Les hybrides seront au congrès de l’ABF et annoncent le Bibliolab !

Juste un petit billet pour annoncer que le groupe bibliothèques hybrides de l’ABF sera sur le stand de l’ABF au Congrès annuel qui se tiendra à Paris du 11 au 14 Juin (stand A2).

Au programme : démonstrations, explications et rencontres avec les membres du groupe qui seront sur le stand. Nous nous chargerons également de faire des comptes rendus d’ateliers et de conférences sur le blog du Congrès, notamment par la diffusion des supports des intervenants. Nous alimenterons également un Twitter que vous pouvez suivre ici et retrouver dans la colonne de droite du blog du Congrès.

A l’heure où l’on s’interroge que les outils de partage en information documentation, nous aurons le plaisir de faire des démonstration du futur Bibliolab pour les congressistes qui passeront sur le stand. Pour les autres, le lancement officiel est prévu en Septembre prochain, probablement à l’occasion du Bookcamp. Histoire de vous mettre l’eau à la bouche voici ce dont il s’agit :

Issu d’une idée de Xavier Galaup, le Bibliolab est une plateforme animée par le groupe Bibliothèques Hybrides et qui constituera une partie du nouveau portail ABF. Il est consacré au numérique, aux TIC et s’articule autour de 3 objectifs :

  • Informer : grâce à des articles sur différentes thématiques
  • Former : grâce à la mise à disposition de tutoriels sur les applications proposées sur le Bibliolab mais aussi sur d’autres services
  • Expérimenter : grâce aux applications proposées sur le Bibliolab :
    • Se créer et utiliser un blog
    • Se créer et utiliser un agrégateur

Le Bibliolab mettra aussi en avant différentes ressources liées au groupe Bibliothèques Hybrides et à ses membres telles que :

Alors rendez-vous au congrès ou sur son blog, bande de bibliothécaires !

Qu’est-ce qu’un Opac 2.0 ?

Si la réponse vous intéresse, c’est que vous n’avez rien compris, rien suivi, rien lu.

Cf. ce billet (sept. 2008) mais aussi celui-là (octobre 2008) et sans doute plein d’autres encore. Finalement, Frédéric Lefebvre, qui avait fait tant rire (à juste titre) à l’époque où nous redoutions qu’il ne remplace Eric Besson pour suivre le dossier “Nouvelles technologies”, Frédéric Lefebvre avait raison : le web 2.0, c’est celui que les Français utilisent tous les jours.

  1. Il suffit qu’un Opac propose un fil RSS pour devenir 2.0.
  2. Techniquement, le Sudoc pourrait très facilement intégrer dans ses listes de résultats un lien vers le fil RSS que j’ai bricolé avec Yahoo Pipes.
  3. Donc en rajoutant ce lien, le Sudoc devient 2.0.

Cela ne signifie pas que le 2.0 n’a aucun sens. Cela signifie seulement qu’avoir un Opac 2.0 ne doit plus être une ambition en tant que telle.

Il n’y a plus de site web 2.0 : il n’y a plus que des fonctionnalités 2.0. Et l’objectif est d’avoir un regard critique fonctionnalité par fonctionnalité pour déterminer sa pertinence au sein d’un Opac.

Si un prestataire vous propose un opac 2.0, vous pouvez lui rire au nez. Demandez-lui plutôt la liste des fonctionnalités existantes, 2.0 ou non.

Dans la liste que j’ai proposée, très peu de points sont estampillés web 2. Et pour cause : les autres, ce sont du web simple. Mais le plus intéressant, c’est que les interfaces qui se labellisent web 2.0 sont précisément les pires pour certains critères. C’est ainsi qu’on arrive à ce genre de résultats :

Onglets Encore

Vous naviguez dans l’Opac, vous lancez une recherche, vous voulez ouvrir plusieurs notices. Et vous vous amusez ensuite à jongler entre tous ces onglets ouverts. C’est une interface web 2.0.

Ce billet est notamment (mais pas seulement) consécutif de l’ouverture du site internet de la bibliothèque Sainte-Barbe : la bibliothèque vient d’ouvrir, le site aussi (première interface française avec Primo). J’aurai sans doute l’occasion de reparler de ce site. Est-ce un site web 2.0 ?

