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Proposer à ses lecteurs une extension OpenURL Referrer préparamétrée

09/03/2009

Tout l’intérêt de l’OpenURL, c’est d’afficher les rebonds depuis n’importe quel site proposant des métadonnées bibliographiques vers le catalogue de ma bibliothèque.

Problème : cela implique (en tout cas pour le moment) que vos lecteurs installent sur leurs navigateurs l’extension OpenURL Referrer, dont j’ai déjà parlé, qui transforme les COinS en URL cliquables. Il faut donc leur indiquer le site, leur demander de télécharger l’extention, et leur expliquer comment paramétrer les valeurs à y mettre (essentiellement URL du résolveur, et sa version). On risque de perdre plus de la moitié du lectorat visé par ces consignes.

La meilleure solution est donc de proposer, sur le site de la bibliothèque, l’extension préparamétrée. Cela permet d’esquiver complètement la notion d’OpenURL (amusez-vous à la leur expliquer si vous vous en sentez le courage), et de leur proposer « simplement » : une extension qui permet de rebondir depuis une référence d’ouvrage trouvée sur Internet vers le catalogue de sa bibliothèque, pour voir rapidement si elle le propose ou non.

Quelques explications préalables sont nécessaires.

Qu’est-ce qu’une extension Firefox ?

Sur Internet, vous trouvez ces extensions sous la forme de fichiers XPI. Il s’agit en fait de fichiers ZIP. Lorsque vous cliquez dessus, Firefox les reconnaît comme des ZIP, et les décompresse dans le répertoire contenant tous les paramètres de votre profil d’utilisateur.

Sous Windows, ce répertoire est dans : C:\Documents and Settings\::nom_d_utilisateur::\Application Data\Mozilla\Firefox\Profiles\::nom_du_profil::\extensions

Si vous avez déjà installé OpenURL Referrer, vous retrouverez tous les fichiers décompressés dans le répertoire {6949DC66-E5E4-4bf0-B364-84F23ED81319}, sous « extensions ».

Donc pour modifier les paramètres par défaut de l’extension, il vous faut

  1. télécharger le fichier XPI au lieu de l’installer sur Firefox (donc aller sur le site d’Openly, et faire un clic gauche « Enregistrer la cible du lien sous… »
  2. dézipper le fichier (changer l’extension .XPI en .ZIP si nécessaire)
  3. modifier les fichiers (XML) nécessaires pour que les paramètres par défaut soient différents
  4. rezipper tous les fichiers, remettre une extension .XPI au ZIP obtenu
  5. charger le fichier XPI sur un serveur
  6. pointer vers ce fichier depuis une page du site de la bibliothèque, vantant les mérites de cette extension

Le plus difficile évidemment, c’est l’étape 3. Je vais essayer d’être le plus clair possible, car il me semble que le XML fait peur à certains.

Vidéo 1 : enregistrer le fichier XPI et le dézipper. (étapes 1 et 2)

Modifier les paramètres par défaut (étape 3)

Une fois les fichiers dézippés, vous obtenez un fichier install.rdf et 3 répertoires

4fichiers

Celui qui nous intéresse, c’est le répertoire Chrome.

Il contient un fichier openurlref.jar. Pas de bol, c’est encore un fichier ZIP qui ne dit pas son nom : il faut donc dezipper celui-là aussi.

Cela produit 3 nouveaux répertoires, dont un qui s’appelle content. Dans content, il y a un répertoire openurlref, qui contient un fichier profiles.rdf. C’est celui-là !

Avec tous les dézippages successifs, ce fichier st donc dans chrome\content\openurlref\profiles.rdf.

Vidéo 2 : trouver le fichier profiles.rdf

Remarque : vous noterez qu’après avoir dézippé openurlref.jar et obtenu mes trois répertoires, j’ai supprimé le fichier openurlref.jar. En effet lorsque j’aurai modifié profiles.rdf, les trois répertoires content, META-INF et skin devront être rezippés en un seul fichier qu’il faudra rebaptiser openurlref.jar. Donc l’ancien ne sert plus à rien.

Avant d’ouvrir le fichier profiles.rdf, munissez-vous (si vous avez un résolveur) de :

  • l’URL du résolveur. Moi, je prendrai : http://jubil.upmc.fr/openurl
  • l’URL de l’image qui va être cliquable chaque fois qu’il y aura des COinS
  • ou, si vous ne voulez ou n’avez pas d’image, réfléchissez au texte que vous souhaitez voir apparaître. Par exemple : « Trouver dans ma BU »
    (songez que ces liens sont faits pour apparaître depuis n’importe quel site sur Internet. Le texte ou l’image doit donc faire comprendre que l’internaute va basculer sur le site de sa bibliothèque.)

