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A quoi sert une liste A-Z de revues ?

03/06/2009

Un court billet jeté à la va-vite : quelle est la pertinence aujourd’hui de proposer un outil de feuilletage dans les collections de revues en ligne ?

Dans la mesure où nous proposons systématiquement un moteur de recherche sur titre (et généralement aussi : ISSN, bouquet, éditeur, sujet, etc.), est-ce un réel service que de proposer en plus un accès par lettres de l’alphabet, avec pour chaque requête plusieurs milliers de résultats ?

Cet outil est hérité d’anciennes pratiques (la liste papier des revues auxquelles la bibliothèque est associée), et correspond donc à un usage (et presque un besoin) chez les chercheurs. Mais leur rendons-nous service en considérant légitime cet usage ?

C’était un outil encore manipulable lorsque les bibliothèques avaient quelques centaines, puis quelques milliers de titres. A présent que nous voulons, légitimement, signaler aussi le plus possible de périodiques en open access (et pas seulement proposer un lien vers le DOAJ), de plus en plus de SCD dépassent les 15.000 titres, et peuvent envisager d’atteindre les 20.000 titres (gratuits et payants confondus).

L’outil AtoZ d’Ebsco propose 3  niveaux de feuilletage. Par exemple pour le SCD de Paris 5, on a

  • une première liste A-Z avec une lettre
  • une seconde liste avec deux lettres
  • et une liste déroulante de titres

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Est-ce que le chercheur a vraiment un accès plus rapide en utilisant ces trois outils consécutivement qu’en lançant une recherche par mots-clés du titre ? Je n’en suis pas convaincu.

Il y a trois ans, lors de la mise en production de Jubil, nous avions ouvert le portable sans liste A-Z. Ce fut une indignation chez de nombreux chercheurs, qui n’arrivaient pas à utiliser le moteur de recherche de la page d’accueil avec une recherche par mots du titre. Le réflexe Google n’arrivait pas jusqu’à nous…

Lorsque nous avons ouvert, nous avons tenu, pour que la liste A-Z soit un vrai service, à supprimer toute pagination dans les résultats : nous pouvons donc avoir 2000 titres sur la même page. Evidemment, le temps de chargement de la page peut être important (même avec une mise en cache de la liste des résultats).

Mais en augmentant le nombre de titres, en rajoutant les gratuits, est-ce tenable ? Ce sera l’alternative : proposer tous les résultats sur la même page ou fournir un système de navigation complexe avec les lettres de l’alphabet.

Finalement, est-ce vraiment rendre service à l’usager ?

J’ai l’impression que ce serait comme lui garantir un accès Minitel à notre Opac en plus de sa version web avec pages de couvertures…

Y en a-t-il parmi vous qui ont osé supprimer cette liste ? Ou qui ont essayé ? Ou qui me lisent avec effroi, horreur et stupéfaction ?

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13 commentaires
  1. Stéphanie permalink
    03/06/2009 14:14

    J’ai essayé. Ayant versé le contenu de mon A-to-Z dans le SIGB, je me suis dit qu’il n’était plus utile de donner un accès à cet outil. Il me semblait évident que l’abécédaire n’avait que peu d’intérêt. Mais … j’ai découvert avec surprise que certains collègues n’étaient pas du même avis … alors j’ai remis l’A-to-Z en accès public.

  2. 03/06/2009 14:29

    D’une part ca va provoquer des levées de boucliers de ceux qui l’utilisent (chercheurs assidus, service formation, …)… bon, je sais que c’est pas sur ce genre d’arguments qu’on doit travailler mais c’est important d’en être conscient, surtout que l’on ne sait pas, justement si c’est utile ou pas de supprimer cette liste.
    Ensuite je dirais qu’il faudrait commencer par toiletter un peu et l’interface utilisateur de AtoZ (je fais d’ailleurs une série là-dessus sur Bibolabo) et la façon dont toute la doc elec est présentée sur le site. Quelques BU (la page du SICD Grenoble 2 me semble par exemple très bien conçue) ont une véritable organisation de leur doc elec mais une grosse majorité ne se sont vraisemblablement jamais trop posées la question de ce qu’était une liste de bases de données, de revues, payantes ou gratuites, utilisées par qui et comment…? Souvent on place tout en vrac dans une ou deux listes (généralement revues + BDD) et demerden sie sich…
    Après, je suis plutôt pour proposer un maximum d’outils et de façons de travailler aux utilisateurs (de manière à les responsabiliser un peu), pour peu que ce soit utilisable. Par exemple, la liste par sujets d’Atoz me semble trop peu pertinente pour être maintenue. Pourtant elle est présente dans 80% des appli en service!

