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Vous n’avez pas de résolveur OpenURL ? Pourquoi ne pas piquer celui d’un autre…

02/12/2009

Cela faisait longtemps que je ne vous avais parlé d’OpenURL (cf. la série de billets y afférant sur cette page).

Préambule à destination de ceux qui auraient besoin d’un petit rappel (si vous avez besoin d’un rafraîchissement, la buvette est par là)

Je vais prendre deux exemples simples :

  • vous trouvez des métadonnées bibliographiques sur une page, auxquelles sont associées des COinS (càd ces mêmes métadonnées, mises sous forme de lien OpenURL auquel il ne manque que l’URL racine du résolveur qui va être capable de transformer ce lien « métadonnique » en lien vers l’article).
  • vous utilisez Zotero, et celui-ci permet de transformer les métadonnées d’une notice biblio en lien OpenURL, pour peu que l’on indique l’URL racine d’un résolveur (dans les Préférences) : quand cela est fait, le bouton « Localiser » est actif et cliquable.

Seulement voilà : vous/votre bibliothèque ne possédez pas de résolveur OpenURL. Si bien que

  • les pages avec COinS n’affichent nulle icône cliquable vous conduisant à la ressource en ligne,
  • et le bouton « Localiser » de Zotero est d’un gris morne et triste.

Donc la page web (dans le premier cas) et Zotero (dans le second) pourraient produire un lien vers une base de connaissance, en indiquant à celle-ci la référence

Munro JH. « Deflation and the petty coinage problem in the late-medieval economy: The case of Flanders, 1334-1484 », Explorations in Economic History. 1988; 25(4): 387-423.
sous la forme :
genre=article
&atitle=
Deflation%20and%20the%20petty%20coinage%20problem%20in%20the%20late-medieval%20economy%3A%20The%20case%20of%20Flanders%2C%201334-1484
&jtitle=
Explorations%20in%20Economic%20History
&volume=
25
&issue=
4
&au=
John%20H.%20Munro
&date=
1988-10
&pages=
387-423
&issn=
0014-4983

Mais vous savez déjà tout cela.

Donc la base de connaissance cible a trois qualités essentielles :

  1. elle connaît les collections physiques et numériques de la bibliothèques
  2. elle comprend cette syntaxe « genre= », « atitle= », etc.
  3. à chaque ISSN ou revue + année, elle sait associer une URL.

Pour le résolveur d’une bibliothèque, qui aurait pour URL : http://jubil.upmc.fr/openurl?, par exemple, on envoie à ce résolveur les informations bibliographiques ci-dessus sous la forme : http://jubil.upmc.fr/openurl?genre=article&atitle=Deflation…. etc.

Le résolveur vérifie d’abord si la bibliothèque a la revue (papier ou en ligne). Et s’il la trouve comme revue en ligne (dont il connaît l’URL), il propose à l’usager le lien vers celle-ci.

Fin du préambule. Début des festivités

Vous n’avez pas de résolveur : Crossref, oui

Si vous envoyez une URL de ce type à Crossref, il possède la base de connaissance permettant de rediriger la requête vers la revue en ligne.

Donc vous pouvez créer un compte (gratuit) chez Crossref, et utiliser son résolveur.

Il y a deux limites :

  1. Crossref ignore quels abonnements vous avez. Donc il vous proposera une redirection vers la revue, même si ensuite l’accès au texte intégral s’avère impossible. Et si plusieurs fournisseurs diffusent la même revue, il n’est pas garanti que Crossref renvoie vers celui chez lequel vous avez pris un abonnement.
  2. Crossref ne connaît pas vos ressources papier. Donc il ne proposera jamais de lien vers la notice de la revue imprimée, si elle existe.

En revanche il y a un avantage et une nuance :

  1. La nuance d’abord, concernant le premier inconvénient : le chercheur se rend de toute manière bien compte qu’il n’a pas accès au texte. Il comprendra mieux ce qui se passe en atterrissant sur le site de l’éditeur lui fournissant le résumé et lui proposant de payer, qu’en arrivant sur une page SFX ou autre (interface qu’il n’a jamais vue, ou si peu)
  2. L’avantage, c’est que le chercheur clique sur le lien Accès et tombe directement sur la revue (qu’il ait ou non accès à l’article), sans même voir passer le résolveur (je rappelle que SFX permet d’ailleurs une telle redirection automatique, si la ressource est repérée par le résolveur dans les fonds de la bibliothèque. Mais ce n’est pas le cas de tous les résolveurs).

S’inscrire sur Crossref pour profiter de son résolveur

Deux inscriptions sont possibles :

  • A titre individuel : on indique un email
  • A titre institutionnel

Tout est expliqué ici

La création d’un compte se fait sur cette page.

Si vous avez indiqué un mail (inscription à titre personnel), vous pouvez indiquer à Zotero comme à LibX (onglet OpenURL) l’URL racine :

http://www.crossref.org/openurl?pid=adressemail@mail.com&

Si vous vous êtes inscrit comme bibliothèque membre de Crossref, l’URL racine sera

http://www.crossref.org/openurl?pid=login:mot_de_passe&

(Remarque : la notion de « mot de passe » est un peu particulière, c’est une double valeur envoyée à Crossref qui permet de savoir qui lui envoie la requête. Evitez de choisir un « vrai » mot de passe, car la valeur apparaît en clair dans les URL)

Dans les préférences Zotero

Dans l’onglet OpenURL de LibX

Quelle utilisation par la bibliothèque ?

Honnêtement, je ne sais pas trop…

Je veux dire qu’en soi, le service rendu est déjà très appréciable : on a des métadonnées d’un article, on les transmet à Crossref qui redirige ainsi vers le diffuseur de la revue.

En plus, il est gratuit.

Mais chaque fois que LibX va trouver un COinS pour un ouvrage imprimé (par exemple sur cette page où je cite deux livres), il va également proposer un lien (par exemple ce lien-ci pour le premier ouvrage) et Crossref va répondre qu’il ne retrouve pas l’ouvrage dans sa base de connaissance (pas de DOI…). Le message peut être incompréhensible pour l’utilisateur, d’autant que la bibliothèque n’a pas la main sur cette page pour en expliciter le sens.

De même dans Zotero : si vous référencez une monographie, le lien Localiser va lui aussi être actif, et fournir le même genre de résultat sur Crossref.

Donc à titre personnel, ne bénéficiant d’aucun résolveur, je m’en sers, je vous le signale — et je vous laisse y réfléchir !

Dernière remarque (de prudence)

Vu les rubriques de l’aide de Crossref, je me demande si leur résolveur ne permet pas d’aller plus loin que ça, en terme de personnalisation pour une bibliothèque (déclarer ses collections ? Limiter les rebonds aux seules ressources en ligne et éviter les monographies imprimées, etc.).

Mais à ce stade je n’ai pas le courage de me lancer là-dedans. Si quelqu’un veut prendre la suite… 😉

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5 commentaires
  1. 02/12/2009 13:09

    c’est un peu hardcore mais bien pratique.

  2. 02/12/2009 17:45

    @Shaun : « hardcore », ça veut dire « tiré par les cheveux » (genre punk hardcore ?

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