Le fichier profiles.rdf

C’est un fichier XML, donc, structuré assez simplement.

  • La balise racine est : <RDF:RDF>. On ne s’en occupe pas.
  • La balise <RDF:Seq> contient une série de <RDF:li> qui liste l’ensemble des profils disponibles. Ces profils sont désigné par un nom. Cela ressemble à : <RDF:li RDF:resource= »profiles:1cate Demo »/>
    A cet endroit, je vais rajouter une ligne sur le modèle ci-dessus, qui va donc être :
    <RDF:li RDF:resource= »profiles:Jubil »/>
    Evidemment, il me faut alors créer ensuite un profil ayant pour identifiant Jubil.
  • Une série de balises <RDF:Description>. Ces balises contiennent un certain nombre d’attributs, qui sont les valeurs du résolveur :
    • son identifiant : attribut RDF:about= »profiles:Jubil »
    • son nom : attribut profiles:name= »Jubil »
      Le nom est celui qui apparaît à l’utilisateur dans la fenêtre de paramétrages.
    • son URL : attribut profiles:lsurl= »http://jubil.upmc.fr/openurl« 
    • sa version : profiles:use1_0= »false »
      Il faut mettre « false » si la version du résolveur est 0.1, et « true » si c’est 1.0.
    • si je veux que ce soit une image qui apparaisse :  profiles:useimg= »true »
    • l’URL de l’image : profiles:imgurl= »http://jubil.upmc.fr/a/slide/files/projects/upmc/doctype/gallerie/gallerie-1150805377211-134.157.146.58.gif« 
    • Le texte alternatif (si l’image n’est pas disponible) — ou le texte tout court si je ne veux pas d’image : profiles:text= »Trouver sur Jubil »

Plutôt que de tout saisir à la main, il vaut mieux évidemment dupliquer un des autres profils et l’adapter.

Vidéo 3 : modifier le fichier profiles.rdf

Remarque : si vous créer un profil avec tous les attributs, mais que vous n’y faites pas référence dans la liste (balise <RDF:li> insérée dans la balise <RDF:Seq>), le profil n’apparaîtra pas. Et il faut le mettre en tête pour que ce soit celui choisi par défaut.

Et une fois installée l’extension, ça donne ceci :

openurlref

Et après ?

  1. Vous remonter au niveau du répertoire chrome, dans lequel se trouve 3 répertoires (content, META-INF et skin).
  2. Vous zippez ces trois répertoires en un fichier openurlref.jar
  3. Vous remonter au niveau le plus haut (jusqu’à voir 3 répertoires — chrome, defaults, META-INF — et un fichier install.rdf), et vous zippez le tout en un fichier openurlRef_Ma_Bibliotheque.xpi

Remarque : petite subtilité supplémentaire, avant de rezipper toute l’extension, vous pouvez aller dans le répertoire defaults\preferences. Il y a un fichier openurlref.js que vous pouvez ouvrir avec WordPad ou le bloc-notes. Il gère le comportement de l’extension lors de son téléchargement par l’utilisateur. Ainsi, vous y trouverez les lignes :

//This is used to signal the extension to pop up the options pane
//when the browser is restarted after an install
pref("openurlref.firstTime", true);

Si vous mettez false au lieu de true, Firefox ne proposera pas à l’internaute de configurer l’extension après installation. Ce qui serait normal : vous l’avez fait pour lui.

Conclusion

Un peu laborieux, peut-être ? Consolez-vous : vous, vous n’avez pas eu à essayer de comprendre ce fonctionnement en l’absence de documentation. C’était plus pénible encore.

Ce qui est intéressant, c’est que ça permet ainsi à une bibliothèque de proposer sur une page, non pas son résolveur OpenURL, mais un service à l’usager, avec copies d’écrans (de Google Scholar, Wikipedia, Citeseer, etc.) à l’appui. Non pas la description, d’une technique, mais le principe-même « Simplifiez-vous la vie ! »

Remarque : quoique ne l’ayant pas encore vérifié, je suis sûr par avance qu’une telle manipulation n’empêchera pas les mises à jour, une fois que l’utilisateur aura installé l’extension sur son navigateur. En effet l’extension continuera à aller vérifier sur le site d’Openly si une nouvelle version existe ou non.

