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Les tags dans les opac : ce n'est pas parce que personne ne s'en sert que ça ne sert à rien

19/02/2010

Périodiquement, on s’interroge sur la pertinence des tags dans les opac, manifestement sous-utilisés par les internautes.

Copie d'écran ENC - Nuage de tags généré par l'indexation des bibliothécaires

Catalogue de l'Ecole des chartes - Nuage de tags généré par l'indexation des bibliothécaires

Avant leur mise en place, généralement, lors des discussions en groupes de travail, deux idées phares dominent :

  • chouette, ils vont indexer notre catalogue
  • mais… ils vont faire n’importe quoi et ça va se voir !

Au final, l’expérience montre que ça ne prend pas vraiment (je suis d’ailleurs preneur de tout exemple contraire !) : les nuages de tags mis par les usagers restent clairsemés.

Donc même si vous achetez un outil qui le permet, à quoi bon mettre en place cette fonctionnalité ?

Web 2 : possibilités vs usages

Si je regarde ma propre pratique des blogs, j’en suis une centaine environ, et je commente sur une dizaine (maximum !) — avec une moyenne d’un commentaire par jour ou un jour sur deux.

De même, sur Bibliothèques [reloaded], il y a entre 200 et 300 connexions quotidiennes (sauf les jours de grand vent), et environ 2 commentaires par jour (je donne des chiffres sans vérification : c’est une impression globale).

Bref, je commente très peu au regard du nombre de sites que je fréquente.

Mais si je découvre un blog qui ne permet pas de déposer des commentaires, même sans avoir nécessairement quelque chose à y raconter, cela me frustre.

Le web 2.0, c’est la possibilité offerte d’intervenir sur un site. L’administrateur ne doit pas considérer ça comme une manne pour enrichir son site sans qu’il n’ait lui-même rien à y faire : il doit le considérer comme une nécessité face à un horizon d’attente des internautes, qui ne fréquentent que des sites où ils peuvent intervenir (et où ils ne le font pas).

Là encore, il ne s’agit que de s’adapter au web « normal » en ouvrant les tags : laisser voir à l’internaute qu’il peut s’approprier l’outil. L’objectif n’est pas que l’internaute fournisse un service gratuit à la bibliothèque d’enrichissement des notices : c’est simplement un service de base fourni par la bibliothèque, qui ne ferait là que le strict minimum.

La bibliothèque ne doit rien en attendre. L’usager est en droit de l’attendre, et en droit de ne pas s’en servir.

La part de choix

Il reste à la bibliothèque

  • la nécessité de savoir pourquoi ce genre de services serait mis en place
  • le soin de réfléchir à la visibilité de ces tags, depuis les pages du catalogue (formulaire de recherche, notice détaillée, etc.).

Il me semble que c’est tout…

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30 commentaires
  1. 19/02/2010 14:33

    Allez, je vais y aller de mon commentaire, pour ne pas faire clairsemé 😀

    Je pense que l’avenir est à l’échange des tags (et des mots-clefs ?). Ce qui fait la pertinence des tags, c’est le volume (ce que certains considèrent comme une grossièreté : « comme s’il y avait une intelligence collective »)
    Le système super, serait celui qui permet d’échanger des tags entre catalogue. On pourrait aussi échanger des commentaires, des appréciations, et au final, on atteindrait la taille critique nécessaire à ce que l’information ne paraisse pas clairsemée.

  2. 19/02/2010 14:41

    @Paul Poulain : Merci pour la participation, et pour faire mentir mon billet 🙂

    J’ai failli mettre une précision sur ce point évoqué, et finalement je me suis dit que ça viendrait beaucoup mieux dans les commentaires 🙂

    Il y a deux choses à distinguer : si on veut de la plus-value sur le contenu, raisonner au niveau de son établissement est vain, la communauté n’existera jamais pour alimenter vraiment la base.
    Donc si c’est cet objectif qui est visé, il faut viser plus haut : LibraryThing, base Sudoc, etc. De nombreuses pistes sont à explorer.

    Le problème que l’on a dans cette perspective (non insoluble), c’est pour le lecteur de ma BU, la nécessité de s’inscrire aussi au réseau lui-même (si c’est sur LibraryThing, par exemple), ou mettre en place Shibboleth ?
    Bref, il faut réfléchir à une transparence complète en termes fonctionnels : que le lecteur qui veuille alimenter la base croie qu’il s’agit de « sa » base, mais qu’il visualise l’intégralité des tags issus du réseau.

