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Le temps réel, ça me saoûle

20/07/2010

Aaaah, ça va mieux !

Il y a quelques années, j’ai commencé à utiliser les fils RSS pour faire de la veille, et je me sentais vachement supérieur à mes collègues d’avoir l’information 3 jours ou 3 mois avant eux, c’est-à-dire que je l’avais dans la journée ou dans la semaine où cette information était produite.

Avec l’envol de Twitter, de plus en plus de collègues se sont mis à faire leur veille sur ce site. Ils ont ainsi l’information dans la minute qui suit leur existence. J’ai une heure de retard sur eux.

J’ai mis du temps à l’admettre : je m’en fous !

Twitter a été pour moi dès le début une espèce de chatroom professionnelle (je sais, on m’a dit que ça n’était pas fait pour ça, mais c’est un argument absurde : Twitter, plus que tout autre site, sert à ce pour quoi on s’en sert, ni plus ni moins), où le temps réel était pertinent parce qu’il permettait des échanges immédiats avec une communauté relativement importante (donc en posant une question « en l’air », si la réponse peut tenir en 140 caractères, et s’adresse à un public qui la détient déjà de manière quasi certaine, on a de bonnes chances de l’obtenir).

Mais en terme de confort, de fonctionnalités, d’ergonomie, Twitter ne vaut pas pour moi un agrégateur RSS.

Et je ne tiens vraiment pas à avoir l’info dans la minute.

D’abord parce que la nature de cette information (accord Sudoc-Worldcat, sortie de Primo Central, etc.) ne justifie pas sa circulation instantanée.

Ensuite parce que si j’accepte l’idée que l’instantanéité est importante, cela induit une connexion permanente — exigence qui ne pourrait que me rendre fou.

Agrégateurs RSS en temps réel ?

Il y a quelques semaines est sorti Wasabi sur Netvibes.

Google intègre de plus en plus le web temps réel, dans son moteur de recherche comme dans Google Reader.

Donc même hors Twitter, la qualité de l’information est associée de plus en plus étroitement à sa fraîcheur qui devient une sorte d’absolu (un peu comme le fait que l’on sache modéliser la naissance de l’univers à partir de 10-43 seconde après le Big Bang, on rêve d’atteindre l’instant zéro de la création d’une information).

Le temps réel, dans mon usage du web et du monde, est utile :

  • pour les échanges interpersonnels
  • pour les retards de train et d’avion
  • pour la circulation routière
  • pour la météo

Pour le reste, même le livetwitt de journées professionnelles, ça peut être intéressant mais ce n’est pas aussi systématique que l’évolution des outils semblent vouloir m’en convaincre.

J’ai le sentiment, comme dans tout un tas d’autres domaines, que l’on essaie de me convaincre d’un besoin nouveau. C’est précisément ce phénomène qui me saoûle.

Les bibliothèques comme havre de paix et d’isolement ? Ce qu’elles ont été pendant des siècles (des temples, des monastères, des espaces de silence feutré bruissant des chuchotements incongrus émanant de lèvres ridées), c’est peut-être bien ce que j’y viendrai chercher un jour !

PS : je ne conteste par ailleurs absolument pas le droit à quiconque de revendiquer un besoin ou un désir de temps réel. Simplement je n’apprécie pas qu’on m’y pousse ainsi.

NB : et accessoirement, le temps réel ayant envahi les agrégateurs, on ne peut plus tester 3 secondes la publication d’un billet avant de le retirer, puisqu’il est aussitôt transmis à Google Reader et consors. Et sur Blogspot, par exemple, la fonction « preview » n’existe pas…

<update>Je me suis rendu compte bien après rédaction de ce billet qu’il y avait une autre manière d’aborder les choses. J’en ferai donc l’objet d’un second billet, quand j’aurai eu le temps de le rédiger…</update>

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16 commentaires
  1. bibliogum permalink
    20/07/2010 19:20

    Il faut aussi voir le temps réel du coté de l’émetteur : intéressant de donner une réaction à chaud ou de diffuser une information un peu défocalisée. L’anecdotique ou le rappel. Twitter c’est une sorte de mémoire immédiate : je ne traite les infos dans l’agrégateur que tous les 2, 3 ou 7 jours pour se poser sur les infos repérées au fil de l’eau. L’immédiateté c’est la sélection.

