LibX et proxy : un autre angle d’attaque

Comme indiqué ici, il faut présenter à l’internaute l’outil sous une forme brève et aguichante. Même si l’outil proposé permet bien plus que la phrase de présentation.

Sur LibX, j’avais proposé de broder sur le thème : Trouvez nos livres sans devoir passer par le catalogue. Parce que c’est vraiment une contrainte pour le lecteur de passer par nos opac.

De la même manière, on forme actuellement nos étudiants aux A-Z (que ce soit SFX, AtoZ d’Ebsco ou un autre outil), en leur disant : depuis chez vous, si vous passez par Google Scholar, vous n’aurez pas accès aux articles parce que votre IP n’est pas reconnue. Donc si vous avez trouvé un article intéressant, il faut repasser par le catalogue pour cliquer sur le lien “Accès distant”.

Ou quelque chose comme ça.

J’ai trois commentaires à faire là-dessus :

  1. c’est vrai, on est obligé de passer par le catalogue des revues en ligne.
  2. c’est frustrant, voire pénible.
  3. cette démarche est nécessairement oubliée par une partie de nos lecteurs.

Si vous avez un proxy, LibX permet d’évacuer cette démarche. Elle vous permet de dire à vos lecteurs : Vous pouvez enfin passer de Google Scholar à l’article sans faire un détour par chez nous.

Je sais, ça brutalise votre sens de la méthodologie documentaire. Mais ayez tout de même un peu pitié de vos lecteurs.

Comment ça se remplit ?

Remarque : ça marche avec EZProxy. J’ai buggé en testant avec Biblio-PAM (mais vous pouvez essayer tout de même). D’après l’interface LibX, ça marche aussi avec WAM d’Innovative Interfaces, mais je n’ai pas testé.

Cochez la première case (je vous en reparlerai ensuite).

Mettez un nom à ce proxy. Un joli nom compréhensible par vos lecteurs, de manière à ce qu’ils comprennent à quoi correspond la fonction et qu’ils aient envie de cliquer dessus. Par exemple : “Accès distant

Pour l’URL, la bulle d’aide est assez claire :

Par exemple, si vous utilisez l’URL http://ezproxy.lib.vt.edu:8080/login?url=http://www.sciencedirect.com quand vous voulez proxyfier l’accès à http://www.sciencedirect.com, alors la valeur à indiquer est : http://ezproxy.lib.vt.edu:8080/login?url=%s

Comment on s’en sert ?

Désormais, si vous êtes sur n’importe quelle page, un clic droit donne dans le menu contextuel (d’où le coche de la première case dans la configuration) :

Donc désormais on peut arriver sur un article de n’importe quelle manière, et basculer en mode proxyfié d’un simple clic.

Remarques :

  • Evidemment, cela ne nous garantit pas que la bibliothèque est déjà abonnée, mais c’est tout de même pas mal, non ?
  • Si l’URL n’a pas été déclarée auprès du proxy, on retombe sur l’URL normale non proxyfiée.

<update>Il faudra que je vous parle de la capacité de Zotero à exploiter la proxyfication (et merci à Perrine pour cette info)</update>

Un pipe pour une veille autour des revues en sciences humaines

Base Mirabe Est sortie il y a peu (en version “prototype”) une base de mutualisation pour la mise à jour des informations autour des revues en SHS.

Marlène en avait parlé, le BBF aussi.

Ce n’est pas forcément mon centre d’intérêt premier : je suis plutôt réservé face à ce risque d”épuisement des énergies pour la mise à jour de nos bases de revues en ligne. Mais comme c’est un travail mutualisé, c’est un moindre mal ; surtout, l’utilisation de Yahoo Pipes me semblait un exercice intéressant.

Cette base propose des informations bibliographiques sur toutes les ressources qu’elle référence, informations que nos collègues s’efforcent de mettre à jour autant que possible.

