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@enssib : les PDF, c’est bien – mais en 2012, l’ePub, c’est mieux

20/02/2012

Tablette et Kindle

Il y a deux mois, je dispose au boulot d’une tablette pour tester ce que signifie l’utilisation des services de la bibliothèque (et tous les autres) à travers cet outil : pratiques induites par le mode de fonctionnement de l’appareil, usages qui en découlent, habitudes qui se prennent, mécanismes, attentes… exigences des lecteurs munis de tablettes vis-à-vis des ressources/services qu’ils rencontrent en ligne, ceux des bibliothèques étant inclus dans le lot.

J’avoue que pour l’instant j’ai surtout constaté que mes habitudes sur PC sont intransposables sur tablette. Donc ça signifie

  • soit que je ne sais pas me servir d’une tablette
  • soit qu’une tablette, c’est moins bien qu’un ordinateur doté d’un clavier
  • soit qu’une tablette, c’est bon pour les jeux, les films, la musique et Facebook
  • soit que mes pratiques sur PC ne sont pas des besoins en tant que tel, mais la manière dont mes besoins s’expriment sur l’outil fourni, s’étant adaptés à ses contraintes au fil des temps (et ça fait un moment que les années s’accumulent).

Je crois que je ne suis pas loin d’être passé par toutes ces étapes. Mais je ne "pratique" pas assez pour avoir transposé mes usages sur PC en usages sur tablette tactile.

En revanche, je pratique tant et plus le Kindle (acheté pour mon compte personnel). Et là, je suis dans la pleine situation de l’usager qui a de nouveaux usages, donc des attentes, donc des exigences.

Enssib, ausculta fili ! :-)

Mémoires de l’Enssib

L’Enssib met à disposition de la communauté professionnelle une bibliothèque numérique diffusant des rapports, mémoires, etc. de ses étudiants. La mise en ligne de ceux-ci est régulièrement relayée sur Twitter ou ailleurs (certains font évidemment plus envie que d’autre).

Ce sont des fichiers PDF de plusieurs dizaines de pages.

Que faire d’un PDF ?

  • l’imprimer ?
    Pour une lecture souvent unique (le plus utile, c’est ensuite d’exploiter la recherche plein texte pour retrouver les idées fortes voire faire du copier-coller avec citation de source), c’est un peu du gâchis.
    Et puis du A4 dans le bus, bof !
  • le lire en ligne ?
    En général, quand je suis devant un ordi, j’ai mille autres choses à faire, et me plonger dans ce genre de texte sollicite mon attention généralement au-delà de mes capacités [sic]

Ça tombe bien, il existe justement de petits appareils conçus pour ce genre de situation : on appelle ça des liseuses, des readers, des eReaders (parfois des ebooks, mais oublions ça).

Donc sur eReader, il est possible :

  • de télécharger le fichier PDF pour le lire. Comme c’est une A4, il faut alors basculer en lecture horizontale, chaque page est coupée en 2 et la navigation est laborieuse. C’est faisable mais pas top.
  • de convertir le PDF en doc, en html ou en rtf. Le texte est alors affiché de manière plus linéaire. Mais c’est une catastrophe pour les tableaux, les schémas (et je ne parle pas des tables des matières, voire des titres courants et pieds de page si le convertisseur est bête)

Or je crois me souvenir que les élèves de l’Enssib utilisent des feuilles de style pour faciliter la reprise de leur texte en TEI (laquelle est convertie en PDF pour diffusion en ligne).

On a donc une chaîne de traitement dans laquelle l’apparition d’un nouveau format de diffusion est parfaitement possible (je ne dis pas "facile", mais "possible", et j’en profite pour féliciter les concepteurs de cette chaîne d’avoir si bien anticipé mes besoins !).

De ce genre

A moins que la production du PDF ne soit complètement indépendante de la TEI, auquel cas on aurait plutôt :

J’ajouterai encore qu’à mon (humble) avis, les propriétaires de eReaders sont sur-représentés dans les publics potentiels de ces mémoires :

  • ils sont bibliothécaires
  • ils font de la veille professionnelle
  • ils s’intéressent aux enjeux contemporains de nos métiers

(mais je suis bien sûr en partie convaincu que nos collègues de l’Enssib y réfléchissent déjà, voire ont commencé les premiers tests !)

