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Biblio-fr : encore d’autres réflexions

07/06/2009

Je m’excuse auprès de ceux qui ne supportaient plus la lecture de Biblio-fr, et qui supportent encore moins bien les hommages qu’on lui rend.

Néanmoins la lecture de certaines réactions, sur Biblio-fr ou sur divers blogs, m’incitent à de nouvelles réflexions et analogies.

Ainsi, les remerciements et hommages (légitimes, encore une fois, au moins par décence) vont tous dans le même sens :

  • effectivement, les informations de services n’étaient lues par personne
  • on appréciait de faire partie de la « grande famille » de Biblio-fr. S’inscrire à Biblio-fr, c »était initiatique : voilà, on « en » était (du monde des professionnels de la documentation et de l’information)
  • c’était bien pratique, quand une petite médiathèque ouvrait un nouveau site, ou inaugurait une exposition, de savoir où elle allait mettre l’info pour que celle-ci soit le plus lue possible : sur Biblio-fr.

Côté lecteurs, j’ai l’impression que Biblio-fr était devenue comme ces collections d’oeuvres complètes parues en édition reliée cuir avec dorures, à destination des nouveaux bourgeois enrichis du XIXe siècle : ils achetaient « tout Balzac » et « tout Voltaire », non pas pour le lire mais pour l’avoir dans leur salon, et pouvoir montrer à leurs invités que tous, ils faisaient partie du même monde, ceux qui possèdent ces livres. L’analyse des ventes de ces collections à destination de ces publics-là ne révèlerait ni le taux des personnes lisant Balzac ou Voltaire, ni même la notoriété de ces auteurs auprès de ces nouveaux riches. Ces collections, dont le contenu importait bien en fin de compte, révélait leur rôle comme symbole d’appartenance à une communauté, comme mot de passe. En fait, Biblio-fr, c’était déjà Shibboleth (d’ailleurs, la publication d’un mail était shibbolethisée, je m’en suis aperçu juste avant que ça ferme…).

Une telle fonction n’est pas absurde — mais c’est demander beaucoup de travail aux modérateurs pour un résultat aussi faible.

Ensuite, j’ai eu aussi un élan de commisération pour ces petites bibliothèques qui seront amenées à se redéfinir : où vont-elles bien pouvoir publier leurs petites annonces pour être lues ? C’est un amusant paradoxe : personne (apparemment) ne lisait ces petites annonces, pas même ceux qui en publiaient d’identiques. Finalement, la disparition de cette fonction, qui évitait toute réflexion (Où publier ? Sur Biblio-fr, bien sûr !) va nécessiter une réflexion nécessaire sur le juste endroit où ce genre d’informations trouvera son vrai lectorat.

Je n’en suis pas à proposer des solutions ou des alternatives, mais j’observe que si la communauté était capable de se reconstituer sur FriendFeed, par exemple, la souplesse de cet outil (qui n’est pas un site mais un service), permettant de rebondir sur des informations, d’en publier, de constituer des groupes et des sous-groupes, rendrait de bien meilleurs services, pour lesquels nous pourrions faire l’économie

  • d’un serveur à maintenir
  • d’un site web à administrer
  • d’une modération à appliquer

Mais ce transfert est inconcevable en l’état, n’en parlons donc plus.

Finalement, ces 17000 abonnés donnaient une illusion de communauté, illusion qui vole en éclat, enfin.

Une fois cette phrase écrite, je m’empresse de la reprendre et de la préciser : à mon avis, la communauté existe. Quand je visite une autre bibliothèque (municipale ou universitaire), je ne me sens pas perdu, je retrouve un certain nombre de repères, de rites, d’outils, de problématiques, qui me laissent penser que nous sommes bien du même monde.

Mais le nombre d’abonnés à Biblio-fr laissait croire que cette liste donnait à voir cette communauté. Or si communauté il y avait, c’était dans le fait d’être inscrit, et non dans un intérêt commun pour les sujets abordés dans les messages. C’est donc là une bien mauvaise base pour définir une communauté d’intérêts !

Il n’y aura plus de nouveau site fédérateur, cela me semble une évidence (que l’avenir infirme ou confirme cette conviction, je ne m’en sentirai ni glorifié ni mortifié. Je prendrai simplement acte) : étant donné ce qu’est Internet aujourd’hui, l’homogénéité du contenu n’est plus constituée au niveau de sa production, mais de sa lecture.

Grosso modo, la communauté des lecteurs de biblioblogs lit a peu près les mêmes blogs. C’est cet a peu près qui est intéressant : il définit la communauté dans ses problématiques communes et dans sa diversité, et il restitue (donne à voir) cette diversité.

Vous n’avez plus Biblio-fr pour vous tenir au courant de l’actualité professionnelle ? Vous aurez le Bouillon, vous aurez le Tour de Toile, Pablog, et d’autres encore, chacun avec ses centres d’intérêts, son angle d’attaque.Vous pouvez vous faire votre sauce sur votre agrégateur. Vous pouvez même créer facilement votre moteur de recherche avec ce que vous voulez dedans : des blogs, des listes de liens, Bibliopedia, les archives de Biblio-fr, la base de connaissances de Questions-Réponses de l’Enssib, etc.

Il est possible aussi que les intranets locaux verront croître l’importance de celui qui fera de la veille pour les autres. En espérant de ne pas remplacer une certaine passivité (l’abonnement à Biblio-fr) par une autre passivité (la lecture de son intranet à soi)

A ceux qui restent sur le carreau

Il me vient à l’esprit un dernier cas de personnes auxquelles il manque une alternative : ceux qui, grâce à Biblio-fr, pouvaient demander une participation (répondre à un formulaire pour un mémoire Enssib, par exemple), ou solliciter un retour d’expérience (c’était mon cas pour mon premier message qui ne paraîtra jamais).

Ces deux catégories de personnes ne peuvent se rabattre sur le service de Questions-Réponses de l’Enssib. S’ils n’ont pas un blog un peu lu, ils ne disposent d’aucune audience.

Cela dit, des alternatives ont déjà été trouvées, avant même la disparition de Biblio-fr. Ainsi cette étude, dont la publication a été pas mal relayée à droite et à gauche, avait fait en amont l’objet d’un appel à participation sur différents blogs.

Donc en attendant une solution plus intelligente et plus efficace, je serais prêt à relayer sur ce blog ce genre d’informations.

Je précise que je m’engage très prudemment : je veux dire par là que je ne me rends absolument pas compte du travail de gestion que cela peut entraîner, et je me réserve à tout moment la possibilité de me dédire. Je précise aussi que je reste évidemment libre d’accepter ou de refuser tel ou tel sujet, selon l’intérêt que j’y trouve moi-même et la ligne éditoriale de ce blog1. Il est évident que certaines de ces demandes ne trouveraient pas leur public ici, et ne feraient qu’ennuyer le mien (auquel je tiens !) : rien ne vous empêche d’aller frapper à d’autres portes.

Tous n’ont du reste pas attendu ma proposition pour user de ce genre d’expédients : j’ai trouvé hier dans les commentaires de ce blog un appel à remplir un questionnaire. Ce questionnaire avait un rapport avec les bibliothèques, mais aucun avec le billet qu’il était censé commenter.

Je m’en excuse auprès de son auteur, mais je l’ai supprimé (après bien des hésitations) : ce ne sont pas des manières de s’inviter ainsi chez les gens pour leur coller un commentaire dans son seul intérêt, sans en demander l’autorisation, et sans dire bonjour ni merci.

