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Décentralisation et autodidactisme comme principes pédagogiques en informatique

29/04/2010

[Ce billet, 20 fois repris, traîne depuis trop longtemps dans mes brouillons. Comme je constate que je n’arriverai pas à une mise en forme qui me satisfera, et comme malgré tout le fond me semble important, je le publie en l’état — merci de votre indulgence]

Quoique la question n’ait pas été évoquée depuis un bout de temps dans la biblioblogosphère, je ne crois pas qu’on ait trouvé de réponse satisfaisante à la manière dont pourraient être formés nos futurs collègues des bibliothèques.

Quel bagage informatique l’Enssib doit-elle fournir ? Pour quels grades ? Pour quels missions ? Pourquoi ?

Une réponse satisfaisante n’existe sans doute pas.

D’abord parce que la perfection n’est pas de ce monde.

Ensuite parce qu’il est souvent plus satisfaisant, face à une question insoluble, de décréter qu’elle est mal posée et de prétendre la remplacer par une nouvelle question.

Lorsqu’on se pose la question de la formation des bibliothécaires (terme à prendre au sens large), on raisonne comme si la solution pouvait résider dans la modification du programme initial. Or je suis convaincu qu’une telle matière doit d’emblée se concevoir comme évolutive et régulièrement remise en question.

Contexte

Jusque vers les années 1960-1970, on recevait à l’école un bagage valable pour l’existence entière, toute disciplines confondues. Du moins ce bagage était transmis comme tel.

Aujourd’hui, ce bagage se réduit (puisque le programme d’histoire jadis assimilé avant 12 ans — liste des rois de France, etc. —  s’apprend désormais en classe préparatoire à l’Ecole des chartes…), en revanche les jeunes qui en bénéficient sont plus facilement adaptables : ils sont formés à l’idée qu’il faudra continuer à se former. Tout le temps. Toujours.

Donc la formation à l’informatique doit être construite non pas autour d’une formation initiale, mais d’une formation continue.

Une formation initiale est utile aux informaticiens. Son contenu peut être comparé aux programmes d’histoire ou de mathématiques : pour qu’ils puissent travailler, il leur faut un bagage de départ.

Une formation continue correspond mieux aux besoins des autres professionnels : ils sont des utilisateurs de l’outil informatique, leurs usages et leurs besoins sont variables.

Voici donc quelques idées en vrac autour de ce principe initial.

Deux vertus : imagination et curiosité

Il me semble impossible de maîtriser correctement un ordinateur si on n’a pas ces deux idées initiales :

  1. il faut passer du temps à cliquer partout et n’importe où pour comprendre ce qu’il y a derrière les répertoires ou les fonctions que nous n’utiliserons jamais (les boutons Outils, Options, Personnaliser, ou le répertoire C:\WINDOWS\system32)
    Copie d'écran
  2. il faut penser à combiner les découvertes, être capable d’imaginer qu’en appliquant  successivement à une liste un tri puis un filtre sous Excel, un copier-coller dans le bloc-notes et deux chercher-remplacer sous Word, on obtient une nouvelle liste riche d’informations invisibles au départ.

Délivrer une formation à des bibliothécaires doit viser à stimuler ces deux qualités.

Quelle forme pour cette formation continue ?

1. Une formation au sein de sa bibliothèque

Je ne suggère pas de mettre fin aux formations Enssib, CNFPT ou autres, ponctuelles et centrées sur un dossier précis. Mais il me semble urgent, nécessaire et incontournable (pour l’objectif sus-mentionné) de mettre en place des petites sessions de formation hebdomadaires, bi-mensuelles ou mensuelles, courtes, sur des points précis visant à donner aux collègues

  • une meilleure maîtrise de leur outil.
  • une compréhension des enjeux contemporains :
    • que trouve-t-on dans Twitter ?
    • pourquoi les moins de 20 ans utilisent-ils MSN et pas une messagerie « classique » ?
    • ACTA, sa vie, son œuvre.

Ce doit être une formation correspondant aux procédures mises en place par la bibliothèque. Et elles doivent déborder des dossiers traditionnels (Formation de base à la recherche documentaire, Formation au SIGB).

2. Ces formations ne doivent et ne peuvent pas être ambitieuses

En une heure, on peut voir et assimiler très peu de choses. Donc si la formation porte sur des manipulations informatiques, elles seront forcément limitées. Et si elles portent sur des enjeux autour de l’infodoc, ce n’est qu’une sensibilisation, une compréhension : il ne s’agit pas de faire de chaque agent un spécialiste, mais de lui permettre de ne pas passer à côté de choses importantes.

