Skip to content

Bloguer, c'est écrire pour ne pas être lu

22/03/2010

Du moins c’est ma manière de rédiger des billets.

Je sais, ils sont souvent trop longs, trop techniques, trop pénibles. Mais précisément, cela m’a contraint progressivement à voir quelle utilité des billets illisibles pouvaient bien avoir.

1. ce sont des billets de blogs

Cela signifie au moins deux choses :

  • ils arrivent le matin dans l’agrégateur, au milieu d’une flopée d’autres informations
  • ils seront rarement lus au-delà de 30 jours après publication

2. il faut qu’ils puissent être survolés

Je n’aime pas les billets que l’on est obligé de lire en intégralité pour évaluer l’intérêt qu’on y a trouvé.

Du fait même que chaque jour nous avons tous de nombreuses infos à lire, il me semble indispensable de pouvoir regarder un billet avant de le lire, c’est-à-dire laisser mon regard passer rapidement pour identifier :

  • le sujet
  • les différents points abordés
  • les connaissances ou points de vue qui s’y trouvent
  • si j’ai déjà ces connaissances et si je partage déjà ces points de vue
  • dans le cas contraire, cibler éventuellement sur une partie du billet seulement, en « sachant » déjà ce que le reste contient

Pour les billets techniques (la série XSL par exemple), c’est encore plus vrai (de même que pour les retours d’expériences) : ils s’adressent à ceux qui veulent prendre le temps d’acquérir ces compétences, et à ceux qui six mois plus tard se souviendront d’avoir vu passer quelque chose sur le sujet.

3. Faciliter la lecture

Les premiers doivent pouvoir repérer aisément ce qu’ils vont apprendre, et les seconds savoir en 10 secondes ce dont ils auront besoin de se souvenir dans plusieurs semaines.

J’essaie donc au maximum de fournir des repères visuels qui scandent les billets, avec une mise en forme sobre (je l’avoue, je n’utilise pas du tout la couleur, ni la taille des caractères).

  1. des titres
  2. des listes (dont la nature doit être facilement identifiable)
  3. du gras
  4. des liens bien visibles : si je parle d’un site, le lien est en gras, répété, cliquable, et si possible en début de paragraphe

Je trouve qu’il y a une grosse différente entre mettre en gras les idées principales, et mettre en gras la structure d’un texte et ses enchaînements principaux. Par exemple il faut s’arranger pour que les mots en gras soient autant que possible en début de paragraphe : lorsque l’œil parcourt rapidement une page web sans lire, il a tendance à suivre l’alignement gauche des paragraphes. Donc tout en conservant la linéarité du texte, j’aime que les premiers mots soient en gras et rendent compte de son sujet.

En bref, je fais ce que je peux pour que vous puissiez suivre ce blog sans le lire 🙂

Pourquoi je parle de ça maintenant ?

En fait, je suis frappé de voir des blogs assez récemment apparus (non, je ne donnerai pas d’URL), écrire de longs billets très intéressants, mais pour lesquels on est obligé de les lire pour savoir qu’ils sont intéressants.

Il me semble légitime de pouvoir, en lecteur pressé, faire un premier survol de chaque billet pour éventuellement envisager d’approfondir. Le risque, c’est que j’abandonnerai en voyant les 10 paragraphes, de 15 lignes chacun. C’est dommage !

aquili marine
Advertisements
9 commentaires
  1. B. Majour permalink
    22/03/2010 19:02

    Bloguer, c’est écrire à l’envers !

    L’important d’abord.
    La démonstration et l’accessoire ensuite…

    C’est de l’écriture journalistique, avec pyramide inversée.
    Cette façon d’écrire s’apprend ! Il suffit d’ouvrir un journal papier pour s’en inspirer.

    Mais quel blogueur acharné lit encore du papier 🙂
    B. Majour

  2. 23/03/2010 23:55

    Je ne sais pas si je dois me sentir visé par ce post ou non (si c’est le cas, j’aimerais bien que tu me le signales, ça me permettra d’évoluer dans ma rédaction), mais je tiens à préciser ma façon de voir les choses : je sais que j’ai tendance à écrire des tartines, et à ne pas écrire comme décrit ici.