Pour chaque revue donnée, il y a un fil RSS correspondant, pour suivre les actualisations de la notice. Voilà un outil fort utile. L’URL de chaque flux RSS est structurée ainsi :

http://www.reseau-mirabel.info/rss.php?object=revue&id=identifiant_interne_de_la_base

Sauf que le responsable de la documentation électronique d’un établissement, qui ne peut pas connaître les identifiants Mir@bel pour ses revues, est obligé de chercher revue par revue pour s’abonner à chaque fil RSS. L’idéal pour lui serait qu’il puisse entrer une liste d’ISSN, et avoir un fil RSS unique pour toutes ses revues.

J’ai donc élaboré un pipe qui fait les manipulations suivantes :

  1. on lui donne une liste d’ISSN, séparés par des points-virgules
  2. il construit une requête sur chaque ISSN : il concatène
    http://www.reseau-mirabel.info/index.php?termes=“, ISSN, “&action=recherche&methode=simple
  3. Il ouvre chaque page de résultats correspondant à ces URL : ces pages contiennent, toujours au même endroit, le lien vers la revue auquel correspond l’ISSN. Ce lien est structuré ainsi :
    http://www.reseau-mirabel.info/index.php?action=show&object=revue&id=identifiant_interne_de_la_base.
  4. Il récupère cet identifiant interne
  5. Il construit l’URL du fil RSS correspondant à chaque revue.
  6. Il ouvre chacun des flux RSS.

En fait, ce flux ressemble assez, par certains côtés, à celui du tutoriel 8 : au lieu de rentrer un flux RSS dans le pipe, on récupère une information qui permet de construire l’URL de ce flux, pour le produire en sortie.

Cette manipulation s’effectue à l’avant-dernière étape : pour chaque URL de flux construite, au lieu de “sortir” l’URL elle-même, on “émet” le contenu du fichier ayant cette URL (la case cochée par défaut est toujours “Assign results”, il faut donc penser à choisir l’autre option).
Copie d'écran de la case Emit results au lieu de Assign results

Cela peut vous donner une idée de ce à quoi sert un web service : une telle base peut proposer ce genre de fonction nativement, à savoir qu’il suffit de lui donner une information sous une forme standard (par exemple : un ISSN intégré dans une URL construite d’une certaine manière) pour que la base renvoie un fichier XML avec d’autres infos associées à cette information initiale (par ex. l’identifiant, ou le flux RSS correspondant à cet ISSN).

En reprenant le pipe décrit ci-dessus, on pourrait sans trop de difficulté l’améliorer pour que, à une liste d’ISSN en entrée, il produise en sortie une liste d’états de collections, ou tout autre information présente dans les notices (langue, URL, URL du flux RSS de la revue, etc.). Un tel usage ne serait pas tellement pour suivre les mises à jour, mais pour extraire une série d’informations à un instant donné au sujet de vos abonnements.

Si vous avez des besoins particuliers associés à cette base, n’hésitez pas à me demander un pipe adapté.

> Voir (et utiliser) le pipe

Remarque 1 : j’ignore quel est l’état actuel de la base et sa richesse. Il se peut donc que lorsque vous rentrerez votre première liste d’ISSN, le fil RSS produit soit vide (si aucune de ces notices n’a été mise à jour).

Remarque 2 : le fil RSS produit contiendra tous les ISSN que vous aurez indiqué au pipe. Donc le navigateur peut avoir du mal à avaler une URL trop longue (c’est variable selon les navigateurs, il me semble). Voici les différences selon les navigateurs. J’ignore par ailleurs si un agrégateur peut avoir des difficultés avec une URL de plusieurs centaines ou milliers de caractères. Vous me raconterez ;-) !

Remarque 3 : je ne vous ai pas du tout présenté l’interface. Vous êtes grands ! :-) Notez tout de même la possibilité pour tout un chacun de modifier une notice (les modifications en mode anonyme devant être validées par un modérateur).

Remarque 4 : on peut retrouver le fil RSS de toutes les modifications (toutes revues confondues) en reprenant le fil d’une revue (par exemple : http://www.reseau-mirabel.info/rss.php?object=revue&id=533) et en supprimant la référence à l’identifiant. Ce qui donne : http://www.reseau-mirabel.info/rss.php?object=revue.

