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La dissémination monte en puissance d'un coup

29/04/2009

La dissémination, c’est cette chose dont Bibliobsession, notamment, s’est fait un chantre définitif (en même temps que de la médiation numérique) : au lieu de rester bêtement sur nos sites internet, allons là où sont nos usagers, sur Facebook, sur MySpace, sur Twitter, etc.

Le « héros du jour« 

Et donc notre cher chantre a publié aujourd’hui un billet mentionnant un outil génial, bibli.othequ.es, une mashup remarquablement conçue.

Une mashup, c’est un service qui associe plusieurs services pour produire un nouveau service. Une mashup remarquablement conçue, c’est un service qui associe Google Maps, Amazon, des serveurs Z39.50 et du JavaScript pour permettre à l’internaute de sélectionner les bibliothèques de sa région pour retrouver ensuite des informations de disponibilité dans ces bibliothèques sur les sites où il va naturellement : Amazon, Alapage, Fnac.com, et bientôt plus si affinités.

On avait déjà vu des scripts GreaseMonkey qui proposaient un lien direct depuis Amazon ou Fnac.com, permettant d’interroger sa bibliothèque pour savoir si le livre existait (un « simple » parallèle à l’OpenURL, en somme).

La grande force de ce nouveau service, bibli.othequ.es, c’est l’affichage direct des disponibilités des exemplaires sur ces sites commerciaux, au lieu d’un simple lien d’interrogation.

Le service est plus abondamment présenté par Bibliobsession, je n’y reviens pas. J’y ai fait aussi un certain nombre de commentaires, pour signaler ce qui me semble être des limites fonctionnelles à repousser pour un meilleur usage de l’outil. Je ne répèterai pas non plus.

Mais l’apparition de cet outil permet de poser une vraie question : j’ai le sentiment que face à des possibilités d’outils aussi remarquables, nous n’arriverons jamais à associer un service à la hauteur. Je veux dire par là que je n’arrive pas à concevoir de scénario où moi, bibliothécaire, j’orienterai correctement le lecteur de ma bibliothèque vers ce site pour qu’il en ait un usage aisé et rapide.

Je suis bien d’accord qu’une fois sur le site, le mode d’emploi en est très aisé. Mais :

  1. il faut que l’internaute accepte ce mode d’emploi (c’est-à-dire que depuis le site de sa bibliothèque, il accepte d’aller sur un autre site pour faire ce que lui dit celui-ci).
  2. il faut que sur le site de ma bibliothèque je situe ce service par rapport à tous les autres que je pourrais proposer.

Un portail non documentaire

Donc une fois que nous avons fait en sorte :

  • d’avoir monté un blog
  • d’être correctement référencés sur bibli.othequ.es (en ayant mis en évidence le profil de son serveur Z39.50)
  • d’avoir créé un compte Facebook avec un contenu riche
  • d’avoir créé un univers Netvibes
  • d’avoir créé un compte Twitter
  • d’avoir développé une barre LibX
  • d’avoir acheté un résolveur OpenURL
  • etc.
  • etc.

Que se passe-t-il sur notre site web institutionnel ? Quelle place et quelle forme pour signaler cette dissémination ?

Le diaporama de Perrine Helly sur le web 2.0 en BU mentionne le cas de la BU de Bretagne Occidentale, qui a renoncé monter de portail, c’est-à-dire de ne pas chercher à centraliser l’accès à leurs ressources.

Mais il me semble à l’issue de tout ce processus que la dissémination doit finalement mener à un portail. Non pas un portail documentaire, un portail de contenus, mais bien un portail de services : un point d’accès unique affichant, de manière plus ou moins dynamique mais nécessairement très visible (et pas seulement comme une simple « boîte à outils » ou une liste de liens) que la bibliothèque est dans une stratégie de dissémination, qu’elle est déjà ailleurs, que bientôt elle sera partout.

Bref, donner à entendre à l’usager que là où il va, la bibliothèque y sera déjà, qu’il l’y retrouvera sous une forme ou sous une autre. Je ne serais pas étonné si finalement, dans le lointain débat qui m’opposait à D. Bourrion (D. pour Dominique, paraîtrait-il 😉1), il l’emporte finalement et que les sites de bibliothèques, pour leur partie « Services » du moins, ressemble à une page POSH (ou Netvibes).

Il me semble que ce n’est qu’en diffusant un tel message que le lecteur pourra accepter d’aller sur un site comme bibli.othequ.es, avec l’idée que ce n’est que pour mieux retrouver sa bibliothèque plus tard.

Donc entre recherche unifiée et dissémination, les bibliothèques se dirigent vers un grand écart de regroupement des contenus et de dispersion des services. Bref, il faut se reposer pas mal de questions, histoire de décider vers quoi nous allons plutôt que de nous y retrouver par hasard.

P.S.

Par rapport au site lui-même, je me demande si on pourrait à terme attendre la même chose d’un serveur OpenURL : ne pourrait-il un jour fournir une API sur la disponibilité des documents, permettant de l’afficher sur un site en plus du lien ?

Et le site de Damiano Albani répond à cette frustration des extensions comme OpenURL Referrer, qui ne permettent de pointer que vers une bibliothèque à la fois.

