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Electre ou la scénarisation de l’inconscient collectif

02/09/2009

Electre, par Jean Giraudoux Je réfléchis en ce moment à une formation à Electre auprès des collègues en BU. Quelques échanges sur Twitter m’amènent à expliciter mon objectif.

Lorsque j’avais participé à la formation d’étudiants à diverses bases de données (et à la vertueuse « méthodologie documentaire »), j’avais essayé de reprendre l’angle d’approche en scénarisant la recherche : au lieu d’expliquer les bases et les principes d’une « bonne recherche », j’avais mis tout ça sous forme de cas pratiques (genre : vous vous trouvez dans telle situation –> vous avez besoin de tel outil).

Las ! Les étudiants ne s’étaient pas plus appropriés les cours qu’avant. Ce fut un échec.

Mais une formation/présentation sur Electre, c’est un peu particulier : elle est assurée auprès de collègues.

Je ne suggère pas par là qu’ils écouteront plus attentivement la leçon. Nul prof n’a droit à l’attention de ses auditeurs, il est contraint d’admettre qu’il lui faut la mériter à chaque seconde. Bref, la scénarisation n’est pas plus légitime parce qu’elle s’adresse à des professionnels de l’information.

Mais Electre est un outil de travail commun, où d’ailleurs il est possible de travailler en commun. Généralement, ce sont les acquéreurs qui s’en servent, et généralement au sein d’une bibliothèque les acquéreurs sont plusieurs. Ils n’achètent pas dans les mêmes domaines, certes, mais il y a nécessité de travailler en commun dès qu’une commande passée au fournisseur regroupe la sélection de plusieurs personnes.

Une formation Electre, ce n’est pas seulement 2 heures passées à montrer les fonctionnalités d’Electre : chercher un titre, faire une veille thématique, charger un lot d’ISBN, personnaliser ses paniers, etc. Ce doit être aussi l’occasion de proposer une organisation du travail autour de cet outil visant :

  • ménager le temps et les efforts
  • optimiser les possibilités de l’outil au regard des contraintes et des pratiques internes
  • éviter le gaspillage du papier par un transfert de l’information
  • etc.

Bref, une telle formation doit déboucher sur une réflexion (avec les personnes formées) autour des flux de données pour les acquisitions. Parce que ce n’est qu’à ce moment-là qu’une telle réflexion (préparée par le formateur) peut avoir lieu.

Parce que si une formation Electre n’est qu’une présentation de l’outil, on continuera à avoir :

  • des paniers dans tous les sens
  • des dossiers non rangés
  • de vieux paniers thématiques que personne n’ose supprimer
  • de vieux dossiers nominatifs que personne n’ose supprimer
  • de vieux dossiers/paniers avec un nom ésotérique (par exemple : FC 2) moisissant au vu et au su de tous

Bref, il me semble normal de concevoir une formation à Electre comme une formation à un SIGB : dans une optique d’usages.

Maintenant, si vous n’utilisez Electre que comme support à LivreHebdo (vous cherchez titre à titre dans Electre les ouvrages repérés dans LivreHebdo), pour faire du copier-coller champ à champ d’Electre vers votre SIGB, évidemment, tout cela n’est pas nécessaire.

NB (pour changer des PS) : je n’ai jamais été acquéreur, je n’ai jamais acheté un seul bouquin pour aucune bibliothèque. Beueueuh !…

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4 commentaires
  1. B. Majour permalink
    12/09/2009 15:19

    « je n’ai jamais été acquéreur, je n’ai jamais acheté un seul bouquin pour aucune bibliothèque. Beueueuh !… »

    Même pas pour ta propre bibliothèque personnelle ?

    Même pas pour celles d’ami(e)s ?

    J’ai du mal à te croire ! 🙂

    Electre, ok. (pour ceux qui en ont les moyens)

    Mais que dire de documents numériques ?
    Une idée sur le sujet ?

    Bien cordialement
    B. Majour

  2. 12/09/2009 18:56

    @B. Majour : je ne crois pas avoir défini pour moi-même une politique documentaire.
    Et si jamais je suis un jour acquéreur, je crois que j’aurais du mal à m’en passer longtemps.

    Pour Electre, je pense n’avoir pas bien défini la raison d’être de ces billets successifs.
    1. Je constate que mes collègues se servent d’Electre, et s’en servent mal.
    2. J’ai la mauvaise idée de penser que je peux difficilement leur dire de ne plus s’en servir pour passer complètement à autre chose.
    3. Je commence par proposer des manières de se servir mieux d’Electre (tant qu’à le payer si cher, autant s’en servir intelligemment).
    4. J’espère proposer à l’issue de tout ça d’autres outils pour se passer complètement de celui-ci !

    Je n’en suis qu’à l’étape 3 (ou 2,5).