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Précisions données par les porteurs du projet :

  • Le développement de web services pour les partenaires fait  partie du plan de développement de Mirabel (qui sera présenté lundi 8 juin, lors du lancement officiel). A terme donc, ce pipe n’aurait plus grande utilité. L’équipe ne refuse pas “l’idée de construire les  url avec l’issn comme alternative à l’id interne, et nous avons aussi en projet la possibilité d’alimenter un sigb (koha) par webservice”.
  • En devenant partenaire de Mir@bel, “vous aurez alors accès aux fonctions avancées d’export des données et
    si vous ajoutez vos identifiants locaux pour les revues que vous possédez, alors, vous aurez beaucoup plus qu’un fil RSS par titre ! “
  • “Enfin, pour éviter l’épuisement, nous avons mis en place un outil de collecte automatique pour les ressources lorsque c’est possible (pour Cairn, Persee et Revues.org, pour commencer) et que nous souhaitons élargir le réseau de partenaire pour que chacun ait le moins de travail à accomplir. “

A quoi sert une liste A-Z de revues ?

Un court billet jeté à la va-vite : quelle est la pertinence aujourd’hui de proposer un outil de feuilletage dans les collections de revues en ligne ?

Dans la mesure où nous proposons systématiquement un moteur de recherche sur titre (et généralement aussi : ISSN, bouquet, éditeur, sujet, etc.), est-ce un réel service que de proposer en plus un accès par lettres de l’alphabet, avec pour chaque requête plusieurs milliers de résultats ?

Cet outil est hérité d’anciennes pratiques (la liste papier des revues auxquelles la bibliothèque est associée), et correspond donc à un usage (et presque un besoin) chez les chercheurs. Mais leur rendons-nous service en considérant légitime cet usage ?

C’était un outil encore manipulable lorsque les bibliothèques avaient quelques centaines, puis quelques milliers de titres. A présent que nous voulons, légitimement, signaler aussi le plus possible de périodiques en open access (et pas seulement proposer un lien vers le DOAJ), de plus en plus de SCD dépassent les 15.000 titres, et peuvent envisager d’atteindre les 20.000 titres (gratuits et payants confondus).

L’outil AtoZ d’Ebsco propose 3  niveaux de feuilletage. Par exemple pour le SCD de Paris 5, on a

  • une première liste A-Z avec une lettre
  • une seconde liste avec deux lettres
  • et une liste déroulante de titres

Afficher la copie d'écran

Est-ce que le chercheur a vraiment un accès plus rapide en utilisant ces trois outils consécutivement qu’en lançant une recherche par mots-clés du titre ? Je n’en suis pas convaincu.

Il y a trois ans, lors de la mise en production de Jubil, nous avions ouvert le portable sans liste A-Z. Ce fut une indignation chez de nombreux chercheurs, qui n’arrivaient pas à utiliser le moteur de recherche de la page d’accueil avec une recherche par mots du titre. Le réflexe Google n’arrivait pas jusqu’à nous…

Lorsque nous avons ouvert, nous avons tenu, pour que la liste A-Z soit un vrai service, à supprimer toute pagination dans les résultats : nous pouvons donc avoir 2000 titres sur la même page. Evidemment, le temps de chargement de la page peut être important (même avec une mise en cache de la liste des résultats).

Mais en augmentant le nombre de titres, en rajoutant les gratuits, est-ce tenable ? Ce sera l’alternative : proposer tous les résultats sur la même page ou fournir un système de navigation complexe avec les lettres de l’alphabet.

Finalement, est-ce vraiment rendre service à l’usager ?

J’ai l’impression que ce serait comme lui garantir un accès Minitel à notre Opac en plus de sa version web avec pages de couvertures…

Y en a-t-il parmi vous qui ont osé supprimer cette liste ? Ou qui ont essayé ? Ou qui me lisent avec effroi, horreur et stupéfaction ?