Skip to content

Pédagogie, geeks et technophobes

31/10/2009

J’ai écrit un billet récent sur des comparaisons de listes grâce à Excel. Mais au lieu de le lire, allez plutôt voir le billet de Bertrand Calenge sur la même fonction Excel : il part d’une situation sans doute plus fréquente en bibliothèque (et à laquelle je n’avais même pas pensé : ici les acquisitions sont prises en charge par le module Acquisitions). Il sera donc plus utile à beaucoup de collègues.

(D’ailleurs, ce n’est pas la fonction Excel qui est le sujet de son billet, mais bien la réception des ouvrages en bibliothèque. Donc en fait ça n’a rien à voir avec le mien 🙂)

Il confirme ma conviction la plus profonde : il n’y a qu’une seule bonne manière de s’intéresser à l’informatique, c’est de s’intéresser d’abord aux tâches courantes, et de voir ensuite comment l’informatique peut les alléger.

C’est sur ce terrain-là — et il est vaste — que se rejoignent geeks et technophobes (sachant que je ne suis pas geek et que Bertrand Calenge n’est pas technophobe ;-))

Et c’est aussi un principe pédagogique à garder en tête quand on présente un outil (ou n’importe quoi) : ne pas présenter l’outil en tant que tel, mais la vie des personnes formées, telle qu’elle sera (transformée) avec cet outil.

Toute explication technique qui ne se rattache pas à un besoin immédiat du lecteur/auditeur est nécessairement, au moins en grande partie, gâchée (non écoutée, non entendue, non comprise, oubliée).

Advertisements
10 commentaires
  1. B. Majour permalink
    01/11/2009 15:50

    « Il confirme ma conviction la plus profonde : il n’y a qu’une seule bonne manière de s’intéresser à l’informatique, c’est de s’intéresser d’abord aux tâches courantes, et de voir ensuite comment l’informatique peut les alléger. »

    Je ne suis pas d’accord avec ta conviction – enfin pas entièrement d’accord. 😉

    Je vais juste te rappeler la chronologie des faits :

    – Tu as proposé la fonction Nb.Si pour un usage de comparaison entre deux listes

    [parce que tu l’utilises pour certaines raisons que tu n’as pas indiquées…
    « Je dois régulièrement comparer des listes de valeurs ». Why doctor ?
    Pour toi elles sont évidentes, pour le lecteur (ou ceux que tu formes) elles ne le sont pas. Et si tu cherches la faute de communication, elle est là :-). Tu n’as pas le contexte.)

    – Bertrand Calenge s’en est emparé pour l’utiliser à sa façon. (dans son contexte)

    [Comme je m’en suis emparé à ma façon (pour épurer ma liste de « livres à acquérir » sans utiliser Access). Je l’utiliserai aussi pour comparer mon fonds BDP, ceux que j’ai en plus, ceux que je n’ai plus. Et pour d’autres usages.]

    Tu remarqueras le verbe « s’emparer ». Faire sien.

    La bonne manière d’intéresser à l’informatique, c’est de permettre aux gens de s’emparer de « quelque chose » pour leur usage. Pour leur usage .

    L’informaticien ne peut pas connaître tous les usages. Il peut jouer du Merise sur les tâches courantes, en alléger certaines… jusqu’au changement de logiciel suivant. 😦
    Cependant, il n’allège en rien les usages (masqués, internes) des utilisateurs, tant que ces derniers ne se sont pas emparés de.

    C’est comme pour tes Pipe-lines, on comprend très mal leur utilisation (donc leur intérêt) à cause du contexte manquant.

    Quel était le problème ?
    Quelles informations présentes dans le tuyau ?
    Que voulait-on obtenir ?

    Pour l’instant, tu as tendance à dire :
    J’utilise cette formule/cet outil pour répondre à telle problématique.
    « Je dois régulièrement comparer des listes de valeurs ».

    En oubliant le contexte, la profondeur de la problématique.
    Pour quoi, dans quels buts, quelles circonstances.

