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Internet et les nouvelles technolovies

27/09/2009


Je suis depuis plusieurs années marqué par les lignes suivantes (je vous laisse en trouver l’auteur) :

Je viens de changer le message sur le répondeur : quelques galets de mots trouvés dans la rivière d’un poème, choisis pour leur éclat et leur rondeur. Tout sauf un « message ». Le répondeur est ce qu’on a inventé de mieux pour résister au téléphone. Les techniques modernes pour relier les individus les uns aux autres visent toutes à une seule chose : réduire à l’extrême le délai entre un désir et sa réalisation. C’est une manière angélique de nier l’épaisseur et la lourdeur du temps. […] C’est pour préserver ce temps que je laisse le téléphone sonner et le répondeur réciter ses poèmes.

Internet (ainsi que les téléphones portables) est l’illustration par excellence de cette disparition de la distance et de la lenteur, la disparition de l’attente, la disparition « du désir et de sa réalisation ».

J’avais préservé l’idée qu’il fallait se méfier d’une certaine dépendance à l’égard d’internet, et s’assurer des temps de reculs, de repli, pour être encore conscients que le désir n’est pas toujours immédiatement suivi de sa réalisation.

Il me semble aujourd’hui que c’est aussi vain, ou presque, que d’apprendre à un enfant (en France) à endurer la faim, pour le jour où peut-être il devrait souffrir la guerre et ses privations.

Aujourd’hui la distinction dans mon existence entre phases connectées et phases sans réseau (auparavant : le train, les séjours en famille, etc.) disparaît. Le téléphone portable et la wifi omniprésente nous interdisent de concevoir un endroit sans réseau.

La réalité augmentée est presque pour tout de suite. De même que définir le web 2.0 aujourd’hui n’a plus grand sens, puisqu’il s’est fondu dans le web, ou plutôt que le web est devenu cela, de même on distinguera peut-être bientôt, non plus réalité et réalité augmentée, mais réalité et réalité diminuée.

C’est dans cette perspective que la phrase suivante prend sens : « Ce qui n’existera pas sur Internet n’existera pas du tout ».

Si dans une librairie vous trouvez un rayonnage de livres consacrés à l’histoire du Mali, et que dans les 15 ouvrages trouvés 2 ne sont liés à aucun compte-rendu de lecture, vous aurez assez à faire avec les 13 autres.

Si en soirée vous rencontrez 6 personnes, et que vous constatez le lendemain que l’une d’elle n’est présente dans aucun réseau social, que pourrez-vous savoir de lui ? (Mieux vaut l’ignorer et vous attacher aux cinq autres, qui offrent par leurs goûts déclarés et leur nombre d’amis une garantie que vous pourrez faire un bout de chemin avec eux.)

Et pourquoi serait-ce un mal ?

Nota Bene

Cela fait au moins six mois que je n’ai pas entendu quelqu’un me dire avec force : « Je suis convaincu qu’Internet, c’est l’avenir. » C’est une bonne chose, mais j’en garde en fin de compte une certaine nostalgie.

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20 commentaires
  1. B. Majour permalink
    27/09/2009 19:40

    Sauf qu’on peut trouver des gens capables de vivre sans téléphone portable (oui, à la campagne, les distances s’allongent, et la puissance d’émission augmente avec le carré de la distance… de quoi mieux se griller le cerveau au carré).
    Sauf qu’on peut trouver des gens capables de vivre sans une multiplication d’informations dans les réseaux sociaux, des gens pour qui l’Internet et la sur-information ne sont pas le centre du monde.

    A force d’occulter le monde, les enfants imaginent déjà que le poisson c’est un carré pané, que le boeuf c’est juste un morceau rouge sous Cellophane, et que le lait on ne sait même pas qu’il faut une vache pour le produire (une vache avec un petit !)

    « Et pourquoi serait-ce un mal ? »

    Tu as raison, ce n’est pas un mal. C’est juste un aveuglement.

    Hors du net, rien n’existe ?! 🙂

    Donc les pays du « dit » tiers monde n’existent plus, on en reste aux bons vieux stéréotypes de l’arabe nomade sous sa tente, ou du noir dans sa case, ou de l’hindou crevant la faim dans la rue, sans vouloir comprendre que, bizarrement, ils vivent exactement comme nous ! Pour la plupart… de ceux qui sont riches.

    Si ça paraît trop loin, on va juste rester au niveau du gars qui mendie dans la rue.
    Il est invisible.

    Peut-être avait-il un travail, une maison, une famille, Internet… la perte de l’un a entraîné la perte de tout le reste. Il n’existe donc plus.

    Et comme il est dans le froid, dehors, sans existence, il tombe malade, tousse sur ton chemin. Et tu tombes malade à ton tour… car la maladie, elle, n’a pas de frontière.

    Le Net, c’est plus net !

    C’est aussi une démarche de vieux que tu proposes : « Je ne vais que vers le connu, le référencé, l’indexé. » 🙂

    La nouveauté ? L’inconnu ?
    Au secours, où sont mes charentaises et mon silo d’informations. :o) (informations re-connues, approuvées et pas trop dérangeantes ?)