Dernière remarque : à propos d’appels à contribution pour la rédaction de mémoires Enssib, je ne saurai trop recommander aux élèves de créer systématiquement un blog de promotion, avec dans l’idée qu’ils n’en seraient pas les seuls lecteurs, en faisant connaître ce blog (via les actualités de l’Enssib, par exemple ?) et en y diffusant leurs demandes. Ce serait de toute manière bien plus formateur, et les bloggueurs (qui s’y abonneraient certainement, je n’en doute pas ;-)) se sentiraient plus libres de relayer ou non telle ou telle demande. J’ai noté que la DCB17 était la première promotion depuis 3 ans à n’avoir pas créé un tel blog. C’est dommage (et c’est trop tard).

________________

1. D’accord, ce blog n’a pas vraiment de ligne éditoriale, mais grosso modo vous admettrez qu’on y retrouve des domaines récurrents, et que je n’y parle pas souvent de règles de prêt, de remaniements ministériels et de fusions de corps.

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32 commentaires
  1. dbourrion permalink
    07/06/2009 17:05

    Globalement entièrement d’accord avec toi sur le constat autour de la disparition de biblio-fr ; et de ressortir ma métaphore : biblio-fr c’était l’escalier mécanique, il suffisait d’y monter pour avoir l’illusion de faire de la veille. Et comme dans le cas d’un escalier mécanique, quand il y a arrêt, il faut se mettre en marche pour avancer…

    Personnellement, je pense que c’est une assez bonne chose pour la profession :

    – un mythe va s’effondrer (le mythe étant que tout le monde fait de la veille et se maintient informé via biblio-fr)
    – il va falloir inventer de nouveaux canaux dont j’espère qu’ils demanderont moins de passivité de la part des consommateurs (nous)

    En fait, la fin de biblio-fr est peut-être ce qui va permettre à plus de monde de faire de la veille – je veux dire, vraiment de la veille…

  2. Isabelle permalink
    07/06/2009 18:42

    Pour les travaux de l’enssib, pourquoi créer un blog par promo? Pourquoi ne pas avoir un blog pour tous les élèves bib, cons et master de l’enssib et passer le relais de promo en promo?
    Quant à la promotion des blog de promo, qu’en est-il? Tu viens de m’apprendre l’existence de ceux des promo de cons avant les DCB 17.
    Pour info, la FIBE-S tient un journal de bord http://blogfibes.blogspot.com/

  3. 07/06/2009 19:25

    @Isabelle : pour le blog de la FIBE-S, figure-toi que j’en connaissais l’existence (je me demande bien comment…).
    Comme quoi un blog qui se crée trouve toujours les relais nécessaires pour se faire connaître.
    Les DCB15 et les DCB16 avaient chacun leur blog, qu’on retrouve très facilement sur Google Blog Search.

    Loin de moi l’idée de faire croire à une différence de race entre les conservateurs et les autres.
    J’ai parlé d’un blog par promo et par diplôme parce que ça m’est venu naturellement. Mais s’il faut argumenter, il me semble que chaque diplôme a son propre rythme, et que la multiplication des blogs ne nuit à personne et faciliterait la gestion.
    Créer un blog collectif par année (ou qqchose comme ça, si j’ai bien compris ce que tu suggères) aurait un aspect idéologique (genre : « On va les forcer à se parler entre eux ») qui nuirait peut-être à son alimentation.
    Bon, je n’ai pas à trancher, ils font bien ce qu’ils veulent. Mais tu remarqueras que spontanément ce sont des blogs par diplôme et par promo qui se sont créés. Aller contre la « nature » me semblerait forcément nuisible. C’est tout.

  4. 07/06/2009 21:46

    On pourrait pas créer un réseau social via Ning ou son équivalent opensource? (dont j’ai oublié le nom, désolée)

    Reste effectivement toujours la question de l’hébergement et de la maintenance… (des instances telles l’ABF ou l’enssib pourraient peut-être s’en charger?)

  5. 07/06/2009 22:11

    @Phelly : je pense qu’il est dangereux de raisonner dans les termes suivants : « Par quoi va-t-on remplacer Biblio-fr ? »
    Il est évident qu’on ne pourra reconstituer aucun outil qui va de nouveau rassembler les 17000 personnes en question. Pourquoi ? Parce que déjà sur Biblio-fr ces 17000 personnes n’étaient pas rassemblées autour d’un outil ou d’un contenu, mais (d’après les messages-hommages) autour d’elles-mêmes, ce qui n’avait aucun sens et aucun intérêt.

    Il me semble que la meilleure manière de procéder est plutôt :
    1. quels genres de contenus étaient publiés ? Où trouveraient-ils une nouvelle place ?
    2. quels genre d’information les lecteurs venaient y chercher ? Que peuvent-ils avoir à la place ?

    Par ailleurs, Willyten avait déjà essayé de créer un groupe sur Ning. Finalement ça n’avait pas pris. Et sans que personne ne propose quoi que ce soit, ça a pris peu à peu sur Twitter, un peu sur FriendFeed, et pas tout à fait sur Facebook. Enfin ça, c’est mon impression, mes usages.
    C’est précisément ce qui est intéressant : selon ses préférences (en terme d’outils comme de contenus) chacun se reconstitue la communauté de son coeur.
    Après tout, quel sens cela avait-il que je sois sur la même liste de diffusion que la responsable de la médiathèque de Dardilly (personne que j’apprécie beaucoup au demeurant) ? Je ne suis pas dans la même association que bien des numismates. Faut-il essayer à toute force de se donner rendez-vous au même endroit ? Au bénéfice de qui ?

    Je trouve plus convaincante la démarche de David Liziard dans ce message qui, d’une certaine manière, déconstruit Biblio-fr pour redéfinir les différents publics, ou les différents « publieurs ».

  6. B. Majour permalink
    07/06/2009 22:57

    Bonjour

    Réflexions un peu courtes sur biblio.fr, alors argumentons un peu, par esprit de contradiction 🙂

    Même si on ne lisait pas tout, certaines informations restaient pertinentes dans une région de petites bibliothèques, où les échanges sont nuls ou avoisinants le nul.
    Et où Biblio.fr était le seul lien, pratique, simple et rapide. Ne demandant aucune compétence quelconque : tout le monde a un compte email, tout le monde n’a pas un blog, ni un aggrégateur chronophage, ni un Bac + X ou une formation dans le domaine des bibliothèques.

    Ni le temps d’ausculter plusieurs blogs 🙂

    Autre occasion ratée, c’était une liste internationale, ou au moins européenne avec débordement sur le Maghreb, et peut-être une partie de l’Afrique
    Autant de pays où l’ADSL n’est pas le standard de base, et ou l’ouverture d’un blog un peu chargé prend plusieurs minutes.

    C’était aussi la possibilité de poser des questions et d’obtenir, éventuellement, des réponses de personnes plus aguerries dans certains domaines, qui ont à voir, ou non, avec le monde des bibliothèques.

    Bien sûr, le débat s’est déplacé vers des endroits plus propices à la discussion, disons plus immédiats. Peut-être trop immédiats, d’ailleurs. Intervenir une semaine après les commentaires d’un blog, après la publication d’une demi-douzaine d’autres billets… ah quoi bon ?

    Autre point névralgique, maintenant, on ouvre un blog pour un oui ou pour un non.
    300 adresses dans bibliopedia, racontant mi leur vie, mi leur travail. Même à deux billets par semaine, ça fait 600 !

    Combien de billets seraient vraiment passés sur biblio.fr ?
    Et, combien répètent la même chose ? (à l’angle d’attaque différent, voire à la répétition pure et simple)

    Sara et Hervé jouaient le rôle de tamis humain.
    Qui jouera ce travail au niveau des blogs. Ce travail d’information ?

    Doit-on ouvrir un Blogalendoc ? Où on étiquetterait les billets vraiment intéressants, qui – comme je l’ai dit – disparaissent plus vite que leur ombre, suivant la prolixité du blogueur.

