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Faut-il qu'une bibliothèque soit ouverte ou bleue ?

21/01/2010

Bibliothèque bleue de Troyes - couverture

Bibliothèque bleue de Troyes

Il y a déjà quelque temps, j’ai péremptoirement indiqué que j’étais opposé à l’ouverture des bibliothèques le dimanche.

A l’occasion de l’élargissement des horaires d’ouverture dans un SCD de province quelques mois plus tard, j’ai réalisé que dans ce débat sur l’ouverture du dimanche, et plus généralement sur les horaires d’ouverture (matin et soir compris), il y avait une vision sous-jacente de ce qu’est et doit être une bibliothèque, du service qu’elle est censée rendre ou non.

En clair, la question suivante pour discuter avec quelqu’un sur l’ouverture du dimanche (et autres) me semble être un préalable nécessaire :

L’ouverture de la bibliothèque est-elle un service en soi, ou bien une manière de rendre un service ?

Petite métaphore

L’objectif d’un magasin (petite, moyenne ou grande surface, par exemple) n’est pas d’ouvrir longtemps : il est de vendre beaucoup. Lorsque le client est dans le magasin, il n’a en tête que d’en sortir, et à l’esprit que la liste de ses courses.

Si le directeur du magasin décide de vendre davantage, l’augmentation des horaires fera partie des possibilités à envisager, et sans doute pas la plus économique.

Bibliothèque verte - couverture

Bibliothèque verte - L'ordinateur qui semait le désordre

A l’inverse, la raison d’être d’un café est d’être ouvert. Si le barman laisse voir à ses clients qu’ils ne sont là que pour consommer, ceux-ci ne vont pas tarder à fuir. Si bien qu’augmenter ses horaires d’ouverture est plus important que d’ajouter une nouvelle marque de bière dans son offre.

(On m’objectera que je ne connais rien en marketing, et que ce que je viens de dire est une hérésie commerciale. Ce n’est pas très grave : mon but n’est pas d’ouvrir un café mais de vous permettre de comprendre ce que je veux dire)

La bibliothèque comme commerce

Sur Twitter, ma question(l’ouverture est-elle un objectif ou un moyen pour atteindre des objectifs) m’a fait traiter de jésuitisme — ou de scolastique, je ne sais plus…

Bref, la question peut sembler non légitime pour certains, une argutie de plus pour refuser l’idée d’ouverture. Pourtant elle me semble essentielle, car elle induit la manière dont on pourra discuter ensuite de l’opportunité des ouvertures le dimanche.

Le fait de la poser m’a permis de réaliser que pour moi, d’évidence et inconsciemment, l’ouverture était un moyen de rendre les collections (et d’autres services) accessibles. Si nous voulions améliorer nos services, l’élargissement des horaires est un des outils à notre disposition, pas forcément le plus efficace ni le plus économique pour augmenter le nombre de nos prêts, par exemple. Et à un chef de service qui me parlera d’ouvrir plus largement, je serai tenté de proposer d’autres solutions pour mieux toucher nos lecteurs potentiels

Dans cette perspective-là, un élargissement d’ouverture doit justifier de sa pertinence : le dimanche, ou tel soir de la semaine, est-il le bon moment ? Quels seront nos outils d’évaluation a posteriori pour vérifier si nos choix étaient bons ? etc.

Et dans cette perspective toujours, l’élargissement se place sur le même plan, par exemple, qu’une meilleure communication sur nos services, la remise en question de notre politique documentaire, etc.

La bibliothèque comme café

Mais j’ai réalisé brutalement que pour d’autres collègues (consciemment ou non), l’ouverture le soir et le dimanche était un objectif en soi : nous devons ouvrir plus parce que nous sommes des lieux de vie, des lieux de sociabilité, et des lieux de travail. Nous ne sommes pas des espaces de stockage.