    Du coup, j’ai préféré commencer la problématique par un aspect plus « concret » pour de nombreux établissements : ils sont en train de se doter de nouvelles interfaces, qui permettent les tags. D’où réunions de groupes de travail pour dire : « ouvre-t-on le service ? oui ? non ? pourquoi faire ? » etc.
    Parce que dans l’immédiat, le réseau en question n’existe pas, alors que les logiciels permettant à « ma » communauté de tagger « mon » opac existent, eux.
    Disons que cette démarche n’est pas absurde si on a juste comme objectif de permettre à l’usager de faire la même chose que ce qu’il peut faire partout ailleurs sur internet (mais que, la plupart du temps, il ne fait pas).

    Cela dit, si on commence la réflexion sur le niveau local, arrivera-t-on jamais à une interconnexion ?
    Au fait, y a-t-il des protocoles d’échanges de données exploitables pour ce genre de trucs (question idiote à laquelle une réponse évidente sera certainement apportée).

  3. 19/02/2010 18:47

    Entièrement d’accord avec Paul (mince, il l’a dit avant moi). La masse critique est essentielle et on ne l’obtiendra pas en local – c’est aussi pour ça que nous intégrons dans notre OPAC les tags de Librarything tels que.

    Après (espoir, prospective), rêvons que LT et consorts nous mettent en place des outils type webservice qui permettent depuis l’OPAC de tagger VERS les bases de LT (les tags redescendant ensuite par le tuyau en place) ; ou que l’on voit arriver des outils fusionnant à la volée les tags LT descendants et les tags enregistrés en local.

    En tous les cas, ne pas laisser les tags de côté/fermés sous prétexte que la masse critique n’est pas là (elle ne le sera sans doute jamais) => rien ne peut naître de l’invisible… La fonction crée le besoin…

    PS : oui, mon commentaire est incompréhensible – shame on me.

  4. 19/02/2010 18:50

    Ah, évidemment, si ça marche en « vertical » genre LT et consorts vers nous, ça doit marcher aussi en horizontal (ce que dit Paul) entre catalogues ‘locaux’ – franchement, techniquement, ça me semble pas irréalisable, c’est un croisement de BDD (ok, tous les gens sérieux doivent se marrer en lisant ça, en se disant « lui il n’y connaît vraiment rien » – shame on me, le retour)

  5. 19/02/2010 20:03

    @Daniel : je crois que nous ne répondons pas à la même question.
    Voici nos situations respectives : tu as un opac Aleph et tu veux l’enrichir. « Appeler » les tags LT est une très très bonne chose, même si ça ne rend pour l’instant pas aisé l’alimentation par tes lecteurs de la « base de tags » depuis l’opac avec authentification par le compte lecteur. Pour l’instant, pour l’alimenter ils doivent passer par LT et (éventuellement) se sentir noyés dans la base : pour tagger un livre de leur BU, ils doivent le mettre dans leur bibliothèque perso sur LT pour enrichir la notice.
    Au passage, ça leur apprend à maîtriser LT et c’est parfait.

    Ma situation (mais celle d’autres SCD aussi) est : nous allons avoir un opac permettant de proposer aux lecteurs de rajouter des tags. Ouvre-t-on cette fonctionnalité ? Si oui, qu’en attendons-nous ?
    Ce que je veux dire, c’est qu’il sera utile d’ouvrir cette fonction, non pas pour enrichir la base, mais pour permettre au lecteur de retrouver les fonctions qu’il trouve ailleurs, même s’il ne s’en sert pas.
    Il me semble que nous sommes d’accord sur la conclusion : avoir une base locale de tags ne sert pas à indexer le catalogue. Mais j’y trouve tout de même un autre intérêt.

  6. 19/02/2010 20:41

    « Ouvre-t-on cette fonctionnalité ? » => oui évidemment, pourquoi ne pas l’ouvrir ?
    « Si oui, qu’en attendons-nous ? » => rien, il ne faut rien en attendre ; mais il n’y a pas de raisons objectives de ne pas ouvrir cette possibilité – après, les usagers en font ce qu’ils veulent, peu importe. Ce qui compte, c’est de leur laisser la possibilité de le faire et d’inventer des usages qui ne sont pas les nôtres, non ?

  7. 19/02/2010 20:43

    Accessoirement, si tu trouves le moyen que chaque usager puisse ne voir à la demande que SON nuage, tu as créé un truc intéressant, non ? (cf. delicious et les deux niveaux d’usages, perso et global)

    PS : je suis preneur d’ailleurs de l’outil qui permettrait de passer sur un OPAC du nuage perso au nuage global et inversement…

  8. 19/02/2010 21:21

    @Daniel : « Pourquoi ne pas l’ouvrir ? » : tu participes à des groupes de travail, parfois ? 😉 Bon, ce n’est pas trop mon truc de dire aux collègues  » c’est une question con ». Alors j’apprends à argumenter…
    « Qu’en attendons-nous ? – rien » : ai-je dit autre chose ? Mais là encore, ce n’est pas ce que j’entends d’habitude.
    Et le jour où le Sudoc ouvre des API de tagging centralisé-décentralisé, je suis preneur aussi. Bon, si LT le fait avant, ça m’intéresse également.

