Je réfléchis en ce moment à une formation à Electre auprès des collègues en BU. Quelques échanges sur Twitter m’amènent à expliciter mon objectif.
Lorsque j’avais participé à la formation d’étudiants à diverses bases de données (et à la vertueuse “méthodologie documentaire”), j’avais essayé de reprendre l’angle d’approche en scénarisant la recherche : au lieu d’expliquer les bases et les principes d’une “bonne recherche”, j’avais mis tout ça sous forme de cas pratiques (genre : vous vous trouvez dans telle situation –> vous avez besoin de tel outil).
Las ! Les étudiants ne s’étaient pas plus appropriés les cours qu’avant. Ce fut un échec.
Mais une formation/présentation sur Electre, c’est un peu particulier : elle est assurée auprès de collègues.
Je ne suggère pas par là qu’ils écouteront plus attentivement la leçon. Nul prof n’a droit à l’attention de ses auditeurs, il est contraint d’admettre qu’il lui faut la mériter à chaque seconde. Bref, la scénarisation n’est pas plus légitime parce qu’elle s’adresse à des professionnels de l’information.
Mais Electre est un outil de travail commun, où d’ailleurs il est possible de travailler en commun. Généralement, ce sont les acquéreurs qui s’en servent, et généralement au sein d’une bibliothèque les acquéreurs sont plusieurs. Ils n’achètent pas dans les mêmes domaines, certes, mais il y a nécessité de travailler en commun dès qu’une commande passée au fournisseur regroupe la sélection de plusieurs personnes.
Une formation Electre, ce n’est pas seulement 2 heures passées à montrer les fonctionnalités d’Electre : chercher un titre, faire une veille thématique, charger un lot d’ISBN, personnaliser ses paniers, etc. Ce doit être aussi l’occasion de proposer une organisation du travail autour de cet outil visant :
- ménager le temps et les efforts
- optimiser les possibilités de l’outil au regard des contraintes et des pratiques internes
- éviter le gaspillage du papier par un transfert de l’information
- etc.
Bref, une telle formation doit déboucher sur une réflexion (avec les personnes formées) autour des flux de données pour les acquisitions. Parce que ce n’est qu’à ce moment-là qu’une telle réflexion (préparée par le formateur) peut avoir lieu.
Parce que si une formation Electre n’est qu’une présentation de l’outil, on continuera à avoir :
- des paniers dans tous les sens
- des dossiers non rangés
- de vieux paniers thématiques que personne n’ose supprimer
- de vieux dossiers nominatifs que personne n’ose supprimer
- de vieux dossiers/paniers avec un nom ésotérique (par exemple : FC 2) moisissant au vu et au su de tous
Bref, il me semble normal de concevoir une formation à Electre comme une formation à un SIGB : dans une optique d’usages.
Maintenant, si vous n’utilisez Electre que comme support à LivreHebdo (vous cherchez titre à titre dans Electre les ouvrages repérés dans LivreHebdo), pour faire du copier-coller champ à champ d’Electre vers votre SIGB, évidemment, tout cela n’est pas nécessaire.
NB (pour changer des PS) : je n’ai jamais été acquéreur, je n’ai jamais acheté un seul bouquin pour aucune bibliothèque. Beueueuh !…