    La vieillesse, c’est un état d’esprit.
    La jeunesse, aussi !

    Quoi, une personne absente d’un réseau social ?
    Quoi, un livre sans compte-rendu, ça existe encore ?
    Quoi un coin que je ne connais pas, que personne ne connaît !
    Il faut l’explorer, le référencer, le vider de ses mystères.

    Car seule l’exploration permet l’avènement de la richesse, de la culture, de l’intelligence. Quoi d’autre encore ? De l’Homme !

    Ceci dit, je suis sans doute partial. 🙂
    Je n’ai ni les moyens technologiques d’un citadin, ni la possibilité d’avoir un service de qualité à l’endroit où je vis. Technolovice ?

    Bien cordialement
    B. Majour

  2. 27/09/2009 19:52

    @B. Majour : j’étais à peu près sûr que ce billet vous « arrêterait » et que je vous retrouverai dans les commentateurs !-)

    Je ne décris pas un état présent des choses, je ne m’amuse même pas à décrire le futur. J’ai simplement exprimé sous forme renforcée une impression d’ensemble sur ce que notre perception du réel est en train de devenir.
    « Notre perception » n’a rien d’homogène. Il y a tout un échelonnage de notre intimité-familiarité avec Internet.
    Moi-même, je n’ai toujours pas de téléphone portable (justement pour préserver cette distance, cette attente). Mais cela ne veut pas dire que je ne vais pas dans le sens que j’évoque.
    Bien sûr, il y a mille contre-exemples dans le monde, y compris en France. Du reste, quand je dis qu’on n’éduque plus un enfant avec l’idée qu’il aura peut-être faim un jour, c’est tout aussi faux : même en France, il y a des parents qui craignent la faim pour leurs parents.

    Mais j’ai aussi le souvenir du tome I de Fondation : ces historiens dont le seul travail est de confronter les travaux de leurs prédécesseurs pour tirer leurs propres conclusion, sans plus se confronter au réel.

    Si vous saviez le nombre de constatations que je fais sur notre société, sur les évolutions qui en fondent la tension, et qui me désolent !
    Je demande : « Pourquoi est-ce un mal ? » aussi parce que je n’ai pas forcément d’arguments pour justifier ce qui me désole. Et aussi parfois parce que je ne sais réellement pas si c’est désolant ou non.

    Par exemple : avec Internet, nous sommes capables d’une concentration moins importante (en intensité, en durée), en revanche Internet nous permet de réfléchir collaborativement. Donc ce qui est perdu peut être estimé regagné (et même dépassé) en terme de résultats (les conclusions de la réflexion collaborative), mais n’est pas forcément un gain pour chaque individu. Est-ce un mal ?

  3. 27/09/2009 20:24

    Peut-être dois-je préciser un peu mieux ce que j’entends par l’attente qui disparaît avec Internet.
    Aujourd’hui, quand j’apprends l’existence d’un livre susceptible de m’intéresser (que ce soit en le voyant dans une librairie, dans une bibliothèque, sur Internet ou en entendant qqun en parler à la radio ou en face de moi), et si je suis tenté de l’acheter, je vais dans la plupart des cas reporter mon achat à plus tard, le temps d’avoir trouvé des informations complémentaires sur Internet pouvant me déterminer ou non à l’acheter. Par exemple, je vais simplement m’assurer qu’il n’est pas dans ma bibliothèque de quartier (s’il y est, pourquoi l’acheter, n’est-ce pas ? ;-)).
    Mais pourquoi ne pas vérifier aussitôt après qu’il n’est pas disponible en torrent sur un site de P2P pour mon reader ?

    Ce report ne devrait plus avoir lieu d’être puisque
    1. les moments privés d’accès n’existeront plus
    2. tous les livres seront plus ou moins commentés qque part, pour peu que je sache chercher correctement. Dans « l’idéal », je photographie le code-barre avec mon portable et Google, Amazon ou LibraryThing, quel que soit le service auquel mon portable sera « relié », me donnera tout ce dont j’ai besoin.

    Puisque j’aurais pris l’habitude de demander confirmation de mes choix à Internet, je soupçonne que, les quelques fois où Internet ne me dira rien sur l’objet ou la personne que j’aurai en face de moi (comme recruteur, peut-être ?), je me hâterai d’oublier ces occasions pour me concentrer sur les autres.

    Et si je décide d’acheter finalement l’ouvrage, ou de recruter cette personne pourtant inconnue de Facebook, j’aurai le sentiment d’un risque, ce qui est encore une manière de laisser Internet influence ma perception du monde.

    Donc l’idée que ce qui n’existe pas sur Internet n’existera pas ne viendra pas d’une modification de notre usage d’Internet, mais d’une évolution de notre « usage » de la réalité.