    Tout de même, il me semble difficile de concilier les deux : je veux dire, si j’ouvre un module de tagging local, je ne pense pas pouvoir aussi, de manière compréhensible, intégrer les nuages de LT. Donc il faut choisir entre diffuser une information complémentaire (de l’indexation faite par des vrais gens) et proposer un service d’appropriation de l’interface.

  9. 19/02/2010 22:15

    Ben même dans un groupe de travail, ça peut être intéressant de demander « Pourquoi ne pas ouvrir ? » et laisser les collègues essayer de monter une argumentation pour ne pas ouvrir – juste pour voir… 😉

    Ouvrir les tags, ça n’a pas de coût – donc les blocages sont « psychologiques » ou « idéologiques », rien d’autre…

    Perso, entre du local vide, ou presque, et de l’externe plein, j’ai choisi. Et c’est pas passé par un groupe de travail. Personne ne veut plus travailler avec moi 😉

  10. 19/02/2010 22:25

    Il me semble que Babelthèque propose le genre de service que vous évoquez de remontée de tags, commentaires et autres depuis l’opac vers le site communautaire ( http://www.babeltheque.com/ ).

    Et j’abonde avec vous sur la nécessité d’utiliser une base centralisant ces enrichissements au catalogue, pour lesquels nos catalogues risquent de ne jamais atteindre la masse critique nécessaire.

  11. B. Majour permalink
    19/02/2010 23:26

    Tiens, ce soir il y avait ceci en bas de ton Post !
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    Contacte-moi par mail si tu veux la « photo-preuve » de cette pub… pour laquelle, je l’espère, tu touches de l’argent ! Sinon, il est temps de réclamer ta part.

    Bien sûr, tu peux supprimer ce message
    B. Majour

  12. B. Majour permalink
    20/02/2010 00:38

    Pourquoi ne pas ouvrir un système ?
    – Simple : pour que personne ne puisse s’en servir, bien sûr.
    Surtout ceux qui n’y connaissent rien, ou qui redoutent de devoir corriger des tags disons « hétéroclites ». Une charge de travail en moins, c’est toujours ça de bon à prendre. 🙂

    Pourquoi un nuage de tags me semble sans intérêt.

    Parce que je ne peux pas importer !

    – parce que je ne peux pas importer (chez moi) l’Opac de la bibliothèque avec les tags, donc je ne peux pas extraire/faire des recherches/créer des bibliographies/prévoir un temps de lecture de corpus/etc.

    – parce que je ne peux pas importer (dans l’Opac de la bibliothèque) tous mes tags, pour tous les documents que j’ai traités en une seule commande. (sauf à les taper un à un… bonjour le calvaire)

    Autrement dit : parce que la communication est nulle !

    Elle est d’autant plus nulle que le tag que tu vas utiliser ne sera pas mon tag, mais peut-être un synonyme.

    Lors de ma formation à l’Internet et au blog, j’avais déjà trouvé qu’il faudrait, au minimum, des bibliothécaires pour interfacer ces nuages de tag… Le formateur n’avait pas compris, d’autres bibliothécaires non plus.

    Mais si tu me parles de singe et moi de primate, le moteur de recherche sur les tags ne va pas te donner les mêmes résultats… alors que nous parlons de la même chose.

    L’interface permet de parler le même langage.
    L’interface intelligente permet de dialoguer, d’échanger, avec tout le monde.

    Et je le sais d’autant mieux que j’ai créé un dictionnaire interface entre les références des fournisseurs et celles internes à la boîte où je travaillais à une certaine époque.

    La même pièce, petite rondelle de rien, pouvait avoir au minimum trois noms différents à l’extérieur, suivant les fournisseurs.
    D’un traitement quasi « à la main », on était passé à un traitement plus agréable à utiliser et surtout transparent.

    Avec les lecteurs, on n’a pas trois fournisseurs, mais des millions.
    Ou plus sûrement des milliers, suivant le milieu, l’âge, la catégorie socio-professionnelle – qu’il ne faut surtout pas prendre en compte 🙂 – les mots utilisés ne sont pas les mêmes, les acronymes métiers non plus !

    Et on voudrait croire qu’il est possible de partager des tags avec n’importe qui… avec l’espoir (vain ?) qu’une masse suffisante permettra le miracle.

    La conclusion m’est limpide : il n’y a que les rêveurs pour espérer un tel miracle.
    Et si jamais il avait dû se produire… il se serait déjà produit dans les bibliothèques.

    OR il s’est déjà produit.

    Et ça s’appelle une classification !

    Une classification, c’est vrai, c’est imparfait, sauf si on convertit les mots et que l’on renvoie vers les mots matières significatifs.