Dans ce sens, une ouverture plus large est forcément un objectif, et son évaluation ne se justifie qu’à cause des moyens limités : si j’ai les moyens humains et financiers pour ouvrir 6 heures de plus, je vais choisir les heures les plus appropriées dans la semaine pour convenir au plus large public.

Face à cette conception-là, ma prise de position contre l’ouverture du dimanche n’a pas prise.

C’est bien pourquoi j’estime que cette question mérite d’être posée en préalable à toute discussion sur le sujet, pour savoir au moins si une telle discussion a un sens.

Entre deux

Ce que je constate aussi, c’est que ma propre vision, telle que je la comprends a posteriori, découle de mon utilisation des bibliothèques comme lecteur et non comme bibliothécaire. Lorsque je vais dans la bibliothèque de mon quartier, j’ai pour objectif d’en sortir avec 3 livres jeunesse, 2 romans et 3 bandes dessinées (et éventuellement quelques CD). Si je m’y attarde, au rayon jeunesse, si je m’assieds dans un fauteuil pour raconter une histoire, ce n’est pas parce que je m’y sens bien (mon canapé est plus confortable !) mais pour que mon enfant soit familier de cet univers-là.

(je précise que j’ai une utilisation complètement banale de la BM de mon quartier : je ne consulte pas le catalogue, je vais dans les rayons essayer de tomber par hasard sur le livre qui me plaira. Eventuellement je demande conseil à « la dame de l’accueil ». Je me sens donc le droit de me considérer comme représentatif)

Mais si, comme professionnel des bibliothèques, j’avais le devoir de considérer celles-ci comme des cafés plutôt que comme des commerces ?

Cohérences et conséquences

Si l’ouverture est un objectif en soi, cela induit donc une certaine vision des bibliothèques, et cela me semble avoir un certain nombre de conséquences : notamment développer la bibliothèque pour qu’elle devienne toujours davantage un lieu de sociabilité plus qu’un lieu de passages.

Reprenons la liste proposée par Ma(g)BU sur ce que représente une BU pour un étudiant : la BU est un lieu destiné

  • à se rencontrer pour rire ensemble
  • à se mettre au chaud
  • à faire des photocopies et des impressions
  • à consulter la documentation numérique
  • à rire et à jouer
  • à téléphoner
  • à boire un coup au chaud l’hiver
  • à surfer sur internet soit à partir des PC que nous mettons à disposition soit sur leurs portables par l’intermédiaire du wifi
    • pour communiquer sur Facebook
    • pour tchatter sur MSN
    • pour faire des recherches sur Google
  • à décompresser entre deux partiels en riant et en discutant
  • à consulter et emprunter des documents
  • à travailler

Ceux qui voient dans les horaires un objectif en soi devraient donc reprendre chacun de ses points (et d’autres encore, certainement) pour engager des actions afin de favoriser ces utilisations :

  • Proposer des écouteurs
  • Favoriser les espaces de travail en groupe (soit en disposant des salles fermées, soit en favorisant les groupes de tables isolées par des rayonnages)
  • Favoriser les rencontres
  • Favoriser les siestes

Je me demande par exemple si l’idée d’une distinction entre des espaces BUZap et BUZen (au moins à certaines heures) ne serait pas pertinente…

De la bidouillabilité de l’espace public

La bidouillabilité est un concept dont j’espère pouvoir bientôt reparler sous un angle plus technique. Mais il me semble qu’il pourrait tout à fait s’appliquer alors à la bibliothèque comme lieu dont les usagers auraient la possibilité et le droit de détourner la vocation initiale. Les modalités restant à définir (mobiliers à géométrie variable, cession de la bibliothèque aux usagers à certaines heures, etc.)…

Ce qui est rassurant, c’est que dans cette démarche on en revient à considérer les horaires comme un moyens parmi d’autres, pour servir le même objectif : faire en sorte que l’usager se sente chez lui, s’approprie le lieu, et donc faire en sorte que le bibliothécaire soit dépossédé de son propre univers…