    Tous ces verbes au futur ne sont évidemment pas des prophéties !
    Mais Internet a déjà les réponses à toutes nos questions quotidiennes (quel prêt immobilier ? quelle couleur de chaussures pour aller avec une robe rose, etc.). Tout ce qui nous manque, c’est l’opportunité de transférer à internet les questions que nous nous posons chaque jour, à l’instant où elles surgissent 😉

  4. bcalenge permalink
    27/09/2009 20:50

    @ Lully,
    Bizarre, je reconnais l’existence de cette influence d’Internet sur la réalité des choix et sur certains usages de la « réalité », pour vous citer.. Pourtant, la spontanéité des emprunts de romans sur les étagères des bibliothèques comme des achats de livres (au moins de poche) sans jamais avoir rien vu concernant ces titres sur Internet, bref cette flânerie personnelle qui connait parfois bien d’autres relations au réel (telle la recommandation tacite des livres présents sur le chariot des livres rendus), me parait quotidiennement très réelle !

    Votre raisonnement est biaisé : il suppose que les citoyens furètent sur Internet AVANT d’aborder la vraie vie, les vraies librairies et les vraies bibliothèques. Et s’il s’agissait plutôt de pratiques parallèles ?

    Quant aux vraies gens, j’ai le regret de vous dire que je n’appartiens à aucun réseau social, et que sur Internet on ne trouve rien de moi concernant mes amis ou mes passions, bref rien de social si ce n’est des éléments strictement professionnels. Je ne suis donc pas une personne ‘recrutable’ dans un cercle amical ? Vous faites bien peu de cas de la vraie vie, qui, reconnaissons-le, n’est pas seulement dans Internet, et bien peu de cas de la réalité des relations interpersonnelles…

  5. 27/09/2009 20:58

    @bcalenge : je parlais d’usages à venir, latents ou sous-jacents.
    Si dans 3 ans vous pouvez flâner dans les rayons d’une bibliothèque et scanner n’importe quel code barre pour avoir en deux clics quelques lignes de commentaires, qu’est-ce qui vous empêchera de le faire ?

    Remarque générale : dans quoi me suis-je embarqué ?!? Pensez-vous que je googelise toutes mes relations (personnelles, professionnelles et potentielles) ?
    Le « je » utilisé était plutôt « philosophique ». C’était une analyse (peut-être totalement erronée, du reste). Ce n’était pas un témoignage !

  6. MxSz permalink
    27/09/2009 21:05

    @bcalenge,

    Internet égal donc fausse vie, fausse librairie et fausse bibliothèque ?
    Je me disais bien aussi que nos portails étaient bidon…

  7. MxSz permalink
    27/09/2009 21:08

    @b. Majour,

    Vous dites d’Internet qu’il « occulte le monde ». Qu’est-ce que le monde ?

  8. 27/09/2009 21:26

    @bcalenge : un dernier mot sur votre phrase « Vous faites bien peu de cas de la vraie vie ».
    Je préfère le comprendre de votre part comme « Vous ne tenez pas assez compte dans votre réflexion de la vraie vie » que « Vous ne vivez pas vraiment ».
    Mais qu’appelez-vous la vraie vie ?

    Je vous propose le test suivant : la prochaine fois que vous prendre le métro, comptez à un instant T le nombre de portables en cours d’utilisation.
    Et pour tous ceux qui ne sont pas en train de téléphoner, essayez d’imaginer quelle proportion possède un portable dans le sac ou la poche.

    Compte tenu de l’évolution des portables, les constructeurs ne vont que favoriser l’accès à Internet avec cet outil, la simplification de la navigation, etc.
    Ce sont à ceux-là que je pense. Et je crois qu’ils sont autant « la vraie vie » que le plus ou moins fantasmé paysan bourguignon qui n’a ni internet ni portable quand il part aux champs. 😉