En outre, il est impossible pour le formateur, dans l’hypothèse où ce serait un collègue (et non un spécialiste lui-même), d’aller au-delà de ces compétences « de base ».

L’objectif de toute formation est de rendre les gens indépendants du formateur. Dans le cadre d’une formation qui se veut continue, perpétuelle, autoformation, il ne s’agit pas tant de former à tel outil, à tel dossier — que de leur donner des clés, des méthodes, pour s’approprier dans l’avenir un nouvel outil ou un nouveau dossier.

Problèmes

1.Intégrer cette vision dans la gestion globale du personnel

Pour que la formation porte ces fruits, il faut réserver à tous les agents une part de veille professionnelle élargie (c’est-à-dire avec des thématiques larges : pas seulement le droit de lire la newlsetter de l’université) : comment s’autoformer (en suivant les principes pédagogiques initiaux, càd en partant du principe que pour un utilisateur des technologies informatiques, la meilleure formation est celle qu’on s’est donnée, celle qu’on a choisi) si aucune minute n’est légitimement consacrée à cela ?

On me répondra que c’est peut-être légitime pour certaines catégories (conservateurs, bibliothécaires, BAS, …). Mais encore une fois, l’objectif n’est pas avoir des personnes ayant des compétences informatiques spécifiques, mais de bons utilisateurs, efficaces et non effrayés.

Cela concerne tous les agents.

Et il faut un pilotage, une progression dans les formations. Bref, il faut un agent dédié, non pas à la « formation des personnels » (cela existe déjà partout : organisation, coordination, logistique, recensements des besoins, etc.), mais dédié à assurer ou coordonner la formation et la veille professionnelle autour de l’infodoc.

Ça ne se trouve pas partout ? Un spécialiste des formats MARC non plus, pourtant on réussit bien à en former. Dans le monde, je pense qu’il y a plus de personnes compétentes ou capables de devenir compétentes en informatique documentaire, que de personnes spécialistes des champs 4XX ou capables de le devenir.

2. Évaluation et retour sur investissement

Une bonne question, derrière cette exigence, est alors, non pas de donner des directives à l’agent (« vous consacrerez x% de temps à la veille, pour suivre tels et tels points »), mais plutôt une évaluation a posteriori : « à  quoi vous êtes-vous formé ? Dans quel but ? »

Mais en réalité l’évaluation doit porter sur l’ensemble des dossiers et la place de l’informatique là-dedans : encore une fois, l’informatique n’est pas un objectif mais un simple outil de travail. Jusque là si vous n’évaluiez pas votre agent sur ce critère, il est inutile de commencer : en revanche vous pouvez constater s’il fait mieux son travail ou non.

3. Valorisation des acquis

Autant dans un CV il est tout à fait valorisant d’indiquer : « Stage de 3 jours sur les bibliothèques numériques », « Formation Word niveau 12 – 2 jours », autant il est difficile de dire qu’on est allé à plusieurs séances de deux heures, durant 3 ans, permettant d’acquérir non pas des compétences précises mais une aisance accrue.

Cette « aisance accrue » se reconnaît par exemple à des signes comme :

  • Personnalisation du menu Démarrer
  • Ecran du bureau non encombré de 20 fichiers divers
  • Utilisation naturelle des raccourcis clavier
  • Bonne prise en main de tout nouveau logiciel, dont on comprend rapidement les logiques et la structure

Bref, voilà quelqu’un qui travaillera sans doute plus rapidement, plus efficacement, qu’un autre, et qui sera plus à l’aise face à un changement d’environnement ou d’outil. Mais comment le faire valoir sur un CV ?

Très simplement.

Il me semble que pouvoir y indiquer « Bonne maîtrise de l’environnement Windows », c’est plus convaincant que « stage de 1 jour sur l’environnement Windows ».

Et je n’ai jamais rechigné à indiquer ce à quoi je m’étais autoformé, sans lister de stages spécifiques.

Conclusion

Limites de l’exercice

Il y aura certainement beaucoup de critiques (énoncées ici ou non). Je ne fournis pas là un dossier mature, mais simplement matière à réflexion.