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23 commentaires
  1. Stéphanie permalink
    21/01/2010 08:34

    J’aime beaucoup, vraiment, l’idée du BUzap et BUzen 🙂

  2. 21/01/2010 09:43

    Pour revenir plus particulièrement sur la conclusion et l’usage fait de la bibliothèque par les lecteurs. Il ne me semble pas que la question porte sur le droit des usagers à détourner les lieux : ce droit, ils le prennent quoiqu’il arrive. Voilà belle lurette que les bibliothèques ne sont plus seulement des « lieux de stockage » mais voient fleurir des portables, des espaces de travail voire de jeux (sur ordinateur) etc.

  3. 21/01/2010 09:50

    Je ne comprends pas pourquoi l’ouverture de la BU ne serait pas forcément une bonne chose si l’on voit la BU comme un moyen de rendre les collections. C’est le dimanche que de très nombreux étudiants ont le temps de travailler, parce qu’ils ont une activité salariée le reste du temps ; un doctorant sait rarement que le dimanche existe et ces gens ont besoin des collections le dimanche.

    C’est encore pire dans les fonds anciens, où on traverse la France entière pour se trouver devant des collections inaccessibles les dimanches et lundis – précisément quand on peut venir !

    Pour les BUZen et BUZap, cela existe, je crois, sous d’autres noms. La différenciation entre espaces de silence, de chuchotements et moins formels avait été mise en place à la BU de Reims et cela a été repris (notamment à Angers et Paris 5)

  4. 21/01/2010 09:54

    @Thomas : la différence serait que les bibliothécaires non seulement admettent cet état de fait, mais l’encouragent.
    Je ne prétend pas que ça n’existe pas, mais dans l’ensemble les règlements intérieurs visent à dire : « Merci de laisser cet endroit dans lequel vous l’avez trouvé en entrant. »
    On sait à quoi ce genre de phrases s’applique habituellement.

  5. 21/01/2010 10:02

    @Rémi : L’ouverture est aussi une bonne chose pour ceux qui viennent y travailler, évidemment. Mais pas au même degré.
    Lorsque j’ai préparé ma thèse, je n’ai jamais ressenti le besoin d’utiliser une bibliothèque un dimanche. Avant tout parce que j’ai une conception des bibliothèques comme un service à emporter chez soi (à la différence des musées et des cinémas).
    Ce qui n’était pas empruntable, je le lisais sur place dans la semaine, le reste je l’embarquais. (Rq : pour les archives, rien n’est empruntable…)
    Il me semble que les bibliothèques de recherche sont ouvertes le lundi, non ? En tout cas les BU le sont.

    Tout de même, si on part du principe que l’étudiant doit aussi avoir un travail pour vivre, la généralisation du travail le dimanche ne va absolument pas arranger le problème, non ?

    Sur BUZen et BUZap enfin, si ça existe (j’ai vu passer l’idée « d’espaces de silence »), ça a plutôt l’aspect d’un sacrifice fait à un principe général qu’à une politique assumée pour favoriser les rencontres et les contacts, par exemple.

    Ce que je voulais dire aussi, c’est que si je me trouve dans une bibliothèque qui va élargir ses horaires, et plus particulièrement ouvrir le dimanche, j’aurai plus de faciliter à en accepter l’idée (et à faire mon travail avec courage) si j’ai une certaine idée des bibliothèques plutôt qu’une autre.

  6. 21/01/2010 10:50

    @Rémi : et ce qui m’intéressait aussi, c’était la relation entre la problématique des horaires d’ouverture, et l’idée d’espaces ainsi répartis (BUZap et BUZen) — tout devant être en cohérence avec une certaine idée de ce qu’est une bibliothèque.
    C’est surtout cette relation-là qui me semble manquer. Non ?