    Ouvrira-t-on un journal des bibliothécaires ? La semaine du bibliothécaire ?
    Moins touffu que le bouillon, parce que l’animal est dense et on s’y perd très vite… lorsque la liste restait centrée sur une surface d’information. Une surface suffisante pour se tenir au courant, pour repérer quelques noms… sans qu’il soit possible de confondre le bibliothécaire et sa structure. Peu d’élus ou pas d’élus du tout sur biblio.fr, pas de citoyens débouchant par erreur sur la liste, lorsqu’un blog est plus ambigu, et plus visible.

    Je pourrais encore m’étendre sur les fournisseurs de logiciels et autres, qui utilisaient la liste pour défendre leurs produits… et pour lesquels biblio.fr permettait une certaine transparence, en étant ressources concurrentielles.

    Qui maintenant va parler, sur son blog, du problème avec la fonction Xylophone du logiciel Yo-Yo ?

    Oui, on peut recevoir une lettre d’avocat pour les propos sur son blog, mais je n’en ai pas entendu parler sur biblio.fr… parce qu’il s’agit d’une liste de diffusion.
    La liste de diffusion d’une communauté, qui n’avait rien d’illusoire.

    Rien d’illusoire puisque s’y inscrire, c’était déjà un rite d’appartenance 🙂

    Et il n’y avait pas ça non plus :  » ce ne sont pas des manières de s’inviter ainsi chez les gens pour leur coller un commentaire dans son seul intérêt, sans en demander l’autorisation, et sans dire bonjour ni merci. »

    Personne n’était déplacé sur biblio.fr
    On n’était pas chez des particuliers, mais dans une cour ouverte à tous.

    Les avantages et les inconvénients de ce genre de système.

    Bien cordialement
    B. Majour

  7. 07/06/2009 23:41

    @B. Majour : je n’ai pas contesté les avantages et intérêts de Biblio-fr, et je ne me suis pas réjoui de sa disparition.
    Je me contente juste de prendre acte de celle-ci, et de proposer des éléments pour reconstruire par dessus.
    Que mes réflexions soient « courtes » peut s’expliquer par la fraîcheur de l’événement, mais aussi (et je l’admets sans complexe) par mon manque de familiarité avec ce genre de problématiques : je suis plus à l’aise avec la manipulation de données brutes et divers outils informatiques, c’est comme ça.
    Je vous remercie de venir participer ici au débat pour enrichir ma réflexion et celle des autres.

    Pour répondre tout de même à certaines fonctions remplies par Biblio-fr que vous mentionnez : des éditeurs de logiciels sont capable de répondres sur les blogs eux-mêmes, certains l’ont déjà fait (y compris sur celui-ci), et je doute que cette population-là se sentira désarçonnée par la disparition de la liste.

    Vous tombez d’accord avec moi sur le fait que la communauté existait autour de Biblio-fr, par l’inscription à Biblio-fr, mais pas par la lecture de son contenu. Mais
    1/ n’est-ce pas un désaveu de ce contenu (un constat d’échec), et ne méritons-nous pas mieux comme expression d’une solidarité professionnelle ?
    et
    2/ quid de ceux qui se sont désinscrits avant fermeture ? ont-ils pour autant quitté cette communauté professionnelle ?

    Quant à mentionner des problèmes de telle fonction sur tel logiciel, en voici un exemple : vous voyez que ça reste possible !

    Enfin, je vous confirme : les blogs sont personnels. Celui-ci l’est, du moins. Et si je ne ferme pas la porte à toute sollicitation (il me semble même avoir dit le contraire !), je trouve désagréable qu’on se serve sans demander. C’est un peu comme si quelqu’un se servait de votre boîte mail pour bénéficier de vos contacts. Vous pouvez être favorable au message en soi, sans apprécier le procédé.
    Ceci état posé, comme je l’ai dit, j’ai supprimé le commentaire après hésitations, car il s’agissait pour moi de définir un principe auquel je n’avais jamais réfléchi avant. J’ai été pris de court pour trancher, et peut-être reviendrai-je sur ce principe.

    Quoi qu’il en soit, je l’admets bien évidemment, le monde des biblioblogs comporte bien des inconvénients que n’avait pas Biblio-fr.
    Mais je n’ai nulle part proposé de « remplacer Biblio-fr par des blogs« . Je me contente d’amorcer une réflexion. Vous la continuez, et c’est parfait : c’est ainsi que fonctionnent les blogs.
    Notez au passage qu’un des avantages des discussions par blog, c’est de pouvoir enchaîner les réponses un peu plus rapidement 😉

  8. 08/06/2009 09:59

    @ B.Majour « Doit-on ouvrir un Blogalendoc ? Où on étiquetterait les billets vraiment intéressants »

    Ben, heu, c’est le Bibliobuzz quoi.
    http://bbf.enssib.fr/blog/Bibliobuzz-de-bibliopedia

  9. Isabelle permalink
    08/06/2009 10:33

    @Lully (message de7h25)
    Je ne fais pas allusion à une différence de race entre conservateur, bibliothécaires etc. 🙂
    Je pense plutôt que malheureusement un blog par promo a tendance à mourir alors que s’il est transmis de promo en promo il se pérennise, crée du lien, implique plus de gens et gagne en visibilité. Crée un sorte de communauté.

  10. MxSz permalink
    08/06/2009 10:36

    La somme des arguments contre biblio.fr ici listés ne mentionne que rapidement le travail de sélection réalisé par les modérateurs successifs. Je pense qu’il est là, tout simplement, l’argument n° 1 pour l’arrêt: trop de boulot pour pas assez de reconnaissance. Il faut arrêter de délirer avec les hommages (« travail accompli », énergie dépensée », etc.). La vraie question, c’est : elle était payée pour ça, Sarah Aubry ? Non ? Il est peut-être, là, le travail des associations professionnelles.

    Autre chose me gêne dans l’idée d’abandonner cette liste, malgré tout ses défauts : c’est qu’on y entendait les bruits, chuchotements, les protestations, les revendications d’autres catégories de personnels. D’autres sons de cloche. Collectivités territoriales, mag… Pour moi, la biblioblogosphère, ce sont des catégories A qui parlent à des catégories A, de personnes qui ont une certaine familiarité avec un ordinateur, ses applications.

    Une liste de diffusion, un mail : voilà des outils qui se sont massifiés, démocratisés. Tout le monde a un mail ; en termes d’usage, beaucoup de ceux.celles qui ne connaissent rien à un ordinateur ont un mail. Et s’arrêteront là, en terme d’usage.

  11. 08/06/2009 10:42

    Je trouve tellement vrai le commentaire de Nicomo sur le même sujet sur le blog de Lahary que je le recopie ici :

    “Je ne suis pas ravi de ce passage du pot commun aux petites tambouilles privées (…) Je rêve d’un retour au collectif”.
    C’est vraiment une question de génération, et de culture professionnelle. Il y a la génération 1968 (pour faire vraiment très très vite, et caricatural), et la culture professionnelle nourrie du collectif, et de l’ABF en particulier. Et puis il y a la génération 2000, et la culture des blogs.
    (…)
    Le “collectif” est remplacé par un réseau informel, toujours mouvant, ad hoc, de personnalités. Ce n’est pas du collectif ni du pot commun. Ce n’est pas non plus un strict individualisme. Ce n’est pas une parole publique, mais ce n’est pas une tambouille privée. C’est le net. »

  12. 08/06/2009 10:43

    oups j’ai oublié l’adresse du billet source : http://lahary.wordpress.com/2009/06/06/nous-avons-tous-tue-biblio-fr/#comments

  13. 08/06/2009 10:45

    @Isabelle : oui, en fait j’avais compris ta proposition de travers. Au lieu d’un blog commun horizontal (toutes les promos) tu proposais un blog commun vertical (toutes les années d’un même diplôme) — en visualisant le temps verticalement, ce qui nécessite une certaine gymnastique 🙂

    Bref j’avais compris à l’envers.
    Ta proposition me semble être pleine de bon sens. Encore faut-il que les élèves concernés le fassent ! Et qu’ils y trouvent leur compte (c’est-à-dire un intérêt personnel à alimenter ce genre d’outils). Affaire à suivre…

    @MxSq : oui et non. Il y a plein de BAS chez les bloggeurs, non ? En fait, je n’en sait rien, je ne demande pas le diplôme des collègues avant de leur dire bonjour. Mais Liber, Libri vient précisément de réussir le concours de BAS (félicitations, encore une fois !). Je suppute qu’avant ça, elle n’était pasconservateur !