Des principes de bases, je suis convaincu. Pour la mise en œuvre, moins : mais si vous voulez contester ou creuser davantage, vous êtes les bienvenus.

Le socle du métier

Je suis tenté de dire que nous devons être des manipulateurs de données, à tous les niveaux. Ce n’est pas tout de savoir cataloguer (créer les données) ou encoder en EAD ou en TEI, il faut aussi savoir exploiter ces données, ou comprendre comment elles sont exploitables (ou non).

Cela passe par une compréhension des enjeux (en ce moment, les enjeux tourneraient plutôt autour de la libre circulation des métadonnées), et par la capacité de traiter, transformer  des données, que ce soit

  • sous Word, avec la fonction Chercher-Remplacer
  • sous Word, avec des macros
  • sous Excel, avec des filtres et des tris
  • sous Excel, avec des tableaux croisés dynamiques
  • avec des logiciels comme InfoRapid Search & Replace pour modifier des fichiers texte en masse
  • avec des logiciels comme XnView pour traiter des images par lots
  • avec des scripts Perl
  • avec des feuilles XSL
  • avec des bases Access ou MySQL

Chacun à son niveau a ou devrait être capable de traiter des données pour son usage. Je connais des collègues qui gèrent des listes de titres avec des tableaux, et ne savent pas filtrer sur un critère, ou ne savent pas « figer les volets » sous Excel, etc.

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22 commentaires
  1. 29/04/2010 09:49

    A ma connaissance, certains SCD mettent en place des formations de ce type : quelques heures sur un point précis. J’ai l’impression que ça fonctionne mieux que des stages-fleuve de plusieurs jours : d’une part, on culpabilise moins (j’ai pas le temps !) de s’absenter quelques heures ; d’autre part, une formation très ciblée a beaucoup plus de chances d’être ré-exploitée par la suite au quotidien.

    Le principal problème à mon avis est qu’on est pas forcément conscient de ses besoins : les scripts Perl ne me disent rien par exemple… Maintenant que je l’ai lu chez Lully, je vais aller farfouiller pour comprendre de quoi il s’agit et peut-être demander à me former. Mais si je ne l’avais pas lu chez Lully, je n’aurais jamais su qu’ils pouvaient m’être utiles !

  2. 29/04/2010 11:47

    @Liberlibri : je ne donnais que des exemples, pas une ToDoList. Je ne suis pas sûr que, comme ça d’un coup, tu vas découvrir en farfouillant sur Internet que les scripts pourraient t’être utiles (même si c’est certainement le cas :-))

  3. 29/04/2010 21:32

    Alléluia !

    Merci, enfin, c’est dit, ou du moins écrit quelque part.
    Tout est résumé dans ton « socle du métier ». Franchement, je désespère de constater tous les jours que certaines personnes ne comprennent pas ce à quoi sert l’outil informatique : gérer des données, plus rapidement, plus facilement. Pas moyen de faire passer le message suivant : « Votre ordi n’est pas juste un bureau électronique. C’est autre chose : une machine à traiter, manipuler, de l’information ». Du coup, tout ce qui est exploitation de données, structuration, automatisation, macro, modèle, visualisation,… passe à la trappe, invariablement.

    Dernièrement, j’ai du intervenir pour que l’on cesse de faire taper des résumés de thèses manquant dans des notices par des moniteurs (en les recopiant sur les originaux papier). Alors que nous numérisons depuis des lustres en interne et disposons de puissant outils d’OCR, aucune personne à l’origine du nettoyage de ces notices n’avaient pensé à monter une petite chaîne semi-automatisée. Hallucinant. Ce sont les moniteurs eux même qui ont fini par faire remonter l’info et dire « Mais, attendez, c’est de la folie pure; personne ne fait plus ça, personne ! ».
    De façon générale, j’ai l’impression qu’il y a en bibliothèque une tradition de la « force pure des petites mains » encore très très présente qui empêche de penser automatisation, données,… et ceci paradoxalement puisque nous – les bibliothèques – passons notre temps à créer des (méta)données.

    Mais, pourtant, la notion de publipostage passe bien. Incroyable. Pourquoi donc ??? Mon avis – c’est de la psychologie de base je l’admets bien volontiers – est que, dans ce cas précis, la fonction parle à tout le monde parce que tout le monde à ma-nu-el-le-ment, j’insiste sur le « manuellement », envoyé du courrier en masse et donc galéré à recopier des adresses un jour ou l’autre.
    Mais, partant de là, peu sont ceux qui généralisent et imaginent que ce type d’automatisation doit être la règle et non l’exception. Pourquoi ? Là, je sèche, j’avoue.