    Je le sais, de part le métier, c’est un réflexe d’informaticien qui parle à ses pairs.
    Mais, c’est comme si tu disais : j’utilise des chaussures de telle marque. Point.
    Ou : pour mieux marcher, j’utilise des chaussures de telle marque. Point.

    Tâche courante s’il en est. 🙂

    Sauf que, sans le contexte, c’est une information qui tombe à plat. Hormis pour les spécialistes ou amateurs de la marche.

    En ville, à la montagne, à la plage, pour danser, j’utilise des chaussures de telle marque. Ça change tout.
    Et tant mieux si, après tes conseils, quelqu’un rodéote avec.

    Contextualise, et tu permettras aux autres de se retrouver dans ce que tu dis.
    Car il est plus facile de changer ou d’adapter un contexte que de se demander : ouh la, de quels cieux a bien pu tomber cette formule ? Quelle en est l’utilité ? Qu’est-ce que je vais bien pouvoir en faire ?

    Avec le contexte, tu as l’utilité immédiate.

    Et là, j’en suis presque à dire : allez, monsieur Lully, raconte-moi l’histoire avant la formule ! 🙂

    Bien cordialement
    B. Majour

  2. 01/11/2009 17:06

    @B. Majour : en fait, ce que vous me dites, c’est que vous êtes d’accord avec ma conviction, mais pas avec la manière dont je la mets en pratique… Ce qui est encore autre chose !

    Je vais essayer de revoir ma pédagogie, car depuis le temps qu’on m’assurait que j’étais clair, je trouvais ça suspect.
    Mais tout de même…

    (Attention : je suis quelqu’un de susceptible et de reconnaissant, càd que je réagis souvent à chaud en me vexant, mais tout en finissant par reconnaître le bien fondé des remarques. Là, vous avez une réaction à chaud.)

    Si je cherche « pipe » (pour « Yahoo pipes ») sur mon blog, je trouve :
    1. la manière de produire le Bouillon : bon ça, ça intéresse qui voudra et on voit en tout cas bien à quoi ça me sert, et je vois bien aussi que ça n’est pas réutilisable immédiatement. Mon blog me sert à documenter mon boulot, point.
    2. les tutoriels Yahoo Pipes. Là, je l’avoue, je n’ai pas trouvé mieux que de passer du temps à présenter certaines fonctions spécifiques. Mais en vidéos de 5 minutes max, et vu la complexité des fonctions, je ne voyais pas comment, pédagogiquement, vous expliquer en une leçon comment produire des flux RSS sur les listes de résultats Sudoc ou Decitre
    3 Le fil RSS du Sudoc : dois-je expliquer à quoi ça peu servir d’avoir un fil RSS Sudoc ?
    4. Outils pour la recherche d’emplois. Là encore, la nécessité d’une justification m’étonne.
    5. Le taux de recouvrement de mes ISBN par Amazon et Google Book Search : j’ai expliqué à quoi ça pouvait servir (choisir un fournisseur de couvertures ou de feuilletage pour son opac).
    6. Une manière d’utiliser plus facilement Mir@bel : pour suivre la mise à jour des états de collection, on indique sa liste d’ISSN, et il fusionne toute une série de flux RSS produits par Mir@bel afin d’avoir une veille unique sur ses revues électroniques en sciences humaines. Là encore, je ne vois pas l’utilité de justifier au-delà (d’autant qu’il n’y a pas d’histoire : moi-même, je n’ai pas l’usage de ce pype, je ne l’aurai que si j’étais responsable de documentation électronique en sciences humaines).

    Bref, en dehors des tutoriels, je ne comprends pas votre remarque (« C’est comme pour tes Pipe-lines, on comprend très mal leur utilisation (donc leur intérêt) à cause du contexte manquant. »). Mais sans doute êtes-vous comme moi : avec d’excellents principes et convictions, il vous manque parfois de préciser encore votre pensée pour être parfaitement compris.