    Une classification, ça permet de parler un même langage. Donc de se comprendre.
    Se comprendre, ça permet de répondre et d’échanger dans le langage propre à chacun !

    Paul Poulain nous dit :
    « Le système super, serait celui qui permet d’échanger des tags entre catalogue. »
    […] « et au final, on atteindrait la taille critique nécessaire à ce que l’information ne paraisse pas clairsemée. »

    Mais Paul, on a déjà ce système-là.
    Les bibliothécaires refusent de voir qu’ils sont assis dessus… c’est tout.
    La masse critique, on l’a possède.

    Convertissons toutes les cotes Dewey/CDU/Montblanc-Montmayeur/etc. en tags matière et permettons aux usagers d’y accéder en langage naturel (oui, avec une interface invisible s’il le faut, pour les orienter sur « notre » langage.)

    Mettons en commun tous nos catalogues avec ces tags (et tant mieux si les cotes des uns ne sont pas celles des autres, ça devient une richesse et non pas une erreur !)…

    Donc mettons-les en commun, et regardons ce que ça donne.
    Au lieu de nous asseoir dessus et de rêver que d’autres nous apportent tout prêt, tout cuit ce que nous possédons déjà.

    Bien cordialement
    B. Majour

    P.S. et qu’on ne vienne pas me dire que ce serait monstrueux.
    11 millions de documents à 1000 caractères, ça ne représente que 11 Go de données.
    A 2000 caractères, 22 Go…

    et pour les ISBN… 10 chiffres, moins la clé, moins le chiffre pour la France, on est à 8 chiffres, soit un maximum de 100 millions de documents (99 999 999) = 100 Go.

  13. 20/02/2010 13:35

    @BMajour : un tag ne se corrige pas. Il est ce qu’il est.

  14. 20/02/2010 13:48

    @B. Majour : je souscris à ce que dit Daniel. Si on met en place un service de tags, ce ne doit pas être dans l’espoir d’enrichir le catalogue, mais pour que le lecteur en fasse l’usage — et l’usage qu’il en veut (si tant est que ça ne déborde pas du cadre de la décence…).
    Sur un bouquin « Histoire de France », il a le droit de mettre des tags « Nul », « préparation CAPES », « cours du prof », etc.

    La question pour le bibliothécaire est alors la visibilité (publique ou non) et les modes de recherche dans ces tags.
    Par exemple si on veut rendre les tags interrogeables par tous, c’est contre-productif de créer un index spécifique « tags », où les résultats seront toujours pauvres. En revanche on peut les rajouter à la recherche « sujet », éventuellement (pu carrément « Tous les mots »).
    Et dans les notices détaillées il est inutile d’indiquer « 0 tag » quand c’est le cas, car comme ce sera vrai pour quasiment toutes les notices, l’effet en sera désastreux.

    Et si on offre ce service pour que le lecteur qui le souhaite puissse « indexer » la base à sa sauce, il est normal de lui proposer alors un nuage de ses tags cherchant dans sa sélection d’ouvrages (avec possibilité d’élargir à tous les tags et/ou tous les ouvrages).

    Voilà le genre de choses auxquelles il faut penser.

  15. 20/02/2010 13:57

    @Bernard : aussi : faire remonter la classification sous forme de tags, ça n’est toujours que poursuivre le même fantasme de bibliothécaire, i.e. tenter de classer le monde – or ça n’intéresse personne en dehors des bibs…
    L’intérêt du tag, c’est que c’est une indexation libre, contrairement à nos classifications corsetées. En faisant remonter nos classifications comme tags, nous allons tuer cette liberté.

    Effectivement, techniquement, ce n’est rien à faire – c’est juste qu’à mon avis, ça ne sert à rien, de pousser nos classifications comme tags – nos usagers s’en fichent, de la Dewey, de Rameau et autres grilles, et ils n’y comprennent rien. C’est bien pour ça que le tag est né 😉

  16. 20/02/2010 14:02

    @Lully : pour moi il y a deux mondes parallèles, celui du tag et celui de la classification – on ne cherche pas dans les tags, on s’y balade.
    Le bib cherche, l’usager se promène, en gros 🙂 Chacun son mode d’exploration…
    On peut parfaitement avoir les deux. Si tu regardes une de nos notices OPAC, la zone haute, le pavé du haut, c’est la zone des bibs… Classification, pavé ISBD, etc…
    La basse (celle de LT) c’est celle des usagers ; les deux co-habitent, chacun les utilise comme il veut. Les deux sont là et c’est ça qui compte.

