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Veille d’hier et d’aujourd’hui – 2/2 : aujourd’hui (et demain ?)

31/05/2010

Suite du billet précédent

Nouvelles problématiques, nouveaux outils

Il existe de nombreux outils permettant ainsi de signaler tel ou tel article : Diigo, Pearltrees, Tumblr, FriendFeed, etc.

Twitter, bien évidemment. Mais Twitter n’est pas fait pour servir à quelque chose en particulier.

Facebook, bien évidemment. J’y reviendrai.

Je trouve extrêmement intéressant que Delicious en vienne à servir d’outil de veille et de signalement. Delicious était au départ conçu comme un outil de favoris en ligne, donc l’équivalent (avec fonctionnalités spécifiques) des favoris (ou marque-pages) du navigateur. Ce que l’on met dans ses favoris, ce sont les sites les plus souvent consultés, ou éventuellement des URL de pages sur lesquels on reviendra plus tard (par manque de temps dans l’immédiat), mais qu’on supprimera ensuite sans doute. Mais on ne rajoute pas dans ses favoris de navigateur des billets d’actualité qu’on trouve intéressant, mais dont on sait bien qu’on ne les relira jamais.

Si vous regardez la liste des Archiveilleurs, vous constaterez qu’une bonne proportion d’entre eux a « détourné » (légitimement) cette mission première de Delicious pour en faire un outil de veille partagée.

Or cet usage de Delicious n’existait pas il y a quelques années, preuve que cette manière de faire de la veille est assez récente.

De cette multiplicité d’outils, je retiens deux choses :

  1. le besoin est réel et important, pour que toutes sortes d’acteurs estiment qu’il y a un « marché »
  2. on n’a pas encore trouvé la solution ultime, définitivement convaincante, celle qui remportera toute les parts du marché ou presque pour devenir l’acteur dominant en la matière

Je suppose, concernant ce dernier point, que le choix se définira sur l’un des deux facteurs suivants :

  1. l’adéquation de l’outil au besoin, son ergonomie. Peut-être Pearltrees serait un bon challenger, vu le nombre de personnes se fendent d’une démonstration de ses qualités.
  2. l’adoption déjà générale pour un de ces outils, adoption initiale pour de tout autres raisons — Twitter ? Facebook ? Google ?

Veille partagée : un certain regard sur certaines informations

Je suis veilleur pour le Bouillon des bibliobsédés. Je fais donc du signalement d’informations pour le bénéfice d’une communauté de lecteurs, qui ont pour point commun (généralement) d’être des professionnels de l’information-documentation, des professionnels des bibliothèques.

Quand je recommande des billets, je partage une information que je juge plus intéressante que les autres, dans la masse de celles qui me passent sous les yeux.

Mais si je la partage, c’est aussi parce qu’elle me semble intéressante pour la communauté des abonnés du Bouillon.

Que se passe-t-il quand je partage un billet consacré à Facebook ? Logiquement, le niveau de sens est différent des infos partagées consacrées aux opacs, aux métadonnées, à la numérisation.

A moins d’affirrmer que « rien de ce qui est humain ne m’est étranger », ce qui reviendrait à faire une veille non sélective, je suis obligé d’admettre que Facebook n(a pas de lien direct avec les bibliothèques.

Donc si je partage un tel article, ce peut être pour deux raisons (non exclusives):

  1. Facebook, c’est un truc super important, nos usagers s’en servent et s’y intéressent, il faut en suivre l’actualité (ce qui est vrai — mais pour être tout à fait cohérent, il me faudrait faire de même avec l’actualité politique).
  2. Dans l’information de nature générale sur Facebook, il y ades perspectives pour les bibliothèques, ou une manière proprement bibliothéconomique de lire et/ou d’exploiter cette information.

Disant cela, je ne constate rien de plus que l’évidence suivante : en plaçant une information dans mon flux de veille (donc dans le Bouillon), je la recontextualise et lui donne un sens nouveau.