Il n’y a pas de réponse parce que ce n’est pas une bonne question. C’est certainement un site qui intègre des fonctionnalités web 2.0. Mais à partir de combien de fonctionnalités individuelles le site lui-même bascule pour devenir “2.0″ ?  La question se décompose d’elle-même.

Et d’après ce que j’en comprends, on ne pourra jamais parler de “site web 3.0″, ce serait contre-nature avec la définition du web 3 (s’il devient bien le web sémantique, ce qui n’est pas encore complètement avéré). Mais je ne m’aventurerai pas sur ce sujet.

<update>Un bon contre-exemple de l’inopportunité de cette question : un catalogue “classique” peut faire l’objet d’un plugin de recherche Firefox, d’un widget Netvibes et iGoogle. Devient-il web 2.0 ?</update>

Impatience

Jeudi 20 novembre doit enfin être officiellement lancée Europeana (cf. actus sur le sujet).

J’avais suivi avec beaucoup d’intérêt le lancement de la première version, pour voir ensuite que :

  1. cette première version n’avait pour réel avenir que de permettre à Gallica d’évoluer
  2. Europeana, projet initialement purement “bibliothèque”, devenait un portail culturel visant à associer tous les acteurs du patrimoine (essentiellement : bibliothèques, musées, archives).

C’est l’occasion peut-être de revenir sur la notion de concurrence entre Google Book Search et Europeana.

1. comme ne cesse de le proclamer depuis des années Affordance (sauf si je n’ai rien compris), non seulement il faut des alternatives à Google, mais c’est même naturel d’avoir des outils qui co-existent les uns à côté des autres. Il n’est même pas besoin de justifier cette coexistence, et il n’est même pas nécessaire de parler de concurrence : la constitution d’un portail culturel européen doit apparaître comme une nécessité, que le projet Google Book Search existe ou non.

2. Europeana n’est plus une collection de livres. Il doit intégrer de nombreux autres types de documents (y compris multimédia). Et on n’entre pas dans la catégorie du moteur “total”, ou plutôt du moteur “fourre-tout”, que prétend devenir Google en mélangeant sur ses pages des pages web, des résultats Google Maps, des actualités, des vidéos, des images, et des livres numérisés (etc.).

Europeana a une logique de contenu, qu’elle explique(ra). Lorsqu’on l’interroge(ra), on sait(saura) d’avance le genre de résultats susceptibles de sortir.

3. Même si Europeana avait été une bibliothèque numérique, ce n’est pas le cas de Google Book Search. Je l’ai déjà dit ailleurs, je le répète : GBS n’est pas une bibliothèque.

Qu’est-ce que j’en attends ?

Je passe sur la taille du fonds accessible, sur les fonctionnalités de recherche attendues, etc. Je les commenterai une fois qu’elles seront en ligne.

En revanche j’en attends (peut-être de façon illusoire) une philosophie différente de ce à quoi tendent en ce moment la plupart des bibliothèques numériques qui se créent depuis quelques mois/années.

Ces bibliothèques numériques ont bien intégré les exigences du web 2 : compte lecteur avec possibilité de se créer une sélection de documents, de les annoter, de les tagguer, de les partager, etc. Persée, Gallica2, en sont de très bons exemples (et de remarquables outils).

Mais je n’ai pas encore vu de bibliothèque numérique facilitant la vie des internautes qui disposeraient d’un compte Connotea, ou CiteULike, ou qui, membres d’un groupe Google (ou Yahoo) de chercheurs, en proposant une intégration des données numérisées vers ces espaces, et une interopérabilité avec ces fournisseurs de services en ligne. C’est-à-dire que ces interfaces ne prennent pas en compte que leurs utilisateurs ont déjà une existence numérique (sur les services précités, mais aussi sur Netvibes, sur Facebook, sur LibraryThing, qu’ils ont un OpenID), qu’ils ont déjà constitué des communautés d’intérêts sur ces espaces.

Cela peut prendre par exemple un aspect comparable à ce qu’on trouve au bas des articles de certains journaux en ligne (une série d’icônes correspondant à autant d’actions vers Facebook, Digg, etc.).