    Personnellement, moi, de cette liste, je n’entendais rien. Je veux dire que j’en ignorais la plupart du temps le contenu, mais que j’avais un certain plaisir, en ouvrant mon agrégateur, à me dire : « Ah ! je lis la même chose que tout le monde en ce moment ! Quelle grande et belle famille ! »

    Au SCD de Nice, tous les collègues utilisent le client de messagerie Thunderbird. Leur montrer (par une vidéo sur l’intranet, par exemple) comment ajouter un flux RSS à Thunderbird ne me semble pas mortel.
    En outre, Feedburner (entre autres) permet de transformer un flux RSS en abonnement par mail. Donc si vous voulez proposer à vos collègues une source (mais quelle(s) source(s) ?, ce sera la vraie question), rien ne vous interdit techniquement de leur proposer un abonnement par mail à cette/ces source(s).

  14. Hervé permalink
    14/06/2009 17:59

    Deux réflexions fondamentales qui résument tout :

    Celle de MxSz : « Pour moi, la biblioblogosphère, ce sont des catégories A qui parlent à des catégories A, de personnes qui ont une certaine familiarité avec un ordinateur, ses applications.Une liste de diffusion, un mail : voilà des outils qui se sont massifiés, démocratisés. Tout le monde a un mail ; en termes d’usage, beaucoup de ceux.celles qui ne connaissent rien à un ordinateur ont un mail. Et s’arrêteront là, en terme d’usage.

    Celle de Lully : « j’avais un certain plaisir, en ouvrant mon agrégateur, à me dire : “Ah ! je lis la même chose que tout le monde en ce moment ! »

    Elles reflètent le sentiment commun, l’importance réelle de la Liste au delà de l’outil technicien, la (désormais) confisquation de fait de la parole d’une profession par une infime minorité de blogueurs éclairés.

    Qui a parlé de démocratie ?

    Les déconstructeurs de Biblio.fr espèrent y substituer des outils plus techniquement performants, oubliant la dimension sociale et morale de la Liste (B. Majour parle à juste titre de « rite d’appartenance » d’une communauté)

    On remarquera d’ailleurs si l’on veut s’en donner la peine, que les principaux contenus « sociaux » des débats de la liste n’ont jamais été initiés sur la liste par les blogueurs ni repris sur leurs blogs par les cadres représentatifs dont on parle ici. Ni par l’ABF du reste. Restons bibliothéconomiques : les états d’âme des contractuels, les horaires , les concours, etc…importent peu. Par contre quelle levée de boucliers dès que l’on touche au statut de quelques conservateurs ! Ce qui prouve bien que les préoccupations des uns ne rejoignent pas celles des autres

    Les autres qui « s’arrêtront là en termes d’usage » comme le dit MxSz.
    Exit donc la famille et place au discours utile de l’avant-garde technicienne.

    On fera avec…

  15. dbourrion permalink
    14/06/2009 21:06

    @Hervé :

    1. Les rites d’appartenance, même chez les bibs, évoluent…

    2. Qu’est-ce qui empêche qui que ce soit, quelle que soit sa catégorie, d’ouvrir un blog pour parler des « états d’âme des contractuels, les horaires , les concours » ? Rien. Strictement rien. Un blog est ouvert sur toute plateforme en 3 minutes.

    Elle est là, la démocratie. La démocratie n’est pas liée à un outil et, si c’est le cas, le blog est au moins aussi démocratique que la mailing-list (plus même puisque sur votre propre blog, personne ne vous modèrera alors que sur une mailing-liste, si…).

    Qui sait lire ses mails (donc, tous les abonnés de l’ex Biblio-fr) sait ouvrir un blog. L’argument technique n’en est pas un, sauf à supposer que la plupart des bibs sont trop idiots pour comprendre comment marche un blog, ce qui n’est certainement pas le cas.

    PS : bien entendu, je me ferai largement le relais de tout blog traitant (enfin) des problèmes non traités par la biblio-blogosphère parce qu’effectivement, ça manque cruellement.

  16. Aurélie permalink
    14/06/2009 21:37

    @dbourrion : d’accord avec toi sur la simplicité d’ouverture d’un blog. Mais cela me semble réducteur de cantonner à de simples contingences informatiques la question de la non-expression (via les blogs) d’une majorité d’abonnés de la liste. Il ne faut pas se leurrer, tout le monde n’a pas forcément quelque chose à dire au point d’ouvrir un blog. Pour ouvrir un blog pro, il faut d’abord s’en sentir légitime. Attention, je ne conteste absolument pas la légitimité de la parole des 17000 abonnés de la liste, je note juste qu’à mon avis la plupart ne s’autorise pas la prise de parole individuelle, bien plus casse-gueule que le cocon collectif d’une liste qui effectivement faisait partie de la panoplie des rites initiatiques en bib. D’ailleurs, sur les 17000 abonnés, je serais curieuse de savoir combien se sont exprimés…
    L’expérience de CherMédia est je pense riche d’enseignements : c’est le collectif qui a permis à tous ces bibliothécaires de se lancer sur la toile. Peut-être faut-il lorgner vers cela, même si je doute que l’expérience soit transposable à plus grande échelle. Peut-être qu’une sorte de fédération de CherMédia pourrait être intéressante, mais avec toujours les mêmes questions en suspens : qui encadre ? qui pilote ? avec quels moyens ?

  17. Stéphanie permalink
    14/06/2009 21:39

    Je ne comprends pas ces débats autour de la mort de biblio-fr. Parce que comme le dit très bien Lully, il ne s’agit plus de défendre ou non cet outil, mais simplement de prendre acte de sa disparition. Voilà, alors faut s’en remettre maintenant !

    Je ne comprends pas non plus ces tirades sur le sentiment d’appartenance à une communauté du seul fait de son inscription à une liste de diffusion. C’est sans doute parce que je n’ai jamais été inscrite à Biblio-fr (oui, je me contentais de feuilleter les archives de temps en temps, et plutôt rarement pour être honnête). Pour autant, je ne me suis jamais sentie en marge de la communauté des bibliothécaires.

    Quant aux débats sociaux qui ne sont pas représentés dans les blogs, et qui l’étaient paraît-il sur Biblio-fr, pardon mais de quelle représentation parlons-nous exactement ? Pour avoir connu le bonheur d’être une reçue-collée de la territoriale, je trouve que l’implication de la fameuse communauté était très limitée sur Biblio-fr : les messages qu’on y lisait sur le sujet étaient ceux que les candidats malheureux y postaient, et bien peu de prises de parti de la part des bibliothécaires en place (en tout cas à l’époque où je suivais ce genre de débat de près parce que directement concernée).