    Si vraiment ce sont les tutoriels qui vous gênent : c’était très ambitieux de ma part de me lancer dans ces tutoriels.
    C’est évidemment au-delà des besoins et préoccupations de la plupart des collègues de bibliothèques. C’est surtout au-delà de mes compétences pédagogiques.
    Mais le « modèle » de mode d’emploi pour un tel outil reste à inventer : la documentation est très lacunaire, et surtout elle était largement absente en français (en particulier pour les usages que j’en faisais). J’ai aussi visé au-delà du lectorat habituel, pour des « manipulateurs de données » en général.
    Tout de même, j’ai pu voir que certains y avaient pris ce qu’ils voulaient. Et cela, ça ne va pas contre ma « pédagogie », puisque leur appropriation était mon but unique.

    Ah oui, l’utilisation de la fonction NB.SI.
    Quelques exemples ? Tout le temps, vous dis-je — à peu près autant que la fonction SOMME (voire plus, puisque pour la somme simple, il y a la calculatrice Windows, tout de même 😉
    Exemples :
    1. comparer les nouveautés Amazon, Electre et Vigilibris sur la discipline Droit pour 2 semaines de parution d’ouvrages (donc 3 listes de 80 à 150 titres environ) environ.
    2. donner à un collègue une extraction à jour de l’annuaire du SCD pour qu’il mette à jour ses listes de diffusion.
    3. initialiser notre nouveau SIGB en listant les champs Unimarc qui y sont déjà paramétrés par défaut, confrontés aux champs listés dans le guide de catalogage dans le Sudoc.
    4. Lister les invités de mon mariage auxquels je n’ai pas envoyé de faire-part de naissance (oui, l’informatique me rend aussi de grands services dans ma vie privée).

    Je vais m’arrêter là : j’ai eu la sagesse de renvoyer au billet de Bertrand Calenge (« allez plutôt voir »), parce qu’il était mieux incarné que le mien. Justement parce que j’étais conscient du flou de mon billet pour cet aspect-là.
    Laissez-moi donc avoir raison contre moi, au moins !
    Notez enfin que mon tuto était suffisamment bien fait pour permettre à Bertrand Calenge de s’en emparer. Ce qui était là aussi mon seul but…
    Si bien que si mes tutoriels sont insuffisamment contextualisés, mais permettent néanmoins aux lecteurs de s’en emparer… Ma foi, je ne vais peut-être pas changer de méthode, finalement.

    Bien cordialement,
    Lully, susceptible (hélas !)

  3. 01/11/2009 18:40

    Ah oui : du temps que je travaillais à Jussieu et que j’administrais le portail documentaire Jubil, je comparais régulièrement des ISSN de revues en ligne données par les fournisseurs aux ISSN déjà dans la base, pour savoir quelles notices devaient être actualisés et quelles notices devaient être chargées.
    Finalement, il valait mieux que je ne donne pas trop d’exemples : c’est peu représentatif et tend à donner une idée restrictive des applications possibles, non ?

  4. Stéphanie permalink
    01/11/2009 21:28

    Allez, je me dévoue pour le commentaire « flatterie » 😉 (mais j’opte pour la version courte).
    J’ai visionné tes tutoriels sur Yahoo Pipes cet été.
    1. je les ai trouvés très bien faits (la preuve : j’ai réussi à créer mes propres flux en suivant tes explications)
    2. j’ai compris, en apprenant à faire, que cet outil pouvait m’être utile. C’est parce que je me suis approprié l’outil que j’ai eu l’intuition de ses applications potentielles, et non l’inverse. Acquérir la technique permet aussi de « penser plus loin » en ouvrant de nouvelles perspectives.

  5. 01/11/2009 21:49

    @Stéphanie : Merci beaucoup, j’en avais bien besoin 🙂

  6. B. Majour permalink
    02/11/2009 16:00

    Salut Lully

    Ah oui, tu es chatouilleux, au sortir du week-end ? :-))

    Ai-je dit que tes billets étaient mal conçus ?
    Ai-je dit qu’il était impossible de s’emparer de ce que tu présentes ?