  7. 21/01/2010 12:13

    Il y a vraiment deux conceptions, effectivement. Parce que je tombe toujours des nues quand on m’oppose des arguments aussi construits que les tiens sur l’ouverture du dimanche alors qu’il s’agit de mon point de vue de quelque chose qui devrait aller de soi. Peut-être est-ce parce que j’ai toujours travaillé en bibliothèque publique et que j’ai été encouragée à considérer l’établissement comme un lieu de vie pour tous ceux qui malheureusement peuvent être dépourvus de calme ou de vie (!) : les étudiants à l’étroit dans leur chambre aux alentours bruyants, bien sûr, mais aussi les personnes âgées à qui la fin de semaine semble bien longue, les familles qui « ne savent pas quoi faire le dimanche » et n’ont pas les moyens ni l’envie de passer leur temps en forêt/au zoo/au cinéma etc.
    Et là je lis chez toi que tu considères tout simplement la bibliothèque comme un « service à emporter » et qu’il est normal qu’elle soit fermée le dimanche. C’est simple, il suffisait d’y penser. Même si mon usage personnel des bibliothèques passé (étudiante) et présent (lectrice) ressemble au tien, je sais bien que ce n’est pas le cas pour la majorité de la population (attention, je n’ai pas écrit « des usagers » !).
    La bibliothèque [municipale] de mon point de vue est un lieu culturel, comme un musée ou un cinéma, en effet. Elle devrait être précisément ouverte pendant les moments de loisir de la population : soirs et week-ends. Les moments où parents et enfants ont le temps de se détendre ensemble, où le travailleur a le temps de venir bosser sa VAE autrement que sur le coin de la table du séjour avec l’NRJ de son ado rebelle en fond sonore, où plus généralement la disponibilité d’esprit est plus importante pour que, à travers la _totale gratuité_ des espaces et des animations proposées, on puisse enfin faire notre métier : éveiller un peu la curiosité et l’esprit critique. Le « service public de la culture », aussi indispensable que celui de la santé 😉 !

  8. 21/01/2010 12:53

    @Clairh : je retiens surtout le « je tombe des nues ». Oui, il nous est difficile de dialoguer si ce problème-là, en amont de la discussion sur les horaires, n’est pas pointé.
    Mais le fait de prendre conscience de son existe m’a aussi amené à évoluer (je n’ai pas fait l’intégralité du chemin, car le rythme hebdomadaire me semble toujours extrêmement précieux, d’un point de vue personnel).

    Les professionnels des bibliothèques seraient-ils de ceux qui, en tant que lecteurs, consomment les bibs plus qu’ils ne les fréquentent ? par exemple parce qu’ils y passent déjà suffisamment de temps sur leurs heures de travail 🙂

  9. 21/01/2010 15:25

    Un jour peut-être on laissera l’usager fermer la porte en partant et éteindre la lumière…

  10. 21/01/2010 15:37

    @Hubert : ou on lui laissera la clé pour venir la rouvrir la nuit 🙂 – pour lui tout seul !

  11. 21/01/2010 18:50

    @Hubert & @Lully : ça existe déjà, ça s’appelle le web…

  12. 21/01/2010 19:56

    Tiens, Daniel est pour le tout-en-ligne et la fermeture des espaces physiques… Chouette, plus d’ouverture le dimanche !

  13. 21/01/2010 20:50

    Du tout – je suis pour les lieux physiques ouverts 24/24 & 7/7 à l’image du web

  14. 21/01/2010 21:21

    @dbourrion : serait-ce cela, la « réalité augmentée » ?

  15. 21/01/2010 22:24

    le web, c’est la réalité – j’ai de plus en plus de mal avec les termes « virtuel », « augmenté », etc… Une voiture n’est pas un cheval augmenté, par exemple… 😉
    La réalité « augmentée », c’est la nouvelle réalité ; et le monde « virtuel » est tout ce qu’il y a de plus réel – la preuve, je te parle dans la réalité, là… 🙂

  16. B. Majour permalink
    21/01/2010 23:07

    « Merci de laisser cet endroit dans lequel vous l’avez trouvé en entrant. »

    Rhôôô… ça s’applique à un lieu public. C’est tout ! :o)
    Je n’ose envisager l’autre solution.