    Enfin, sur la liberté de parole des utilisateurs de la liste de diffusion, je pense que c’était précisément le GROS problème de biblio-fr. Pour moi, s’agissant d’une liste professionnelle, il me semble tout à fait inappropprié qu’aient été régulièrement publiés les billets d’humeur de M. le conservateur général Untel (billets qui en revanche auraient eu leur place sur le blog du M.Untel en question ; parce que justement l’avantage des blogs, à mon sens, c’est que je peux choisir de ne consulter que ceux qui me semblent dignes d’intérêt).

  18. dbourrion permalink
    14/06/2009 21:51

    @Aurélie : c’est un peu paradoxal de regretter (je ne pas parle pas nécessairement de toi) biblio-fr comme espace de prise de parole et de remarquer dans le même temps le très faible nombre de personnes qui prenaient la parole. Je veux dire, on ne peut pas pleurer un outil dont la disparition signifierait que l’on perd toute possibilité de prise de parole ; et n’y avoir jamais pris la parole sous prétexte de manque de légitimité (on dirait la scène de camping où le campeur explique qu’il va tous les ans au même endroit mais qu’il sait que potentiellement, il peut aller ailleurs….). La légitimité, ça se construit, ça ne tombe pas du ciel à un moment, faut juste aller au charbon au risque d’y laisser des plumes, et basta.

    Bon, après tout, pourquoi je viens débattre sur le cadavre de Biblio-fr ? Perte de temps. Que ceux à qui Biblio-fr manque tant remontent Biblio-fr II. Sinon, passons.

  19. 16/06/2009 11:10

    si tu n’as rien a dire, ne dis rien … Si tu veux t’exprimer tu peux le faire. C’est ca le luxe de la democratie.

    Dans le monde 2.0 chaque individu devra prendre sa place et s’exprimer pour jouer son rôle.

    S’exprimer demande du courage et de la volonté, la légitimité n’a rien à voir la dedans. Je ne me suis même pas posé la question de savoir si oui ou non j’allais être légitime en ouvrant mon blog. Je me suis juste dit « les moyens sont là » tu as juste envie de dire des choses alors fonce…

    La légitimité, et @dbourrion à raison, ça se construit. Sans nos blogs nous serions anonymes… Nous avons pris des (mini) risques en assumant avantages et inconvénients qui vont avec… Et finalement c’est peut être plutôt ça qui construit peu à peu la légitimité d’un individu.

    Pourquoi d’autres ne feraient pas pareil ? Tout ça participe d’un phénomène de société global.

    Les gens préfèrent écouter que dire, lire qu’écrire, critiquer que construire, prendre des initiatives et se mettre (un peu) en danger…

    D’un système pyramidal on évolue vers des systèmes transversaux où la légitimité à moins sa place que l’échange, le partage et la progression personnelle. CHACUN DOIT PRENDRE CONSCIENCE QU’il A SA PLACE !!!

    Each one teach one… On ne sait jamais tout… mais chacun en sait un peu.

    La profession à la capacité de faire émerger une intelligence collective « phénoménale » qui ne peut qu’être utile dans une société bombardée d’infos.

    Plus de gens s’investiront… Plus le service rendu au public sera efficace et meilleurs seront les retours… Tout ca dépasse la liste de diffusion et même la profession. Il ne faut pas voir petit et pleurer les belles aventures du passé mais en créer de nouvelles en se servant de l’expérience et l’enseignement apportés par biblio.fr, tout en utilisant au maximum le potentiel des nouveaux outils… (veilles collaborative, co working, …)

  20. Hervé permalink
    18/06/2009 21:10

    La démocratie ne sortira pas des blogs. Pouvoir s’exprimer c’est bien, pouvoir être entendu c’est mieux. Or nous savons tous que le monde des blogs est microscopique et nombrilliste par rapport aux listes et aux forums. Et que plus il y en aura, moins ils seront fréquentés. La durée moyenne d’un blog est d’un an. Le nombre de participants réels, c’est à dire laissant un commentaire, n’est jamais donné.

    Imaginez que les 17000 abonnés de la Liste créent leur blog, on tomberait dans le summum de l’inefficacité. Le blog est un instrument individuel, dont la visibilité est communautaire (biblioblogueurs) et faible. D’ores et deja l’immense majorité des « blogs perso » est invisible.

    Et d’accord avec stéphanie qui dit sur les sujets sociaux : « les messages qu’on y lisait sur le sujet étaient ceux que les candidats malheureux y postaient, et bien peu de prises de parti de la part des bibliothécaires en place ». Effectivement, comme je le disais precedemment, les interêts des uns…

    Interessant aussi de voir comment certains sujets sont venus des blogs sur la liste (la RFID par exemple) et d’autres sont restés au niveau de la liste et n’ont jamais été repris ailleurs (la scirentologie par exemple). Ces derniers sont la majorité. Ce qui veut dire que la variété des sujets abordés sur la liste reste infiniment plus vaste (ce qui ne veut pas dire des débats riches) que celle des sujets des blogueurs.

    Sur un blog, c’est le responsable qui lance un sujet, et les autres suivent ou pas. Démocratie ?

    Et en gros, nous dit le cadre universitaire D. Bourrion (qui a déja bien d’autres outils à sa disposition), si t’es pas content « t’as qu’à » creer ton blog ! Tu pourras t’y exprimer à l’aise. Les autres n’auront qu’à en faire autant. Et puis on se parlera entre petites communautés de blogueurs « amis ». Et après, on fait quoi ? La fête des voisins ?

    « T’as qu’à ».

    @Biblioroots : « Sans nos blogs nous serions anonymes »
    Sujet de débat intéressant….

  21. dbourrion permalink
    18/06/2009 21:30

    @Hervé dont acte. Une liste de diffusion ne présentant non plus aucune difficulté à être mise en place puisqu’il suffit d’un serveur de liste (toutes les univs ont ça), je vous invite à remettre Biblio-fr en place, voire à contacter les anciens gérants de Biblio-fr pour reprendre le flambeau à partir de leur plateforme toujours existante (c’est le plus simple, tout est en place).

    Si pour une raison ou une autre, vous ne le souhaitez pas, il y aura bien quelque nostalgique, dans les 17000 abonnés, pour le faire.

    Voici l’occasion rêvée de dépasser enfin la plainte et la critique vaine que l’on rencontre si souvent dans les bibliothèques, et de se mettre en mouvement.

    A bon entendeur.

  22. Stéphanie permalink
    18/06/2009 21:39

    @Hervé : je vous trouve un peu injuste. Certains billets de nos hôtes naissent directement de nos commentaires, preuve -s’il en fallait une- que les bloggeurs peuvent aussi être à l’écoute. Pour tout dire, il m’est même déjà arrivé de suggérer un thème à nos amis les cadres universitaires. Et devinez quoi ? Les suggestions ont fait l’office de billets.

  23. 18/06/2009 21:43

    @Hervé : je vous trouve un brin plus agressif que dans votre précédent commentaire, et je le déplore : qui a fait quoi pour vous déplaire ?
    Nous discutons, nous débattons éventuellement, mais pourquoi entrer dans les procès d’intentions ?
    Mais plutôt que d’entrer dans un débat (que je pressens d’avance vain) sur le nombrilisme ou non-nombrilisme du blog, je préfère revenir à un prémisse qui est dans votre esprit, qui présuppose votre réaction mais qui n’est pas explicitement dit :
    Si vous avez lu sur un blog qu’il fallait remplacer Biblio-fr par les blogs, allez commenter ce billet, mais pas ici, car je n’ai jamais prétendu cela.

    Par ailleurs, comme Bertrand Calenge (mais uniquement en mon fors intérieur) j’ai déploré que les blogs se consacrent presque exclusivement aux nouvelles technologies.
    Figurez-vous que dans les premiers billets de mon blog, j’avais essayé de partir dans une autre direction (je vous laisse les découvrir si ça vous intéresse). Las ! J’ai préféré revenir à un domaine que je maîtrise mieux (et où mon propos est plus légitime).

