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Le geek, c'est l'autre (ou : Le geek, dibbouk des temps modernes)

14/04/2010

Un fantasme hante ce mot. Au « geek » correspond bien une définition, mais en réalité l’utilisation qui est faite de ce terme est toujours un moyen d’attribuer à autrui des qualités (ou des défauts !) que l’on n’a pas soi-même.

  • Qualités perçues : compétences plus grandes que les miennes en informatique
  • Défauts : fascination extrême pour les « nouvelles technologies » l’incitant à se lancer dans des entreprises, ou simplement avoir des opinions qui témoignent de son incapacité à admettre que l’informatique n’est qu’un outil.

clavier d'ordinateur

Dans notre petit monde de bibliothécaires, il ne viendrait à personne l’idée de qualifier un informaticien dont c’est le métier de geek. Le geek, c’est forcément le bibliothécaire autodidacte en informatique.

Donc le geek, ce n’est pas le radicalement autre, c’est l’autre moi-même, celui que j’aurais pu être si… Mais de toute façon ce n’est jamais moi, jamais tout à fait moi : quel que soit mon niveau de compétence, il y aura toujours quelqu’un de mieux, quelqu’un qui en saura plus que moi.

Bref, par définition, moi je ne serai jamais un geek, par contre lui, là-bas, oui, c’en est un !

Ce qui est très amusant avec cette façon de voir, c’est que c’est réversible : vous êtes à votre bureau, en train de lire ce billet.

Votre collègue vous regarde et pense : « il lit des blogs, il utilise des fils RSS » — Ça y est, vous êtes son geek !

clavier

PS : un billet sans gras en hommage à @Liberlibri 🙂

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10 commentaires
  1. B. Majour permalink
    14/04/2010 09:44

    Un fantasme ?

    Un Geek, c’est un obsédé dans un domaine, plus souvent dans l’informatique qu’un autre.
    C’est quelqu’un qui parle tout le temps de la même chose, qui ne pense qu’à ça, qui ne vit que pour ça (enfin, il semble), qui ne fréquente que des gens comme lui.

    C’est la Geek oeillère !

    Et le fait qu’un geek repère mieux un autre geek (plus connoisseur aurait-on dit au 17ième siècle), c’est parce qu’il est geek ! :o))

    Le non geek sait bien que tout autre connaît mieux que soi certains domaines de la connaissance ou de la vie. C’est pourquoi l’autre est une richesse à part entière, une source d’inspiration inépuisable.

    Le geek, lui, ne voit plus que le côté : il en sait plus que moi, c’est un geek ! Horreur, je suis surclassé… je dois le battre, en savoir plus que lui.

    C’est la Geek jalousie !

    Après l’oeillère, la jalousie… on est en pays d’obsession ! 🙂
    B. Majour

  2. 14/04/2010 11:29

    @B. Majour : je ne suis pas d’accord. Ca, ce serait la définition de dictionnaire.
    Dans les faits, on voit bien que le terme de geek est exclusivement utilisé dans le domaine informatique.
    Et ceux qui me considèrent comme un geek, précisément, n’en sont pas (les informaticiens rigolent, eux !)

  3. liberlibri permalink
    14/04/2010 12:03

    Merci ! J’apprécie beaucoup ! L’italique est beaucoup plus discrète et souligne quand même le propos, mais sans l’alourdir.
    Je vais désormais plaider pour l’italique et l’utiliser 😉

  4. B. Majour permalink
    14/04/2010 18:09

    Sûr que si tu es cyber-connecté en permanence, tu es assimilable – plus facilement – à un geek.

    Le « journal du geek » en parle volontiers, mais pas vraiment d’informatique pure et dure.
    Le terme Geek est glissant dans le temps. Du monstre de foire au jeune féru d’informatique, de jeux de rôles et de mangas… la gamme est large. 😉

    Dans ton cas : toi, un geek !
    Sois je suis partial, sois je rigole. :o))

    Bien cordialement
    Bernard Majour

  5. Soren permalink
    15/04/2010 12:47

    Un geek est AVANT TOUT un ringard. Le mot vient des lycées US, et c’est dans ce cadre là qu’il faut le définir. Le geek, c’est celui qui ne fait pas partie de l’équipe de foot, qui ne sort pas avec une pompom girl, l’élève sage, qui participe aux divers clubs du lycée (musique, échecs, informatique,…) qui est un bon élève, qui est habillé par sa mère. En France la fracture est moindre, mais quel binoclard ne s’est jamais fait traiter d’intello ? Depuis 50 ans d’utilisation abusive du mot, la rupture est moins forte. Il y a eu la prise de conscience politique. Il ya les « art freaks » qui ne sont plus vraiment des geeks, etc.

