’emprunt, de reproduction et tout et tout ? Avez-vous seulement fréquenté la fac comme élève ? (vraiment fréquenté – pas pour avoir une équivalence)

    @Marie H et @antmeyl Je me fous de la vie privée des bibliothécaires, ça ne me regarde pas. Tout comme mon directeur de thèse se fout de ma vie privée. Ca s’appelle avoir des relations professionnelles. Une université doit offrir de bonnes conditions de travail.
    Et si vous pensez en plus que la recherche ne dépend pas de la BU – c’est encore plus inquiétant. Où croyez-vous qu’on trouve les articles dont on a besoin ?

  35. Stéphanie permalink
    09/02/2011 16:55

    @sylvain ah, et au fait : pour ouvrir nos locaux au public en dehors des horaires habituels, un personnel représentant la direction doit nécessairement être présent, c’est la loi. Ce peut être un bibliothécaire, un moniteur, un vigile. Nous n’avons tout simplement pas le droit de vous "laisser les clés".

  36. 09/02/2011 17:03

    @Sylvain : oui, j’ai écrémé votre dernier commentaire.
    C’est la première fois que je le fais, et pour vous il ne vous paraissait peut-être pas particulièrement hostile. Simplement je n’y suis pas habitué, et je n’ai pas l’intention de m’habituer.
    Sur ce blog, on met des gants.

    Et je sais que vous allez dire que de toute façon, c’était couru d’avance et que je n’allais pas tolérer la contradiction.
    Non, c’est l’irrespect de l’interlocuteur qui me déplaît. J’y suis très chatouilleux.

    Pour répondre à vos remarques : la bibliothèque de l’Ecole des chartes était ouverte de 9h à 19h. Pas de "facilité de reproduction", des prêts relativement longs, c’est vrai (mais les doctorants ont généralement des prêts longs, pas des prêts de 15 jours).
    Et la documentation en ligne n’existait pas (il y a 8 ans…), donc tout était sur papier (ou empruntable).
    Non, je n’ai pas fréquenté la fac, même pas pour avoir une équivalence. Là, je vous parle de comparer des services rendus par des bibliothèques, pas du fait qu’il s’agissait d’un petit nombre d’étudiants, de cours en comités réduits. Il me semble que les services que je décris n’étaient pas exceptionnels

    Mais puisque vous êtes là, je vous pose à vous la question : souhaitez-vous des magasins et des bureaux de poste ouverts le dimanche ? Ou bien n’est-ce que pour les bibliothèques que vous avez cette demande ?

  37. Stéphanie permalink
    09/02/2011 17:03

    @sylvain Vous faites allusion, à propos de la bibliothèque des Chartes, à des facilités d’emprunt et de reproduction (je suppose que vous ne faites pas allusion à l’endogamie des bibliothécaires). Sachez qu’en tant que doctorant, en bibliothèque universitaire, vos frais de prêt entre bibliothèques peuvent être pris en charge par votre UFR/labo. N’hésitez pas à nous solliciter, nous sommes à votre disposition pour vous informer, vous former et vous accompagner.

    C’était la minute service public, je vous remercie de votre attention.

  38. 09/02/2011 17:06

    @Stéphanie : personnellement, quand j’ai commencé mes recherches, j’ai acheté un scanner…

  39. Sylvain permalink
    09/02/2011 17:12

    Ah non, c’est bien ça : il n’apparaissait pas parce que vous censurez.
    Bon, je crois qu’il ne sert à rien que je reste ici. Vous discutez entre vous – vous ne voyez pas le problème – vous ne changerez pas.
    De toute façon, ne vous inquiétez pas, malgré toute votre inertie, votre égoïsme, votre manque de professionnalisme et votre amour du petit boulot tranquille, le monde va vous faire changer. Soit vous serez obligés de servir à quelque chose (le mieux pour tout le monde), soit, comme nos collègues de sciences, nous nous passerons de vous. Et il restera deux ingénieurs à la BU chargés d’acheter les revues en ligne.

