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Acquisitions : Huilons un peu la chaîne de travail

30/03/2009

Je ne fais pas ici un état des lieux des possibilités des logiciels. J’essaie juste de mettre à plat les techniques possibles (concrétisées ou non sur des logiciels existants) et les procédures réelles, et voir quelle organisation idéale il faut souhaiter mettre en place, lorsqu’on rédige un cahier des charges pour une réinformatisation, ce qu’il faut espérer obtenir (tout n’est, hélas ! pas raisonnable).

Il est assuré que certaines « simplifications » de procédures entraîneraient surtout des blocages humains que des difficultés techniques réelles.

Je connais par ailleurs mal le marché des SIGB, et je vous invite à indiquer en commentaires quels seraient à votre avis les outils les plus proches d’une telle démarche et si le vôtre fait ou pourrait faire telle ou telle chose. Vous êtes également les bienvenus pour signaler que mes propositions ne tiendraient en réalité pas la route.

Etape 1 : trouver les livres à acheter

Cela, c’est de la veille documentaire. Donc, naturellement, des fils RSS (enfin, ce serait naturel si certaines bases étaient plus enclines à les promouvoir).

Imaginons que je sois acquéreur en informatique. J’aurai en tant qu’acquéreur des fils RSS de deux niveaux :

  1. des abonnements à des recherches thématiques dans les quelques bases bibliographiques qui me proposent des fils RSS
  2. des abonnements à la production de certaines maisons d’éditions spécialisées en informatique. Pour les éditeurs qui ne proposeraient pas de fils RSS : il nous reste Yahoo Pipes pour les générer (pas forcément vous, bien sûr — quoique — mais vous êtes sûr qu’il n’y a pas un informaticien désoeuvré qui traînerait dans le bureau d’à côté ? Au moins à présent vous savez quoi lui demander).

Dans cette vidéo (3’51, avec du son) je montre comment je m’abonne

Pour que cette étape soit parfaitement fluide, deux critères techniques sont indispensables :

  • que le flux RSS soit dans le module Acquisitions du SIGB (« Soyons réalistes, demandons l’impossible ! ») : il me semble presque évident que celui-ci doit intégrer un lecteur de flux RSS (en s’appuyant sur des outils Open Source).
  • que dans les flux les métadonnées bibliographiques ne soient pas seulement affichées de manière « visuelle », mais aussi codées et désignées à l’ordinateur comme étant des infos bibliographiques. Vous voyez où je veux en venir ? Ces métadonnées doivent êtres présentes aussi sous forme de COinS (si vous débarquez, cf. le billet « pour ceux qui auraient raté le début« )
    Cela permettrait notamment de s’abonner non seulement à des flux contenant uniquement des notices (un item = une notice), mais aussi à des blogs ou autres types de sites diffusant sous forme de flux RSS des critiques de livres (vous permettant de déterminer si vous l’achetez ou non).

Des COinS dans un SIGB, cela permettrait :

  • de proposer un lien vers le module Catalogue « Chercher ce livre dans ma bibliothèque » (le cas classique du COinS sur internet, en somme)
  • de proposer une action « Acheter ce livre »
  • de dédoublonner, regrouper, fusionner des ouvrages (vous retrouverez plusieurs fois la même notice — et parfois même une ou deux critiques dans d’autres flux)
  • certainement plein d’autres choses

Admettons que votre SIGB intègre les flux RSS (ne m’interrompez pas : j’ai dit « Admettons« ) et reconnaisse les COinS (chut !). Il est clair que les flux ne proposeront que rarement des COinS pendant au moins… très longtemps. Mais l’ajout de COinS pourrait sans grande difficulté être mutualisée : une demande déposée sur Twitter (ou ailleurs) –> un flux RSS avalé par Yahoo Pipes (ou un autre) et enrichi.

Etape 2 : transformer les livres repérés en lignes de commandes

Cette étape n’a pas besoin de la première pour être améliorée.

Vous avez trouvé un document intéressant, où que ce soit, et vous souhaitez l’acheter.

Actuellement, plusieurs situations existent :

  1. Vous trouvez la notice dans LivresHebdo (ou vous recevez une demande d’achat par mail). Vous la cherchez sur Electre, sur le catalogue de la BnF ou ailleurs, et vous renseignez une notice d’acquisition manuellement (au mieux, en copiant et collant champ à champ).
  2. Vous alimentez un panier sur Electre (ou ailleurs), et tous les X jours vous exportez ce panier dans un format bibliographique standard. Puis vous importez le panier dans votre SIGB.
  3. Depuis votre SIGB, vous interrogez Electre (ou une autre base) en Z39.50. Vous trouvez la notice et vous l’importez aussitôt comme ligne de commande dans votre SIGB. Le must : vous lisez le code-barres trouvé sur LivresHebdo à la douchette2, et Electre vous identifie la notice et vous la rapatrie dans votre liste de nouvelles acquisitions.

Voici l’idéal (58″, en prenant vraiment mon temps, pour ajouter Les Cerfs-volants de Kaboul).

Vous voyez que la possibilité de la situation 3 (interrogation Z39.50) peut se passer de l’étape 1 (fils RSS). Cependant l’association des deux serait sensationnelle :

  1. Dans le SIGB, vous lisez un billet de blog contenant une critique enthousiaste d’un manuel de physique quantique. Comme l’auteur du billet est quelqu’un de bien, il a mis un COinS pour cet ouvrage.
  2. Reconnaissant un COinS, votre SIGB ne vous propose pas seulement un lien « Trouver sur Jubil dans mon catalogue », mais 3 boutons (actions) :
    Actions grâce au COinS

Même si en réalité vous avez déjà les métadonnées que vous pourriez directement importer dans votre base d’acquisitions (2e bouton), la possibilité de rebondir vers un autre réservoir de notices est indispensable : la plupart des sources que vous trouverez sur Internet auront évidemment des infos lacunaires (notamment concernant le prix).

Et le premier bouton devrait n’apparaître que si le système n’a pas déjà retrouvé la notice (car rien ne devrait l’empêcher, sauf des critères de performances peut-être, de faire une recherche en temps réel dans sa propre base pour signaler que tel livre s’y trouve déjà, avant même qu’on ne le demande).

Avec des fils RSS, du Z39.50 et un clic, vous avez importé vos données pour en faire de nouvelles acquisitions. Pour ceux qui ne sont pas dans le Sudoc, il est évident que la ligne d’acquisition devient ensuite notice de catalogue. Mais comme cela n’est plus mon domaine…

La philosophie de base d’un tel processus est : toute la chaîne doit être dans le SIGB. C’est tout.

Ce qui est étonnant, et nous en avons un bon exemple avec la seconde vidéo, c’est la facilité avec laquelle il devrait être possible de créer ces nouvelles acquisitions. Sommes-nous ou non des professionnels des métadonnées ?

___________________________
1. Dans la vidéo, je fais une erreur pour accéder aux nouveautés Amazon pour la rubrique Informatique et Internet : je passe par « Meilleures ventes » pour ensuite choisir le domaine Informatique et Internet. En réalité, il faut évidemment passer par Toutes les nouveautés (lien présent sur la page d’accueil d’Amazon), puis choisir les nouveautés en Livres, et enfin sélectionner le domaine Informatique et Internet.
2. Vous êtes-vous au moins assurés que tous vos acquéreurs disposaient d’une douchette ? Que ce soit pour faire une recherche dans WorldCat, Electre ou dans le SIGB, ne pas avoir à saisir à la main l’ISBN trouvé dans LivresHebdo est tout de même un minimum !

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  1. And the winner is… « Encore un biblioblog…

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