P.S.

J’ai essayé de faire le plus clair possible. Mais :

  • si une étape n’est pas claire du tout
  • si ça ne marche pas chez vous

N’hésitez pas à réagir vivement en commentaires.

Il faut préciser aussi que l’installation d’une extension sous Firefox laisse de multiples traces. Il ne vous suffit pas de désinstaller l’extension pour faire comme si elle n’avait jamais été là : donc pour vous assurer que tout fonctionne bien (avant de publier vraiment l’extension sur votre site), testez-là sur un poste qui n’a jamais eu OpenURL Referrer auparavant.

Si tout de même vous voulez (ou devez) testé cette nouvelle extension sur un poste dont Firefox a déjà eu une extension OpenURL Referrer, avec un profil antérieur déjà enregistré, vous pouvez effacer toutes les traces de cette ancienne version de la manière suivante :

  1. Désinstallez l’extension sur Firefox et fermez le navigateur
  2. Allez dans le répertoire C:\Documents and Settings\::nom_d_utilisateur::\Application Data\Mozilla\Firefox\Profiles\::nom_du_profil::\
  3. Supprimez le fichier openurlref_profiles.rdf
  4. Ouvrez le fichier prefs.js (avec WordPad) et supprimez toutes les lignes commençant par : user_pref(« openurlref.
  5. Allez dans le répertoire extensions et supprimez le répertoire {6949DC66-E5E4-4bf0-B364-84F23ED81319}

Voilà, vous avez effacé toutes les traces d’OpenURL Referrer sur votre poste. Vous pouvez installer la nouvelle extension pour voir si elle fonctionne bien.

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10 commentaires
  1. Erdnegel permalink
    23/03/2009 12:49

    Je vogue de billet en billet (avec admiration !) depuis quelques semaines pour essayer de comprendre comment fonctionne OpenURL, et comment il s’articule avec les résolveurs de liens que je vois fonctionner sur quelques sites. Comme je patauge un peu, J’aimerais vérifier que j’ai à peu près saisi l’idée.

    « Côté usager », d’abord : si j’ai chargé « l’extension préparamétrée » et que je croise une référence bibliographique au hasard d’une promenade sur le web, un lien (est-ce qu’on dit « un COinS » ?) me proposera obligeamment de lancer une recherche sur la référence dans le catalogue de MA bibliothèque préférée. Oui ?

    Lully : oui, on dit « un COinS » (et non un Coin), et oui, le lien lancera une requête dans VOTRE bibliothèque.

    Maintenant « côté bibliothèque », ça signifie :
    -Que j’ai un résolveur de liens dont je puisse indiquer l’adresse dans l’extension prémachée que je propose aux usagers pour bénéficier de la géniale fonctionnalité n°1.
    -Ou bien que j’ai pris soin que mon OPAC utilise la norme OpenURL pour nommer ses références ?
    (et qu’ensuite j’ai pris le temps de préparamétrer une extension grâce au génial didacticiel proposé sur « Encore un biblioblog »)
    Am I right ?

    Lully : oui et non. Oui au premier point. La deuxième possibilité n’existe pas pour l’instant : aucun Opac n’est « openurl natif ». Hélas.

    Mais alors, peut-on avoir l’outrecuidance de réclamer l’utilisation d’OpenURL dans un cahier des charges ? (il se trouve que la bib. ou je suis de passage est en train de préparer une réinformatisation)

    Lully : je crains que ce ne soit inutile et que vous n’ayez aucune réponse.
    Ou alors, peut-être bien que vous avez raison : en effet il « suffirait » au prestataire d’insérer entre l’internaute et le catalogue une simple réécriture d’URL. Par exemple, chaque fois que le serveur reçoit la requête :
    http://bleuet3.bius.jussieu.fr/openurl?genre=book&title=XSLT%20en%20action&aulast=Mangano&date=2003
    en
    http://bleuet3.bius.jussieu.fr/ipac20/ipac.jsp?menu=search&aspect=advanced&npp=15&ipp=20&spp=20&profile=bs&ri=&index=.AU&term=Mangano&oper=and&x=32&y=1&aspect=advanced&index=.TI&term=XSLT+en+action&oper=and&index=.SU&term=&oper=and&index=.SE&term=&limitbox_2=%24TY+%3D+aa+or+%24TY+%3D+ac+or+%24TY+%3D+am&ultype=.PD&uloper=%3D&ullimit=2003
    Ce n’est « que » de la réécriture de caractères, mais qui doit prendre en compte les requêtes OpenURL décrivant des articles, les chapitres d’ouvrages, bref des documents en réalité absents du catalogue en l’état (mais pour lesquels vous pouvez avoir le livre ou la revue correspondante)
    Cela dit, si ça doit être possible assez facilement, je n’ai pas l’impression que les prestataires y pensent jamais, et je crains que vous ne vous retrouviez avec un marché infructueux.
    Néanmoins il peut être intéressant de l’ajouter comme une fonctionnalité souhaitée (non discriminante), pour voir ce que les candidats vont répondre. Attention à être précis dans la demande tout de même (vous ne demandez pas un résolveur OpenURL au sens « classique » du terme, qui renverrait vers l’article en ligne).