Et j’ajouterai enfin que la diffusion de documents dans ce genre de formats, pour ce genre de médias, est une question dont doivent se préoccuper plus généralement toutes les bibliothèques, sous différents angles :

  • que proposent les fournisseurs de contenus auxquels la bibliothèque donne accès (documentation électronique)
    c’est un service à leur réclamer éventuellement, c’est aussi un service à signaler aux publics desservis
  • quels types de documents produit la bibliothèque, qui justifieraient un tel usage
    Certains supports de formation ? à condition d’imaginer le genre de situations où ils serviraient : plutôt des mémos que des principes de base à réviser dans le métro.
    Je penserais plutôt à des rapports d’activités et autres documents (longs) de ce genre : si un SCD publie en ligne son rapport d’activité de 150 pages, et s’il imagine un lecteur intéressé par l’intégralité du texte, n’aurait-il pas à lui faciliter les choses en lui proposant le format pour eReader en plus du PDF ?
  • quels types de documents produit l’Université, où la bibliothèque, forte de ses compétence en matière de diffusion sous ce(s) format(s), peut jouer son rôle d’experte en métadonnées et publications.

Bref, pour l’Enssib : un format ePub, ce serait vraiment sympa et ça favoriserait la diffusion et la lecture de vos mémoires.

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18 Commentaires
  1. 20/02/2012 10:05

    Petit témoignage personnel, qui n’engage à rien mais dont on doit certainement tirer un enseignement si l’on cherche bien :

    *je suis au jury d’un mémoire de l’enssib sur l’usage des tablettes et autres readers en bibliothèque : je dois lire et annoter 100 pages en deux semaines
    *dès que je suis en dehors de chez moi (et c’est dans le métro que je lis le plus, de manière continue), je lis à peu près exclusivement sur Kindle
    *on m’a envoyé le mémoire… sur papier

    Donc,
    *cela était moins pratique pour lire (A4 dans le métro, encombrement, pas possible de le prendre sans sac…)
    *moins pratique de prendre et rassembler mes notes
    *pas possibilité de copier-coller
    *coût pour l’enssib (tirage, reliure, envoi) et perte de temps

    Je comprends bien que certains doivent exiger le mémorie sur papier et que les procédures sont standard pour tous.
    Mais cela signifie donc que nos collègues lisent encore (ou l’enssib croit que nos collègues…) exclusivement sur papier. Dont acte. Que disent-ils alors aux lecteurs ?

    Et bien sûr le thème du mémoire rend l’histoire savoureuse.

  2. 20/02/2012 10:05

    Cet article est intéressant et j’approuve le cœur du propos, mais pourquoi partir d’un "document Word" ? Est-ce une contrainte imposée par l’ENSSIB ? Les formats ouverts bénéficient à tous, et à tout :)

  3. 20/02/2012 11:40

    Calibre is your friend !

    Et pourquoi pas faire rédiger ces mémoires sous LaTeX, afin de lier la pratique à la théorie ?

  4. 20/02/2012 11:47

    @Hortensius :
    1. dans la mesure où les documents sont structurés à la source (Word/Openoffice stylé), c’est un peu dommage de les destructurer à la diffusion pour que le lecteur soit contraint de le restructurer derrière.
    Et la conversion mobil d’un PDF par Calibre, j’ai essayé : très vain pour les tables des matières, les pieds de page (répétés à chaque fois), les tableaux et les graphiques.
    2. on ne m’a jamais parlé LaTeX à l’Enssib. XML et TEI, oui. Et vraiment, faire saisir un mémoire d’Enssib en TEI, ce serait du sadisme inutile. Les élèves passeraient moins de temps à l’écrire en OpenOffice stylé + apprendre la chaîne de conversion XSL !
    3. Je confirme : Calibre is my friend :-)

