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Vous faites quoi pour l’environnement aujourd’hui ?

25/02/2010

Nous nous posons beaucoup de questions (en particulier ici-même) sur ce à quoi devrait ressembler un opac pour être ergonomique, adapté aux pratiques de l’usager, compréhensible, joli, etc.

Bref, nous continuons à travailler et réfléchir sur l’opac lui-même comme point d’accès privilégié vers les collections (en ligne ou imprimées).

Il devient urgent de modéliser les opac en fonction d’une multitude de points d’accès, et de commencer par définir ces points d’accès et en quoi ceux-ci ont des conséquences sur l’ergonomie des opac.

Plutôt que de réfléchir au scénario classique :

Page d’accueil de la bibliothèque > Page d’accueil du catalogue > Recherche > Liste de résultats > Notice détaillée

Il faut, avant de maquetter un opac, construire toutes les autres manières d’accéder directement :

  1. à la page d’accueil du catalogue
  2. au formulaire de recherche
  3. à une liste de résultats
  4. à une notice détaillée
  5. aux informations réellement intéressantes dans la page, en fonction du contexte de l’usager, pour les quatre situations précédentes

Il faut même aller plus loin : partons du principe que l’accès par la page d’accueil du catalogue ne doit pas être le mode d’accès privilégié aux informations contenues dans le catalogue.

Accéder directement à une notice détaillée

Je ne serai certainement pas exhaustif, mais on peut déjà envisager plusieurs manières dont un lecteur, en situation, accèderait à une notice détaillée.

Navigation sur Internet

Par exemple en naviguant sur Amazon, un lien vers le catalogue lui est proposé. LibX peut jouer ce rôle.

Cela signifie qu’une fois installé, l’utilisateur ne voit qu’un lien sur lequel il clique (par exemple l’ISBN est cliquable). Il n’est plus dans une démarche de recherche (elle a eu lieu avant). Donc après avoir cliqué sur ce lien, il doit comprendre immédiatement ce qui s’est passé :

  • il atterrit sur la notice détaillée dans le catalogue de sa bibliothèque
  • ou la bibliothèque ne possède pas cet ouvrage

La seconde réponse est très différente de ce qu’affichent les opac habituels, à savoir : « L’ISBN que vous avez recherché n’existe pas dans la base »

copie d'écran Recherche opac sur un ISBN

En cas d’absence de résultat, l’affichage pourrait être différent :

  1. l’opac doit être capable de savoir quelle est l’URL d’accès à la page, et tenir compte du fait que ce peut être une requête Amazon ou autre.
  2. il pourrait rappeler les métadonnées (récupérées de WorldCat, par API, grâce à l’ISBN) : titre, auteur, année
  3. il pourrait proposer un lien « Retour » permettant de revenir à l’écran d’origine, de manière explicite « Retourner sur Amazon/LibraryThing/etc. »

Photo/scan de code-barres

Autre situation-type : l’usager est en rayon, il scanne ou photographie le code-barres (classique ou QR).

Il sait où il est, il connaît le document qu’il a entre les mains. Ce ne sont pas les métadonnées bibliographiques qui l’intéressent.

Il veut donc des informations complémentaires

  • soit liées à la bibliothèque (durée du prêt pour lui sur ce document),
  • soit liées à l’ouvrage (commentaires, avis, tags, aspirés de diverses sources),
  • soit liées au contenu (rebond vers d’autres ouvrages, sur le même sujet, du même auteur, etc.).

Logiquement, pour arriver à la notice, le lecteur a suivi un chemin spécifique « traçable » (depuis un smartphone, avec une petite application spécifique « signée » installée sur son portable).

Donc on doit pouvoir lui proposer des services adéquats :

  • les métadonnées bibliographiques prennent peu de place
  • les informations complémentaires sont bien mises en valeur (import de la biographie de l’auteur sur Wikipedia, rebonds vers d’autres sources).