  9. Austremoine permalink
    28/09/2009 13:41

    J’aimerais disconvenir à mon tour avec mesure, surtout sur le « et pourquoi serait-ce un mal ? » :
    A titre professionnel je suis tout à fait passionné par l’utilisation d’internet, des blogs et des mille et un outils qui se révèlent chaque jour. Je n’ai mis à ce jour qu’un seul orteil dans un réseau professionnel mais j’en conçois l’intérêt, en tout cas à certains moments précis d’une carrière.
    A titre personnel je n’ai jamais possédé de téléphone portable et n’en vois pas la nécessité (je signale en passant que je ne souffre d’aucune phobie des ondes : j’ai simplement la phobie des dépenses inutiles et des comportements induits par la crainte de ne pas être dans le vent), et j’attends encore que l’on me démontre quel surcroît d’épanouissement peut apporter un réseau social à quelqu’un qui passe déjà les deux tiers de sa journée devant un écran. Si quelqu’un a déjà pris un pot sur Facebook, qu’il n’hésite pas à me le faire savoir.
    Effectivement, son portable en main, on gagne en immédiateté, en capacité d’improvisation. Mais que ne perd-on pas comme temps à consulter une messagerie et à recomposer des numéros pour renouer une communication coupée, alors que dans le même temps on pourrait observer, de façon tout à fait passionnante, ses vis-à-vis dans le métro en train de consulter fiévreusement leur messagerie. Ou même, allez, soyons fous, leur parler ? (non quand même pas dans le métro, faut pas pousser, mais disons dans le bus, par exemple).
    Internet, les portables, etc. ne demandent qu’à s’imposer à nous comme autant de besoins invincibles. Les commerçants qui s’en servent comme outils de vente ont tout intérêt à nous convaincre qu’ils sont devenus vitaux.
    A mon avis, c’est simplement faux. Les besoins auxquels répond Internet ont été, en grande partie, créés par lui. Le monde d’Internet est réellement passionnant, mais il est subordonné à la possession d’un appareil électrique pourvu d’une connexion et d’une alimentation. Si vous n’avez pas cet appareil, ou s’il n’est pas en état de fonctionner, ou si vous avez mal à la tête et que vous n’avez pas envie de l’allumer, vous vous rendez compte alors de ce qu’est vraiment la réalité.
    Alors « pourquoi serait-ce un mal » ? Parce que si j’en viens à croire vraiment que je « vis » sur Internet, que je « rencontre des gens » sur internet, si je ne considère plus internet comme un outil mais comme un monde, je suis en grand danger de me légumiser devant mon écran.
    Cela dit, Lully, je pense que vous êtes fort éloigné de cette végétalisation par le progrès.

  10. B. Majour permalink
    28/09/2009 23:39

    « MxSz a dit,
    Vous dites d’Internet qu’il “occulte le monde”. Qu’est-ce que le monde ? »

    Le monde, c’est tout ce qui nous entoure.
    Qu’on désire le voir ou non.

    Un morceau de viande ou de poisson, de crustacé que l’on retrouve dans son assiette, c’est toujours un animal que l’on a tué, égorgé, ébouillanté… d’une manière fort peu civilisée.

    Je ne vais pas dire que le Net est hors du monde. Il appartient au monde, mais on peut vivre sans. (Des millions, des milliards de personnes vivent sans ! 🙂 )

    Lully cite la psychohistoire d’Asimov, je connais nombre d’autres livres qui parlent de sociétés vivant dans l’ombre de quelques tours/dômes/villes sanctuaires à très hautes technologies. Des habitants technologues qui ne connaissent rien d’autres, et qui, en général, exploitent tous les autres, en s’arrogeant tous les droits, vie et mort comprises. (Si certains reconnaissent le motif de la race pure dans ce descriptif, ils n’ont pas tort. 😉 )

    Même sans aller jusque-là, lorsque Lully parle de sélectionner ses amis suivant leur notoriété, il oublie le facteur peur dans son équation. Celui qu’on ne connaît pas fait peur, parce qu’on ne le connaît pas. (le fameux « étranger », c’est lui : l’inconnu.)
    Est-il intéressant ? A-t-il les moyens de s’inscrire à ces réseaux sociaux ? Leur usage lui est-il facile ?

    Si on se penche sur le cas d’un aveugle, la réponse est non. Mais si on se rapproche un peu plus de l’étranger, de celui qui ne manipule pas la langue, ou qui a des difficultés avec les « périphériques d’entrées », on commence à sentir qu’une partie de la population est (volontairement ?) oubliée.

    Le Net c’est le territoire de 1984 d’Orwell… on réécrit l’histoire à volonté, on oublie le passé ou on l’arrange. Ça tombe bien, la technologie n’aime pas la mémoire des anciens. Aller de plus en plus vite, succomber à la facilité du vote pouce en l’air et ne plus lire que ces seuls articles, éliminer ainsi le souvenir, le passé, les gens qui pensent différemment. C’est très commode.

    Très commode pour les manipulateurs en tous genres.

    « Et pourquoi serait-ce un mal ? » demande Lully
    « Vous dites d’Internet qu’il “occulte le monde”. Qu’est-ce que le monde ? » rajoute MxSz.

    Regardons ce qu’est le Net.

    La carte est-elle le territoire ?
    L’autre est-il bien ce qu’il dit être ?

    Si j’en crois l’histoire de l’homme de 40 ans se faisant passer pour un vingtenaire, qui décroche un rendez-vous avec une jeunette de dix-huit ans… qui se révèle être une mamie de 70 ans. Force est de constater que le Net, c’est le monde des avatars.

    La mamie ne ment pas, elle a été jeune, avec ses dix-huit ans, sa photo magnifique (quelque peu retouchée, quand même, pour rester dans les canons de beauté en vigueur de l’époque moderne)

    N’est-il pas plus simple, aussi, de laisser l’autre entendre ce qu’il a envie d’entendre ?

    Sans compter la manipulation des mots.
    Sur le Net, tout le monde a le même pouvoir de sélection, de dialogue, d’expression. Sauf que, ce que dit une personne d’extrême droite, ou un ministre de l’intérieur en parlant de « l’étranger », n’a pas le même sens que sous la plume d’un humaniste ou d’un philosophe.

