Ecrire pour Netvibes

Si j’en crois Google Reader, il y a 205 abonnés au flux du présent blog sur cet agrégateur.

Si j’en crois les statistiques du Bouillon et du Nectar, la population bibliothéconomique se répartit en (approximativement)

  • 8% Google Reader
  • 8% iGoogle
  • 20% Netvibes

Ce qui signifie que s’il y a 205 personnes qui lisent (potentiellement) ce blog sur Google Reader, il y en a environ 500 qui y sont abonnés sur Netvibes.

Or l’affichage d’un post dans Google Reader peut être comparé à celui qu’on trouve sur le blog : la colonne de texte prend une portion de l’écran (environ 50-60% de la largeur), et la lisibilité y est comparable.

En revanche sur Netvibes je note au moins deux spécificités d’affichage :

  1. dans la liste des items (avant d’accéder à son contenu), la première image est affichée sous forme d’icône à gauche du titre
  2. quand on veut lire un billet, l’encart Netvibes prend alors toute la largeur de l’écran.

Je ne sais si je vais modifier ma manière de rédiger en tenant compte de la seconde spécificité.

En tout cas je pense désormais que, pour toutes les séries à venir, je vais faire en sorte que la première image de chaque billet soit toujours la même.

J’ai d’ailleurs commencé, avec la série XSL : icône

Est-ce pertinent ? Je n’en sais rien encore. Mais du moins le principe d’adapter la présentation à son réel environnement d’affichage me semble a priori intelligent.

(Il va sans dire qu’un “ajustement” de cette nature, quel qu’il soit, ne doit en rien léser les autres visualisations, fusse à destination des réfractaires au RSS qui viendraient directement sur le blog :-) )

La dissémination monte en puissance d’un coup

La dissémination, c’est cette chose dont Bibliobsession, notamment, s’est fait un chantre définitif (en même temps que de la médiation numérique) : au lieu de rester bêtement sur nos sites internet, allons là où sont nos usagers, sur Facebook, sur MySpace, sur Twitter, etc.

Le “héros du jour

Et donc notre cher chantre a publié aujourd’hui un billet mentionnant un outil génial, bibli.othequ.es, une mashup remarquablement conçue.

Une mashup, c’est un service qui associe plusieurs services pour produire un nouveau service. Une mashup remarquablement conçue, c’est un service qui associe Google Maps, Amazon, des serveurs Z39.50 et du JavaScript pour permettre à l’internaute de sélectionner les bibliothèques de sa région pour retrouver ensuite des informations de disponibilité dans ces bibliothèques sur les sites où il va naturellement : Amazon, Alapage, Fnac.com, et bientôt plus si affinités.

On avait déjà vu des scripts GreaseMonkey qui proposaient un lien direct depuis Amazon ou Fnac.com, permettant d’interroger sa bibliothèque pour savoir si le livre existait (un “simple” parallèle à l’OpenURL, en somme).

La grande force de ce nouveau service, bibli.othequ.es, c’est l’affichage direct des disponibilités des exemplaires sur ces sites commerciaux, au lieu d’un simple lien d’interrogation.

Le service est plus abondamment présenté par Bibliobsession, je n’y reviens pas. J’y ai fait aussi un certain nombre de commentaires, pour signaler ce qui me semble être des limites fonctionnelles à repousser pour un meilleur usage de l’outil. Je ne répèterai pas non plus.

Mais l’apparition de cet outil permet de poser une vraie question : j’ai le sentiment que face à des possibilités d’outils aussi remarquables, nous n’arriverons jamais à associer un service à la hauteur. Je veux dire par là que je n’arrive pas à concevoir de scénario où moi, bibliothécaire, j’orienterai correctement le lecteur de ma bibliothèque vers ce site pour qu’il en ait un usage aisé et rapide.