  3. 03/06/2009 15:16

    Pourquoi ne pas conserver la liste AtoZ comme un des accès possibles aux revues parmi d’autres tels qu’un moteur de recherche, l’opac, des widgets, etc. D’autre part, dans les BU nord-américaines se développent de plus en plus « les Subject Guides » (http://oedb.org/blogs/ilibrarian/2007/a-librarians-guide-to-creating-20-subject-guides/). Des pages conçues autour de domaines disciplinaires sur lesquelles on retrouve les e-ressources, e-revues essentielles, des conseils d’utilisations/pour la recherche/de lectures, une boite à outils (zotero, delicious, etc), des contacts directs (mail, chat, tel) à des personnes ressources (au sein de la bibliothèque), des accès directs aux différents formulaires de recherche, etc.

  4. 03/06/2009 15:27

    @jsicot et @shaunlemouton : si une interface de recherche ne me paraît pas ergonomique, je trouve douloureux de la laisser avec l’argument « Mais si ça leur fait plaisir ! ».
    J’aimerais bien, si je propose une liste A-Z, que celle-ci soit ergonomique.
    Et si je ne trouve pas de solution, alors j’aimerais pouvoir convaincre les chercheurs qu’ils ne se rendent pas service ainsi. Je ne comprends toujours pas pourquoi ils savent chercher sur Google par mots et qu’ils bloquent sur une recherche dans le catalogue. Ca n’a aucun sens, et s’en satisfaire signifie renoncer à former ses lecteurs.

    Par ailleurs, faire coexister deux outils (revues en ligne dans l’Opac + revues en ligne dans l’AtoZ) signifie généralement dupliquer les mêmes notices dans deux endroits différents. Donc questions de mises à jour, etc. Ca non plus, je n’aime pas (tout ce qui est dupliqué, je n’aime pas !).
    En plus, en terme de clarté, je trouve que la coexistence de plusieurs outils peut être dommageable pour l’internaute, qui ne sait parfois plus ce qu’il est en train de faire. Personnellement, j’ai beaucoup de mal à comprendre l’enchevêtrement des outils du Boston College : une liste A-Z (6 onglets), un opac (5 onglets), etc.

    L’accès par sujets est toujours intéressant, mais si on raisonne en terme de rapport [temps de travail/utilisation réelle] il me semble que les chercheurs trouvent des articles ailleurs, et viennent voir si nous avons la revue. Je n’ai jamais connu un chercheur se demandant ce que la bibliothèque avait à lui offrir dans sa discipline (hélas).
    Donc le vrai outil pour les chercheurs, ce n’est pas la liste A-Z : c’est le résolveur, qui lui évite de passer par une liste A-Z puisqu’il trouve le lien vers l’article directement là où il trouve la référence de l’article.
    Donc : que tous ceux qui ont une liste A-Z et pas de résolveur songent à inverser l’ordre de leurs priorités (moi y compris, évidemment ;-)).

  5. 03/06/2009 15:35

    Pardon, je précise ma pensée : je ne suis évidemment pas contre la multiplication des outils de recherche, mais :
    1. il faut éviter la duplication des mêmes données
    2. il faut avoir une interface commune pour tous ces modes de recherche (et non des menus variant d’un outil à l’autre, qui laissent voir à l’usager qu’il change complètement de site)
    3. ce n’est pas contradictoire avec la dissémination de cet ou ces outils de recherche.

  6. 03/06/2009 16:55

    Attention : l’ergonomie ce n’est pas seulement une interface pertinente, c’est aussi souvent laisser l’utilisateur se reposer sur les mécanismes cognitifs subtils qu’il a parfois péniblement acquis.
    En clair, il ne faut pas bousculer ses petites habitudes au risque de le déstabiliser complètement.
    S’il a l’habitude d’utiliser cette interface, la supprimer me paraît particulièrement anti-ergonomique.
    De plus, il ne faut pas oublier qu’à l’heure de Google et de la multiplication des ressources sur Internet, il (l’utilisateur) a tendance à être paresseux : si une interface (ou un site) ne lui plaît pas – par exemple parce qu’il ne voit pas du premier coup d’œil comment s’en servir – il préférera aller voir ailleurs que faire l’effort d’apprendre à l’utiliser.
    Si la liste AtoZ est utilisée, cela justifie en soi son utilité (ça paraît bête dit comme ça).
    Si elle est peu ergonomique, il vaudrait mieux chercher à l’améliorer plutôt que la supprimer (voir par exemple du coté des ancres internes, des « sous-listes » dépliables, ou les deux).
    Si l’utilisateur ne sait pas comment utiliser le moteur de recherche, il faut faire des efforts pour l’inciter, le guider, le former (cf. critères ergonomiques de Bastien).