    Pour l’ouverture du dimanche, on ne peut pas lancer l’idée pour lancer l’idée, ou parce qu’il faudrait ouvrir X heures de plus, pour satisfaire une volonté politique ou autre. (pompée chez les voisins)

    Dans une BU, ouvrir le dimanche peut représenter de l’intérêt si le nombre d’étudiants qui viennent reste le même qu’en semaine. Or, ce n’est pas le cas, beaucoup partent en week-end

    On peut aussi se poser la question des jours d’ouvertures (exemple, le lendemain de Noël ou du premier de l’an)… tout ça nous ramène à la population qui fréquente le lieu, à ses activités propres, à ses flux de vie.

    Et aussi au café, dont la rentabilité est assurée par les habitués. Le reste étant du surplus occasionnel.

    Si tout le monde travaille de 9h00 à 12h00 et de 13h00 à 17h00 en vase clos, l’intérêt d’ouvrir sur ces horaires est quasi nul. Comme il décroît fortement aux heures de repas, sauf si on fait restaurant.

    Et lorsque RM parle de vouloir une ouverture le dimanche ou le lundi, ce n’est pas tant l’ouverture qu’il désire, mais l’accès aux documents.
    « C’est encore pire dans les fonds anciens, où on traverse la France entière pour se trouver devant des collections inaccessibles les dimanches et lundis – précisément quand on peut venir ! »

    Un document numérisé, ça suffirait. Plus besoin de se déplacer ou de dépendre d’horaires d’ouvertures.

    Cependant on ne va pas considérer qu’on a là un moyen « d’augmenter » les horaires d’ouvertures. Alors que le serveur est pourtant ouvert 24h/24h, et 7/7.

    Non, ce que l’on souhaite, c’est de pouvoir disposer du lieu. (BUZen, BUZap)

    [Au passage. 😉
    Pour avoir fréquenté un long moment l’université, je sais que le BUZen, c’était la bibliothèque, et le BUZap la cafétéria dans l’immeuble des amphis. (elle ouvrait de 7h00 à 19h00)… parce qu’il n’existait aucun autre endroit de libre, ou de spacieux pour accueillir les étudiants.
    Et la cafétéria dans les locaux était toute petite (20 personnes maximum), avec un bruit (de cafetière) d’enfer :-), et des étudiants qui jouaient aux cartes ou aux échecs.
    Jeu interdit dans les salles de cours, lorsqu’elles étaient ouvertes… ce qui était exceptionnel.
    Ne restait plus que la BU.]

    Mais disposer du lieu pour combien de temps ?

    Combien de temps passe-t-on en BM, en BU ?
    Qui a (mesuré) ces chiffres ?

    Connais ta « population », tu sauras où et quand tu dois ouvrir pour le maximum d’efficacité.

    Dans ma BM, voici les chiffres basés sur trois années complètes d’exploitation, pour mercredi et samedi (ouverture 9h30 – 18h00)… échantillon de 15115 personnes.

    Temps du passage
    41,22 % 30 minutes

    Total des passages supérieurs à 10 minutes 57,87 %
    (Note : manque 1% dû aux erreurs de saisie au cours des années.)

    Avec un max de 347 minutes : 5h46.
    Une moyenne de 74 minutes : 1h14.
    Et un min de 0 minute, c’est-à-dire personne à plus de 30 minutes certains jours. (vacances scolaires en particulier)

    Sans les parents, ou autres enfants qui attendent leurs fils, filles, frères ou sœurs à l’école de musique, ce pourcentage serait moins élevé.