    Il est vraisemblable que certains sujets n’ont pas été repris sur les biblioblogs. Admettrez-vous que l’inverse est vrai aussi ? Ainsi, je vous laisse découvrir ce que Biblio-fr contient sur Hadopi, et ce qu’en disent des biblioblogs.

    Mais bah ! A quoi cela sert-il de vouloir opposer les deux ? Surtout si leur contenu était différent (ce qui est indiscutable), il fallait utiliser les deux ressources (si vous n’aimez définitivement pas les technologies, je vous recommande S.I.Lex et A la Toison d’or : ce sont des blogs, je vous l’accorde, et je suis sûr que leurs auteurs en sont désolés, mais c’est ce qu’ils ont trouvé de plus pratique comme outil pour parler, l’un des questions juridiques autour des sciences de l’information, l’autre de patrimoine).
    J’ai déjà eu l’occasion de le dire (notamment ici et ) : quand il y a deux outils, précisément si (puisque vous l’admettez vous-même) ils ne contiennent pas le même type d’information, il faut déterminer dans quels cas lequel des deux outils est le plus pertinent.

    Ne vous en prenez plus aux blogs, ils ne sont pour rien dans l’échec de Biblio-fr. La preuve : ils ne lui ont chipé aucun lecteur, puisque Biblio-fr meurt d’un trop grand succès et non de désaffection !

  24. 18/06/2009 21:51

    @Stéphanie : j’ai même souvenir que la personne incriminée est précisément celle qui avait invité ses lecteurs à lui demander/commander des billets.

    Je ne débattrai pas pour savoir si les blogs sont ou non de la démocratie. C’est une question qui ne me paraît pas avoir de sens : je ne me demande pas en allant dîner chez des amis si, le fait qu’ils aient choisi la date du dîner est démocratique. C’est juste que ce n’est pas une question pertinente.

    Effectivement, cher Hervé (« cher » car j’aimerais vous garder comme lecteur, si vous en êtes d’accord — mais ce sera votre libre choix — car je trouve dangereux de rester entre personnes qui pensent la même chose et vous restez le bienvenu pour autant que vous restez dans le débat d’idées et exprimiez les vôtres aimablement, sans préjuger de l’intelligence ou de la bonne volonté des autres :-)), ici, vous êtes « chez moi ».
    C’est ainsi, je ne vois pas comment le nier ni le tourner autrement.
    Disons que je montre ma capacité à m’adapter (à sortir du cocon chaleureux et confortable de mon blog), non pas en ouvrant ce blog à des co-auteurs, mais en allant commenter chez les autres.

  25. 18/06/2009 22:49

    @Hervé : à la réflexion, mon discours disant qu’il faut profiter de deux sources si elles existent n’a plus lieu d’être, puisque Biblio-fr ferme…
    Par ailleurs, si vous regardez le contenu du présent blog, par exemple les tutoriels sur Yahoo Pipes ou sur la gestion d’une base de signets :
    si vous admettez que ces pages peuvent avoir un intérêt pour certaines personnes (si vous ne l’admettez pas, je vous l’affirme : elles sont consultées, et une consultation, un lecteur suffit pour justifier un billet), admettrez-vous aussi que de tels contenus n’auraient jamais trouvé leur place sur Biblio-fr ?

  26. Hervé permalink
    19/06/2009 16:03

    Le débat risque de tourner en rond. Les contenus que vous signalez à juste titre, restent des contenus techniques et je n’ai cessé de dire que si l’on pouvait mettre en place des outils techniquement performants (sur des blogs ou ailleurs) sur ces sujets purement bibliothéconomiques, c’était une très bonne chose ( mème si, à titre personnel je trouve le discours technicien trop fortement orienté Web ) et même parfois l’unique moyen de s’informer correctement (je viens de relire, pour d’autres raisons, un billet de B. Calenge sur le calcul des taux de rotation ). Je déplore simplement que la perte de la dimension sociale, communautaire de l’outil Biblio.fr n’ait pas été assez fortement marquée. Car cette dimension , elle, ne se remplacera pas facilement. Hors de tout contenu, la Liste « rassemblait » (et ressemblait) une profession émiettée et en questionnement. Lien symbolique, peut-être, mais lien tout de même. Par ailleurs ma colère vient surtout d’une sorte de mépris, constaté sur certain blogs (pas le vôtre), suite à la disparition de la liste, vis à vis de collègues qui ne « seraient pas capables d’aller au delà de l’ouverture d’une boite à courrier ». Certains n’hésitant pas à se demander si l’on devait accepter une telle médiocrité (au sens d’incapacité technique ou de refus) de la part de gens censés avoir un rôle de médiation etc…

    Je crains la dispersion, tant des sources que des gens.
    Pour les sources, nous sommes condamnés à manier agregateurs, fls RSS et autres « machins » de technophiles avertis, pratiques par ailleurs assez chronophages. C’est entendu.
    Pour les gens, la communauté professionnelle, nous (certains du moins) sont condamnés à un isolement ou à la réduction à de petites communautés de blogueurs qui n’auront jamais de représentativité (je n’aime pas trop le mot légitimité) autre que la leur.
    Une hirondelle ne fait pas plus le printemps qu’une communauté de biblioblogs ne fait une profession.

    « Un lecteur suffit pour justifier un billet » : nous sommes d’accord

     » je ne me demande pas en allant dîner chez des amis si, le fait qu’ils aient choisi la date du dîner est démocratique ». Certes. Mais si vous invitez des amis à diner, vous avez tout intérêt à savoir si la date que vous proposez leur convient, au risque sinon de diner tout seul…:-). Bon, là je vous chahute pour le plaisir.

    Je pense que nous sommes d’accord sur l’essentiel. Juste assez du moins pour que je continue à venir vous deranger de temps en temps (jai decouvert votre blog suite aux réactions de la liste, donc tardivement)

    Amicalement

  27. 20/06/2009 10:53

    Dommage pour biblio.fr … Je ne fais pas partie de ceux qui portent un quelconque mépris pour la dimension technique de l’outil et le contenu de la liste et, au contraire, c’est avec un regret que j’ai appris son arrêt. Mais je pense qu’il était juste temps de passer à autre chose. Peut être que les modérateurs se sont dit la même chose …

    Par contre là ou je ne vous suis pas, c’est sur la dimension « sociale ou communautaire » qui serait plus importante sur biblio !

    En fait, un simple groupe facebook bien rempli (17 000 membres ??) pourrait suffire à remplacer cette dimension sociale, à faire passer l’info et à bénéficier de possibilités d’effets de réseaux inattendus et potentiellement bien plus puissants.

    Le groupe pourrait même s’appeler « biblio.fr », et on pourrait même s’abonner au fil RSS des nouveaux messages, répondre contextuellement à chacun des post par le jeux des commentaires etc etc …

    Donc à mon avis la question n’est pas dans l’outil mais encore une fois dans les usages. Même si biblio.fr atteignait les limites du lisible et de l’ergonomie (150 messages d’un coup) et bien certains sont encore accrochés à cette solution technique (le mail) alors qu’il n’existe pas une, mais une multitude de solutions de remplacements qui permettraient plus de souplesse, de lisibilité et de convivialité sans que les utilisateurs n’aient besoin d’acquérir des compétences techniques. Il faut juste s’y mettre et que quelqu’un reprenne le flambeau pour recentraliser les messages mais sinon… J’vois pas trop la difficulté !