  7. 03/06/2009 17:01

    @HS : effectivement, nous faisons déjà tellement de choses sous-utilisées, alors pourquoi supprimer un outil réellement utilisé ?
    Mais tout de même, avec l’augmentation du nombre de titres signalés, ne va-t-on pas vers une impasse ? La simplicité de la liste A-Z, à force d’être reprise, adaptée et complétée, ne débouche-t-elle pas sur une interface plus complexe que le simple formulaire de recherche avec une case et un bouton ?

  8. 03/06/2009 17:10

    Le Boston College utilise SFX et sa liste de revues. C’est bête mais ils ont du faire comme tout le monde: comme j’ai payé je le mets en ligne même si j’ai déjà une liste 😦
    Sur le résolveur de lien c’est un long débat, j’ai ma propre opinion mais j’aimerais enfin pouvoir étudier des retours sur expérience réels..
    Enfin, nous venons de mener une enquête d’usage de la doc elec qui nous confirme que le chercheur n’a pas envie qu’on lui impose quoi que ce soit et que c’est bien à nous (tant que ça reste logique et possible) à nous caler sur ses modes de travail. Et pour les former à autre chose faut appâter le chaland, pas simplement en indiquant à la rentrée dans la newsletter de l’université qu’on a un nouveau super camion qui va chercher tout partout. Le chercheur a l’impression que sa méthode est suffisante et si on ne lui démontre pas en présence qu’il peut avoir mieux ça ne sert à rien de débourser des tombereaux de pièces d’or.
    Globalement je crois que l’intérêt réel d’une BU française à investir dans un gros progiciel est de moins en moins évident quand on voit ce qu’on peut faire avec quelques personnes motivées et une organisation du travail réfléchie. Si on regarde le coût/usage entre AtoZ et SFX/Metalib… je crois que le débat est vite tranché.

  9. 03/06/2009 17:33

    @Lully
    Je crois que vous me comprenez mal : je ne dis pas que l’interface A-Z est plus simple ou plus efficace ni plus pertinente, bien au contraire … je dis que même si cela nous semble mal fichu, nous n’avons pas à IMPOSER ce point de vue à l’usager.
    En revanche, on peut (et c’est même encouragé) tenter de le convaincre, de lui apprendre à utiliser efficacement des outils plus puissants, et si on y arrive (ce qui ne pourra de toutes façons se faire que progressivement) alors il finira par abandonner de lui même la vieille liste A-Z et ce jour là on pourra se permettre de la mettre au rebut.
    En attendant, prendre la décision « unilatérale » de la supprimer est compréhensible de mon point de vue (qui n’est pas celui d’un usager chercheur) mais risqué … la preuve …
    On parle ici de cet outil en particulier, mais c’est valable pour tous ceux auxquels les utilisateurs sont habitués.

  10. 03/06/2009 20:01

    @HS (et aux autres) : comme je le disais pour Paris 6, nous nous sommes dépêchés de remettre une liste A-Z.
    Là où je veux en venir, c’est que intellectuellement, cette solution de liste A-Z (en l’état actuel) ne tient pas, et que même si elle sert (énormément !) aux chercheurs, il nous faut vraiment réfléchir à une autre manière de leur proposer nos revues en ligne, autrement que par un système de navigation finalement assez complexe.

    Par exemple on pourrait envisager le fonctionnement suivant (je réfléchis à voix haute) :
    1. je clique sur une lettre de l’alphabet, et j’ai une liste de résultats. Par exemple la lettre « J ».
    2. en tête de cette liste de résultats, j’ai un formulaire de saisie en Ajax : quand je commence à entrer un mot, il m’affiche tous les titres de revues contenant ce mot, dans la liste de résultats définie à l’étape 1 (un peu sur le mode de fonctionnement du moteur de recherche sur ce site, dans l’encart en haut à droite, où quand on tape « rev » il affiche en temps réel des résultats).

    Quoi qu’il en soit, sans supprimer de but en blanc l’A-Z, je maintiens qu’on ne peut plus s’en contenter pour la seule raison qu’elle est utilisée et que c’est ce qui nous est vendu, parce qu’avec l’augmentation exponentielle du nombre de ressources en ligne on arrivera à un blocage complet.

  11. 04/06/2009 09:04

    (en tout cas je suis ravi de la tournure de cette discussion, je trouve que justement nous utilisons (notamment AtoZ) trop souvent les outils sans nous poser la question de leur finalité et de leur paramétrage… merci Lully 😉 )

  12. 04/06/2009 09:23

    @shaun : c’est à peu près à ça que je voulais en venir, « se poser la question » ! 🙂

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