  40. Marie H permalink
    09/02/2011 17:15

    @sylvain :
    "Une université doit offrir de bonnes conditions de travail." : tout à fait d’accord avec vous, à ses étudiants, enseignants mais à ses personnels aussi.
    "Et si vous pensez en plus que la recherche ne dépend pas de la BU – c’est encore plus inquiétant. "
    Je n’ai pas dit que cela ne dépend pas de la BU mais "pas de nos horaires de travail". Car les articles vous les trouverez sûrement en ligne.
    Me permettrais-je de noter une (très) légère contradiction dans vos propos : "Où croyez-vous qu’on trouve les articles dont on a besoin ?", ne reconnaîtriez-vous pas une petite utilité aux bibliothécaires pour acheter les ressources (papier ou électroniques), les signaler, les stocker, les ranger, les mettre à disposition du public et même les dépoussiérer …
    Je ne vous demande pas de vous intéresser à ma vie privée, mais simplement de respecter mon travail et un minimum de courtoisie, essayez, vous verrez que les réponses à vos demandes seront plus rapides.

  41. 09/02/2011 17:18

    @Sylvain : ce n’est pas très grave : manifestement vous n’avez pas lu le billet et les questions qu’il pose (la question posée n’est pas "Faut-il élargir les horaires d’ouverture en bibliothèque ?"), et vous n’avez pas pris le temps de comprendre ma position (qui n’est pas "Il faut fermer les BU autant que possible").

    Cela dit, si un jour une université arrive à faire de la recherche et de l’enseignement sans bibliothèque, je suis d’accord avec vous : pourquoi se forcer à les maintenir ?
    Si une université essaie, je serai très intéressé pour observer ce qui s’y passera alors.

  42. Stéphanie permalink
    09/02/2011 17:23

    @sylvain je vous remercie de vos suggestions qui ne manqueront pas d’alimenter ma réflexion professionnelle. A titre d’information, des enquêtes de satisfaction sont menées par de nombreuses bibliothèques universitaires, notamment selon le protocole Libqual+, qui nous vient du monde des bibliothèques anglosaxonnes. Je vous renvoie aux articles sur ce sujet d’un collègue bibliothécaire sociologue de formation : http://assessmentlibrarian.wordpress.com/category/libqual/

  43. antmeyl permalink
    09/02/2011 17:47

    @Sylvain : se foutre de la vie privée des bibliothécaires, tout comme votre directeur de thèse se fout de votre vie privée (ou de la vie d’une caissière de supermarché ou d’un ouvrier du bâtiment), ça ne s’appelle pas avoir des relations professionnelles, ça s’appelle juste se foutre de la vie privée des autres.

    Je vous concède que c’est une attitude plutôt répandue mais qui ne constitue pas pour moi une norme indépassable, y compris dans le cadre professionnel.

    Concernant votre prédiction, il est bien entendu possible que nous ayons un jour ou l’autre à choisir entre des conditions de travail pourries (horaires décalées sur 24/7) pour des salaires de misère (je suis certain qu’on trouve de par le monde des bibliothécaires largement plus compétents et largement moins payés que moi) ou pas de travail du tout : c’est un choix auxquels doivent faire face nombre de nos concitoyens tous les jours lorsque leur patron menace de délocaliser leur emploi.

    En tant que citoyen (et pas en tant que professionnel), cela m’incite plutôt à militer pour nous libérer du travail plutôt que pour libérer le travail du dimanche.

    Bonne chance à vous pour la suite

  44. 09/02/2011 19:54

    à Anonymous ci-dessus : je suis cadre à la BUA, ouverte tous les jours jusque 22h30. Juste une précision : aucun des cadres de la BUA ne touche de primes consécutives à cette extension d’ouverture et personne n’est parti en vacances écolo-tunisiennes (nous ne pouvons pas, nous sommes au boulot).

    Les heures d’astreinte téléphoniques après 20h00 ne nous sont non plus pas payées en heures supp (contrairement à une idée fixe de certains). Vous trouverez plus d’éléments ici >> http://tacheau.wordpress.com/2010/10/03/la-bua-comment-ca-marche/

    Bref : pas de fantasme, vos infos sont fausses (en tous les cas pour Angers)

  45. 09/02/2011 19:59

    Pour être très précis, tous des détails financiers ici : http://tacheau.wordpress.com/2009/10/12/ouvrir-plus-quel-poids-pour-la-bu/ – on est très loin de se goinfrer, vraiment (faites le compte)

  46. 09/02/2011 20:05

    @dbourrion je vais donc essayer les sciences ésotériques :-)
    merci pour les infos (qui ne me réjouissent pas vraiment mais le temps n’est pas gai non plus)

  47. 09/02/2011 20:08

    Moi aussi, moi aussi, moi aussi !