  5. 20/02/2012 15:33

    @RM : quid de tes pratiques d’annotations, donc, sur ton kindle ? :-) On peut annoter un pdf, collaborativement, depuis longtemps; c’est pas pour autant qu’on a laissé de côté le papier. 100 pages raturées de rouge au stylo, voir avec 5 couleurs, etc. Comment faire sans papier… Sur liseuse, c’est un des gros enjeux nous sommes d’accord je suppose (le cas des tablettes lcd est annexe car se sont des ordi-tout-plat, donc rien ne change vraiment si ce n’est…qu’on les trimbale partout, comme tu le fais avec ton kindle, ce qui accentue le besoin de standards pour ces usages de travail des textes).
    @Hortensius : grosse rigolade, merci (mémoires de l’enssib en LaTeX, énorme; remarque, ça aurait au moins l’avantage de sensibiliser de futurs collègues à l’Abes puis au Cines, par porosité, sur les questions non résolues – à mon humble connaissance – de non compatibilité de nombres de pdf issus des install LaTeX des doctorants avec le test Facile – encore un chez nous là, en ce début d’après-midi).
    @Lully : il me semblait que l’enssib convertissait en pdf les .doc. , point barre (.bar ?); je pensais que la feuille de style n’était là "que" (entendons nous : c’est déjà super et je m’en suis inspiré car elle est très bien réalisée) pour encourager à une utilisation pro des traitements de texte et homogénéiser visuelllement tout ça. On est pas dans une configuration cyberdoc il me semble. Ta suggestion est tout à fait pertinente cependant à partir du moment où feuille de style il y a, et ils sont sans doute déjà en train d’y plancher comme tu le suppose.

  6. 20/02/2012 17:19

    bonjour

    quelques éléments d’information : en fait nous (l’enssib) demandons le dépôt de mémoires aux formats suivants : .doc, .docx, .odt, .pdf,, avec l’application d’une feuille de style.
    L’idée est quand même d’utiliser un logiciel que les étudiants connaissent un minimum.

    Les documents sont ensuite transformés en pdf directement, sans passer par la TEI.
    Parce que pdf est devenu un standard pour l’échange de document.

    Nous avons déjà pensé il y a quelques années à transformer les mémoires en epub. Aussi, nous avions demandé au prestataire qui a numérisé les ouvrages de la collection Les classiques (http://www.enssib.fr/bibliotheque-numerique/documents-de-la-collection-36) de nous les fournir en epub. Il savait faire du xml, mais pas du epub. Dommage !
    A l’époque, nous ne pouvions pas savoir si epub deviendrait un standard pérenne (l’est-il actuellement ?).
    Mais il reste prévu de pouvoir fournir, à moyen terme, les mémoires dans un format de lecture adapté aux tablettes.
    Peut-être pas tout de suite avec du rétroactif, les mémoires les plus anciens datant de 1996, et la structure des ces documents étant souvent complexe.
    C’est un des chantiers à venir.

  7. 20/02/2012 17:35

    @Elisabeth Noël : merci beaucoup pour ces précisions.
    Je me demande d’où me vient cette histoire de TEI. Je me demande si, au moment où j’y suis passé, les étudiants d’un autre cursus n’utilisaient pas les mémoires des cons’ et bib comme base d’exercice pour pratiquer la conversion en TEI.
    Personnellement, si vous passez en ePub les mémoires les plus récents (intégrer la conversion dans le fonctionnement actuel), ce serait déjà pas mal !
    N’y a-t-il pas d’outil simple Word -> Epub ? (à configurer dans le cadre de l’utilisation d’une feuille de style, évidemment, mais avec ensuite une chaîne de traitement relativement simple).
    Je ne sais pas si, à défaut d’ePub (si vous estimez que ce n’est pas un format suffisamment "sûr"), une version HTML ne serait pas satisfaisante dans une moindre mesure.
    Il me semble en tout cas que si, selon des critères que j’ignore, le ePub ne serait pas (encore) un standard suffisamment standard, du moins il existe certainement un plus grand nombre de prestataires capables d’en produire, comparé à il y a quelques années.
    J’y reviens : dans l’import sur tablette, on butte essentiellement sur les pieds de page, les sommaires, les graphiques et tableaux. Autant pour les pieds de page et les sommaires on peut s’y résigner et faire un effort de lecture, autant les tableaux sont complètement inexploitables, et comportent généralement des informations essentielles.

  8. 20/02/2012 19:08

    Pour faire du epub, ma collègue en charge de la bibnum me glisse ce lien :

    http://www.ebouquin.fr/2010/02/04/comment-creer-un-fichier-epub/

    Depuis 2010, il y a eu plein d’autres outils, et les prestataires le connaissent mieux. Il nous faut nous repencher dessus, pour trouver un outil simple. Ensuite, on pourra(it) modifier la chaîne. Mais pas pour compliquer encore la vie des étudiants, ou alors dans une mesure "raisonnable", dans la chaîne de production courante des mémoires.