    Le monde, ce n’est pas la sélection des autres : c’est notre propre sélection.
    Au bémol près que ce devrait être une sélection éclairée, et non pas à la va-vite ou dans l’immédiateté.

    La technologie nous fait croire que tout peut être immédiat, à court terme, sans réflexion… mais c’est la porte ouverte à toutes les dérives. Qui peuvent partir d’un sentiment légitime : il m’est normal de sélectionner les amis que je connais, que je peux connaître, du plus renseigné vers le moins, avant celui qui n’est pas renseigné. Celui-là : « Mieux vaut l’ignorer », l’effacer, l’oublier… nier son existence.

    “Ce qui n’existera pas sur Internet n’existera pas du tout”.

    Voilà une autre histoire de SF qui me revient à l’esprit. Une ville contrôlée par un ordinateur central, qui connaît tout le monde dans la ville. Et l’ordinateur applique à la lettre cette injonction : “Ce qui n’existera pas sur Internet (dans ma mémoire) n’existera pas du tout”.

    Tout se passe très bien, les étrangers (mendiants) sont immanquablement éliminés, jusqu’au jour où un tremblement de terre dû à une guerre provoque un bug sur un disque dur… et des données sont perdues.

    “Ce qui n’existera pas sur Internet n’existera pas du tout”.
    Prend alors une toute autre signification.

    Elle en prend une autre si quelqu’un est capable de vous effacer d’Internet.
    L’Etat en a les moyens… il lui suffit de vous déclarer mort !
    Une seule petite case à cocher, et tout s’arrête. Comptes bloqués, plus de banque, plus d’argent, plus d’électricité, plus d’eau, plus d’Internet : tout s’arrête !

    L’Etat en a les moyens… Le Net en a les moyens, il lui suffit de vous ignorer (de ne pas vous indexer si vous êtes trop critique, trop opposant, trop emporté, trop terroriste verbal. 🙂 )

    Cette phrase est une phrase dangereuse.
    Comme le fait de sélectionner ses amis, ou des livres par rapport à leur « cote » sur le Net (ou même dans la vie).

    « Et pourquoi serait-ce un mal ? »

    Regardons juste ce qui arrive quand ce genre de « sélection » s’impose.

    Et mon couteau sous ta gorge ? Ta voiture qui brûle ? Ta chère bibliothèque qui se consume ?
    Comme je n’existe pas, ne peux pas exister… devine donc qui l’a fait !

    Tu cherches à m’éliminer, à m’invisibiliser, il ne me reste plus que la peur pour exister. (Si on pense aux banlieues, on est presque juste… on peut encore se tourner vers les jeunes qui font peur/agace les personnes âgées avec leurs cris, leurs mobylettes pétaradantes, les chansons dénaturées, leurs tenues vestimentaires déchirées, leurs piercings, leurs tags… leurs moyens d’expressions !)

    C’est un mal quand on est aussi aveugle, que l’on devient aussi aveugle sur ce qu’est le monde. Le monde dans son intégralité. Et les oeillières se revêtissent malheureusement très, trop vite.
    Et une fois mise, il faut vite un pied-de-biche pour les ôter. Vite avant une loi !

    Le monde, c’est l’autre. Tout l’autre.

    Dans ce qu’il est, dans ses maladresses, dans les pentes glissantes où il s’embarque. 🙂
    Dans l’oreille qu’on lui tire.

    Dans la sienne qui est tirée en même temps, quand on se reconnaît soi-même dans cet attentisme pour profiter du défrichage des autres, de ces veilleurs qui se dévouent pour éplucher, renseigner le… monde ?

    Mais si tous nous attendons, le Net n’existera plus !!!
    Sans renseignement, le Net n’existe pas !

    Et le monde ?

    Le Net n’est qu’un outil, un outil pour appréhender une (petite) partie du monde.
    Pour le reste nous avons cinq sens, et un cerveau.

    Plus notre libre-arbitre.

    Personne ne décide à ma place.
    Je n’abdique pas mes décisions et mes choix. Et je les assume.
    Devraient-ils déplaire à la majorité. 🙂

    Questions irritantes comprises.

    Bien cordialement
    B. Majour (qui lit ton blog Lully, si c’est ce qui t’inquiète :-)) )

  11. 29/09/2009 09:01

    @Austremoine : merci de m’accorder le bénéfice du doute quand à mon degré d’humanité :-).
    Par ailleurs, c’est une vraie surprise de me retrouver ainsi dans les raisons données pour ne pas avoir de portable.