C’est pourquoi la distinction proposée par Olivier Ertzscheid entre le link et le like ne me paraît plus tout à fait pertinente : quand je recommande un billet, est-ce que je fais du link ou du like ? Si les lecteurs intéressés par le billet le lisent, que ce soit dans leur agrégateur (modèle Facebook) où sur le site d’origine (modèle Google), il le lisent parce qu’ils l’ont trouvé dans le Bouillon.

[Le billet en question étant long et complexe, il est tout à fait possible aussi que je n’en aie pas suivi toutes les nuances — auquel cas j’en demande bien évidemment pardon à l’auteur !]

Entre outre, la multiplicité des outils signalés plus haut pour effectuer la même démarche de recommandation atteste bien que Facebook n’en est ni l’initiateur ni le promoteur : il s’adapte à une pratique déjà très bien ancrée, à un besoin solide et avéré, qui manifestement n’a toujours pas trouvé sa bonne concrétisation.

Limites à la recontextualisation et conséquences

En juin dernier, j’arrêtais (à quelques exceptions près) de relayer via ce blog des émergences d’outils : le temps passé à écrire un billet faisait apparaître trois nouveaux outils à décortiquer. Je me suis donc concentré sur les outils déjà existants, ou sur des questions plus atemporelles (XSL, Yahoo Pipes). Le rythme des billets ne dépendant que très marginalement de l’actualité, je me suis senti beaucoup mieux 🙂

For heureusement, l’apparition en septembre suivant du Bouillon des Bibliobsédés m’a permis de nouveau de relayer, de manière plus économique qu’avec des billets, l’apparition de nouveaux sites utiles aux bibliothèques.

La recontextualisation était bien réalisée. Mais au fil des mois je me rends compte que manque tout de même :

  1. mon paratexte (les remarques dont on peut enrichir les billets sont nécessairement limitées)
  2. votre paratexte (vos réactions à ma recontextualisation).

A l’apparition heureuse d’Enssibrèves a évidemment été relevée l’impossibilité de commenter. MxSz a souligné qu’Enssibrèves précisait « Les informations publiées ne sont pas produites par l’enssib, mais par les sources éditoriales citées. Si vous souhaitez réagir à l’une d’elle, vous pouvez le faire directement sur le site de l’éditeur de l’article original ».

Mais si vous apprenez une information par un canal, au sein d’une certaine communauté, commenter cette information en-dehors de cette communauté (comme cela est proposé par Enssibrèves) la décontextualise, et transforme le sens à la fois de l’information et des réactions qu’elle pourrait susciter. C’est pourquoi je doute que quelqu’un qui aurait eu envie de réagir sur Enssibrèves soit aller le faire sur le site source (quelqu’un pourrait témoigner dans le sens contraire).

Bref, il me semble important de recommencer, autant que faire se peut, à relayer sur ce blog des actualités que je signalerai aussi dans le Bouillon, afin de pouvoir plus précisément expliciter le sens que je donne au partage de ces informations, la lecture que j’en fais pour les bibliothèques.

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One Comment
  1. 31/05/2010 13:31

    Plusieurs raisons pour lesquelles Delicious a été « détourné » comme source de flux pour les Archiveilleurs:
    – possibilité de partager n’importe quel URL, et pas seulement ce qui passe par un flux rss dans l’agrégateur (c’est pourquoi j’alimente un tag de veille sur Delicious en complément de ma liste de partage GReader)
    – possibilité de marquer un favori avec un tag spécifique pour la veille, tout en alimentant sa base de signets de manière plus large (pas possible avec un flux twitter par exemple)
    – outil très facile à prendre en main pour ceux qui se lancent dans la veille partagée: on reprend la logique des signets, une pratique bien répandue
    – il offre des bookmarklets qui fonctionnent bien: utile pour ceux qui ne peuvent rien installer sur leur poste au boulot (extensions FF ou autres)

    Je suis assez d’accord avec le partage d’infos sur un blog accompagnées de « paratexte ». Ce n’est plus du signalement simple mais du commentaire.

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