    Premièrement, je suis assez d’accord avec le fond (lecture en diagonale, rapidité, etc.) concernant les articles d’applications & de REX.
    Néanmoins, je ne pense pas que rédiger un article de façon à être survolé soit d’une réelle utilité dans le cadre d’un topic plus réflexif. Qui plus est, j’aurais tendance à envisager le problème sous un regard contraire (comme je l’ai signalé dans mon introduction de blog) : sur mon blog, j’écris mes idées comme elles viennent — en les structurant –. Pour moi, un blog a pour vocation l’échange, et pas la simple transmission de connaissances.
    Si le lecteur n’est pas intéressé par un long article, il n’a qu’à changer de crèmerie. Selon moi. Un véritable échange ne peut naître que si le lecteur s’implique et lit le post en entier.

    Je suis néophyte en tant que « rédacteur blog », et peut-être dans l’erreur, mais je ne suis pas vraiment convaincu par cet aspect de la rédaction d’article… =S

  3. 24/03/2010 09:18

    @SebDeclercq : très honnêtement, pas un instant je n’ai pensé à ton blog.
    Je pense à plusieurs, mais le tien ne m’est pas venu à l’esprit pour le moment (sans doute parce que ce ne sont pas les billets les plus longs).
    Tu distingue « articles d’applications » et « réflexions ». Mais j’ai un exemple très concret et tout récent, sur un site qui, pour le coup, est ancien : j’ai renoncé hier à lire l’article de Fabrice Epelboin sur ReadWriteWeb intitulé Découverte majeure à propose de l’influence sur Twitter parce qu’aucune mise en valeur dans la forme ne me permettait de savoir s’il disait ce que je pensais savoir déjà, ou s’il allait à l’encontre de ce que je croyais.
    Et comme je manquais de temps, je suis passé à autre chose, d’autres lectures dont je savais immédiatement qu’elles m’apprendraient quelque chose.
    Cet exemple est postérieur à la rédaction du billet ci-dessus.

    Tu restes naturellement maître chez toi, et (pour ma part) je n’ai jamais eu aucune difficulté à te lire : cela vient certainement de ta « ligne éditoriale », qui me permet de savoir par avance que tes billets m’intéresseront.
    Tu restes maître chez toi, et bien évidemment les lecteurs restent libres de changer de crèmerie s’ils ne sont pas contents. Mais si c’est ce qui se passe, alors c’est dommage que des personnes potentiellement intéressées passent à côté d’une information simplement parce qu’elle n’était pas assez mise en valeur.

  4. B. Majour permalink
    24/03/2010 15:02

    @SebDeclercq

    Pour être revenu de ton site, Sébastien, je peux te dire que tes billets sont loin (mais très très loin 😉 ) d’être longs et illisibles.

    Tu écris peut-être sans savoir si c’est bon ou pas au niveau présentation, mais ton volume (au moins sur les derniers billets) est une constante de taille inférieure à trois pressions de la touche page bas. Ce qu’il faudrait respecter autant que possible, sauf si on s’adresse à un public de gros lecteurs.

    i.e. pour moi tes billets (à une seule touche page bas) sont un peu légers, mais en même temps leur taille varie, ce qui engendre de la diversité… et surtout, tu mets bien en valeur le point qui t’intéresse.

    Alors, te sentir visé par Lully… difficile 🙂

    Cibler son information et son angle d’attaque, aller à l’essentiel, permettre une lecture rapide (à travers les titres, le gras, etc.), tout de ce qu’on trouve dans les journaux.

    Cependant, comme le dit aussi Lully, un blog n’est pas toujours conçu pour être lu par d’autres. C’est un blog !

    Bien cordialement
    B. Majour

  5. 25/03/2010 15:17

    Ok 😉
    L’objectif de mon commentaire était plutôt de transmettre ma vision des choses que d’axer cela sur mon blog, mais merci pour les encouragements !

    En relisant mon commentaire, je me rends compte que la forme n’y est peut-être pas spécialement. Mais je maintiens ce que j’ai dit, sur le fond. La conclusion de B. Majour (« un blog n’est pas toujours conçu pour être lu par d’autres. C’est un blog ! ») est assez proche du message que j’aurais voulu transmettre.

    On est donc d’accord !

  6. Hervé permalink
    02/04/2010 16:07

    On est bien dans du journalistique. Les problème c’est qu’on risque d’y rentrer un peu trop au niveau des méthodes « d’accroche » du lecteur, par le titre, le gras etc..voire du traitement de l’information dans le corps du billet. Avec quelques désillusions au bout de la route.