  2. bcalenge permalink
    20/07/2010 20:29

    Merci à Lully de dire, autrement, ce que j’avais essayé d’exprimer il y a quelques mois ( http://bccn.wordpress.com/2009/10/22/non-decidement-je-nutilise-pas-twitter/ ). La fixation sur l’urgence de l’information néglige deux éléments majeurs dans la réception et le traitement de celle-ci : la digestion et le recoupement. Le point de vue de l’émetteur, soutenu par bibliogum, n’intéresse que cet émetteur (même généreux) et se présente au récepteur sans appareil contextuel (en 140 caractères maxi, vous pensez !). Quant à l’adage final de son commentaire (« l’immédiateté, c’est la sélection »), rappelez-vous Biblio-fr : que le flux était faible en ce temps-là comparé à Twitter ; et pourtant, quelles exaspérations devant la charge de la sélection !

    J’écris évidemment à titre strictement personnel.

    Cordialement

  3. 21/07/2010 07:28

    Je pense que chacun utilise les outils comme bon lui semble. Il ne s’agit pas de relativisme basique, mais plutôt d’une adéquation entre un outil et un type de recherche d’information. Un peu comme être plutôt souris ou raccourci clavier. L’outil, comme tu le dis, vaut pour ce qu’on en fait. Personnellement, je ne me sens pas poussée par les autres à utiliser un quelconque outil d’une quelconque façon. En revanche, il est certain que mon utilisation des outils évolue en fonction du rapport que j’entretiens avec la veille.

    Sur un autre plan, il y a bien une fonction « aperçu » sur blogspot. Pour cela il faut être en mode « draftblogger » et non pas « blogger ».

  4. 21/07/2010 07:46

    @Bibliogum : le « problème » est que l’usage de Twitter est multiple. Une même personne va diffuser différents niveaux d’information — soit de l’anecdotique, sur ce qui vient de lui arriver en service public, soit la diffusion d’une information utile, voire importante, pour la profession.
    Les deux s’entrecroisent et il est difficile de déterminer, en conséquence, si ça vaut le coup de passer en revue sa timeline Twitter.

  5. 21/07/2010 07:53

    @Raphaëlle : on peut difficilement se détacher de l’outil utilisé.
    Un exemple (même si j’aimerais essayer de sortir du cas Twitter, dans la mesure où mon billet est suscité par la généralisation du temps réel, bien au-delà de médias dont celui-ci est la raison d’être ) :
    J’utilise sur Firefox l’extension Echofon pour lire les tweets. Et sous Chrome j’utilise Chrome Bird.
    Chaque fois que j’ouvre Firefox, Echofon me donne le nombre des tweets non lus depuis la dernière fermeture de FF, et les met dans une couleur spécifique.
    Quand j’ouvre Chrome, Chrome Bird se « lance » à ce moment et ne me signale que les nouveaux tweets parus depuis ce lancement-là de Chrome : autrement dit, je commence toujours à « 0 » et les tweets manqués entre temps ne sont pas mis en valeur.
    Dans le second cas, je suis beaucoup moins tenté de les lire.
    En outre, c’est toute une vision de l’information qui est sous-jacente à ces deux comportements différents : Echofon valorise ces tweets et considère qu’ils ont ou peuvent avoir une valeur au-delà des quelques secondes qui suivent leur diffusion
    (quand je dis « Echofon valorise », je parle évidemment des développeurs du logiciel…).
    Alors que pour Chrome Bird, il est évident que lire les tweets rétrospectivement n’a même pas de sens.

    Donc mon comportement est bien induit par les outils en question.
    Et
    je ne veux pas, juste pour Twitter, choisir entre Firefox et Chrome,
    je ne peux pas installer Echofon sur Chrome ou Chrome Bird sur Firefox
    je veux pouvoir retrouver Twitter sur tous les navigateurs que j’utilise

  6. 21/07/2010 08:06

    @bcalenge : après relecture de votre billet (dont, finalement, je me souvenais très bien mais votre commentaire m’en a fait douter), je crois que je suis en fait dans une démarche complètement différente.
    Twitter, je l’utilise et je l’apprécie pour le temps réel, et pour l’interaction immédiate avec une petite communauté avec laquelle j’aime travailler et échanger. Parce que Twitter apporte aux collaborations virtuelles ce que les échanges dans les couloirs (« Salut, ça va — Oui, et toi — Mouais. Un peu chaud — Et ta fille ? — Eh ben ! figure-toi … »), çàd le renforcement du côté « personnel » qui permet à des collègues de travailler en aillant le sentiment de se connaître au moins un petit peu.
    Donc Twitter, je m’en sers pour le contraire de la recherche d’information, à savoir l’échange gratuit de petits riens (ces petits riens qui égaient ma journée).
    Je ne reproche nullement aux autres (y compris parmi ceux que je suis sur Twitter) de diffuser ainsi une « information » (au sens noble :-)) en temps réel, mais je vais rarement voir les liens signalés : je sais que je les retrouverai dans mon agrégateur.

