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Lully ?

22/10/2009

3 billets chez le Pirathécaire, avec quelques relans (ou relais ?) sur Twitter et Facebook me rappellent une discussion ayant déjà eu lieu je ne sais plus où au sujet de l’anonymat dans les biblioblogs (et ailleurs si vous voulez).

Comme j’y retrouve certains arguments, mais pas ma propre position, j’en profite pour vous faire profiter de mes réflexions ;-).

Le pseudonymat

D’abord, je revendique le concept de pseudonymat et non d’anonymat. Non, je n’ai pas inventé le mot (mais j’ignore comment les autres l’utilisent).

J’y vois deux différences essentielles avec l’anonymat :

  1. il y a une identité réelle, je veux dire par là une continuité dans le discours, qui permet aux lecteurs d’un auteur-pseudonyme d’avoir accès à l’histoire de son discours, à y retrouver les récurrences et les évolutions.
  2. celui qui prétend que, en utilisant un pseudonyme, j’empêche quiconque d’avoir accès à moi pour me reprocher mon discours n’a jamais essayer de me contacter. Vous voyez le lien Contact dans la colonne de gauche ? C’est à ça que ça sert. Et lorsqu’on m’écrit, je signe de mon « vrai nom » (sauf si celui qui m’écrit n’utilise pas le sien : y a pas de raison !)

Que celui qui a essayé de me contacter sans obtenir de réponse s’avance : j’aurai le choix entre le confondre… et lui répondre (car il m’arrive d’oublier des mails, c’est vrai !).

A quoi ça me sert ?

Fondamentalement : à rien. J’ai créé « Lully » parce que ça me semblait participer des règles d’usages d’Internet (à l’époque !), ou la balance n’avait pas encore peser dans l’affichage de son nom civil. Je voyais passer autant de pseudonymes que de vrais noms.

Si aujourd’hui j’affichais ma civilité, je serai dans la même problématique que ces jeunes femmes qui publient sous leur nom de célibataire, puis se marient et doivent déterminer quel sera à l’avenir leur nom de plume.

Le saut est possible (et pas si douloureux) mais il y aura tout de même une rupture dans la production.

Je lutte contre Google !

En fait non, mais je vous explique tout de même.

Tel que, moi, j’utilise Internet (mais je n’incrimine personne d’autre), il m’arrive de googeliser certaines personnes, notamment lorsque j’entre en contact pour la première fois avec elle. J’ai ainsi le sentiment de les situer.

Je m’efforce, par principe et sans considération de contenus, de réduire la quantité d’informations autour de mon nom lorsqu’on effectue une recherche Google. Si vous me cherchez sur Google, vous ne trouverez que des infos dont je ne suis pas maître, où je n’ai pas fais moi-même l’oeuvre de publication en ligne (sauf sur HAL, mais c’est tout de même particulier).

Le pseudonyme ici n’a rien à voir avec une question de courage ou de lâcheté : vous pouvez constater que les polémiques y sont rares, et peu dangereuses (pour ma carrière comme pour ma personne). Ce que je veux obtenir, c’est que la connaissance que les lecteurs aient de moi passent nécessairement par la lecture de ce que j’écris : ce n’est qu’en lisant les billets de ce blog que l’on peut (assez facilement, d’ailleurs) remonter jusqu’à mon nom.

Mais il faut en passer par cette lecture : le nom s’obtient en second lieu, quand, finalement, il n’apporte rien de plus… qu’un nom.

Je mentionnais récemment, sous un autre angle, cette attente dont Internet nous dispense (et prétend nous dispenser). Pour ma part, je considère cette attente comme une richesse. Donc j’essaie de la préserver à mon niveau.

Ca marche aussi dans l’autre sens

Si vous cherchez « Lully » sur Internet, cela ne vous apportera pas ma production. De la même manière, il faut fréquenter les lieux que je fréquente pour réussir à me retrouver. Bref, avoir déjà des affinités pour s’en découvrir de nouvelles et mieux se connaître. Alors que si vous cherchez « Sophiebib » sur Internet, vous tombez immédiatement sur Desperate Librarian Housewife.

En définitive, il me semble que l’association entre mon nom et mon pseudonyme n’est possible qu’après coup, quand la personne a cessé de s’y intéresser pour se concentrer réellement sur les contenus (mon travail d’un coté, mon blog de l’autre).

Je n’ai qu’un seul amour, mais j’ai bien deux identités

Mais à l’usage, je trouve qu’il y a une logique forte à préserver ainsi deux identités, l’une civile et l’autre virtuelle.

En effet je n’aborde pas ici directement les problématiques liées à mon boulot. Et je peux m’y emparer de sujets qui ne me concernent pas dans mon travail. Sans risque de confusion dans un sens ou dans un autre.

Et autour de moi, je n’ai aucune aura de geek (que je ne mérite pas de toute façon, mais je vous mitonne un billet à ce sujet). Donc pour moi comme pour les autres, j’ai bel et bien deux identités.

Je ne veux inciter personne à utiliser un pseudonyme plutôt que son nom civil pour bloguer, mais il me semble important de préciser pour quelles raisons j’y trouve une richesse, et des raisons de continuer.

Pour en finir avec la lâcheté

  • Quand j’ai ouvert mon premier blog sous le nom de Lully, c’était un blog de numismatique médiévale. J’étais loin d’envisager des problématiques de « risques ».
  • L’URL d’Encore un Biblioblog apparaît sur mon CV.
  • Je n’ai encore jamais porté aucun sujet « dangereux ».
  • Je suis joignable facilement, et je réponds systématiquement (en tout cas j’essaie !)

Bref, je ne me retrouve jamais dans cette question d’assumer ou non ses écrits. Je les assume, il n’y a aucun problème à cela. D’ailleurs, je ne vois même pas de raison à ne pas le faire.

Pour finir

Si je lis le blog d’une personne affichant son nom, que sais-je de plus sur elle ? Son nom.

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5 commentaires
  1. pirathecaire permalink
    22/10/2009 17:42

    Merci beaucoup pour ce très intéressant billet! En fait, non seulement est-il pertinent en soi, mais c’est un excellent complément à mes propres billets. Parce que bon, bien que pirathécaire intéresse essentiellement pour l’instant des professionnels de la documentation, c’est un blogue que j’ai aussi imaginé comme un outil (éventuel) de vulgarisation, présentant les thèmes et les préoccupations des bibliothécaires, et une position (la mienne) parmi d’autres. J’avais ainsi décidé de mettre de côté certains éléments de discussion par souci de faire court.

    Votre exemple est vraiment une illustration concrète de plusieurs aspects de l’anonymat (au sens où vous entendez pseudonymat) qui m’intéressent et qu’on ignore bien souvent, du moins au Québec. J’aime particulièrement cet extrait:

    «En définitive, il me semble que l’association entre mon nom et mon pseudonyme n’est possible qu’après coup, quand la personne a cessé de s’y intéresser pour se concentrer réellement sur les contenus (mon travail d’un coté, mon blog de l’autre).»

    La crédibilité basée sur le contenu plutôt que sur l’identité. J’adhère complètement! On est si facilement distrait et influencé par une personne dans notre réception de son discours! C’est un principe qui «commence» seulement à émerger chez nous, au Québec (il est pas trop tôt!).

    Enfin, merci encore! 🙂

  2. 22/10/2009 18:06

    @pirathecaire : le plaisir est pour moi ! Vous m’avez donné l’énergie pour expliciter enfin mes propres raisons.

  3. pirathecaire permalink
    23/10/2009 04:51

    @Lully: Alors tant mieux! 🙂

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