    Je reprends l’exemple de l’article de Fabrice Epelboin sur ReadWriteWeb intitulé Découverte majeure à propos de l’influence sur Twitter (que du coup, j’ai lu, merci) : on a un titre accrocheur (Twitter + decouverte majeure) et un contenu long et assez faiblard. En gros la conclusion d’une lecture rapîde, sans détours par les liens cités, se resume à ça :

    1)La méthode :(sur 80 millions de comptes) « 6 millions d’utilisateurs actifs analysés, les chercheurs ont choisi les 100 plus influents dans chacune des trois catégories d’influence : nombre de followers, nombre de retweets et nombre de mentions. Du fait que certains se retrouvent dans plusieurs catégories, cela représente 233 utilisateurs au total »
    2) la grande conclusion : « les chercheurs ont mis en évidence le fait que le nombre de followers n’est pas à lui seul une mesure fiable de l’influence »
    3) l’autre grande conculsion : »Ils ont déterminé que les utilisateurs les plus influents exerçaient leur influence sur une large gamme de sujets, par opposition aux experts qui maitrisent un sujet et un seul. »

    Effectivement j’en ai la neurone toute révolutionnée…

    Par contre l’intéret réel de l’article se trouve en réalité (mal) placé en fin d’article, par la question (en gras) « Journalisme de données ou recherche scientifique ? » développée comme suit, et qui nous interpelle évidemment davantage : « Manipuler des données dans le but d’en tirer une compréhension sur ce qu’elles mesurent est un exercice délicat et pratiqué depuis longtemps dans certaines communautés scientifiques comme les sciences physiques. Celles-ci ont beaucoup à apprendre au monde du journalisme sur les bonnes pratiques à mettre en œuvre afin d’arriver à une compréhension du monde qui soit basée sur une méthode d’exploration des données valide et scientifiquement rigoureuse »

    Finalement est-ce que ce n’est pas «  »Journalisme de données ou recherche scientifique ? » qui aurait du se trouver en tête, en accroche ? Mais dans ce cas, qui s’y serait arrêté ? Moins de monde, très probablement. Donc allons-y pour Twitter et « découverte majeure ».

    Je ne sais pas trop si l’on blogue pour soi ou pour les autres, mais cette dérive de l’accroche en gras existe dans la blogo, et semble prouver qu’on souhaite quand même être lu, ou simplement vu, sans que l’intérêt du contenu ou sa présentation soit necessairement en rapport avec l’accroche. C’est le fond de la presse people.

    Je ne sais plus qui disait « quand un chien mord un homme, c’est un fait divers. Quand un homme mord un chien, c’est de l’info ».

  7. 02/04/2010 17:15

    @Hervé : merci pour la synthèse de l’article sur Twitter. Effectivement, je n’avais presque pas raté grand chose (j’apprécie par ailleurs beaucoup ce qu’écrit Yves Epelboin).
    Je pense à l’inverse de vous que l’autre titre aurait été tout aussi capteur, car le succès entoure les blogs comme Növovision qui réfléchissent aux traitements de l’information dans le monde du web.

    Ecrit-on pour être lu ? Pour moi, c’est une évidence : oui. J’écris pour être lu.
    Ce blog n’est pas pour moi un outil de travail, il émane de la prétentieuse (j’en ai conscience, au moins) conviction que j’ai des choses à apprendre à mes collègues.
    Cela dit, en mettant en ligne ce que je crois savoir, j’espère bien un retour sur investissement sous la forme de commentaires qui me permettront de corriger mes erreurs. Je n’ai aucun regret pour l’instant.

    Mais quand j’écris « Bloguer, c’est écrire pour ne pas être lu » (titre accrocheur, évidemment !) je veux dire en réalité par là que je veux, par la mise en forme de mes billets, favoriser un certain type de lecture, et une certaine catégorie de lecteur.
    Je veux faciliter le tri pour l’ensemble des internautes qui passent (que ce soit sur ce blog ou dans leurs agrégateurs) :