    Ensuite, question subsidiaire, il y a cette autre application des résolveurs de liens que j’ai vu tourner çà et là dans des catalogues, qui ne demande pas à l’usager d’installer quoi que ce soit sur son navigateur, mais dont je n’arrive pas bien à saisir l’intérêt…
    Quand je cherche dans le catalogue de certaines bibliothèques (King’s college à Londres, par exemple), je trouve l’icône d’un résolveur sur les notices, avec cette mention appétissante : « find it », « texte intégral et autres produits », etc. En général, c’est une promesse trompeuse, je me retrouve baladé entre diverses boîtes (liens vers le peb, vers des catalogues de bibliothèques voisines, etc.) avant de me rendre compte que bon, oui, le livre est bien à la bibliothèque comme je le sais depuis le début, et qu’il va falloir que je me déplace. Quelle est la raison d’être d’un tel résolveur qui techniquement, je suppose, ne diffère pas du précédent ?
    Lully : en l’occurrence, la bibliothèque décide de renvoyer vers SON propre résolveur OpenURL. Cela permet, pour un titre dont la bib a à la fois l’imprimé et l’e-book, de proposer une passerelle d’une notice à l’autre. Idem pour les revues papier, dont le lien « Find-it » vous indiquerait la revue en ligne.
    Clairement, cette fonctionnalité est pour les lecteurs de la bib, pas pour vous pauvre internaute.
    Ensuite, les résolveurs OpenURL essaient de répondre aussi à la question : puisque j’ai là des métadonnées, quel type de service je pourrais proposer autour.
    Songez que le résolveur ne sait pas d’où vous venez (en fait, il le sait, mais la personne qui l’a paramétrée n’en a pas tenu compte) : vous pourriez très bien arriver du Sudoc, avoir cliqué sur un lien OpenURL et arriver vers cette notice sur le résolveur du King’s College. Celui-ci vous apprend qu’il n’a pas l’ouvrage — et vous propose d’utiliser le PEB.
    Evidemment, si vous venez du catalogue du King’s College, c’est absurde.

    Lully : finalement, vous avez tout compris correctement. J’en suis ravi pour vous, et me félicite également de ce que mes explications sont compréhensibles.
    Bon courage pour votre réinformatisation.

  2. Erdnegel permalink
    23/03/2009 14:53

    Lumineux. Merci pour toutes ces pépites de pédagogie.

  3. 23/03/2009 15:33

    @Ernegel : au plaisir de vous revoir. Vous êtes un excellent élève !

  4. shaunlemouton permalink
    23/03/2009 15:59

    Juste en passant pour signaler que OPENURL Refferer n’est pas compatible avec les dernières versions de Firefox… Pas très archi-cool (mais pas très étonnant venant d’oclc)… J’attendrais donc une prochaine version pour tester (la dernière remontant à novembre 2008 quand-même…)

  5. 23/03/2009 16:06

    @shaunlemouton
    Merci : vous me faites découvrir que sur le site « officiel » des extensions Firefox, la version n’est pas à jour.
    Il faut aller directement sur le site d’Openly Informatics pour avoir une version compatible.
    Sur ce blog j’ai d’ailleurs toujours pointé vers ce site, et non vers le site d’Add-ons.
    Sinon, c’est « Referrer » et non « Refferer » (même si Google propose automatiquement la correction et que la faute ne vous empêche pas de le retrouver).

  6. 09/03/2011 17:40

    des petites captures d’écran pour montrer ce que ça donne au final?

  7. 09/03/2011 18:18

    @Shaun : Bof… Avec LibX, ce billet me semble beaucoup moins pertinent.

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