    Non.
    C’est même le contraire. 🙂
    A un poil près.

    Par contre, perso, je trouve singulier que tu parles de ta conviction profonde en découvrant le billet de Bertrand Calenge. Au point de dire qu’il n’existe qu’une seule bonne manière de s’intéresser à l’informatique.

    Stéphanie a résumé, en mieux, ce que j’ai ressenti aussitôt :
    « 2. j’ai compris, en apprenant à faire, que cet outil pouvait m’être utile. C’est parce que je me suis approprié l’outil que j’ai eu l’intuition de ses applications potentielles, et non l’inverse. Acquérir la technique permet aussi de “penser plus loin” en ouvrant de nouvelles perspectives. »

    Pour tes exemples, je vais juste retenir celui-ci (même si le truc pour le mariage est bien plus intéressant pour l’usager lambda) :

    « 1. comparer les nouveautés Amazon, Electre et Vigilibris sur la discipline Droit pour 2 semaines de parution d’ouvrages (donc 3 listes de 80 à 150 titres environ) environ. »

    Là, ça veut dire que tu veilles.

    A comparer trois listes de différents fournisseurs, Nb.Si te renvoie les livres les plus « cotés »
    (valeur 3, 2, 1)… Ceux à 3 sont-ils à acheter en priorité ?

    Voilà un intérêt plus immédiat de la formule.

    Comme tu l’as exprimé dans ton début : Bertrand Calenge part d’une situation
    (moi, je l’appelle contexte, mais pourquoi pas le mot situation 🙂 )

    La situation aide à comprendre.
    C’est vrai, son revers, c’est de dire : j’en ai peu (de situations) à montrer, donc
    « Finalement, il valait mieux que je ne donne pas trop d’exemples : c’est peu représentatif et tend à donner une idée restrictive des applications possibles, non ? »

    Oui et non.
    Oui, ça peut paraître léger dans les applications.
    Non aussi, car, sans exemple, la faculté analogique a du mal à s’ouvrir… Et là, ton exemple sur la liste de mariage est vraiment intéressant pour montrer le débordement vers d’autres horizons.

    Je reviens (courtement ?) sur les pipes.
    Avant l’introduction pour trier le bouillon, je n’en voyais pas l’utilité. (Mais c’est vrai, je ne travaille pas en BU… Sudoc, Mir@bel, Electre & Cie, autant d’éléments dont je n’ai pas l’intérêt/l’usage, a priori.)

    Sauf qu’avec le bon contexte du bouillon (bon, car parlant pour moi :-)… au-delà du pipe offres d’emploi, dont l’usage me semble relever du restrictif), j’en conçois nettement l’utilité.

    Trier des fils RSS, sur des critères (par exemple les « http » dans les fils twitter), ça vaut le coup de s’y pencher.

    Idem dans la veille, où on peut regrouper plusieurs dizaines de fils RSS (à combien Yahoo Pipes est-il limité) et ne sélectionner que quelques mots clés. (Roman, BD)

    Trier sur un seul fil plusieurs sources d’information.

    Le Yahoo-pipe est une trieuse.
    Une trieuse et regroupeuse. (quand elle marche, le message malforme engine apparaît un peu trop souvent à mon goût)

    Plusieurs bibliothèques émettent un ou des avis sur des livres.
    Avec un fil RSS sur chacune d’elles, on regroupe la totalité des avis sur un seul fil Netvibes par exemple.

    Problème majeur, à mon avis, les éléments présents dans le fil RSS. Car le tri va en dépendre.

    Cependant, les bibliothécaires possèdent là un moyen important pour générer du contenu mutualisé, à destination de l’usager… ceci, sans changer leur manière de travailler en interne. (il leur suffit de s’entendre sur les éléments présents : BD ado, adu, jeu, album, RO, ROJ… par exemple)

    Intéressante perspective où il suffit de remplir son propre site pour alimenter une ressource nationale.