    Bon, en fait, Sylvain soulève un problème intéressant : doit-on travailler pour tous ou pour chacun ? Je développe : il n’a pas besoin de personnel, juste d’un endroit calme et de documentation appropriée. Nos expériences des bibliothèques étant multiples, nous savons que ces besoins ne représentent pas ceux de l’ensemble de nos usagers. Certains viennent chercher chez nous un renseignement (voire un cours de méthodologie), et ne s’intéressent pas directement à nos collections. À l’autre extrême, certains ne souhaitent qu’un lieu, sans même se préoccuper d’un accès internet par exemple. Peut-être devrions-nous différencier de manière systématique les services que nous rendons, selon les attentes des publics. Les considérez comme autant de missions, et arbitrer la répartition des moyens entre chacune d’entre-elle, en fonction de l’importance du public cible. Il y aurait plein de critères à prendre en compte (la fidélité des différents publics, la porosité entre les différents types de publics, les solutions extérieures offertes aux différents besoins…). Bon, bien sûr, je n’invente pas l’eau tiède, mais penser "les publics" au lieu de "le public" est toujours bénéfique.

    Ceci dit, parce que quand même… "Si t’insultes le serveur au moment d’la commande, faudra pas t’étonner si y crache dans ton plat" (La Bruyère). Aujourd’hui, et depuis lundi, on était fermés au public – changement de version aleph, oui, je sais, c’est super long, mais on n’y peut pas grand chose. Donc, on en a profité pour réunioniser, tout ranger, récupérer plein de bouquins dont le statut était erroné et les traiter, nettoyer, plancher sur des projets, faire plein d’interne, avancer, quoi. Eh bien, en rentrant et en lisant certains commentaires, je m’aperçois qu’on n’a pas du tout besoin des lecteurs !
    Franchement, ils font rien qu’à tout déranger, qu’à manger en cachette, qu’à faire du bruit (en bavardant, en pouffant, en téléphonant ou en tapotant leurs claviers), qu’à remettre en cause la pertinence de nos acquisitions (en empruntant jamais ce bouquin "qu’avait pourtant l’air très bien sur la brochure"), et qu’à consulter les bouquins et pourtant on sait bien que c’est ça qui les abime.
    Alors oui, des bibs ouvertes 24h/24 7j/7, mais uniquement au personnel. Et paf.

  48. B. Majour permalink
    09/02/2011 21:41

    Salutations

    Voyons voir, avant les bibliothèques (ou en même temps), quels services devrait-on garder ouverts le week-end.

    Je regarde dans ma ville.

    - La déchetterie (ouverte jusqu’à 12h30 le dimanche, ouf !)
    - La Poste,
    - La gare,
    - La mairie,

    Ouh là, pas sûr que mes collègues territoriaux apprécient d’ouvrir le dimanche. ;-)

    Si c’est le côté véritablement utile que l’on cherche, ou parce qu’il n’y a pas le temps les autres jours… TOUTES les administrations devraient être ouvertes.

    Tu disais, ouvert le dimanche :
    dans le public : hôpitaux, commissariats, transports en commun, musées

    je rajoute les indispensables :
    … les pompiers, le SAMU, la télévision, les télécoms (Internet), l’eau, l’électricité (centrale nucléaire), le gaz (?).

    Transports en commun ?
    Moui, en mode dégradé (moins de passages), nous sommes d’accord.

    Dans les grandes agglomérations, on doit moins le sentir, mais dès qu’on s’éloigne de 25-30 km, on le voit très net, surtout le samedi et en particulier le dimanche.

    Là, on touche le sujet du doigt.

    Est-il vraiment utile d’ouvrir une structure s’il n’y a plus de transports en commun ?
    S’il n’y a plus de transport en commun, il est certain que les étudiants sont partis aussi.