    Je veux
    1. que les lecteurs potentiellement intéressés (et je sais que mon blog n’intéresse qu’une petite population, au regard des sujets traités) voient d’emblée que tel billet les intéressera
    2. que les lecteurs non intéressés le sachent d’emblée également, et n’aient pas à lire l’intégralité du billet pour s’en rendre compte
    3. que la frange de l’entre-deux puisse survoler un billet et se dire : ça, je l’ai vu, et je saurai y revenir si un jour le sujet me concerne vraiment.
    Ainsi, j’ai vu aujourd’hui sur Twitter quelqu’un se demandant si « un blog » n’avait pas publié quelque chose au sujet de l’utilisation de Zotero pour les acquéreurs. De plus diligents que lui l’ont redirigé sur le présent blog. Mais l’effet « vague souvenir » a suffi pour qu’il retrouve l’info.
    En l’occurrence, il a utilisé Twitter, mais le moteur de recherche de biblioblogs aurait aussi bien pu faire l’affaire (sans plus ni moins de légitimité dans la démarche de recherche).
    Bref, il a survolé l’article, et le jour où il en a vraiment eu besoin il a pu le ressortir.

    Dans ce présent billet, le titre « accrocheur » devait permettre de comprendre que le billet s’adressait (surtout) à ceux qui bloguent plus qu’aux lecteurs de blogs.

  8. Hervé permalink
    03/04/2010 04:58

    Il semble que nous soyons d’accord. C’est dommage pour le débat…

    Je ne lis que les blogs qui savent « faire long » en maintenant intacte mon attention. Et ce n’est pas facile. Il y faut tout de que vous decrivez en termes d’organisation des contenus, repères visuels etc…, mais il y faut aussi du style, quelque chose de personnel, un ton, un « truc » qu’on aime retrouver chez un blogueur au fil du temps et des billets. Parce que la longueur et le style me paraissent aussi constituer une sorte de garantie de contenu. Je sais que c’est idiot comme réflexion, mais c’est comme ça. Comme disait un humoriste « j’attends d’un livre qu’il me donne envie de le lire ». Pareil. La dimension plaisir, un truc de lecteur-papier sans doute, mais j’en suis encore à chercher des blogs qui m’apportent ça aussi. Faut être fou. En tous cas, le nombre de ceux-là est en nette diminution à mon gôut. Trois mots, quelques liens, un bout de video, quelques photos, un coucou auxamis , et l’affaire est faite. C’est de l’éjaculation précoce.

    Un cas d’école, à mon avis,qui allie longueur, lourdeur, accroches factices à la Nostradamus et vacuité des contenus, c’est la floraison d’articles sur la « mort des blogs » dont on nous abreuve depuis quelques années, à partir essentiellement du fameux billet de Nicholas Carr, blogueur américain, Who Killed the Blogosphere. Bataille de chiffres, phénomènes de mode (twitter, Facebook) mis en avant, répétition et pillage d’un blog à l’autre, avis impersonnels, conclusions partisanes ou factuelles, critères stupides (que font les 12-15 ans ? c’est fondamental ça, les ados…), bref, la totale. Et le pire c’est d’avoir vu des blogs plutôt sympas tomber là-dedans.

    Vous dites : « écrire de longs billets très intéressants, mais pour lesquels on est obligé de les lire pour savoir qu’ils sont intéressants. » C’est le risque de la lecture, non? Si un billet traite d’un sujet interessant et de façon interessante, on souhaiterait qu’il soit encore plus long. Et s’il est nul, on s’en rend compte assez vite, je pense. Comme les premières pages d’un livre. On accroche ou on laisse tomber, (Parfois à tort. Quelques pages de plus, parfois…et on regetterait d’être descendu du train en marche)

    Vous êtes long. Donc vous avez pris du temps pour me dire quelque chose. De plus la longueur me laisse augurer d’une argumentation, d’ne construction, et non d’un avis asséné. Donc ça vaut le coup que je m’arrête. D’autres raisonneront strictement à l’inverse.Par contre vos contenus sont souvent trop techniques pour moi (et donc, accessoirement, peu propices au effets de style), mais ça, c’est mon problème, pas le vôtre. Question de ligne éditoriale. D’ailleurs, quand vous dites « je veux, par la mise en forme de mes billets, favoriser un certain type de lecture, et une certaine catégorie de lecteur. », je dirais que ce n’est pas seulement par la mise en forme, mais aussi par les sujets abordés, que cette sélection s’effectue.

    Je ne suis pas un lecteur pressé. Et je ne crois pas qu’on puisse jamais faire passer la moindre idée interessante en moins de 200 caractères. Bravo donc pour votre blog.

Trackbacks

  1. Liber, libri, m. : livre » Blog Archive » Courte pause

Les commentaires sont fermés.

%d blogueurs aiment cette page :