    Une liste de diffusion est une forme primaire d’outil communautaire soumis à une modération (verticalité) et à un « temps de réactivité » qui permet logiquement de penser qu’un blog, un site spécialisé un agrégateur ou meta blog, ou même un simple groupe sur un réseau social pourrait nous faire bénéficier de possibilités d’échanges et d’interaction plus fortes tout en gardant une simplicité d’usage qui peut garantir l’adhésion d’un grand nombre.

    IL N’Y A PAS QUE LES BLOGS QUI EXISTENT !! IL FAUT DÉFINIR UN BESOIN ET CHOISIR L’OUTIL ADAPTE EN CONSÉQUENCE !

    Pourquoi focaliser ce débat sur les blogs ?

    J’ai l’impression d’entendre la rage s’exprimer et je ne partage pas votre opinion sur le nombrilisme des blogs et tutti quanti ! Je pense complètement le contraire, les blogueurs forment une communauté multiple (faite d’individus très très divers), ouverte à tout commentaire, et où les débats sont riches et les prises de positions contrastées. Il ne faut pas de carte ou d’adhésion pour  » en être « , il suffit de participer (pour moi c’est très important)…
    On ne peut plus se palcer dans la posture de celui qui attend que l’info tombe toute seule, ce qui pose la question de la conduite au changement… On sait que certains sont vraiment peu enclins à « bouger leur repères », c’est une forme d’inertie sociale voire corporatiste qui nous mine et nous pousse vers l’inaction (parfois).

    Maintenant au sujet de la démocratie comme @lully, je pense que la question n’est pas là. Pour moi la démocratie n’est pas tant dans les moyens d’expression que dans la garantie des libertés de chacun. La technique n’a rien à voir là dedans. Qu’on vote à main levée ou sur un « sondage web » la démocratie est garantie par le fait qu’on laisse notre libre arbitre faire le choix et non pas une quelconque pression politique, sociale ou économique. La place est faite au débat, s’exprimer reste un acte volontaire et non pas une obligation…Sur un blog ou ailleurs…

    Le reste c’est un peu du bla bla non ?

    Ceux qui veulent s’exprimer le peuvent. Sur mon blog en tout cas je ne filtre pas les com’ et moi même je me suis laché sur de nombreux blogs sans jamais être censuré. Pourtant je suis parfois un peu radical 😉 !

    Voilà, moi je respecte le travail accompli et les positions de chacun… Parfois on est juste pas d’accord et, contrairement à ce que vous dites, la richesse de ce débat et le nombre de commentaires montrent bien à quel point on peut se saisir de cette espace de liberté pour exprimer son point de vue, réfléchir, échanger, se contredire, sans censure…

    Comme dans une vraie démocratie ? 😉

  28. Hervé permalink
    20/06/2009 16:17

    @Biblioroots.
    Entièrement d’accord avec vous sur l’importance d’un veritable réseau, et pour ne pas focaliser sur la question des blogs. Qui n’ont pas vocation de toutes façon à devenir une réponse technique à ce « vide identitaire ».Ceci dit, en l’absence d’autres outils actuels, c’est effectivement sur les blogs que le débat se passe et avance, ce qui est une bonne chose.

    Par contre, quand vous dites : « Par contre là ou je ne vous suis pas, c’est sur la dimension “sociale ou communautaire” qui serait plus importante sur biblio ! », je ne peux que vous répéter ce qui est l’essentiel de mon propos et le fond de mes interventions. J’ai soigneusement épluché tous les messages arrivés depuis la fin de Biblio.fr et c’est cette dimension qui m’apparait la plus attendue et menacée. C’est tout. Après, les questions de plateforme, c’est de la logistique. Et je refuse qu’on porte l’anathème sur ces intervenants : »On sait que certains sont vraiment peu enclins à “bouger leur repères”, c’est une forme d’inertie sociale voire corporatiste »

    Je vous cite une des interventions les plus emblématiques des réactions à « Biblio.fr » s’arrête (Anne Rey, Livraison 20)

    « (…)lectrice fidèle, je veux
    juste en deux mots dire ce que Biblio-fr m¹a apporté :
    – Avant tout, c¹était un outil de rassemblement et dans les temps que
    nous traversons, l¹éparpillement, à ce niveau comme à d¹autres, me
    semble dangereux.
    – L¹appartenance à une communauté professionnelle (il faut avoir été
    bibliothécaire dans une ville de 15 000 hts dans les années 80, avant
    internet, pour savoir dans quelle solitude une jeune professionnelle
    pouvait être) et la possibilité de poser toute question à tous.
    – Un réseau emploi très performant : et j¹en parle en tant que
    recruteur. Je comprends le désarroi de nos collègues en recherche
    d¹emploi. Bien sûr, des adresses, des sites, des conseils et même des
    initiatives ont fleuri. Espérons qu¹elles auront la même envergure.
    – Le butinage ET l¹envoi d¹idées d¹animations.
    J¹étais donc, au moins partiellement, une consommatrice de « services »
    ne me sentant pas l¹envergure nécessaire aux débats tout en les suivant
    attentivement.(…) » Fin de citation.

    L’évolution du métier et d’une façon générale l’impact des reformes statutaires en cours dans toute la fonction publique, augmenteront encore prochainement ce besoin de référence à une communauté professionnelle clairement identifiée, et le besoin d’échanges. (Et une fois de plus : QUELLE QUE SOIT LA QUALITE DES CONTENUS, ce n’est vraiment pas la question)

    Un exemple récent : croyez-vous qu’à travers les outils actuels, 17 000 personnes soient au courant de l’interdiction d’un CD de rappeur par la Ville de Paris ?. Et combien de temps ce sujet restera-t’il à l’affiche ? J’ai trouvé UN blog (http://bibliothequepublic.blogspot.com/ ) qui en profite pour rappeler à ce sujet l’existence des outils collaboratifs mis en place sur l’ABF à ce sujet (Pressions politiques, Politiques d’acquisition). Le reste est un agglomerat d’opinions personnelles et de billets d’humeur (qui ont leur valeur en tant que tels, certes, mais n’amènent rien de plus. Ceci dit, certains messages sur Biblio.fr – ou sur Discothécaires- en restaient également là) .

    Je terminerai ici mes interventions en citant Claude Poissenot (http://www.livreshebdo.fr/weblog/du-cote-des-lecteurs—23/435.aspx )qui s’exprime sur ce sujet bien mieux que je ne saurais le faire et qui, pour une fois, recoupe parfaitement ma pensée, y compris sur le risque de « repli catégoriel » (qui existe déja à mon avis ) :

    « Les bibliothécaires n’étaient plus isolés ou limités à des cercles étroits, ils appartenaient à une communauté d’échange de savoirs, d’interrogations dans laquelle la voix était ouverte à tous (professionnels chevronnés, aspirants à ce monde professionnel, observateurs, etc.). Les hiérarchies de types d’établissement, de grades étaient comme suspendues pour former un monde d’égaux. Relationnel et démocratique, le monde de biblio-fr était une promesse d’un autre monde possible. C’est sans doute la disparition de ce rêve qui pèsera le plus dans les regrets des abonnés à la liste. C’était aussi un formidable lieu de construction de l’identité professionnelle : les bibliothécaires avaient en commun ces livraisons de messages qui les rassemblaient (ce qui n’excluait pas les agacements et les marques de distance) par-delà leurs différences. On peut s’interroger sur les supports de l’identité professionnelle des bibliothécaires (au sens large) et sur un risque de repli catégoriel (lecture publique, BU, discothécaires, fonds patrimoniaux, etc.). »

    Une fois ceci posé, il est possible qu’effectivement, comme vous le dites avec tant d’élégance, le reste soit un peu du bla bla. Mais c’est aussi ça les blogs, non ? C’est comme les pizzas. Vous pouvez retirer les champignons ou rajouter des oignons, ça reste une pizza.