  17. 20/02/2010 14:57

    @Daniel : quand je parlais de faire cohabiter les deux, c’était :
    1. des tags locaux, que l’usager peut enrichir à sa guise
    2. des tags LibraryThing, importés, plus riches, mais sur lesquels il ne peut pas vraiment intervenir sauf à se créer un compte.
    (Au fait, n’y aurait-il pas à creuser, soit la shibbolethisation de LibraryThing, soit l’openIDisation des opac, pour permettre une navigation simple entre les deux ?)

    Sinon, je souscris à ta description sur la recherche et le parcours.
    Disons que lorsqu’un lecteur cherche un titre précis, il doit pouvoir le chercher. Mais s’il veut trouver de la doc sur un sujet, il ira plutôt au hasard, sans méthode — donc pour cela il faut lui faciliter la navigation dans les collections.

  18. B. Majour permalink
    20/02/2010 18:15

    @Daniel
    Sans être juste un fantasme, classer le monde est une impossibilité, sauf à vouloir le reproduire dans son intégralité. Et doubler le monde, c’est impossible. 😉

    Vouloir en classer une partie « représentative », ça relève un peu moins du fantasme.

    A quoi ça sert ?

    A sélectionner une partie du « monde » pour la mettre en valeur (ou la préserver, ce qui revient au même).
    Dans un temps antédiluvien, nous avons établi des cotes et des classifications chiffrées, parce qu’il fallait écrire lesdites cotes sur les livres.
    Et je suis d’accord avec toi pour dire que les usagers n’y comprennent rien…
    Eux, ils comprennent des mots, comme les moteurs de recherche.

    Eux parlent en langage naturel, et « nous » servons d’interface transparente… quand ils osent nous parler.

    Seulement voilà, quand il s’agit de parler par Internet, nous ne sommes plus là. Et il devient nécessaire de créer cette interface.

    Au pays de l’indexation, seuls les mots comptent.
    Peut-être les nôtres sont-ils thématiques, généraux, mais ils existent.

    (Et je suis persuadé que les catalogues des bibliothèques ne se contentent pas des indices ou des cotes. Moi, je mets d’autres renseignements dans mes notices… des renseignements qui me permettent de retrouver un livre, ou un magazine.)

    Ils existent, mais on ne s’en sert pas.

    Bien sûr que, techniquement, ce n’est « rien » à faire.
    Alors pourquoi personne n’a-t-il tenté cette expérience ?
    Trop simple, trop évident ?

    Et quand bien même ce ne serait que pour les bibliothécaires, ça me semble pertinent pour nous. Non ?
    Comment enrichir une base commune si elle n’a rien de commun.
    Mais peut-être qu’on aime bien rêver dans notre métier 🙂

    « Parce que ça ne sert à rien » ? 😉

    Et on voudrait reproduire un tel système, sans apporter quoi que ce soit… tout doit venir des usagers (des étudiants qui n’ont sans doute que ça à faire 🙂 ) tapant leurs tags telles des fourmis, dans des systèmes incapables d’importer ou d’exporter les données !

    Le moindre bon sens m’incite à chercher un système ouvert. Système où je peux partager ma bibliothèque avec d’autres. Et où je dispose de mes données sans qu’un seul se les approprie à son seul bénéfice. Où on parle de coopération (coopérer, ça veut dire ce que ça veut dire, on est en mode gagnant-gagnant)

    De plus, comment attirer les gens s’il n’y a rien.
    Comment se balader sans aucun sentier, même taillé à la hache (d’une classification).

    Le but du jeu n’est pas d’interdire ou de permettre les tags des usagers, mais de mettre en relation, en communication.
    Peu importe la boîte noire, les manipulations souterraines (la récupération de données extérieures ?) pour permettre cette communication, le tout est qu’elle soit possible.

    Et elle n’est pas possible à partir de rien.

    Perso, en tant que lecteur, je ne vois strictement aucun intérêt à remplir les tags d’une bibliothèque. Surtout, si je ne peux rien partager.
    Et partager suppose des bases plus ou moins communes. ;-). L’intérêt résidant alors dans le « plus ou moins » des divergences.

    Mais sans partage, impossible de construire quoi que ce soit.
    Ce qui nous laisse le rêve. 🙂

    Bien cordialement
    B. Majour

  19. 21/02/2010 12:54

    Bon, c’est pas pour dire mais depuis le début des commentaires, la question en est restée à l’enrichissement (ou le non-enrichissement) des catalogues grâces aux tags.
    Est-ce que ça vous intéresse, ce que je raconte ? Est-ce que l’aspect « Personnalisation » est évident ? absurde ? complètement con ? ou bien en aurais-je fait le tour au point qu’il y a désormais consensus sur la question ?

  20. B. Majour permalink
    21/02/2010 15:46

    Bonjour du jour Lully.

    Personnalisation et enrichissement. (dis-tu)
    Est-ce que les deux phénomènes ne sont pas liés ?