    Et je n’ai pas compris la question « Que dire de documents numériques ? »
    Voulais-tu dire : « Comment acquérir intelligemment (peu d’efforts, choix pertinents, etc.) des documents numériques ? » ou bien était-ce autre chose ?

  3. B. Majour permalink
    15/09/2009 14:10

    Oui, je parlais bien « d’acquérir » des documents numériques.

    Avec peu d’efforts, j’ai des doutes ;-))

    Pour la politique d’acquisition personnelle, je dirais que nous avons tous une, peu ou prou, d’établie.
    Ce que je veux lire/voir (parce que j’en ai entendu parler), comparé à ce que j’ai déjà lu (ou que je possède déjà)… le tout en parcourant diverses sources d’informations.

    Pour certains, ce sera Livre Hebdo, Electre, Moccam, ou d’autres journaux, sites.

    Multiplication des sources d’information afin de « choisir ».

    Le plus agréable serait, bien sûr, d’avoir un endroit unique où arrivent les livres sur chaque sujet, afin d’attirer l’attention des acquéreurs sur ces titres de leurs domaines.

    Si tu sens monter un petit Pipe sur le dépôt légal récupérant cotation, année et mois, pour fournir un service du mois en cours… 🙂

    Pas sûr que la réalisation soit simple. Il n’empêche que la BNF dort sur un service, dont elle pourrait faire profiter beaucoup. Ce qui n’empêcherait pas la suite des avis des autres sources documentaires. Mais rien n’échapperait aux acquéreurs.

    Pour en revenir à notre sujet d’acquisition, je pense que tout le monde est acquéreur… sans le savoir. (Ni en faire son métier)

    De là à savoir si les outils pour les acquéreurs sont simples d’usage, lorsqu’il faudrait un seul logiciel capable d’intégrer les ressources de plusieurs fournisseurs (pas seulement Electre) pour permettre un tri/choix (+ celui aussi des collègues), je crains qu’on en soit réduit à pleurer après un agrégateur de documents (ou à la création de ces fils RSS, exportables bien sûr, d’où l’idée – que doit craindre Electre – de ne plus être qu’une source parmi de très nombreuses autres et non pas l’unique, ou presque, ressource pour bibliothécaires/documentalistes).

    Là aussi, facile d’imaginer que la saisie terminée d’une notice au « dépôt légal » (peu importe le pays d’ailleurs) génère automatiquement un fil RSS (avec la cote, ou si on pense au lecteur/usager, avec l’intitulé de la cote).

    Et quand je dis « dépôt légal », on peut fort bien l’imaginer dans une bibliothèque tout court.
    Mise en rayon du document, et hop ! un fil RSS… ce qui permet les abonnements, et la sélection/la réservation ou la demande à son fournisseur par un clic, etc.

    Simple et puissant, non ? :-)))

    Surtout que, quand on le génère pour soi, on le génère pour tout le monde.

    Et ça, des fils RSS, tout le monde est capable d’en produire, de manière automatique.
    (Twitter pour des documents numériques ? Mais pourquoi juste twitter ?)

    Voilà pour la réflexion du jour sur les « acquisitions » ;-))

    Bien cordialement
    Bernard Majour

  4. 15/09/2009 14:21

    @B. Majour :
    j’en reparlerai sans doute, mais certains services permettent de transformer des mails en RSS.
    Ce qui signifie que si vous vous abonnez par mail à Electre + Vigilibris, par exemple, vous recevez les nouveautés par mail, avec redirection automatique (grâce à votre logiciel de messagerie) vers un service de Mail -> RSS.
    Cela vous donne un fil RSS fusionnant deux sources.

    Mieux (je réfléchis en écrivant) :
    vous envoyez les messages venant d’Electre vers un fil RSS ; et ceux venant de Vigilibris vers un autre fil RSS.
    Chaque item de ces fils contiendra plusieurs titres.
    Donc grâce à Yahoo Pipes, vous traitez ces deux fils RSS pour découper chaque item, afin de n’avoir plus qu’un titre par item.
    Puis vous enrichissez chaque item pour proposer un rebond vers votre catalogue, et pourquoi pas d’autres catalogue (+ LibraryThing, etc.).

    Vous rajouter évidemment un ou plusieurs fils RSS issus d’Amazon et d’autres sources RSS.

    Vous dédoublonnez sur le critère d’ISBN si possible, ou de titre.

    Tout cela est relativement faisable à l’heure actuelle.

    Il me faudrait surtout réfléchir à la question suivante : comment rendre facilement utilisable un tel système.

    Mais songe que je réfléchis à tout ça… Et que l’Abes a un fichier robots.txt qui interdit toute indexation du Sudoc par un moteur web, et par conséquent toute génération de flux RSS sur les recherches dans le Sudoc. En dépit de mes efforts

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