  29. 20/06/2009 18:07

    @Hervé : finalement, je suis d’accord avec vous pour constater qu’aujourd’hui une information disponible uniquement sous forme de fils RSS exclurait nombre de collègues. D’accord aussi pour dire qu’une partie des professionnels des bibliothèques n’apprivoiseront jamais les fils RSS.
    Mais je refuse la conclusion qui consisterait à renoncer complètement en partant de l’idée que, de toute façon, tout le monde ne sera jamais formé : sur les 17.000 abonnés à Biblio-fr, combien sont déjà formés ? et combien seraient capables de l’être assez facilement ? Ni vous ni moi n’en savons rien, et vous comme moi pourrions citer des personnes que nous jugerions bien loin d’acquérir ces compétences.
    Pourtant, nous pouvons aussi partir de l’idée que cette population-là peut réduire, et que tout en proposant des alternatives (abonnement par mail à des fils RSS, notamment) on peut avancer dans la direction d’une veille par RSS.
    Quant à dire que c’est beaucoup de temps passé, soit. Tant que vous ne dites pas que c’est du temps perdu… Car on passe parfois beaucoup de temps à gérer les conflits, sans qu’il s’agisse de temps perdu. La veille est du temps investi, et j’en ai pour ma part récupérer les fruits de nombreuses fois.
    Au reste, personne ne m’a jamais reproché de ne pas travailler assez bien et que je passais sans doute trop de temps à faire de la veille…

    Je réagissais en retard à un commentaire antérieur. J’essaie de réagir à présent sur votre tout dernier commentaire (en espérant que vous n’en rédigiez pas un pendant ce temps !
    Concernant l’exemple d’Orelsan, je trouve 7 résultats à partir du moteur de recherche Google Biblioblogs francophones. En outre, de suivre par RSS des sources autres que purement bibliothécaires m’a permis d’avoir au moins 20 autres mentions dans mon agrégateur (soit dit en passant, une recherche « scientologie » me donne une vingtaine de résultats – je n’ai pas creusé plus loin pour savoir ce qui en était dit).

    Et oui, j’applaudis à deux mains : Biblio-fr était un outil social avant tout. Le côté social du web existait avant le web 2. Et puisque nous (moi, en tout cas) avons applaudi à l’avènement du web 2, je ne vais pas le conspuer quand un site communautaire (où le contenu n’intervenait que peu pour souder cette communauté) a su se constituer sans les outils 2.0 : donc l’aspect communautaire de Biblio-fr était une richesse. Mais une illusion aussi, je n’en démordrais pas : car on (notre profession) peut faire mieux !
    Notamment : un outil vraiment communautaire devrait pouvoir désormais permettre de constituer aussi des petits groupes aux centres d’intérêts communs et à la collaboration (ou aux échanges) plus constructive.

  30. 20/06/2009 18:14

    @Biblioroots : je suis d’accord, certains font une fixation sur l’alternative Biblio-fr — blogs.
    Je ne serais pas surpris qu’on me fasse ce reproche, même si en mon fors intérieur je le trouverais injuste ! 😉

    Cela dit, je reste perplexe par rapport à cette proposition que j’ai déjà lu plusieurs fois : « Il faut juste s’y mettre et que quelqu’un reprenne le flambeau pour recentraliser les messages mais sinon… J’vois pas trop la difficulté ! »
    Je suis d’accord, il suffirait que… Je ne serais même pas étonné que plusieurs personnes, réellement pleines de bonne volonté et sincèrement remplies d’abnégation et de compétences techniques, mettent en place diverses choses pour les proposer.
    La difficulté serait de trancher : qui ? comment ? Ce ne sera donc sans doute pas la pertinence de l’outil qui préévaluera, mais un effet de transfert en masse (Bibliofrance a sans doute augmenté son trafic depuis l’annonce de Biblio-fr, et d’autres sites également).
    Donc je serai plus enclin à croire à un trop plein de propositions et une difficulté à « choisir ». Si le transfert se fait en plusieurs phases, les seconds n’iront sur un site que parce qu’ils sauront pouvoir y retrouver les premiers. Mais quel site ?

  31. Hervé permalink
    21/06/2009 16:28

    A ce niveau de la discussion, c’est une question de perception personnelle que chacun peut avoir de la communauté professionnelle et de ses attentes (et non pas de ce qu’elle devrait être). Pour moi, les réponses à l’arrêt de la Liste sont claires: Une communauté qui cherche avant tout à se connaître et à se reconnaitre, plus que que de « progresser » à travers le maniement d’outils collaboratifs et l’élaboration de contenus, l’un n’excluant pas l’autre.

    Si l’ on considère qu’elle est majoritairement non désireuse de naviguer, peu interessée par des contenus précis et techniques, et globalement rétive à s’approprier des outils nouveaux, on peut considérer qu’effectivement n’importe quel site actuel de type Bibliofrance pourrait faire l’affaire. A condition d’être réellement représentatif. Or ce petit « plus » de représentativité ne peut être offert que par une référence institutionnelle déja constituée.

    A l’époque de la création de la liste, la question institutionnelle ne se posait pas : il n’y avait qu’un bistrot au village et chacun s’y retrouvait forcément. Tous les chemins menaient effectivement à Rome.

    Aujourd’hui le paysage a changé, un trop plein de références possibles s’est créé, et c’est peut-être pour cela aussi que certains parlent de « légitimité ».
    Certains sites sont déja des références , notamment des sites associatifs (ADBS, ADDNB , ADBDP etc), avec le risque catégoriel que cela implique. Ils sont tous « légitimes » (c’est pour ça que ce mot n’a pas de sens dans ce débat) mais ils ne sont pas fédérateurs.

    On a tous nos petits libraires locaux, on les visite, on les chouchoute, on apprécie leur spécialisation, leur conseil. Mais pour les achats de gros en marché, on passe par un grossiste. Comme ces discothécaires parisiens qui se retrouvent tous à la Fnac, peu ou prou.

    Finalement, en l’état actuel du paysage professionnel, il n’y a que l’ABF qui semble présenter assez de « valeur ajoutée » en termes de symbole et d’image pour le plus grand nombre. Ce n’est pas une question d’appréciation personnelle ou de jugement de valeur, c’est un fait.

    Nous discutons mais la balle est dans leur camp. Le nôtre donc en théorie. Mais je les-nous vois mal, pour ceux qui se sont déja exprimés la-dessus, des Lahary aux Majour, accepter de se lancer dans un Biblio.fr saison 2.

    Et toute la question est là : la seule institution présentant assez de références identitaires, aceptera-t-elle, pour fédérer, de placer le curseur un peu en dessous des désirs de ce que ses plus dignes représentants souhaiteraient pour le devenir de la profession ?

    Et on reparlera éventuellement de démocratie….mais cette fois au sein de l’institution.

  32. 21/06/2009 19:52

    @Hervé : c’est très beau ce que vous dites (ne croyez pas la phrase ironique : je suis sincère, vous dressez un tableau intéressant de la profession).
    Il me semble qu’à ce stade il nous reste à dire « wait and see ». Car j’ai le sentiment que nous tournons presque en rond, dans la mesure où, ainsi que vous le dites, il y a une « question de perception personnelle », et la suite des événements nous donnera nouvelle matière à réfléchir et réagir.

    Mais je suis convaincu que, comme vous le souhaitez (car c’est une attente qui me semble légitime) : « la seule institution présentant assez de références identitaires acceptera de placer le curseur un peu en dessous des désirs de ce que ses plus dignes représentants souhaiteraient pour le devenir de la profession ». Et je supprime votre point d’interrogation ! 😉

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