Accéder à une liste de résultats

(mode d’accès conditionné au fait que le logiciel accepte qu’on puisse pointer sur une page de résultats, ce qui n’est pas gagné)

Il me semble qu’il y a deux manières « déconcentrées » d’y accéder :

  1. en cliquant sur un lien trouvé quelque part
  2. en utilisant un formulaire de recherche disséminé (widget Netvibes, encart de recherche rapide dans le navigateur, application iPhone, etc.)

Le premier cas peut sembler curieux. Mais ce peut être :

  • quelqu’un qui vous envoie un mail
  • un prof qui communique une liste de résultats à ses étudiants, associée à son cours
  • un script GreaseMonkey ou autre qui permet de rebondir depuis une requête Google (ou autre) vers « relancer cette requête dans votre catalogue » (LibX le fait aussi)
  • le lien vers une page de nouveautés (qui est en fait une requête sur un critère disciplinaire, comme une tranche de cotes)

Le second cas devrait être de plus en plus fréquent : Univers Netvibes, page Facebook, plugin de recherche rapide, etc.

Tous ces formulaires doivent être pensés dès le lancement du projet de réinformatisation du catalogue : ce ne sont pas des formulaires secondaires, ils peuvent être légitimement la première manière de rechercher dans le catalogue.

Dans le premier et le second cas, on imagine l’usager arrivant sur une liste de résultats en venant depuis un environnement qui peut être n’importe quoi. La recontextualisation est donc très importante : repères visuels permettant de voir rapidement sur quel site on se trouve (logo de la bibliothèque, cliquable vers son site web).

Cela dit, une autre solution est envisageable : que la liste de résultats soit elle aussi sur l’environnement distant. Cela n’a rien d’absurde : Google CSE permet ce genre de choses (voyez la recherche sur Figoblog : la liste des résultats est une liste Google récupérée grâce à un code JavaScript inséré dans la page), certains widgets Netvibes de bibliothèques américaines, ou encore le bot Amazon dans Google Wave également.

Dans ce cas de figure-là aussi, il faut repenser les informations à afficher, mais aussi des rebonds spécifiques, liés au fait que l’environnement d’affichage n’est pas la bibliothèque (par exemple — je dis n’importe quoi — en en-tête de la liste des liens vers le site de la bib, la page d’accueil du catalogue, etc. ; mais aussi des rebonds vers d’autres ressources : relancer la même recherche dans WorldCat, etc.)

Contestation : les situations envisagées n’existent pas !

Vous me direz que les usages ci-dessus décrits sont minoritaires.

J’en suis tout aussi persuadé. Mais c’est de notre faute, pas celle de l’usager.

Dans nos projets de changement de SIGB, qui intègre la perspective, au moment du lancement, de communiquer aussi sur les services disséminés liés au catalogue ?

Qui intègre ces services dans son cahier des charges (comme exigence de prestation demandée aux sociétés candidates) ? « Vous fournirez un plugin de recherche rapide associé au catalogue, ainsi qu’une extension LibX avec tel et tel paramètre, téléchargeable facilement depuis le site, ainsi qu’un widget Netvibes et un widget Facebook ». Etc.

L’évidence

Nos lecteurs ne cherchent plus des références sur nos opac. Ils font une recherche « sujet » (ou même titre-auteur ! Pourquoi pas ?) sur Google, et tombent sur des sites commerciaux, sur Google Books, sur une critique littéraire, sur une bibliographie, sur la page perso de l’auteur, etc.

Mais ils ne sont pas toujours prêts à acheter l’ouvrage trouvé. Donc il faut bien qu’à un moment ils s’intéressent à ce qu’il y a dans les rayons de leur bibliothèque. Comment font-ils alors ? Ils vont dans les rayons. Le passage obligé par la page d’accueil du catalogue est une contrainte.

Donc ce sont les passerelles qu’il faut développer.

L’existence d’un catalogue garde donc toute sa légitimité, mais les modes d’accès aux données sont à revoir. Et à diversifier.

