OpenURL : nationaliser une base bibliographique sans la mutualiser

J’ai déjà eu l’occasion de parler de Periodic, la base d’articles de vulgarisation scientifique entretenue par le SCD de  l’université de Pau, et au contenu indispensable et à l’ergonomie indigeste.

J’ai découvert en arrivant à Nice la base Odin. Le principe est le suivant : l’examen national classant (ENC, ou ECN) pour l’internat de médecine est composé d’items, c’est-à-dire de disciplines médicales (vous en avez la liste ici). Quand arrivent dans la BU de médecine des ouvrages pour la préparation du concours de l’internat, les catalogueurs consultent la table des matières, et indiquent dans la notice de l’ouvrage (notice locale, après redescente du Sudoc), les items que l’ouvrage en question permet de préparer.

Ces notices d’ouvrages sont ensuite exportées pour alimenter une base de données “des ouvrages permettant de préparer l’internat”, avec une recherche par mots ou par item. Un lien pointe ensuite vers la notice détaillée dans l’Opac.

Le rapprochement entre Periodic et Odin est le suivant : il s’agit de deux bases entretenues localement par des SCD, mais avec une utilité largement nationale. On est forcé d’admettre l’intérêt de tels dépouillements, destinés à des publics d’étudiants précis pour lesquels ces ressources sont extrêmement précieuses.

Mais les autres SCD seraient très intéressés pour pouvoir faire siennes ces bases, et éviter de refaire le même travail.

Concrètement, ces bases bibliographiques locales devraient proposer un lien vers le catalogue qui m’intéresse, moi, et pas vers le catalogue des SCD qui les alimentent.

Comment se faire ? Avec de l’OpenURL, évidemment !

Si pour chaque notice d’article ou d’ouvrage, un COinS, encapsulant les métadonnées du document au format OpenURL, est présent dans la page, n’importe quelle bibliothèque de France disposant d’un résolveur OpenURL peut recommander à ses étudiants la base en question, en leur disant d’installer OpenURL Referrer (extension Firefox qui fait apparaître les COinS comme des liens cliquables vers le résolveur qui m’intéresse) sur leur navigateur. De cette manière chaque SCD pourrait se spécialiser dans un public donné, lui fournir une base profilée, et renvoyer vers les autres bases de France (et de Navarre, pour Pau).

Conclusion : tout le monde doit avoir un résolveur OpenURL pour bénéficier des ces bases.

Le temps que tout le monde s’équipe, cela laisse aux SCD qui gèrent ce genre de bases de les développer pour y rajouter des COinS. A vue de nez, si on a une base en PHP, je dirais qu’une telle modification nécessite pour un développeur : 50 minutes de travail.

Et de préférence : mettez des COinS en OpenURL 0.1 et pas en 1.0, pensez aux bibliothèques qui ont un résolveur 0.1 !

Et vous, vous connaissez de ces bases spécialisées, en production locale ?

J’aime pas Periodic

Periodic est une base de dépouillement des revues de vulgarisation scientifique : Sciences et Avenir, Science et Vie, etc. Elle est entretenue par la bibliothèque universitaire de Pau.

Je n’aime pas du tout Periodic, mais c’est la seule base qui fait ces dépouillements. Comme elle existe, aucune autre bibliothèque (ou quelque autre service rempli d’abnégation) n’envisage de la concurrencer.

Comme je ne veux pas paraître injurieux vis-à-vis d’estimés collègues qui font là une tâche bien ingrate, je vais expliquer pourquoi je n’aime pas Periodic.

1. Le mode de recherche est tordu. L’interface ne ressemble pas à ce qu’on trouve habituellement, et un flottement d’hésitation persiste pour déterminer où mettre ses mots clés. Il y a trois champs, reliés par un “ou” par défaut.

2. On ne peut pas appuyer sur Entrée pour lancer une recherche.

Pour ces deux remarques, un peu de code HTML permettrait rapidement d’obtenir une interface plus normale. Comme cette interface n’existe pas, j’ai fait un widget Netvibes (disponible ici) et je n’interroge Periodic (quand vraiment je n’ai pas le choix) que depuis ce widget.

Au moins, avec ce widget, je peux cliquer sur la touche Entrée, les mots sont associés par “ET”, on cherche automatiquement dans toutes les revues et le nombre de résultats maximum est de 100.

3. Dans la liste des résultat, chaque résultat est cliquable vers la notice détaillée, mais la notice détaillée ne comporte pas plus d’infos que la notice abrégée. Un peu plus de temps perdu pour s’en rendre compte.

En outre, l’auteur n’est pas affiché. Serait-ce une info secondaire ? Ou les scientifiques ont trop honte de publier dans des revues “grand public” et préfèrent garder l’anonymat ?

3. Ca fait 3 ans que je connais Periodic, et 3 ans que j’entends dire qu’ils réfléchissent à une refonte.

4. Le “guide” (lien en haut à droite de la page d’accueil de Periodic) met 7 minutes à s’ouvrir, avec un accès ADSL de 100 Mo/s (cf. l’explication probable plus bas). Donc personne ne consulte l’aide.

5. Le guide est une page énorme, parce qu’elle comporte l’état du dépouillement pour chaque revue : c’est un tableau avec une revue par colonne, une année par ligne, et pour chaque année le nombre d’articles recensés dans chaque revue.

Periodic est à ma connaissance la seule base bibliographique qui envisage la possibilité d’un dépouillement des revues depuis l’an 0. Le tableau comporte donc 2008 lignes, dont 1975 lignes complètement vides…

Pour vous éviter de perdre 7 minutes en allant vérifier, j’ai copié le tableau dans une page de ce blog logiquement un peu moins lourde. En revanche l’affichage est très laid puisque la largeur du tableau dépasse celle du blog.

6. Comme personne ne peut consulter le guide, tous les utilisateurs restent (je suppose) persuadés que les dix revues mentionnées sur la page d’accueil sont toujours dépouillées.

Le tableau en question nous fait voir que seules 5 revues sont toujours dépouillées : American Scientist, La Recherche, Ordinateur Individuel, Pour La Science, Science Et Vie, Sciences Et Avenir.

La raison d’être de Periodic n’est pas remise en cause : on a besoin, notamment en BU mais pas seulement (les lycéens seraient très contents de connaître son existence) d’une base de dépouillement des articles parues dans les revues scientifiques grand public.

Mais sa rénovation, toujours à l’ordre du jour, pourrait peut-être constituer un projet commun de plusieurs BU de sciences, un peu plus ambitieux (mais pas trop d’abord, sous peine de ne jamais voir le jour), plus ergonomique et à la couverture plus ample.

Un jour, peut-être…