    Je n’aborderai pas le sujet des Alt-Tab et Ctrl-C/Ctrl-V qui ne passent pas – décidément, non, qui ne passe pas, et ceci est un des grands mystères de ce monde – ou du coup de la personne qui va systématiquement chercher sous IE (pourquoi, pourquoi rester sous IE quand on a le choix ???) SON favoris via Historique > « je descends avec mon curseur dans une liste trop longue non classée » au lieu d’utiliser une barre personnelle pour les plus utilisés et le panneau latérale avec des dossiers pour les autres, etc…, car il y aurait trop à dire.

  4. 30/04/2010 07:28

    En lisant ce billet je ne suis pas sûr d’être d’accord avec vous (Lully et Aurélia). Bien sûr nous nous rejoignons sur une culture technique nécessaire, mais je refuse d’en faire le socle unique du métier. Il me semble que ça laisse de côté la veille et la propulsion d’information peut-être plus que l’animation de communautés (dont je doute finalement que nous soyons capable d’en faire un fondamental) bref en un mot la médiation. Bon tout ça mérite bien des précisions et je publierai un billet très bientôt sur le métier dans lequel l’approche n’est pas celle de la donnée, mais celle de la ressource… 🙂

  5. 30/04/2010 08:27

    Tu as raison : « socle du métier » n’était pas le bon terme. « Compétences de base » (à différents niveaux) me semblerait plus judicieux.

  6. 30/04/2010 10:10

    Pour faire écho aux interrogations d’ amarois sur le refus de l’automatisation, j’ai entendu un jour une discussion entre deux personnes qui étaient contre les automates de prêt. Pour conclure, l’une a dit à l’autre qu’elle était contre parce qu’elle n’avait jamais appris à faire autre chose que prêter des livres et que si on lui enlevait ça, il ne lui resterait rien.
    A mon avis, ce refus vient du fait qu’on ne donne pas aux petites mains suffisamment confiance en elles pour qu’elles se disent que les formations et la nouveauté les concernent au premier chef, qu’elles pourraient leur faire gagner du temps et leur permettre de se consacrer à d’autres tâches plus intéressantes.
    Pourtant, lorsque les formations sont bien présentées, elles font salle comble. A mon avis, il y a parfois un manque de pédagogie au sein même des équipes.

    C’est la même chose qui se produit pour la veille, si personne ne prend le temps d’expliquer que ça concerne tout le monde, de susciter l’intérêt pour ce qui peut être publié, la veille restera l’affaire de quelques-uns. Silvère a raison, la médiation doit aussi s’adresser aux personnels.

  7. MxSz permalink
    30/04/2010 10:46

    Bon ben je vais organiser mon bureau :-/

  8. 30/04/2010 10:59

    @MxSz : Mon objectif n’était pas de distribuer des bonnes notes ! Mes critères sont des exemples, et largement contestables !

  9. marie H permalink
    30/04/2010 16:28

    On peut aussi noter que j’ai connu des collègues précisant avoir suivi un stage Excel avancé et ne sachant pas mettre un format en € sur un chiffre !!

    2 remarques anecdotiques :
    « (…) une liste un tri puis un filtre sous Excel, un copier-coller dans le bloc-notes et deux chercher-remplacer sous Word, (..) » : pourquoi passer par le bloc-note et Word ?
    Excel sait très bien chercher-remplacer tout seul, non ?

    Pour une « vieille, » ce retour de l’utilisation des raccourcis clavier que vous préconisez est amusant : dans les années 80, en utilisation de bureautique,nous connaissions par coeur les chemins des menus de nos tableurs ou les codes ASCI pour dessiner des tableaux (mais les dinosaures étaient déjà morts…), nous nous sommes sentis « libérés » par l’arrivée de la souris, les menus déroulants qui nous a permis de bien plus facilement pouvoir explorer les possibilités de nos logiciels de bureautique…. et maintenant la rapidité du clavier revient ….

    Pour finir, je me rends compte que j’apprends aussi beaucoup quand un collègue ou un usager « prend la souris » pour faire quelque chose sur mon poste… de nombreux « trucs » dans les clics droits par exemple …

  10. 30/04/2010 18:15

    @Marie H : dans le chercher-remplacer Word, avez-vous déjà utilisé le bouton « Plus » pour utiliser toutes les fonctionnalités avancées ?