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6 commentaires
  1. 25/02/2010 13:20

    Complètement d’accord, pour la première solution c’est de landing page dont il s’agit, j’en avais parlé ici : http://www.bibliobsession.net/2008/09/16/de-lusage-des-pages-de-renvois-comme-outils-de-mediation-numerique/

    pour le second cas, c’est très important, pour moi il s’agit d’une médiation contextuelle : http://www.bibliobsession.net/2008/01/17/de-lusage-de-la-douchette-a-codes-barres-dans-les-bibliotheques/

    désolé, j’ai l’air de placer mes billets, mais je trouve super chouette que tu réactives ces sujets qui sont vraiment importants, dans les deux cas, il s’agit de se placer du point de vue de l’usager, et c’est vrai que nous avons énormément de progrès à faire de ce point de vue !

  2. 25/02/2010 14:10

    … sans vouloir faire pleurer dans les chaumières… c’est pas l’outil de Damiano qui faisait cela?…
    Si son travail avait enflammé les esprits c’est par-ce qu’il répondait absolument à nos besoins de simplicité et de dissémination. Je crois que c’est Silvère qui avait suggéré que l’ABES ou un autre organisme « technique » s’occupe de développer un tel outil pour la communauté…
    Qu’est-ce qu’on attend?

  3. 25/02/2010 14:13

    Oui L’outil de Damiano était positionné de manière proche, mais ça n’est pas exactement ce que suggère ce billet. Après il faut passer à l’action… et comme je l’avais suggéré je ne vois pour l’instant pas une institution capable de se réapproprier un tel projet… (raison techniques, politiques, voire juridiques….) :-(‘

  4. 25/02/2010 14:31

    @Silvère : non, non, tu peux citer tes billets sans souci (je sais d’expérience que c’est toujours ses propres billets qu’on connaît le mieux :-)) et surtout revendiquer la paternité d’une idée !
    J’avais complètement oublié qu’il y avait un concept (landing pages) derrière l’idée de réorienter correctement le lecteur qui est susceptible de débarquer n’importe où.

    @Shaun : en l’occurrence, l’association avec Bibli.othequ.es ne concerne qu’une partie du billet (affichage des localisations directement dans la page où se trouve la notice). Mais ce n’est qu’une partie du problème.
    Ce que je voulais souligner, c’est que les opac n’étaient pas pensés — que ce soit par les éditeurs de logiciels ou par les bibliothécaires — en fonction des différents modes d’arrivée sur le site.
    Mais ce n’est pas d’abord un problème technique : c’est avant tout une question intellectuelle. Qui pense à inscrire dans son cahier des charges que les notices de l’opac doivent être indexées par les moteurs de recherche ?
    Qui maquette (car il y a bien des bibliothécaires qui, à leur cahier des charges, associent de jolis dessins des différentes pages possibles, non ?) en pensant que dans la page de notice détaillée, il faut tenir compte des utilisateurs qui y accèderont sans passer par le formulaire ?

    Si on commence déjà par inscrire ce genre de demandes dans les appels d’offres, les premières réponses des prestataires seront sans doute négatives (ou avec développement spécifique à la clé). Mais l’évolution logicielle peut venir dans un second temps.

  5. 25/02/2010 15:20

    Je crois malheureusement que le problème fondamental pour cela c’est la mentalité de « dominés » qu’ont une grande majorité de professionnels: l’outil ne peut être dompté, il faut juste se former à son utilisation…
    C’est la démarche inverse de nombre de blogueurs prospectivistes et sans doute pourquoi il reste un tel décalage entre ce qu’on dessine sur le web et ce qu’on voit dans les bibliothèques. Nous essayons de penser en amont de l’outil quand beaucoup de collègues se soumettent à l’outil.
    Il faut une (énième) révolution culturelle. (désolé de plomber l’ambiance ;p…)

  6. 25/02/2010 16:29

    @Shaun : Nous sommes d’accord ! Pourquoi crois-tu que je passe du temps à écrire des billets ?

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