    Bien cordialement
    B. Majour

  17. B. Majour permalink
    21/01/2010 23:07

    Je viens de lire la réponse de ClaireH, je ne peux que rebondir.
    « les étudiants à l’étroit dans leur chambre aux alentours bruyants, bien sûr, mais aussi les personnes âgées à qui la fin de semaine semble bien longue, les familles qui « ne savent pas quoi faire le dimanche » et n’ont pas les moyens ni l’envie de passer leur temps en forêt/au zoo/au cinéma etc. »

    Donc, on va à la bibliothèque faute de mieux ailleurs… ou alors on fait de la bibliothèque sociale… pour ceux qui peuvent se déplacer. Et pour les personnes âgées, les handicapées qui ne peuvent pas ? 😉

    Même si je suis d’accord pour dire que l’idéal serait bien d’ouvrir (les BM) pendant les activités « loisirs » des gens (soirs et week-ends), en même temps il est évident – au vu des statistiques que j’ai calculées sur ma bibliothèque – qu’on ne reste pas à la bibliothèque aussi longtemps qu’au cinéma ou au musée.
    Et très souvent, la fréquentation est couplée à d’autres lieux d’activités alentours. (Ecole de musique, magasins, Poste, voire activités spécifiques : spectacle, foire ou autre)

    Tiens, voilà un projet : recenser les éléments de vie autour des bibliothèques, repérer leurs heures d’ouverture, et vérifier ensuite si ces heures sont en adéquation avec celles de la bibliothèque… A comparer, ensuite, avec les visiteurs sur ces horaires.

    On peut pratiquer de même en BU… il suffit de récupérer les emplois du temps des élèves d’une section de droit (par exemple 😉 ) et de regarder ceux qui viennent vraiment utiliser les rayonnages de droit, plutôt que l’espace, en dehors et sur les horaires où ils sont en cours.

    Bien sûr, on peut s’attaquer à la question en interrogeant l’usager : venez-vous exprès – et uniquement – à la bibliothèque aujourd’hui. En quelques sondages, on aura vite un aperçu réel de la situation.

    Je crains que la réponse ne démolisse un certain mythe qui voudrait que les usagers ne viennent « qu’à » la bibliothèque, pour utiliser ses « services ».
    D’ailleurs, ne trouve-t-on pas, dans tous les guides, règlement intérieur des BM, une petite ligne indiquant que les enfants de moins de X années doivent être accompagnés… sous-entendu, les bibliothécaires ne sont pas des baby-sitters. (vous avez dit lieu de sociabilité ? :o) )

    Bien cordialement
    B. Majour

  18. 22/01/2010 09:32

    Hop, faisons des bonds avec b.majour :

    « il est évident – au vu des statistiques que j’ai calculées sur ma bibliothèque – qu’on ne reste pas à la bibliothèque aussi longtemps qu’au cinéma ou au musée. »
    Pas partout, et, ce qui est plus bizarre sans doute à vos yeux, surtout pas le dimanche ! Il n’est pas rare que ceux qui viennent le dimanche non seulement viennent pratiquement tous les dimanches (alors qu’on ne revient pas au musée plus d’une fois par an, en moyenne, et encore), mais de plus y passent vraiment du temps : à lire des contes aux enfants, à choisir méticuleusement ce qu’ils (les adultes) rapporteront à la maison, voire à se laisser tenter par l’écoute ou le visionnage partiels d’un cd/dvd. Sans compter que lorsqu’une animation est organisée, le public afflue et là on peut bien compter 45 min. de présence en plus ;). Et les étudiants qui n’ont pas besoin des services, si fournir chauffage, table, chaise, dicos et calme ne sont pas des services !
    A nuancer, bien sûr, selon le lieu : je parle de ma « grande ville », je suppose bien qu’en milieu moins urbanisé, ça peut être différent car les possibilités de loisirs sont aussi différentes.
    Ce n’est pas « faire de la bibliothèque sociale » et être ouvert pour être ouvert : bien sûr que la bibliothèque hors de ses murs est indispensable. Mais si déjà en temps que lieu elle était un peu plus accessible…
    Et @dbourrion : ils font comment, les étudiants qui n’ont pas internet chez eux 😀 ?