    @B. Majour : j’ai fait une erreur stratégique en évoquant aussi l’humain dans cette relation au monde et à internet vers laquelle nous allons.
    J’aurai dû me contenter de nos perceptions des choses, c’était bien suffisant.
    Ma question, « pourquoi serait-ce un mal ? » n’invitait pas forcément à une démonstration que c’en était effectivement un. (Cela dit, vos explications là-dessus ont intéressantes et je ne les conteste pas forcément)

    Ce qu’il me semble, c’est que lorsque la réalité augmentée se sera réellement installée dans notre vie
    (au fait, je vais d’emblée réduire la population à laquelle je pense : je ne pense pas aux millions de Chinois dans leurs rizières, ni aux millions d’habitants des quartiers pauvres de Calcutta et Bogota ; je pense à ceux qui auront 15 à 40 ans vers 2015-2020, et qui habiteront dans des villes occidentales avec un niveau de vie moyen)
    lorsque la réalité augmentée se sera réellement installée dans notre vie, disais-je, elle ne sera plus (comme c’est le cas aujourd’hui) de l’ordre du bien ou du mal, elle sera de l’ordre de l’anodin.
    Exemple :
    Je (c’est un « je » quelconque, ce n’est pas « Lully ») passe devant un cinéma et j’ai 2 heures à perdre. Aujourd’hui, je n’ai la possibilité que de regarder les affiches.
    « Demain », j’aurai un numéro scannable avec mon portable (Rappel : je-Lully ne veux toujours pas de portable) sur chaque affiche de film. Photo -< interrogation de IMDb ou Allociné qui me rapatrie le résumé, la bande-annonce et les critiques presse et spectateurs.
    Cela vous semble-t-il terrifiant ?
    Mais aujourd’hui, ne lisez-vous jamais de critique de film avant d’aller au cinéma ?
    Cette action sera simplement fluidifiée !
    Ou, pour reprendre les termes de mon billet : avec la réalité augmentée, càd avec l’interaction permanente entre la réalité et toutes ces bases d’informations, le désir (aller au cinéma) trouvera aussitôt une confortation (ou une infirmation) sur internet. L’attente propre à intensifier le désir disparaît.
    Mais nous ne sommes plus dans le registre du bien et du mal. Nous ne sommes plus dans une dialectique morale : nous sommes dans le quotidien, le coutumier, et vous étonneriez beaucoup avec vos analogies avec Orwell (auquel j’ai pensé aussi, je vous rassure).

    Oubliez momentanément la question du choix des amis « réels » via Facebook. Ne pensons qu’aux choix « culturels ».
    J’ai acheté récemment Jérôme Baschet, L’iconographie médiévale, Paris, Gallimard, 2008 (lien fourni grâce au script de @symac, merci encore à lui !).
    J’en avais vu passer la mention dans une revue (étape 1).
    Quelques jours après, je suis allé sur Internet en chercher une description plus longue, pour conforter mon choix (étape 2). J’ai trouvé cette description, et dans la foulée j’ai acheté (sur internet) l’ouvrage (étape 3).

    Avec internet, vous voyez que les étapes 2 et 3 se succèdent immédiatement.
    Si l’étape 1 est détachée de l’étape 2, c’est parce que celle-là relevait « de la réalité, et celle-ci « d’internet ».
    Une connexion permanente et nomade à Internet m’aurait permis de glisser rapidement de l’étape 1 à l’étape 2. C’est la réalité augmentée.

    Mais vous devriez voir que le concept existe déjà. Sauf qu’il n’est pas « connecté ».
    Qu’est-ce que la réalité augmentée ? Ce sont des métadonnées relatives au monde, immédiatement accessibles, qui permettent d’enrichir ma connaissance et/ou ma perception du monde.
    Un touriste tournant autour du Panthéon avec un guide de voyage sous les yeux ne fait pas autre chose !

    Mais encore une fois, je ne milite pas pour cette évolution, elle me semble simplement évidente. Et je ne prétends pas ne pas me tromper, non plus.

    PS : au fait, vous le rappeliez vous-même, Internet, c’est nous.

  12. 29/09/2009 11:14

    Tiens, voilà ce dont je parle depuis tout à l’heure

  13. Isabelle permalink
    29/09/2009 13:51

    Cette évolution qui est/serait que sans internet et le portable nous n’existons pas n’est-elle pas déjà perceptible?
    Je suis frappée par certaines publicités qui veulent nous amener à penser que sans rester connecter à une technologie on ne vit plus. Je pense notamment à la dernière publicité d’un opérateur dans laquelle un groupe de jeune toujours attaché en grappe nous est présenté comme modèle. Et je promène le chien avec les copains, et je sors avec ma copine en restant littéralement attaché à mon groupe de potes…
    N’est-ce pas le signe que cela a déjà commencé?

  14. 29/09/2009 14:16

    @Isabelle : certainement.
    D’un autre côté, il est légitime qu’un opérateur m’explique que je ne peux pas vivre sans lui. C’est de la dialectique Pub, qu’on retrouve aussi chez les constructeurs de voitures.

  15. B. Majour permalink
    30/09/2009 00:26

    Bonsoir Lully

    Pour les millions de chinois dans leurs rizières, penchons-nous juste sur
    « Le compteur était il y a encore peu à 300, il vient de passer à 338… et on parle de millions. Le nombre d’internautes chinois explose ! »
    « Plus d’internautes chinois que de citoyens américains »
    http://blog.lefigaro.fr/chine/2009/07/plus-dinternautes-chinois-que.html

    N’oublions pas les indiens (Inde) dans le deuxième pays le plus peuplé au monde, et l’Amérique du Sud, ou encore les pays arabes… Ceci pour tordre le cou aux seules villes occidentales.