Je suis bien d’accord qu’une fois sur le site, le mode d’emploi en est très aisé. Mais :

  1. il faut que l’internaute accepte ce mode d’emploi (c’est-à-dire que depuis le site de sa bibliothèque, il accepte d’aller sur un autre site pour faire ce que lui dit celui-ci).
  2. il faut que sur le site de ma bibliothèque je situe ce service par rapport à tous les autres que je pourrais proposer.

Un portail non documentaire

Donc une fois que nous avons fait en sorte :

  • d’avoir monté un blog
  • d’être correctement référencés sur bibli.othequ.es (en ayant mis en évidence le profil de son serveur Z39.50)
  • d’avoir créé un compte Facebook avec un contenu riche
  • d’avoir créé un univers Netvibes
  • d’avoir créé un compte Twitter
  • d’avoir développé une barre LibX
  • d’avoir acheté un résolveur OpenURL
  • etc.
  • etc.

Que se passe-t-il sur notre site web institutionnel ? Quelle place et quelle forme pour signaler cette dissémination ?

Le diaporama de Perrine Helly sur le web 2.0 en BU mentionne le cas de la BU de Bretagne Occidentale, qui a renoncé monter de portail, c’est-à-dire de ne pas chercher à centraliser l’accès à leurs ressources.

Mais il me semble à l’issue de tout ce processus que la dissémination doit finalement mener à un portail. Non pas un portail documentaire, un portail de contenus, mais bien un portail de services : un point d’accès unique affichant, de manière plus ou moins dynamique mais nécessairement très visible (et pas seulement comme une simple “boîte à outils” ou une liste de liens) que la bibliothèque est dans une stratégie de dissémination, qu’elle est déjà ailleurs, que bientôt elle sera partout.

Bref, donner à entendre à l’usager que là où il va, la bibliothèque y sera déjà, qu’il l’y retrouvera sous une forme ou sous une autre. Je ne serais pas étonné si finalement, dans le lointain débat qui m’opposait à D. Bourrion (D. pour Dominique, paraîtrait-il ;-) 1), il l’emporte finalement et que les sites de bibliothèques, pour leur partie “Services” du moins, ressemble à une page POSH (ou Netvibes).

Il me semble que ce n’est qu’en diffusant un tel message que le lecteur pourra accepter d’aller sur un site comme bibli.othequ.es, avec l’idée que ce n’est que pour mieux retrouver sa bibliothèque plus tard.

Donc entre recherche unifiée et dissémination, les bibliothèques se dirigent vers un grand écart de regroupement des contenus et de dispersion des services. Bref, il faut se reposer pas mal de questions, histoire de décider vers quoi nous allons plutôt que de nous y retrouver par hasard.

P.S.

Par rapport au site lui-même, je me demande si on pourrait à terme attendre la même chose d’un serveur OpenURL : ne pourrait-il un jour fournir une API sur la disponibilité des documents, permettant de l’afficher sur un site en plus du lien ?

Et le site de Damiano Albani répond à cette frustration des extensions comme OpenURL Referrer, qui ne permettent de pointer que vers une bibliothèque à la fois.

1. Non, c’est bien Daniel. Merci à @Risu pour avoir déniché cet article d’Arabesques, qui ne nous rajeunit pas.

Univers Netvibes

Nous avions créé un univers Netvibes en avril dernier (rendu public en septembre 2008, je crois) pour relayer le portail documentaire de l’UPMC.

Univers Netvibes de Jubil

Cela avait été fait avec certains principes de base, qu’il me faudrait développer (un jour…). Mais je profite d’une question qui m’a été posée par mail pour indiquer ici ma réponse.

(Rq : j’avais très peu travaillé la joliesse du résultat…)

Question : [...] sur le titre que tu as donné au Netvibes de jussieu “aide à la maîtrise de l’information scientifique en ligne”. Pourquoi aide à la maîtrise?”.