    Si quelque chose me parle, j’ai envie de l’enrichir.
    Si cette chose n’a rien à me dire, je vais avoir du mal à l’enrichir.

    Autre point, si je peux l’enrichir, vais-je le faire avec mes mots ?
    Soit ma « Personnalisation. »

    Problème qui se pose. A quoi cela peut-il me servir d’utiliser un tag « velu » si personne ne le comprend. Tu préfères plus bibliophile ?
    Le tag « Crapaud fou », quel lecteur va le comprendre ?

    Le tag « libre » n’a d’intérêt que si je le partage avec d’autres, s’il est compréhensible par d’autres. Sinon, on parle dans le désert.

    Et, dans un système coopératif, parler dans le désert est un non sens.

    Ce problème de la personnalisation est pourtant clair dans notre métier.
    Nous avons établi des classifications pour pouvoir ranger des documents, dans des rayonnages. (i.e. pour nous y retrouver)

    Tu as l’exemple même d’une « personnification » affirmée.
    Que les usagers comprennent tellement bien, que nous sommes obligés de leur offrir une signalétique (compréhensible).

    S’ils apprenaient notre langage, la façon dont sont formées les cotes, alors ils pourraient s’y retrouver sans signalétique. (S’ils apprenaient notre jargon en supplément, ce serait le top, ils deviendraient totalement autonome ;o) )

    Notre « Personnalisation. » nous a rendu opaque. (et l’Opac porte bien son nom)
    Tout ça, parce que nous avons oublié notre côté « lecteur », lecteur novice, lecteur décalé dans le langage.

    Et comme tu l’as précisé dans ta précédente réponse : « Mais s’il veut trouver de la doc sur un sujet, il ira plutôt au hasard, sans méthode — donc pour cela il faut lui faciliter la navigation dans les collections. »

    Hum, ici, tu te trompes, l’usager n’ira pas au hasard et sans méthode, il ira sur Gooogggle !
    Là où il peut espérer lire des gens avec le même langage que lui. 🙂

    A défaut, il demandera à ses potes ou ses copines.

    En dernier ressort, et pour les moins timides, ce sera le/la bibliothécaire.

    Le hasard, c’est bon pour les pratiquants de la Sérendipité. Et encore, ceux-là ne vont pas au hasard. Ils cherchent quelque chose et leur esprit est ouvert à toute possibilité, quitte à l’adapter « ce » hasard. 🙂

    Tout cela me ramènerait presque à l’interface à créer pour communiquer.
    Car bien sûr, on peut avoir plusieurs juxtaposition de systèmes : Tags, ISBN, Classification ou autre. (autant de personnalisations possibles)
    Soit : des couloirs de métro juxtaposés, où personne ne se rencontre jamais.

    Jamais ?
    Voilà un boulot pour les bibliothécaires. 🙂
    Car nous savons nous adapter à nos différents publics.
    Une manière de nous rendre indispensable ?

    Bien cordialement
    B. Majour

  21. 21/02/2010 20:52

    @B. Majour : je n’ai peut-être pas été assez clair dans ce que je voulais dire.
    Lorsque je rajoute un favori sur Delicious, je ne le fais pas pour enrichir la base Delicious, mais pour accroître mon espace personnel de favoris en ligne.
    Lorsque je tague les billets de ce blog, ce n’est pas pour enrichir l’indexation de la base WordPress.com (qui se rappelle à moi, sur ce sujet, en faisant pointer les tags de chacun de mes billets vers une recherche dans tous les blogs WP, et non seulement sur le mien).

    A chaque fois que, sur une interface donnée, j’ajoute une information selon ma propre terminologie, ce n’est pas pour rajouter un synonyme décrivant une ressource, synonyme auxquels d’autres n’auraient pas pensé pour décrire la même ressource. C’est au contraire pour pouvoir déployer, sur tous les services que j’utilise, la même taxonomie — la mienne !
    Sur toutes les plates-formes, je mettrais systématiquement « XSLT » plutôt que « XSL », « bib » plutôt que « bibliothécaire », etc.
    Cela entraîne de la confusion pour l’ensemble de la base ? pour ses administrateurs ? ce n’est pas mon problème !
    Mais si l’administrateur du site n’aime pas cette prolifération terminologique de ses utilisateurs, doit-il pour manifester son mécontentement supprimer cette possibilité ?

    C’est pourquoi quand je parle Personnalisation, il ne faut pas me répondre « base » : l’usager (celui du moins qui aura envie d’utiliser ces tags) réfléchit par rapport au développement de son espace personnel, toutes applications confondues, pas par rapport au développement de l’application en cours, tous usagers confondus.