    Le Net, vers 2015-2020, ne sera plus « juste » occidental. :-))

    La réalité augmentée, comme tu le disais, est déjà là.
    Elle en emporte certains dans son sillage, d’autres s’en méfient… parce qu’il s’y trouve des pièges énormes. 🙂

    Le côté humain en est une composante, mais c’est aussi le côté de la foule… prête à lyncher et tuer sur une simple rumeur, fausse rumeur. Ceci en toute innocence, soit en se basant juste sur quelques informations parcellaires.

    Là, c’est inquiétant.
    Au temps de la surinformation, on se retrouve avec les mêmes mouvements de foules que jadis, lorsqu’on devrait trouver des gens plus éclairés, car plus informés.
    Les moteurs de recherche nous donne l’impression que nous maîtrisons l’information, mais on le voit bien, c’est tout l’effet inverse qui se produit. Trop d’informations.
    Nous recevons trop d’informations pour pouvoir canaliser ce flot vers quelque chose de digeste. 🙂
    On est débordé, on est obligé de se spécialiser dans quelques domaines précis.
    Et d’oublier les interconnexions entre les domaines, les liens qui les unissent tous.
    Au bout d’un temps, on va tous s’enfermer dans des niches.

    Mais revenons à ton exemple :

    Tu prends l’exemple d’un cinéma et de deux heures à tuer.
    Mais la réalité augmentée, ça va être un cauchemar… La machine ne va pas te présenter le film que tu scannes, mais l’interview de l’auteur, les comptes-rendus des derniers spectacteurs, celui de la star du moment (sponsorisée par une marque de lessive), star qui, cruche comme elle est, va dévoiler le nom du coupable. A moins que ce ne soit un membre du groupe des spoilers volontaires.

    Tu pensais avoir deux heures devant toi… Après avoir tout vu, il te restera juste le temps de rattraper ton bus, ton métro ou ton tram pour être rentré (soit au boulot, soit chez toi) 🙂

    Ta parles de pouvoir scanner une information, sauf que, on ne scannera plus rien, l’information sautera directement dans ton portable à peine t’approcheras-tu de l’affiche, léveras-tu le nez vers l’affiche (qui n’en sera plus une, mais une panoplie de toutes les affiches, t’offrant un mur d’informations)

    Auras-tu seulement le choix de dire : merci, les titres seuls me suffiront !
    C’est moins que sûr.

    Tu as déjà des blogueurs sérieux qui sont payés pour publiciser certains logiciels ou produits.
    Au moins pour les tester positivement. On t’offrira des packages gratuits d’information, plus celles que tu paieras pour démêler le vrai du faux et de la pub.
    Ce qui laissera toujours trop d’informations à trier. (au point de téléphoner à son meilleur copain, sa meilleure copine, pour demander : et toi, tu en penses quoi ?)

    Comme tu le précises, on lit souvent une critique de film avant d’aller au cinéma… Mais c’était avant twitter :-))
    Maintenant, on twitte : conseils pour aller voir film de X bien pas bien à fuir ?
    Et vlan, mille twits te reviennent en rafale. (on est connu, ou on ne l’est pas :-)) )

    L’action n’est plus fluidifiée, elle est explosive, agrégative, formant vite bouchon.
    Tu n’as plus la réponse d’une personne ou deux, mais celle du monde entier.

    Tu parles aussi d’exprimer l’envie d’aller au cinéma, mais demain tu auras des agendas automatiques qui calculeront en permanence le moment optimum pour voir le film, dans la salle la plus proche du lieu où tu seras, suivant l’affluence, le prix, etc.
    Grâce à l’interaction permanente entre la réalité et ces bases d’informations, tout cela sera possible.

    C’est vrai que cette réalité augmentée présente l’avantage de pouvoir suivre (presque en temps réel) certains produits culturels. (dans pas si longtemps, on pourra même les sponsoriser pour qu’ils soient créés… si on est assez nombreux à encourager, financièrement, l’auteur !)

    Et les avantages de la recommandation sont indéniables pour épargner son porte-monnaie ou pour s’aider à choisir. En même temps, la recommandation exclue ce qui ne l’est pas (recommandé). C’est le premier revers, qui nous conduit droit vers une uniformisation de la culture… parce que c’est facile, et que l’humain aime la facilité. (même si elle lui est préjudiciable)… Combien prennent leur voiture (ou les transports en commun) pour faire cent mètres, deux cents mètres, cinq cents… un kilomètre ?

    L’autre danger de la réalité augmentée, c’est, comme dans le proverbe chinois, ne plus voir le monde qu’au travers de son connecteur de réalité augmentée, sa lorgnette.

    Quand le sage montre la lune, l’imbécile regarde le doigt.

    J’ai l’impression que le doigt ressemble de plus en plus à un connecteur de réalité augmentée.