Réponse : Parce qu’un des services en ligne principaux d’une BU, c’est d’aider ses lecteurs à manipuler toute l’information qu’ils rencontrent sur Internet… et celle qu’ils ignorent.
« Aide à la maîtrise », parce que l’univers Netvibes leur donne des outils (Netvibes lui-même en est un) pour :

  • faire une recherche sujet sur des bdd scientifiques (onglet BDD)
  • se tenir au courant de l’actualité scientifique (actus, blogs, podcasts)
  • élargir son esprit en culture scientifique générale (idem)
  • savoir ce que fait la bibliothèque (et l’UPMC)

L’univers Netvibes n’est pas comparable à une page d’accueil de site institutionnel, c’est une sélection de ressources susceptibles de lui être utiles (internes et externes à la bibliothèque), et on l’invite à les rapatrier sur son propre espace perso Netvibes.
C’était conçu dans cet esprit là.

Ca vaut ce que ça vaut…

Qu’est-ce qu’un portail documentaire ?

Comme promis dans l’article précédent.

Je n’ai pas LA réponse. Je n’ai que ma réponse.

Il me semble que lorsque des voix s’élèvent contre les portails documentaires, c’est pour dénoncer non pas un outil, mais une certaine philosophie. Une philosophie qui viserait à dire au lecteur : tu veux de la documentation ? Eh bien tu n’as qu’à venir sur MON site, tu trouveras TOUT ce dont tu as besoin. Et ne va surtout pas ailleurs, tu y perdrais ton âme.

Je suis d’accord avec cette dénonciation. Pourtant il me semble que les bibliothèques doivent malgré tout proposer absolument :

  1. une recherche unifiée dans toutes leurs collections (tous supports confondus)
  2. une interface unique regroupant l’accès aux collections et les informations pratiques.

Je tiens à expliciter ce dernier point. Tout le monde n’est pas tenu d’intégrer la recherche dans le catalogue à son site web.

Ce que je demande, c’est que l’internaute n’ait pas à s’habituer à plusieurs chartes graphiques, plusieurs structurations de l’information. Si on a un site web d’un côté et un catalogue de l’autre, il est impératif, pour faciliter l’utilisation des deux (et le glissement de l’un à l’autre), de personnaliser l’interface du catalogue pour qu’elle se rapproche autant que possible de l’ergonomie du site web (ou faire l’inverse) : homogénéiser la navigation (si le menu du site est vertical, celui de l’OPAC devrait l’être aussi), homogénéiser la terminologie, etc.

Bref, faciliter l’appropriation et faire comme si il n’y avait qu’un seul site, un seul outil (au moins, choisir les mêmes couleurs).

Mais les deux points que j’ai indiqués plus haut ne constituent pas un portail documentaire. Un portail, c’est :

  • un site regroupant l’ensemble des services et contenus de la bibliothèque (infos pratiques, tutoriels d’aide à la recherche, compte lecteur, service de question-réponse, accès distant aux ressources en ligne, etc.)
  • une recherche unique dans les collections des bibliothèques
  • une possibilité de personnalisation en mode authentifié. Eventuellement une diffusion profilée de l’information (indiquer aux physiciens ce qui les intéresse, etc.).

Ce dernier point est discutable, et devrait être laissé à l’appréciation de l’internaute. Ma conviction perso est que la bibliothèque peut confier à d’autres services, extérieurs à elle, la possibilité pour l’internaute de récupérer des briques du portail (un portail est généralement fait de briques, hélas !). C’est à cela que servent les univers Netvibes : laisser la possibilité à l’internaute de se créer un compte Netvibes (ou Protopage, ou PageFlakes, ou iGoogle) et y poser les briques du portail qui l’intéressent. Cela évite à la bibliothèque de profiler son portail en fonction des données de l’annuaire universitaire, qui est un outil en constant perfectionnement et ne conviendra de toute façon pas aux chercheurs.

On voit donc fort bien que la logique Portail s’adapte parfaitement à l’exigence (importante aussi) de proposer ses services ailleurs que sur son propre site.

Ouf ! je ne travaille pas pour rien depuis trois ans et demi !