    Le geek aime juste apprendre pour le plaisir d’apprendre, comprendre pour le plaisir de comprendre. Que ce soit l’informatique, la littérature ou les sciences humaines, c’est pareil. Le geek démonte la machine pour savoir comme elle marche, et la remonte de façon ce qu’elle fonctionne mieux. Un bibliothécaire est forcément un geek. Il travaille pour le savoir et/ou la culture. L’informatique n’est devenu l’apanage du geek, dans un premier temps, que parce que c’était un moyen privilégié d’accéder à l’information et à la connaissance. Un gamer qui passe sa journée devant son ordi uniquement pour jouer à WoW n’a rien à voir avec le geek d’origine. Un type qui télécharge des séries sur la mule en mangeant des sushis, idem.
    L’informatique n’est qu’un outil du geek, et certainement pas ce qui le définit ou le caractérise.

    Et tant pis pour les futurs dev boutonneux qui tirent leur fierté dans ce mot. Rejetés par les « cools » ils s’enferment dans leur propre communauté. Grand bien leur fasse. Heureux les pauvres d’esprit…

  6. 15/04/2010 12:56

    @Soren : mon billet émanait de ce genre de remarques, récurrentes (ni forcément méchantes, ni toujours illégitimes, du reste).
    Même si je suis d’accord sur la définition initiale, je trouve vraiment que, au moins dans notre petite biblioblogosphère, l’utilisation faite de ce mot correspond à autre chose qu’à sa définition.

  7. B. Majour permalink
    15/04/2010 15:46

    Ah oui !…

    Parce que tu connais l’utilisation – parce que tu as remarqué l’utilisation possible – des pipes dans le monde des bibliothèques, tu serais un geek ???
    CQFD ! :o)

    Tu travailles aussi le formatage XSL, ça te rapproche du geek… mais uniquement pour le néophyte. Pour moi qui « rigole » d’après ton expression précédente, je suis surtout intéressé par ton but, par ce à quoi tu vas appliquer tes recherches/connaissances de ces outils.

    En clair, je suis intéressé par le problème, voire l’exercice/le défi que tu t’es lancé.
    Et ce que tu cherches à résoudre.

    Dans le cas des pipes, il s’agit de pêcher dans les flux RSS et cet outil est tout bonnement intéressant… et toi un excellent collègue de nous l’avoir explicité !

    Pour tes exercices XSL, je te suis de loin car il me manque la cible que tu vises, pour apprécier pleinement le voyage.

    Mais si ces deux points-là font de toi un geek… plutôt qu’une personne ressource.
    Alors… euh… ouais, ton billet est juste. 😉

    Et je veux bien que tu sois mon geek Johnson, et pour les filles ma geek Johnson ! :o)

    Bien cordialement
    B. Majour

  8. Hervé permalink
    16/04/2010 01:02

    Avant d’être obsédé de ceci ou de cela, il faut au moins une condition préalable pour le devenir. Je dirai que c’est une question d’adolescence. Un adolescent de 35 ans par exemple. Une déclinaison du syndrome de Peter Pan. Fondamentalement il n’y a pas beaucoup de différences entre un collectionneur monomaniaque de tire-bouchons et un geek-clavier. Ils sont sans doute interchangeables, au gré des modes. Le geek c’est l’avatar ultime de la civilisation presse-bouton. Ce qui doit être fascinant à observer c’est le moment où un geek redevient normal. Est-ce qu’un geek prend sa retraite ?

  9. 19/04/2010 22:04

    je suis assez d’ccord avec toi,me reconnais dans tout les propos,cependant je voulais te dire que bien souvent nous les geek sommes des auto-didactes et bien souvent assez modeste!;) sauf les freaks!

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