    Sinon, quant à mon expression « au hasard », je n’avais absolument pas en tête la sérendipité. Je n’imagine pas vraiment le lecteur venant flâner sur mon opac pour le plaisir des yeux et des sens.
    Je voulais dire surtout « sans méthode » (c’était le mot d’à côté), l’absence de méthode ayant pour conséquence que les résultats que l’opac lui renvoie lui sembleront incompréhensibles et aléatoires.
    Lui donner la possibilité de naviguer (nuages de tags, rebonds, facettes, etc.), c’est lui permettre d’effectuer des actions (cliquer successivement) derrière lesquelles il sait par avance qu’il trouvera des résultats (car si un mot cliquable lui est proposé, on peut raisonnablement penser qu’il y a quelque chose derrière !)

  22. B. Majour permalink
    22/02/2010 00:26

    Ok, je comprends mieux le but de ta question.

    Mais là tu parles de services qui te permettent d’exploiter ta taxonomie. (tes raccourcis, ton univers personnel)
    Sur ton blog, sur Delicious, je comprends que ces tags te soient utiles.

    Si on se reporte à un catalogue de bibliothèque… j’ai beau me creuser, je ne vois pas l’intérêt de mettre des tags à un livre que j’ai lu. Il est lu, il est fini. (Sauf à pointer des pages particulières, à surligner certains passages qui me sont utiles, pourquoi taguer ?)

    Lorsque je porte un jugement de valeur (ou si je donne une note)… c’est bien pour que d’autres le lisent et s’en servent, pour soit le lire le document, soit le rejeter… ou encore pour nuancer mon jugement.

    Si je place un tag, il faut – a minima – qu’il ait un intérêt pour quelqu’un d’autre. Sinon, pourquoi me fouler ?

    Pour mieux comprendre ce que je ressens, j’ai envie de te dire : explique-moi pourquoi tu as le widget qui génère un nuage de tags « visible », si ce n’est pas pour tes lecteurs ?

    De même, tu places des tags en bas de tes posts pour permettre une meilleure circulation des lecteurs sur ton blog, parce que tu en es le créateur.
    Tu remarqueras, avec à-propos, que l’option utilisateur taguant ton blog n’est pas prévue. Pourtant, elle me paraîtrait légitime.
    Pour se tracer son propre chemin dans ton blog ? Ou pour tracer un chemin destiné à d’autres ?

    En réalité, je crois qu’on pose mal la question depuis un moment. On devrait repartir de la base : à quoi sert un tag ?

    Sur Delicious, sur ton blog… ça sert à classer (de manière libre et personnelle, mais on en revient quand même à une notion de classification, utile pour soi)

    Dans la rue, dans la vie, ça sert à marquer son territoire. (c’est à moi, je suis passé par là, d’une certaine manière : j’accrois mon espace personnel 🙂 )

    Ou encore à informer. Les SDF itinérants ont un code de tags spécifiques qu’ils inscrivent là où d’autres SDF sauront les trouver. Idem chez les scouts.

    Dans le troisième cas, on trouve de l’intérêt aux tags des autres… si on les comprend.
    Et le tag devient intéressant dans l’échange, dans le chemin tracé.

    Mais ce genre de tag suppose un « guide ». Un guide qui suit certaines règles. (pas un crapaud fou, encore que… 🙂 )
    Comme on peut avoir des guides dans les musées.

    C’est ce que tu exposes ici :
     » Lui donner la possibilité de naviguer (nuages de tags, rebonds, facettes, etc.), c’est lui permettre d’effectuer des actions (cliquer successivement) derrière lesquelles il sait par avance qu’il trouvera des résultats (car si un mot cliquable lui est proposé, on peut raisonnablement penser qu’il y a quelque chose derrière !) »

    Tu proposes des guides.

    Et là, qui est le « guide » ?
    Qui propose le mot cliquable ?

    Si on pousse plus loin, on arrive à :
    Qui propose l’échange ?
    Qui fournit les bases de l’échange. Qui effectue le premier pas pour aller vers l’autre ?
    Qui va récupérer le langage de l’autre pour adapter ses données à ce langage ?

    Je reviens sur la suite rapidement, car elle me semble un peu annexe par rapport au tag.

    « Sinon, quant à mon expression « au hasard », je n’avais absolument pas en tête la sérendipité. Je n’imagine pas vraiment le lecteur venant flâner sur mon opac pour le plaisir des yeux et des sens. »

    Et pourtant tu l’imagines bien venant flâner dans tes rayonnages. 🙂
    Pourquoi pas dans l’Opac qui est censé représenter tes rayonnages. (Demande au bibliobsédé avec ses murs d’images)

    « Je voulais dire surtout « sans méthode » (c’était le mot d’à côté), l’absence de méthode ayant pour conséquence que les résultats que l’opac lui renvoie lui sembleront incompréhensibles et aléatoires. »

    A cela, je pourrais te dire que tout le monde a une méthode.
    Plus ou moins pertinente, mais une méthode quand même.