  9. Captain Stan permalink
    21/02/2012 09:23

    L’extension Writer2epub (http://www.ebouquin.fr/2011/01/04/writer2epub-offrez-lexport-epub-a-openoffice/) pour OpenOffice.org/LibreOffice ne fonctionne pas trop mal, même si elle n’est pas parfaite…

  10. 21/02/2012 09:39

    @Captain Stan : oui. Si on a le fichier texte (word, odt, rtf), pas le PDF.
    Mais je veux bien que l’Enssib se contente de diffuser du RTF ! Ca n’alourdirait que peu la chaîne de traitement, et ça permettrait aux détenteurs de tablettes de faire les conversions utiles.

  11. 22/02/2012 21:02

    Bonsoir
    ça fait plusieurs semaines que cette question me turlupine.
    Je participe à l’expérience Calliopê à l’ENSSIB : lecture sur différents dispositifs mobiles de fichiers accessibles via l’ "étagère numérique" de l’ENSSIB.
    Un de mes constats, c’est que l’offre en epub est relativement faible, ce qui s’explique par la pauvreté de l’offre commerciale actuelle. Mais à côté de ça, l’école a une mine de mémoires qui seraient lisibles sur epub, mais avec pas mal de retraitement pour certains.
    Comme Etienne j’ai fait joujou avec Calibre pour lire quelques mémoires de DCB, et ce n’est pas satisfaisant. L’idéal serait de repartir du texte original en .docx ou .odt.
    Après, l’epub n’est peut-être pas un format pérenne au sens "Cines-archivage-pour-l-éternité", mais c’est un format d’avenir c’est certain. Et du moment qu’une version en PDF est archivée dans les règles de l’art, rien n’empêcherait en plus de diffuser une version ePub.

    Cela dit, cela ne concerne pas que l’ENSSIB, mais toute la production scientifique et pédagogique des universités françaises. Pourquoi pas des thèses, des masters, etc en epub?
    Ce serait un bon moyen de valoriser la production de nos chercheurs et étudiants.
    Quelques établissements pourraient être pilotes pour voir la faisabilité, le cout, et l’intérêt du dispositif. Et si l’intérêt est confirmé, cela vaudrait le coup de développer des outils et/ou des procédures communes pour ne pas gaspiller notre salive et nos deniers…

    Le débat a aussi lieu à l’étranger, même si je n’ai trouvé que quelques liens anciens, par exemple ce billet de 2010 : http://ptsefton.com/2010/08/13/epub-as-a-way-of-packaging-scholarly-resources.htm

    Mathieu Saby / 27.7

  12. 27/02/2012 10:51

    Bonjour,
    et tant qu’à faire pour le BBf aussi, tiens… j’avais suggéré ça il y a… 3 ans, mais bon, c’est long à faire avec autant d’articles.
    Il y a un excellent outil dotEpub qui propose justement une extension pour navigateur, mais aussi une API. Tiens, tiens…

  13. 27/02/2012 10:58

    @ghatt : Pour le BBF, je m’étais posé la question, mais en fait bof : vu que le format actuel de diffusion, ce sont des pages HMTL simples, la conversion pour lecture sur liseuse se fait sans effort. On y gagnerait seulement un ou deux clics en tant qu’usager.
    Sur le principe, et pour montrer l’exemple : évidemment je suis d’accord :-)
    Et dotEpub, je ne connaissais pas, je vais regarder

  14. 09/06/2012 20:40

    L’ePub c’est bien, mais à mon avis l’enssib pourrait également songer à proposer ses mémoires en format SMS.

    Bah oui, je ne sais pas si vous avez déjà lu des mémoires de l’enssib mais des fois tu te tapes juste 80 pages –bien écrites ma foi, sauf qu’au bout de 2 heures tu as juste l’impression de n’avoir pas appris grand-chose à part que tout ce bazar aurait pu être synthétisé en un SMS de 80 caractères. Je précise que je ne citerai ici pas de nom ni de titre de mémoire, et ce pour ne froisser aucun étudiant ni membre de sa famille.

    Mais précisément, le format SMS serait aussi avantageux pour les étudiants qui rédigent les mémoires, car ils passent assurément de nombreuses nuits blanches à produire ces textes volumineux.

  15. Raphaële Mouren permalink
    27/08/2012 08:35

    Bonjour,
    au vu des discussions, il me semble que les gens à sensibiliser sur la question seraient le CCSD, qui chargent dans HAL, DUMAS, etc. Memsic des milliers d’articles et mémoires en PDF uniquement.
    Mais leur logique semble être celle d’un archivage à long terme plus que l’accès facilité.
    J’imagine qu’un obstacle est que la tablette pour l’instant la plus répandue, l’ipad, lit très bien les PDF.
    Raphaële Mouren

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