    Mon problème, c’est que mon agrégateur, Netvibes, GReader, Google, tout le monde se met au temps réel, dès que je vais sur Internet. Y compris quand j’estime n’en avoir ni besoin ni envie (pages qui se rafraîchissent automatiquement pendant que je suis en train de lire, etc.).
    Et j’ai vraiment le sentiment que cette universalisation du temps réel crée une forme d’exigence à être connecté en permanence : puisque l’information importante n’a pas plus de longévité que l’autre, que les deux se diffusent par les mêmes canaux, me voilà contraint de tout absorber.
    Mais c’est une phase de transition : il y a sans doute une régulation à trouver. Une fonctionnalité à proposer : « Cocher la case pour désactiver le temps réel ».

  7. 21/07/2010 09:42

    Beau billet !
    Je suis vraiment d’accord avec toi en ce qui concerne l’aspect conversationnel de Twitter, dont j’aime le côté machine à café (si Twitter faisait aussi le café, d’ailleurs…) et exutoire parfois. C’est aussi là que je lance mes appels au secours quand un outil me résiste et que je suis dans l’urgence. Pour ça, le temps réel m’est très précieux ! Pour le reste, effectivement, l’outil a ses limites. Je me suis amusée à tester le livetweet récemment, c’était intéressant pour les échanges que j’ai pu avoir avec mes followers. Pour le reste, j’ai quand même pris beaucoup de notes que j’ai publiées ensuite sur le blog parce que je trouvais que cette diffusion en temps réel ne se suffisait absolument pas à elle-même, un peu comme si on en restait aux dépêches AFP sans avoir jamais d’articles de fond, ni d’analyses.
    Après l’outil principal de ma veille reste l’agrégateur, que je m’astreins à n’ouvrir qu’une seule fois par jour, justement pour ne pas tomber dans la folie de l’immédiateté…
    Ça fait un peu mémé du web de dire cela mais en 5 ans de blog, j’ai vraiment vu changer les pratiques. A mes débuts, je laissais reposer les textes rédigés plusieurs jours, comme tout le monde d’ailleurs à l’époque, pour les relire et les enrichir par la suite. Aujourd’hui j’ai tendance à mettre en ligne plus vite tant l’obsolescence rattrape tout mais, pour ce qui me concerne, je le regrette.
    Maintenant je vais aller lire ton second billet pour voir comment tu y abordes les choses 🙂

  8. 21/07/2010 10:06

    Est-il vraiment bon que l’appréhension de l’information soit conçue sur le modèle unique de la durée (un flux vécu indivisible) ?
    On peut en douter, car le propre de l’intelligence analytique est justement de pouvoir se détacher du flux de la perception pour pouvoir représenter les choses, les mettre à distance, tourner autour, déconstruire un fait, aborder une idée sous ses différentes facettes (« faire varier les profils », comme dit Husserl).
    La connexion permanente et l’instantanéité font de l’esprit un lieu de passage passif, une sorte d’automate leibnizien post-moderne. L’information coule, son contenu n’a plus forcément d’importance, puisque ce qui est primordial c’est que ça coule, toujours plus et de manière toujours plus proche de l’instant T0 où l’on croit pouvoir déceler la proximité parfaite du fait et de l’information.
    Le temps réel, on se le coltine depuis toujours et en permanence : ça s’appelle la perception, ou comme le dit Lully, les échanges quotidiens (« comment ça va ? »). Le temps réel ne peut déployer autre chose que des vécus répercutés dans l’ordre de l’existence sociale. Ce qui est tout à fait nécessaire, mais limité.
    Vive le temps différé, l’attente, l’oubli, la longue durée, le mail et les agrégateurs de fils RSS !