    Nombre de fois, j’ai dû courir pour avoir mon train à 12h30, faute de quoi le suivant était à 17h00 (le samedi)… alors que la BU ouvre ou pas le dimanche, ou même le samedi après-midi, j’avoue n’en avoir eu/vu l’intérêt.
    J’avais aussi à étudier (et quelque part, je me demande un peu/beaucoup quand étudieront les vacataires qui seront en charge des horaires étendus… ou s’ils seront pénalisés s’ils bossent leurs cours durant leurs heures de présences en bibliothèque.)

    Et puis j’avais préparé mon week-end en conséquence, emprunt de livres durant la semaine à la BU.
    J’étais juste prévoyant.

    Mais c’est vrai que de nos jours, on doit tout avoir tout de suite, dès que le besoin s’en fait sentir. On est passé à une société de l’exigence. :-)
    Il est donc logique que le public étant désireux (exigeant ?) d’ouvertures supplémentaires, nous (bibliothécaires) accédions à sa demande.

    Logique ?
    Oui, si le public le demande vraiment… donc s’il est interrogé.

    De plus, il est clair que, suivant les situations des structures, petite BU éloignée ou BU implantée en centre de grosses villes, la demande ne sera pas la même. (et quand je dis BU, je peux enlever le U, pour ne garder que le mot bibliothèque)

    A demande différente, réponse différente.

    Et je trouve pertinente celle où on ouvre jusqu’à 21h00 durant les périodes d’examens.
    En rapport avec un vrai service.

    Lorsque, ouvrir toutes les BU jusqu’à 21h00 (ou même le week-end) n’aurait pas de sens s’il ne vient personne sur ces créneaux.

    Je trouve aussi cette réponse dans un commentaire de "Sous la poussière" :
    Les services étaient réduits, mais ce dont on avait besoin durant les horaires « décalés », c’était avant tout la place de travail, pas les services.

    Donc, en clair, l’ouverture de salles d’études / de cours… pourraient amplement suffire aux étudiants. Mais non, il faut ouvrir la bibliothèque ?

    En BM, l’ouverture est pertinente, puisqu’il n’y a pas d’autres salles d’études à disposition (évidemment, si les lycées, collèges et leurs CDI étaient ouverts le samedi & dimanche, le problème n’y serait plus :o) ), mais sur un campus où les salles de cours sont légions, on doit absolument ouvrir la BU ?

    Bizarre, non.

    De cette réponse, on en conclut donc (on pourrait en conclure) qu’il faut ouvrir la BU, mais avec juste des surveillants qui serviront de vigiles plus que de bibliothécaires.

    Hum, et embaucher des vigiles – pourtant là le dimanche eux aussi – capables d’assumer un peu de prêt ? Non, ce n’est pas possible ?

    Je remercie encore Valérie Bertrand pour son témoignage
    Un cadre peut se permettre de faire garder ses enfants le dimanche et récupérer ses heures en semaine, mais quid des autres catégories de personnel? A la BNF nous avions le choix : soit on récupérait nos heures, soit on était payés et à l’époque la rémunération valait le coût (elle permettait notamment de ne pas travailler à perte si on embauchait une nounou!).

    "se permettre"… diable, je dois être naïf, mais il me semblait qu’on allait travailler pour gagner de l’argent, et pas pour en perdre. Sauf que la nounou, le dimanche, elle travaille au tarif du dimanche… quand elle travaille !

    Et là, s’il s’agit de perdre de l’argent, l’argument est imparable.
    Travailler le dimanche, en plus des autres désagréments (de transports et de famille notamment) ça ne vaut vraiment ni le coup, ni le coût !

    Nul n’est censé travailler à perte.

    Ce qui nous ramène donc à la logique de vacataires.
    Et qui, pour le coup ou le coût :-) , se justifie amplement.

    En tout cas, pour un coût qu’il me semble légitime de mesurer avant de le faire peser sur les… étudiants ? Ou sur la communauté, dans le cas d’une BM.

    Et, de même, sur les bibliothécaires.

    Bien cordialement
    B. Majour

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