  11. 30/04/2010 18:33

    @Silvère : en y repensant encore, « socle » était décidément un terme mal choisi. J’ai fait cette conclusion pour deux raisons :
    1. pour lutter contre l’idée que nous étions des créateurs de données (catalogueurs), alors qu’avant tout les bibliothèques (donc chacun de leurs membres) doivent être capables de les manipuler, de les générer, de les exploiter.
    2. parce que ce type de compétences devrait être considéré comme une compétence de base (comme de savoir s’exprimer correctement) — là encore à différents niveaux d’expertise. Ce n’est pas une mission ou un objectif, c’est (encore une fois) un outil fondamental pour accomplir ceux-ci et celles-là.

  12. 01/05/2010 13:24

    Bon, j’y reviens car mon commentaire était décidément trop énervé.
    3 remarques.

    – @bibliobsession : oui. Tu as raison. Et non, tu as tord. Je m’explique :
    Lully a utilisé dans son titre 2 termes qui doivent guider la lecture (qui m’ont guidé) de son post, à savoir « autodidactisme » et « informatique ». Il est vrai que le terme « socle », comme il en convient, était trop restrictif, mais c’est pourtant ce qui compte le plus à mes yeux : que nous, bibliothécaires-conservateur-documentaliste-paumés-en-infodoc, sachions nous autoformer, et ceci plus particulièrement vis à vis de l’outil informatique ou du moins de ses possibilités. Donc moi je lui pardonne bien volontiers d’avoir utilisé ce raccourcir (« socle », NDLR).
    Par contre, oui, mille fois oui, l’autre (pardon : l’Autre) champ de compétences in-dis-pen-sa-ble est bien celui de la médiation, et on voit donc poindre la notion de ressource. Mais, là encore, je dirai que cette médiation est si fortement impactée par les évolutions technologiques que l’on ne peut plus faire l’économie de se positionner vis à vis des « nouveaux » outils. Je connais une responsable de com. de bibliothèque et autres responsables de services aux publics qui rédigent des actualités pour le site web de leur établissement comme s’il s’agissait d’un magasine papier (je ne parle même pas du style…). De même pour le manque d’approche « globale » dans la valorisation de nos actions, actus, ressources (réseaux sociaux ignorés, incapacité à imaginer que chaque canal a son ton éditorial, son contenu bien spécifique, son public qui lui est propre, pas de flyers « dans la vraie vie », « trop complexe » d’imaginer faire 2 trois photos d’un kakémono tout neuf présentant le plan de la bib afin de profiter de leurs diffusions pour mentionner la nouvelle signalétique,…).

    – @Lully + @bibliobsession : « parce que ce type de compétences devrait être considéré comme une compétence de base (comme de savoir s’exprimer correctement ». En effet, c bien de cela qu’il s’agît, et c’est pour cela que globalement je vais dans le sens de Lully, même si la médiation est l’Objectif à atteindre : pas de médiation si l’on est aujourd’hui largué ou en retrait vis à vis de l’outil informatique (soit l’ on arrive pas à faire quoi que ce soit, soit l’on passe à côté de certains publics, soit l’on est incapable de dialoguer avec des collègues dans une approche globale, empêchant toute synergie)

    – @marie H : cette histoire de raccourcis clavier et de souris est à creuser, indubitablement. J’ai le sentiment qu’une des causes de la difficulté de prise en compte de l’outil informatique aujourd’hui pour ce qu’il est (voir plus mon 1er commentaire) a été très fortement influencé – négativement – par les souris et les IHM auxquelles nous sommes habitués.

    Après, bien entendu, il y a « La troisième compétence ».
    Mais peut être émerge t-elle simplement des 2 autres réunies sous la pression de la société sur les bibliothèques. Et j’avais dis 3 remarques, donc…

  13. 01/05/2010 18:47

    @Lully : ça y est, je l’ai retrouvé, Le schéma auquel m’a fait pensé ton post à la première lecture
    Cheat sheet for not computer people
    un classique, que tu connais déjà sans doute
    😉

  14. Isabelle permalink
    03/05/2010 10:31

    @ marie H : j’utilise beaucoup les raccourcis claviers et ce pour 2 raisons : la rapidité de leur emploi (prendre la souris, déplacer le curseur et cliquer est plus long) mais aussi pour éviter d’avoir mal à l’épaule et au bras le soir.
    Et oui, bien manier l’informatique, c’est aussi éviter les troubles musculo-squelettiques en évitant des gestes répétitifs mais aussi en sachant régler son écran en hauteur, en luminosité, en taille de caractère…. Et cela évite aussi des crises de nerf.