  19. 22/01/2010 09:38

    @claireh : ils viennent à la bib ouvertte pour ça (entre autres) 24/24 et 7/7 ; ET la bib leur prête par ailleurs des machines qu’ils emportent pour surfer chez Mac Do par exemple, dans le cas où la bib n’est pas 24/24 ou n’a pas d’accès wifi ouvert (such a shame)

  20. sphinx permalink
    22/01/2010 14:50

    @ Lully Ton billet me fait penser à ce que m’a dit un étudiant mercredi matin, à l’ouverture de la bibliothèque (j’avais 2 minutes de retard et je m’excusais) : « Oh, c’est pas grave, j’avais 20 minutes à perdre donc j’étais venu à la bibliothèque. »
    Dans deux semaines, on devrait ouvrir à 8h: nos statistiques de minutes perdues dans la bibliothèque devraient exploser!
    Personnellement, ça me ravit ce type de remarque… ça fait de moi un tenant de l’ouverture le dimanche ?

  21. B. Majour permalink
    22/01/2010 19:18

    @ClaireH

    Attention, je précise que je ne suis pas opposé à l’ouverture le dimanche 🙂
    Mais pas n’importe où, ni n’importe comment pour le simple plaisir de faire comme à côté… où les raisons d’ouverture peuvent être entièrement différentes.

    Dans une grande ville, c’est possible. Si elle est très vivante, si les gens ont envie de se déplacer, et je dirais même presque si l’affluence du samedi après-midi est importante.
    Si les gens ne passent déjà pas le samedi, leurs chances de passer le dimanche sont quand même faibles. (à voir, comme je l’ai dit suivant la vie autour de la bibliothèque… cette analyse de la population qui manque presque toujours)

    Pour les habitués, certes, il y en aura toujours, et certains rechercheront même le créneau où ils sont presque seuls à disposer des lieux et de l’attention des bibliothécaires.

    Pour les animations, j’espère qu’elles fonctionnent mieux que les autres jours…
    Surtout si vous avez pris en compte la concurrence alentour. (les autres animations dans la commune et au-delà)
    La concurrence ou la complémentarité que pourrait offrir la bibliothèque.
    Placer un conte pour enfants en même temps qu’une finale de mondial (au foot) pourrait se révéler opportun. 🙂 Voire, dans le même ordre d’idée, doubler une activité conférence (pour adulte) par une activité conte (pour enfant)
    Reste qu’il y faut des moyens financiers (conséquents), et des locaux adaptés.

     » Mais si déjà en temps que lieu elle était un peu plus accessible… »
    Oui, ça je sais. 🙂 Même quand je suis ouvert aux écoles et uniquement aux écoles, certains usagers arrivent à se glisser. Idem lorsque je suis en période de travail interne.

    Je sais bien que pour les lecteurs, une bonne bibliothèque, c’est une bibliothèque ouverte quand ils en ont besoin !
    Dommage que nous n’ayons pas une bibliothèque de garde ou une bibliothèque d’urgence ! Ce serait très pratique. ;o))

    En cas d’insomnie, voici le numéro d’urgence du bibliothécaire le plus proche. 🙂

    Bien cordialement.
    B. Majour

  22. 25/01/2010 17:22

    @B. Majour :
    « Dommage que nous n’ayons pas une bibliothèque de garde ou une bibliothèque d’urgence ! Ce serait très pratique. ;o)) »
    –> mais si, ça existe déjà 😉 http://www.bibliobsession.net/2008/10/18/le-distributeur-automatique-de-livres-de-bibliotheque/. (Au final on est d’accord).

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