    Si tu ne sais pas ce que tu cherches, tu attends le miracle en tapant une seule touche de ton clavier. C’est moins miraculeux avec un mot complet, et ainsi de suite 🙂

    C’est encore moins miraculeux si quelqu’un a prévu le tag « toilettes », lorsque tu as envie d’y aller. (D’autres « tags », bien utiles quand on les cherche.)

    Qui est le guide, qui tient la carte ?
    Quand c’est pour soi-même, on peut taguer n’importe comment.
    Quand on désire parler à d’autres, il faut commencer à penser/parler comme eux, sinon le dialogue n’a pas lieu.

    Bien cordialement
    B. Majour

  23. 22/02/2010 08:29

    @B. Majour : pour l’instant, je manque de temps pour répondre.
    Donc je me contenterai de sursauter à la lecture de la phrase « [Le livre] est lu, il est fini. »
    Et je reviens dès que possible 🙂

  24. 22/02/2010 09:18

    @B. Majour : pour les Ad Sense de Google, j’ai eu la réponse. Qui m’a enchantée.
    Elle est : de temps en temps, pour préserver la gratuité du service, WordPress place des « discret AdSense advertisements« .
    Et si je n’en veux plus du tout, c’est payant.
    Je vais donc réfléchir à payer. Pour aller m’installer ailleurs, peut-être.
    Je ne sais pas encore.

  25. 22/02/2010 21:12

    @B. Majour : je serais assez tenté de te trouver des exemples d’utilisations qui vont à l’encontre de ce que tu décris.
    Par exemple j’ai du mal à croire que tous ceux qui taguent leur bibliothèque dans LibraryThing le font en vue du bien commun. Certains, certes. Pour d’autres, il s’agit de garder trace de leurs lectures, de leurs livres — et parmi les différentes manières numérique de « garder trace », taguer est un mouvement de plus en plus « naturel » (disons plutôt : de plus en plus fréquent).
    Il m’est arrivé, du temps où j’étais à Jussieu, de recevoir un étudiant venant me dire que ce serait chouette si le portail documentaire permettait de taguer les livres.
    Je l’ai réorienté vers LibraryThing. J’ignore s’il s’y est finalement inscrit (alors qu’il avait déjà un compte dans le portail…).

    Je pourrais, disais-je trouver des exemples.
    Mais ce serait aller à rebours de mon propos dans ce billet.
    Le présent billet explique justement que les étudiants, manifestement, ne se servent pas des tags. Ceux qui s’en servent sont extrêmement minoritaires, et ne « rentabilisent » pas la mise en place d’une telle fonction (quoique le tagging soit généralement livré avec le « pack Opac », et ne constitue pas une option supplémentaire à rajouter au forfait de base).
    Bref, ils ne l’utilisent pas.
    De même, je n’ai pas l’intention a priori d’aller commenter sur Enssibrèves ou sur les éditos d’Anne-Marie Bertrand. Pourtant je ne peux m’empêcher de constater que les deux sont impossibles.
    Et si l’Enssib ouvrait les commentaires pour ces deux cas, avec des internautes comme moi ils concluraient au bout de deux mois que ça ne servait à rien de les ouvrir : puisque je n’y aurai (sans doute) rien écrit.

    Sauf que…
    Sauf qu’au passage je me suis fait la réflexion : tiens, on ne peut même pas commenter, c’est dommage ! Ce n’est pas comme sur les autres sites web.

    Voilà : comme au sujet de leur bidouillabilité, nous devons faire en sorte que nos opac ressemblent aux autres sites web. Rien que ça — vaste programme ! Pourtant ça ne devrait pas.
    Vouloir correspondre à l’horizon d’attente. Ou juste aux habitudes.

  26. 23/02/2010 14:32

    Je n’ai pas lu les commentaires (peut-être que je dis des banalités…) mais pour moi la question des Tags est un faux problème typique des bibliothèques: c’est dangereux donc on l’utilise pas/ c’est pas utilisé donc on l’utilise pas/ on sait pas s’en servir donc on l’utilise pas…
    La démarche professionnelle (bien rare…) selon moi serait de commencer à auto-tagger ses notices pour lancer la machine, puis de laisser faire. Chacun sait que rien n’est moins engageant qu’une page blanche. Or avec les tags nous demandons (encore) aux usagers d’être plus ambitieux et curieux que nous-même (ce qui est un comble).

  27. 23/02/2010 14:51

    shaunlemouton = ce n’est pas une banalité, c’est exactement ce qu’a choisi de faire le SAN Ouest Provence !
    Lequel utilise Koha, tout comme l’école des Chartes. D’ailleurs, quels sont les SIGBs qui permettent le « tagging » ? -et dans quelle version-

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