    @Lully : pour la formation initiale de l’ENSSIB : le problème n’est-il pas qu’une seule est même formation estdispensée a toutes les personnes d’une même promo (que ce soit bib ou cons) sans tenir compte ni du cursus, ni des compétences déjà acquises, ni des compétences utiles, ni des possibilités d’apprentissage. Certains tout au long de leur carrière vont plutôt « fuir » les postes trop administratifs et rechercher des postes plus informatiques ou techniques et inversement. Alors pourquoi ne pas proposer des cursus plus personnalisés avec certains bib ou cons qui seront mieux formés sur l’informatique, d’autres sur la gestion de personnels et ‘autres sur les budgets et les finances par exemple?

  15. 03/05/2010 10:38

    @amarois : oui présenté comme ça (oui sur le fonds hein), mais je suis convaincu que ce n’est pas par là qu’il faut prendre le débat. Il me semble incontestablement plus efficace (c’est du vécu) d’aller voir un collègue en lui proposant de valoriser ses compétences sur les contenus (médiation) par des outils numériques, que d’aller voir le même collègue en lui disant : forme toi à facebook mon coco et on verra ce qu’on peut en faire. Autrement dit, on n’arrivera pas à grand chose en assénant qu’il faut s’autoformer aux outils ça semble évident, et les collègues l’ont bien compris. En fait, les formations ne sont efficaces que lorsque les savoirs acquis sont réutilisables en contexte. Ce qu’il faut donc prôner c’est comment on construit des projets de médiation autour de ces outils, et c’est assez différent. Médiation, culture technique, ne pas jouer l’un contre l’autre ou l’un avant l’autre, mais promouvoir l’articulation.

  16. marie H permalink
    03/05/2010 14:29

    @Lully : merci pour le bouton « plus » dans la rechercher/remplacer dans Word (je ne l’avais pas vu), mais allez donc regarder celui « options » dans rechercher/remplacer d’Excel : pas mal non plus 😉 puisqu’on peut aussi aller dans les formules et les styles – sans votre remarque, je ne l’aurais pas vu, non plus ;-))

  17. 03/05/2010 17:33

    @Bibliobsession : « on n’arrivera pas à grand chose en assénant qu’il faut s’autoformer aux outils ça semble évident, et les collègues l’ont bien compris. » Les collègues l’ont bien compris, mais ceux qui rédigent les fiches de postes ? Ceux qui organisent et conçoivent la formation continue ?
    Je ne suis pas sûr que ce type de formations (si tant est que ce soit bien ainsi qu’il faut les concevoir) soit tellement systématique. Et je n’ai pas vu passer beaucoup de fiches de postes intégrant un temps d’autoformation. Donc quoi ? On s’autoforme en douce, ou sur ses loisirs ?

    Ensuite, il faut voir l’objectif quand on forme l’ensemble d’un SCD à Facebook. Est-il d’en faire des cogestionnaires de la page Facebook de la bibliothèque ? Ou simplement de leur faire comprendre les enjeux de ce genre d’outils, le sens que cela a pour une BU de s’y positionner, et ce pourquoi, dans son contexte propre, la BU a décidé d’y entrer ?

    Si on ouvre un compte BU sur Facebook, sans expliquer aux collègues l’ensemble de la logique, ou si on n’ouvre pas de compte mais qu’on n’explique pas plus pourquoi — ils vont passer à côté de qqchose. Surtout maintenant qu’il n’y a plus Biblio-fr ! 😉

  18. 03/05/2010 17:41

    les concevoir ? on est en train avec le Cnfpt, et je te rejoins pour dire que le besoin est là et que les formations autres que techniciennens sont absentes (ou rares). Accompagner en faisant comprendre les enjeux, c’est ce qui me semble important ! 🙂

  19. 03/05/2010 18:15

    @Bibliobsession : mince, on tomberait d’accord, alors ?

  20. 03/05/2010 18:42

    Oui ou alors c’est juste qu’on est deux à vouloir avoir le dernier mot dans ce fil de discussion 😉

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