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Que dire aux chercheurs qui n’utilisent qu’ArXiv ou CiteSeer ?

07/11/2008

Cette question était posée à la fin du second article sur Google Scholar : lorsqu’on les interroge sur leur utilisation d’Inspec, certains chercheurs en informatique disent se contenter de CiteSeer (base d’archives ouvertes en open access, avec liens éventuels vers les articles publiés), de même que certains physiciens n’utiliseraient « que » ArXiv.

La remarque de professionnel qui me vient à l’esprit est : utiliser une collection d’articles au lieu d’une base de données, c’est confondre un catalogue et une bibliographie. Le catalogue référence les collections possédées, la bibliographie signale toute la documentation existante selon l’exhaustivité qu’elle a pris le soin de définir (tant de revues dépouillées, dans tel domaine, etc.). La bibliographie doit être prête à rendre des comptes sur le non-respect de sa charte de dépouillement, le catalogue s’enrichit selon un accroissement que partiellement maîtrisé des collections.

Mais c’est là oublier que la plupart des chercheurs, lorsqu’ils utilisent CiteSeer, ne cherchent pas à établir une bibliographie sur un sujet : cette biblio, ils l’ont déjà. Ce qu’ils veulent, c’est accéder à un article dont ils connaissent déjà l’existence. CiteSeer interviendrait, en quelque sorte, après Inspec.

On le voit bien dans la page d’accueil d’ArXiv : ce n’est pas adapté à une recherche par sujet.

Donc il est inutile de proposer aux chercheurs de remplacer CiteSeer par Inspec, puisque leur fonction n’est pas équivalente (la plupart du temps, s’entend).

Mais alors, par quel outil les chercheurs remplacent-ils Inspec (que nous payons si cher).

Dites-moi si je me trompe (si, si ! dites !), mais mon impression est : par aucun « outil ».

Leur manière de découvrir de nouveaux articles sur un sujet, c’est :

  1. en lisant d’autres articles et rebondissant sur leurs références bibliographiques.
  2. en discutant avec d’autres collègues, qui leur signalent telle ou telle parution parce qu’ils lisent les mêmes revues spécialisées.

A qui sert Inspec (même question que pour Google Scholar) ?

  1. A nous, pauvres bibliothécaires, qui ne sommes pas dans le circuit et ne bénéficions pas des tuyaux. Pourtant quand quelqu’un vient nous voir en banque de prêt pour nous dire : « Bonjour, je cherche ce qui a pu être écrit avant 1990 sur la rupture spontanée de symétrie des particules« , il faut bien être capable de lui répondre quelque chose.
  2. Aux quelques étudiants qui ne sont pas encore dans le circuit, à qui il faut bien apprendre autre chose que « Va voir ton prof et demande-lui de t’aider à faire ta biblio : lui, il sait déjà tout ».
  3. Aux chercheurs qui navigueraient temporairement en eaux troubles, à la frontière de leur champ de compétence stricte (et ne connaîtraient pas les revues adéquates, par exemple).

Mais surtout à nous.

Bref, ne cherchons pas à concurrencer les chercheurs. Attendons qu’ils viennent et tenons nous prêts pour la seconde et la troisième situation.

<màj>La plupart des affirmations ci-dessous sont consciemment caricaturales. Il est évident que nos statistiques de consultation d’Inspec ne sont pas à 0. C’est simplement que les chercheurs ne se servent généralement pas suffisamment des bases de données à notre goût.</màj>

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