  9. 21/07/2010 15:38

    Sur ça « Et j’ai vraiment le sentiment que cette universalisation du temps réel crée une forme d’exigence à être connecté en permanence : puisque l’information importante n’a pas plus de longévité que l’autre, que les deux se diffusent par les mêmes canaux, me voilà contraint de tout absorber. » : personnellement, j’ai réglé le problème par l’idée de sédimentation et d’émergence. Si un truc important arrive, je peux le rater, il restera quand la mer (i.e. le bruit) se retirera.
    Pour filer la métaphore : les trucs vraiment importants vont appeler sur/autour d’eux des écrits et des textes et ça fera une sorte de stalactite, une île auto-émergeante dépassant du reste.
    En fait, peu importent les outils, le processus me semble être toujours le même : le bruit passe, l’important sédimente et je le vois, même si j’arrive après la bataille.
    Pour prendre un exemple dans un domaine tout autre : tu peux suivre toutes les radios du monde pour essayer de capter les musiciens vraiment importants ; ou bien tu coupes tous les transistors et tu reviens au bout de 10 ans, puis tu regardes de qui l’on parle. Dans les deux cas, tu verras émerger une seule personne… Michaël Jackson 😉
    Essaie la technique de lîle, tu verras, on se sent mieux.

  10. B. Majour permalink
    21/07/2010 17:38

    Salutations,

    Serait-on en train d’oublier ce qu’est le Web ?

    Un surf sur l’information.
    Au milieu de l’écume, dans le haut de la vague.

    Ce que tu voudrais faire, c’est bloquer la vague comme un escalier. Une marche à la fois, pour digérer (apprécier ?) le menu ?

    Les outils se mettent à jour, comme à la bourse, en continu. Parce que l’information devient une valeur monétaire (cotée) ?

    Attention ici à ne pas devenir un trader de l’information, plutôt qu’un veilleur.

    Et toi, tu voudrais obtenir un journal du jour, imprimé le matin (midi et soir ?)
    Si j’ai bien compris. 🙂

    Prendre un cliché de tes twitts, RSS, mails, ou autre, avant une certaine heure et ne pas montrer les autres… ou sélectionner seulement ceux avant cette heure.

    Voire, peut-être, ne prendre le pouls que sur certaines heures bien précises de la journée.
    (Loi de Pareto : 20 % des Twitts représentent 80 % de l’information utile… à quelle heure sont-ils émis, sur quel créneau… à quelle heure sont-ils repris ? 🙂 )

    Tu parles ici d’un tri sélectif. (Un Pype ?)
    Basé sur des mots clefs (une heure précise au moment où tu lances le pipe ?)
    Ceci pour l’idée technique. Tout en gardant tes outils « temps réel ».

    Maintenant, si on se penche sur le côté « temps réel » pénible.
    Je comprends fort bien que tu en aies assez de courir en permanence, ou de tout le temps surfer en haut de la vague.
    Comme le dit dbourrion : les chances de rater quelque chose d’important (là, il faudrait en plus définir ce que recouvre le terme important :-), pour qui ? pour quoi ?) sont quasi nulles.

    Et se souvenir de l’océan :

    – une surface parfois très agitée.
    – des mouvements lents, à beaucoup plus lents dans les profondeurs. En sachant que les mouvements les plus profonds sont les plus importants. (mais ils se voient difficilement, d’où le « quasi nulles » ci-dessus, parce qu’on rate surtout ce dont on ne parle pas. 😉 )

    – et tout un fond marin, où une vie plus élaborée s’installe et s’élabore (même dans les grands fonds… Ceci histoire de tordre l’idée que le flux serait la seule variable du Web, et que tout devrait devenir flux pour survivre. Le flux, c’est du plancton… des créatures plus grosses s’en nourrissent, ce qui alimente toute une chaîne de vie : de l’algue jusqu’au corail, en passant par les crustacés jusqu’aux requins.)

    Donc, non, ce n’est pas toujours en surfant sur la crête que l’on obtient la plus grosse part du gâteau, ni que l’on perçoit mieux les tendances. 🙂

    Bien cordialement
    B. Majour

  11. 21/07/2010 18:59

    @dbourrion : en fait, présentement, ce billet n’est pas motivé par un sentiment d’infobésité (déjà rencontré).
    Je te propose à mon tour, non pas une métaphore, mais une comparaison : tous ceux qui habitent à Paris savent combien il est important dans le métro de se mettre dans le wagon qui se trouvera face à la porte d’accès à la sortie, pour la station de métro où l’on descend. Ce n’est même pas important : c’est juste normal — et aberrant de faire autrement. Au bout de quelques mois à vivre à Paris, il faut une volonté spécifique pour agir autrement.
    Je l’avais noté en arrivant à Paris (il y a 10 ans — ce qui ne me rajeunit pas), et je m’étais rapidement fondu dans le mouvement — oui, je suis lâche et faible ! — tout en le déplorant, parce que je trouve que ce simple geste est source ou signe d’un certain stress.