Bas d'un article du Monde

Pourquoi réinventer tous ces services sur un nouvel espace, alors qu’ils existent déjà ailleurs, déjà satisfaisants et déjà familiers ?

PS : évidemment, j’en attends aussi des COinS pour mon résolveur OpenURL

Worldcat accueille le tagging

Catalogablog signale que Worldcat, le plus gros catalogue collectif au monde (et qui va bientôt intégrer le contenu du Sudoc), intègre désormais la possibilité pour l’internaute de tagger les ouvrages, c’est-à-dire de rajouter des mots-clés libres.

Plusieurs logiciels de catalogues en ligne de bibliothèques proposent cette fonctionnalité (on la retrouve à Saint-Herblain, à la médiathèque de Dole), mais il m’a toujours paru évident qu’à l’échelle d’une petite communauté, cette pratique n’avait aucun sens : sur N livres, combien seront taggés par les quelques centaines ou milliers de lecteurs de la bibliothèque. Donc pour avoir un intérêt quelconque, un tel service doit s’appuyer sur une communauté au moins nationale (ou disciplinaire, pour une bibliothèque spécialisée), voire internationale.

Mieux, elle doit s’appuyer sur un autre service : ainsi LibraryThing qui propose aux bibliothèques d’afficher dans leurs catalogue les tags rentrés par les utilisateurs de LibraryThing. Ce service a par exemple été mis en place à la bibliothèque universitaire d’Angers.

Mais il était naturel que Worldcat finisse par servir d’appui à une telle communauté internationale, étant un passage de plus en plus obligé pour trouver et/ou localiser des livres.

Pour le moment, Worldcat ne va pas jusqu’au bout de sa logique : il est précisé ici que l’ajout de tags nécessite d’être authentifié (donc de s’être créé un compte) et que ces tags permettent de naviguer dans les “collections” de l’utilisateurs, mais ne jouent pas dans une recherche lancée par quelqu’un d’autre. Il faut espérer qu’à terme ce mode d’accès aux collections aura dans l’interface publique de Worldcat la même légitimité que la recherche par titre ou par auteur.

Ensuite, on peut en attendre deux fonctionnalités pour les bibliothèques :

  • Comme Worldcat développe aussi des interfaces d’interrogation propres aux bibliothèques dont il signale les collections, chacune de ces interfaces pourrait permettre d’afficher (ou non) les tags des lecteurs de la bibliothèque et d’ailleurs
  • Worldcat pourrait aussi, comme LibraryThing, développer une API, c’est-à-dire une possibilité pour une bibliothèque extérieure, ayant son propre catalogue en ligne, d’intégrer dans ses pages, pour un livre donné, le contenu des tags présents sur la notice du livre en question dans Worldcat.

Pour l’instant, nous n’en sommes pas là. Mais depuis longtemps OCLC se révèle extrêmement innovant et réactif face aux possibilités du web. Donc j’ai confiance.

2.0 ? Stop !

Non, pas “stop au web 2.0″, dans les bibliothèques ou ailleurs.

Stop aux billets qui parlent des “bibliothèques 2.0″, des “sites 2.0″ : ça y est, la révolution “2.0″ est passée (je l’ai follement aimée, d’ailleurs). A présent, il ne faut plus chercher à faire des sites 2.0 : tous les sites doivent l’être, par défaut. Il n’y a plus que ça qui existe ou doit exister. Donc il faut désormais signaler tel service supplémentaire permis par tel outil.

Le fait que ce service soit 2.0 totalement, en partie ou pas du tout, ça n’a plus d’importance, plus d’intérêt. Il est intéressant, où il ne l’est pas. Il est ergonomique, ou non. Il est interactif, ou pas. Mais le label “2.0″, désormais, ne signifie plus rien.

La preuve : je crée un blog en 3 minutes. Donc en 3 minutes je propose un (ou des) fil(s) RSS, la possibilité de laisser des commentaires, etc. Est-ce le fait que ce soit 2.0 qui rend le blog intéressant ?

Tout ce qui apparaît sur le web intègre du 2.0 (ou à peu près). Il n’est pas 2.0.