    Et si seulement tu étais le seul à dire « pourquoi est-ce un mal ? » :-)))

    Dépendre d’une machine, ça me déplaît. Surtout quand, comme le disait Austremoine, on cherche à nous l’imposer comme l’unique solution d’avenir, la seule voix d’accès au monde.

    Quelque part, Internet est un formidable outil, un excellent moyen de communication, ou même d’intelligence collective… ce serait bien que l’outil ne se transforme pas en une béquille collective pour des invalides de la vie.
    Ne plus pouvoir se passer d’Internet pour vivre, c’est déjà porter une béquille

    Et pourquoi serait-ce un mal ?

    Le problème, c’est que porter une béquille, ça veut dire qu’on a déjà perdu une jambe.
    Et quoi d’autre ensuite au niveau mental ?

    Méfiance, sous la facilité, il y a toujours un renoncement.
    Et ce genre de renoncement, ce n’est jamais bon pour la santé de l’Homme.

    Ceci dit, je ne doute pas non plus de ton degré d’humanité :-)))
    Ou de ta volonté de défricher le monde.

    Bien cordialement
    B. Majour

  16. 30/09/2009 12:33

    ouaaa…. ca extrapole dur ici !!!! sur des trucs qui n’existent même pas encore… Bien malin celui qui peut affirmer ce que sera effectivement la vraie réalité augmentée « commerciale » .

    Pour moi c’est plus la lunette de Vegéta (dragon ball Z) ou de Robocop, qu’un code barre pour mon portable …

    Comme tout outil il faudra savoir s’en servir et apprendre une certaine forme de distanciation… Il en était de même pour la télé et … aussi pour le couteau qui je vous le rappelle peut servir à tuer… ( et je vous parle pas de la tronconneuse 😉 )

    Mais dit on pour autant que « le couteau c’est mal » ???

    non

    « la télé c’est mal » … certains le disent

    Les jeux vidéo et le manga c’est mal…
    Internet c’est mal ….

    Vous voyez ou je veux en venir ????

    C’est avec le temps que vient l’acceptation et surtout la distance par rapport à l’outil (ou peut être sa banalisation). Comment un outil peut il intrinsèquement porter une valeur en lui ??? (à part peut être un outil de torture exclusivement destiné à cet usage… mais personne ne vous force à l’utiliser 😉 )

    Le débat sur « exister » n’a, à mon sens, rien a voir , il se place sur un champ philosophique… Est ce qu’exister passe par une visibilité , est ce qu’on existe à travers le regard des autres ??? Pour certains oui …

    Mais pour ma part Je ne crois pas, on peut exister sans internet, sans télé, sans aucun bien matériel même … On peut exister pour soi, juste parce que vivre peut suffir… Vivre est déjà une forme de bonheur en soi …

    Exister est un état d’esprit, être heureux est un état d’esprit …. le reste c’est du marketing… Indispensable ??? une illusion que le système entretien pour pouvoir exister et légitimer une forme de fuite en avant …

    Je passe ma vie sur le Net, mais une chose est sure, ca n’a rien d’indispensable, même si tout comme le portable ou le couteau … C’est quand même bien pratique 😉

    Perdre son humanité ou basculer du coté du mal … lol… Ça n’appartient qu’à chacun, ca ne sera jamais l’apanage d’une technologie, c’est une excuse pour rejeter la responsabilité de notre société entière (ou notre responsabilité d’individu) sur un élément bien identifiable à prendre pour cible, une forme de bouc émissaire sur lequel les passions peuvent se déchaîner. Ce qui est bien commode mais ne résout jamais rien

    … Les gens aiment la facilité certes … mais pas tous, car de plus en plus ont conscience de ces pièges non ???

  17. 30/09/2009 21:38

    Bon, on est parti un peu en vrille, là, je pense qu’il vaut mieux s’arrêter.
    Ce qui m’intéressait au départ, c’était vraiment cette disparition progressive entre le désir et sa satisfaction, la disparition d’une certaine attente qui donnait à éprouver l’intensité du désir.
    Il y a une certaine densité à attendre désespérément son conjoint le soir, sans comprendre qu’il n’arrive pas — c’était un simple embouteillage, et le portable vous a rassuré tout de suite. Fin de la sensation à peine commencée.
    Cela n’a rien à voir avec la réalité augmentée, mais c’est une illustration différente de ce qui m’occupait.

    Nous sommes partis dans un débat qui ressemblait un peu à pour/contre internet.
    Ce n’est peut-être pas le bon endroit pour parler d’autre chose que de technologies 😉 ! (sur un autre site, la conversation aurait peut-être évolué différemment)

    Au fait, pour ceux que ça n’intéressait pas : la citation était de Christian Bobin, Autoportrait au radiateur.

  18. 01/10/2009 09:35

    d’accord avec vous 😉

    Tout en le critiquant j’ai participé au troll !!! Le sujet était quand même intéressant malgré notre « déviance » !!!

    En tout cas ce blog est vraiment riche et intéressant !

    A tel point qu’on pourrait presque organiser un atelier « geeko philosophico biblio blogueur » !!!

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