    Pour finir. Revoir ta pédagogie ?
    Et pourquoi donc ?

    Il y a de hautes chances, qu’en direct, tu places les gens en situation (dans un contexte, dans le début d’une histoire)… ça manque, parfois, sur ton blog.
    Parfois, et c’est tout. 🙂

    Ma réponse n’était pas une critique de ta pratique, juste ce dernier petit poil de manque pour ouvrir tes solutions à plus de monde.

    Bien cordialement
    B. Majour

  7. 02/11/2009 17:12

    Bon, je suis chatouilleux tout le temps. C’est mieux de le savoir — mais il est tout à fait légitime de ne pas en tenir compte non plus !

    Les exemples d’usages que tu donnes de Yahoo Pipes sont réels. Sauf qu’en fait ce ne sont pas les miens.
    Pour moi, Yahoo Pipes est devenu un outil de traitement de données, beaucoup plus largement que de la simple production de fils RSS. De ce point de vue là j’ai du mal à revenir sur terre parfois.

    Fusionner des fils : je ne crois pas que Yahoo Pipes indique une limite. Je n’ai jamais eu besoin d’aller au-delà de 20, mais je crois sans problème qu’il peut en absorber 150. A condition que la manière de les lui faire avaler ne soit pas trop lourde (gérer la liste des 150 flux sur une page web, et indiquer à Yahoo de venir la chercher là, c’est à mon avis le plus simple).

    Mais en fait la question est plus large : à quoi sert ce blog ?
    A transmettre des compétences d’une part. Mais aussi à documenter « dans le vide ». Je veux dire par là que je suis convaincu (c’est aussi une conviction profonde) que quand on bidouille des trucs, il faut les expliquer. Ici ou ailleurs, pour soi et/ou pour les autres, pour ceux qui prendront ce qu’ils pourront.
    Un même lecteur peut passer trois fois sur ce blog : la première fois en se disant « J’ai rien compris », la seconde en se disant « C’est vraiment intéressant, ce qu’on peut faire avec », et la troisième en disant « Cool, maintenant je suis capable de faire pareil, voire mieux ». Mais le passage d’une étape à l’autre ne peut pas passer que par la lecture de ce blog : pour atteindre l’échelon supérieur, il lui faudra lire ailleurs, parfois un peu, parfois beaucoup.
    Les chemins de la connaissance sont longs, arides et multiples.

    Quelques réponses de détail :
    mes comparaisons d’ISBN, ce n’est pas parce que je fais de la veille : c’est parce que j’essaie de comparer différentes manières de veiller, pour comprendre quelle serait la manière de procéder la plus pertinente pour un acquéreur.
    Et de développer des outils en conséquence : en utilisant les sources de dernières parutions les plus adéquates, en les fusionnant, les dédoublonnant, les enrichissant, etc.
    C’est un projet lourd qui m’intéresse beaucoup. Et qui exploite les pypes. Loin d’être fini, mais je commence à voir à quoi ça pourrait ressembler.
    Ce n’est pas pour mon propre usage que je le fais, cela dit.

    Tu écris : « Il y a de hautes chances, qu’en direct, tu places les gens en situation (dans un contexte, dans le début d’une histoire)… ça manque, parfois, sur ton blog. »
    C’est ce que je crois aussi : en formation, j’ai besoin de connaître les centres d’intérêt et les compétences des personnes à former. Sinon, ça foire nécessairement.
    Quand je parlais de pédagogie, je pensais surtout aux formations « en présentiel », quand on a des étudiants en face de soi et qu’on veut à tout prix leur expliquer « comment le catalogue en ligne fonctionne », au lieu de leur expliquer comment trouver le livre qui les intéresse.
    Sur un blog, une telle adaptation à l’auditeur n’est pas vraiment possible.

    Comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire, lorsque je parle « outils », le lecteur que je vise, c’est : le responsable informatique de la bibliothèque, afin de lui faciliter la tâche de proposer des outils adaptés à ses collègues. Je ne vise pas directement ses collègues.
    Je connais mes limites, je connais aussi les limites des collègues en question. Je sais que je ne suis pas capable d’expliquer l’OpenURL et LibX à tout le monde. Mais je considère aussi que cela n’a pas d’intérêt.
    En revanche je pense pouvoir expliquer RSS à n’importe qui. Mais je n’ai jamais pris le temps de le faire sur ce blog.

  8. 02/11/2009 19:25

    @B. Majour : en fait, je me rends compte que tout cela nous a entraîné très loin de mon propos initial, qui était beaucoup plus simple que cela. Je vais essayer de l’exprimer différemment.
    1. il y a souvent des critiques contre les bibliogeeks, qui ne pensent qu’aux aspects techniques et n’ont aucune considération pour les réalités quotidiennes des bibliothèques.
    2. Bertrand Calenge apporte une réponse technique à une tâche quotidienne, qui peut se révéler une vraie amélioration pour pas mal de gens
    3. Des bibliogeeks qui s’intéressent à la technique pour la technique, c’est condamnable. Mais ça n’existe pas.
    4. [Par ailleurs] quand on veut présenter un outil, pour que cela ait un sens, il faut s’efforcer de coller non pas à l’outil (en ayant une logique fonctionnelle de ses possibilités) mais aux réalités quotidiennes de ses auditeurs. Si ce qu’on dit ne correspond à rien chez eux, la formation sera vaine.

    C’est tout.

  9. bcalenge permalink
    28/12/2009 01:11

    @tout le monde,

    Ben dites donc, je ne m’étais pas rendu compte de tout ce débat où je suis cité sans cesse !! Soyons clairs : je connaissais la fonction NB.SI bien avant le billet de Lully – quand même !! -, mais pour je ne sais quelle raison je m’étais imaginé que notre système était défaillant pour transcrire les codes à barres dans une feuille Excel via une douchette (il faut dire que je trouve les SIGB épouvantablement peu ergonomiques, je les hais, c’est mon côté anti-bibliothécaire…). Mais ce billet m’a apporté sinon la solution à une question pratique, du moins le « doute opérationnel » : je suis monté (à l’étage au-dessus) pour vérifier douchette en mains l’opérativité de la douchette sur Excel : miracle !

    Ma conclusion est très simple : Lully ne m’a pas enseigné une formule inédite dont je me serais emparé – ce qui serait génial -, mais son billet m’a conduit à vérifier un élément opératoire crucial : comme quoi l’informatique, ce n’est pas seulement des feuilles de calcul ou des lignes de code, mais une analyse des situations, pas seulement sur un mode algorithmique mais également de façon très terre à terre, douchette en main.
    Merci, Lully, pour cette leçon non de tableur mais de vérification pratique 🙂

  10. 28/12/2009 09:37

    @B. Calenge : « je connaissais la fonction NB.SI bien avant le billet de Lully – quand même !! »
    Je n’ai aucune idée ni du niveau d’expertise d’Excel qu’il faut avoir pour connaître cette fonction (peu des collègues que je fréquente s’en servent, ce qui ne signifie pas forcément qu’ils l’ignorent), et j’ignore tout autant vos propres compétences en la matière.
    Pardonnez-moi si mes propos ont pu vous paraître vexants.

    Néanmoins j’ai tout de même l’impression que vous allez dans mon sens : ce que je voulais dire par ce billet (je crois), c’est qu’en soi, connaître telles ou telles fonctions n’a aucun intérêt. Ce qui est important, c’est d’être capable de les associer à des besoins précis lorsque ceux-ci se présentent, de combiner telle fonction Excel avec telle fonction Word, pour se dire, face à une situation donnée : « Si je colle mon tableau dans Excel pour faire ceci, puis que je le passe sous Word pour faire cela, et qu’ensuite je reviens dans Excel, j’aurai obtenu le tableau de mes rêves. »

Les commentaires sont fermés.

%d blogueurs aiment cette page :