1. Non, c’est bien Daniel. Merci à @Risu pour avoir déniché cet article d’Arabesques, qui ne nous rajeunit pas.

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12 commentaires
  1. dbourrion permalink
    30/04/2009 06:38

    non le D. dans mon cas c’est Daniel. Il y a bien un Dominique, mais c’est mon « petit » frère (ces précisions pour les généalogistes des générations futures).
    Sinon… Je suis un peu revenu de l’idée du portail à la POSH ou Netvibes. J’ai peur (mais il est tôt, mon pauvre cerveau est tout embrumé) que nous ne puissions pas centraliser notre offre de services autrement que comme une liste (à titre informatif).
    Par ailleurs, le travail de visibilité est peut-être à mener là où nous sommes disséminés, en nous faisant les VRP de la bib, par exemple, dans FB si l’on s’y est disséminé.
    Dit autrement, ne plus attendre que l’étudiant vienne sur notre page ou portail, mais aller le chercher là où il est pour lui « vendre » nos services justement là où ils sont.
    Bon, à creuser. Après un café ou deux.

  2. 30/04/2009 08:52

    Oui, je sais que tu en étais revenu. Mais finalement c’est moi qui y reviens, car j’ai vraiment l’impression qu’une simple liste de services sur les sites institutionnels, ça fait très « 1.0 ».
    Et dans cette liste de services, je ne vois pas comment insérer bibli.othequ.es.
    Ce qui me fait penser que le site institutionnel devrait peut-être, à terme intégrer un peu mieux ces services. Par exemple, dans le cas de bibli.othequ.es, utiliser un iframe pour afficher directement sur le site de la bib la carte de France à cliquer (centrée sur la localité de la bib). Mais du coup, comment intégrer le reste du service…
    Enfin voilà, ça ne me semble plus très clair, et la liste ne me satisfait plus vraiment.

  3. dbourrion permalink
    30/04/2009 08:54

    Suis dans le même embarras que toi. La liste ne suffit pas, le « portail » de services genre Netvibes ou POSH va vite tourner au sapin de noël…. Ah y’a des jours, rien ne va ! Allez, un café 🙂

  4. 30/04/2009 09:39

    « qui ne nous rajeunit pas » : enfin, surtout moi ! 😉

  5. 02/05/2009 08:47

    D’accord avec le constat qu’il y a un problème de visibilité des services si on dissémine, mais le problème c’est que la dissémination peut-être interprétée comme une dispersion, et du coup devenir un argument pour revenir à la cohérence du portail, argument qui peut mener à la suppression des services estimés « gadgets » et nuisible pour la traditionnelle recherche de cohérence de la communication de l’institution. Les services communication en particulier sont friens de cohérence….

    Je crois qu’il faut assumer l’écart, et le justifier par une communauté et des retours. Encore une fois dans tout ça c’est pas tellement les outils qui sont compliqués, mais bien la gestion de la communauté…

  6. 02/05/2009 15:57

    Peut-être ma proposition d’une solution était-elle prématurée.
    Disons que je voulais tout de même soulever le fait qu’à mon avis, il y a ou il y aura un problème à résoudre, pour rendre visible cette action de dissémination (visible et compréhensible).
    Une sorte de « panneau » (plutôt qu’une liste) me semblait intéressante, et puisque tous ces services propose des widgets dynamiques intégrables, pourquoi ne pas s’en servir ?

    Mais je reste en ébullition.

  7. 05/05/2009 13:18

    Exemple d’alternative à une simple liste : le CCDP de l’Indre-et-Loire.
    Déjà, ça ressemble à du dynamique.
    Plus qu’un petit coup de pouce pour que ça le devienne vraiment.
    Tiens, par exemple, un diagramme Prezi ?
    Ou un arbre à perles ?

  8. 09/05/2009 13:09

    Il faut rappeler que le renoncement au « portail » à l’UBO est dû surtout à des questions budgétaires… Eh oui, nous n’avons tout simplement pas eu les moyens au SCD d’acheter Primo. 🙂 Et l’outil de CMS de notre site web est trop obsolète pour en faire quoique ce soit d’utile (mais ça devrait changer).

    Bref, la dissémination, dans notre cas, c’est plutôt une porte de sortie….

    Ensuite, effectivement, il y a bien un moment où il faut centraliser les choses. Mais je suppose qu’une centralisation dynamique (et non pas sous forme de simple liste) peut être partielle : on regroupe des pages en fonction du public auxquelles elles s’adressent.

    Ainsi, le regroupement du contenu (ou « mash-up ») peut se faire à différents points d’entrée de la bibliothèque.
    1) ENT (pour les usagers de l’université utilisant nos ressources électroniques payantes)
    2) blog (pour les usagers plus intéressés par nos services de veille)
    3) site web (pour une présentation générale et organisée de nos services et de nos collections, Google Map, etc…).

    Chacun des trois points d’entrée cités plus haut regrouperait alors des contenus plus ou moins différents (avec des recoupements aussi) : plutôt Metalib et Moodle dans l’ENT ; et plutôt le fil Twitter dans le blog (c’est prévu dans la prochaine maquette), par exemple. Plutôt les fils RSS de nos dernières acquisitions (lien vers le catalogue) dans notre site web, et une présentation des différents interlocuteurs pour chaque service… Enfin, Ubib un peu partout, comme module général d’accompagnement de l’usager perdu dans notre jungle de services et de collections. 😉

    Je divague un peu, et à titre personnel car la réflexion n’a pas encore été lancée dans mon SCD, mais c’est ainsi que je vois les choses.

    Et même dans ce cas, il est vrai qu’un bon vieux dessin du genre du CCDP de l’Indre-et-Loire vaut mieux qu’un long discours, pour donner une vision d’ensemble.

  9. 01/12/2012 23:41

    Infodocbib.net a déménagé. Retrouvez retrolien relayé ci-dessus à sa nouvelle adresse : http://www.infodocbib.net/2011/04/aya-et-lafrique-enchantee-suite-et-fin/

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