    C’est la même chose pour le temps réel : c’est un certain comportement qui est en jeu. Il ne s’agit pas seulement de recherche d’information, mais de toute la manière dont nous sommes connectés en temps réel au web-en-temps-réel.
    Cela a voir aussi avec notre tendance à être de plus en plus connectés en permanence, dans une existence où les moments non connectés tendent vers 0.
    Nous avons donc d’un côté des utilisateurs connectés (ou prêts à se connecter à la moindre sollicitation) à Internet, et de l’autre des outils qui diffusent tout en flux continu.
    Pas seulement une information : pas seulement quelqu’un qui veut m’envoyer un message, mais simplement l’actualisation d’une page Facebook dont je suis fan.

    Ce n’est pas que l’information est importante, c’est qu’il est important de l’avoir immédiatement.
    A la mort de Michaël Jackson, plusieurs sites ont pris la peine de signaler que Twitter avait diffusé l’info avant la BBC. « Avant » ? Cela a dû se jouer à quelques minutes — quelle importance ?
    Elle est là : dans le « avant », nulle part ailleurs. Et c’est bien ce qui m’interroge.

    Ce n’est pas — ce n’est plus — un jugement de valeur de ma part de le constater. Actuellement, nul n’envisage d’utiliser le téléphone comme des échanges de répondeurs à répondeurs, sous la forme : mon téléphone est toujours éteint, et toutes les x minutes ou heures, je consulte mes messages, et j’y réponds sous forme d’autres messages laissés sur d’autres répondeurs. Le téléphone sonne, et je décroche, c’est tout.
    Il me semble que nous tendons vers cela avec Internet : quelque chose quelque part s’actualise, et nous en sommes informés — sauf démarche volontaire de notre part pour ne pas l’être…

    A noter : quand je publie un billet, je sais que dans la minute il pourra être recherché sur Google.
    Quel intérêt à aller si vite ? C’est simplement le mode de fonctionnement normal de Google, désormais.

  12. B. Majour permalink
    21/07/2010 20:03

    Ce n’est pas que l’information est importante, c’est qu’il est important de l’avoir immédiatement.

    La question qui me pousse aussitôt, telles deux cornes sur le front + une queue fourchue : de l’avoir immédiatement… . pour quoi faire ? et/ou : pour en faire quoi ?

    La réponse change suivant les interlocuteurs. C’est comme en bourse, l’opportuniste a besoin d’avoir les infos aussitôt pour sauter sur la moindre hausse/baisse d’un cours, lorsqu’un « parieur » à plus long cours ne visera pas le même rapport, ni les mêmes risques.
    Stratégies différentes pour des attentes différentes.

    Dans le cas de Twitter, la stratégie est bel et bien de démontrer que les anciens modes d’information sont désuets, en retard d’un wagon (ce qui est vrai, et faux en même temps)

    Dans le cas du choix de la bonne porte, et de l’éventuelle aberration que représenterait une démarche autre, c’est, pour toi, gagner du temps (et être à l’heure au boulot, ou de retour à la maison dans le minimum de temps)… mais pour un touriste, éviter ces portes, c’est le gage de ne pas être bousculé et d’éviter le rush. (tactique employée par mon cousin lorsqu’il m’a fait visiter Paris ! :-))

    Si tu ne sais pas pourquoi (pour quoi, pour qui) tu fais les choses, alors ces choses te mènent par le bout du nez.

    Plus on accélère le mouvement, moins les gens ont la possibilité de :
    – réfléchir
    – faire appel à leur mémoire
    – se construire une base de références stables.

    Ils sont dans l’instant, dans le très court terme… opportunistes par obligation, égoïstes forcés par les événements ! (quand tout va trop vite, on n’a plus que soi comme référence)

    Si tu ne sais pas pourquoi (pour quoi, pour qui) tu fais les choses, alors ces choses te mènent par le bout du nez. Tu ne les choisis plus, elles choisissent pour toi…
    En réalité, quelqu’un d’autre choisit pour toi.

    Je te laisse deviner qui et pour quoi faire. 🙂

    Bien cordialement
    B. Majour

  13. 21/07/2010 21:06

    Bah… n’est important que ce à quoi on donne de l’importance.
    Le choix d’un possible mouvement de retrait du temps réel appartient à tout le monde, c’est un choix personnel qu’on peut toujours faire, comme tous les choix.
    Pour le coup, on entre presque dans le politique ou en tous les cas, dans des prises de position. Mais vraiment, on a toujours le choix – et je gage que le mouvement du temps réel verra se développer des mouvements structurés, ou pas, de temps ‘irréel’, de slow surfing… D’ailleurs, tu as commencé, non ?

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