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Temps réel – inversion du regard

21/07/2010

Lorsque l’on a une perception conflictuelle d’une innovation technologique qui manifestement se répand, il faut s’efforcer de changer sa manière voir, sous peine de regretter un jour le Minitel…

Dans le précédent article, j’étais resté dans une perspective « historique » de l’apparition du temps réel : une nouvelle manière pour différents outils de fonctionner. Cette fonctionnalité bonus me semblait poser des problèmes comme n’étant pas en adéquation avec nos comportements sur les outils en question.

Mais oublions cette historicité dans l’ordre d’apparition des choses, pour reconnaître la situation présente : le temps réel devient le mode de fonctionnement normal, par défaut, de tous les outils. C’est le mode différé, diachronique, qui devient exception et qui doit devenir une démarche consciente, volontaire.

Le mode de communication par défaut de la génération montante, c’est le chat, pas le mail.

Cela induit dans ma manière de naviguer sur le web un renversement de perspective, pour évaluer à chaque action si le temps réel et un problème et doit nécessiter un aménagement de comportement — et une évolution des outils afin qu’ils permettent d’interrompre ce temps réel.

Un simple exemple avant de clore ce dossier : il y a plusieurs années déjà, j’avais lu que, pour des raison de gain de temps, il valait mieux ne pas consulter ses flux RSS toutes les cinq minutes, mais y revenir à des intervalles réguliers et maîtriser (par exemple : trois fois par jour). Ce conseil est applicable si j’utilise un agrégateur sur un site spécifique. Mais si je fais de la veille via Twitter (donc par exemple avec Echofon), ou avec Google Reader couplé à One Number — qui ne m’informe plus que trois fois par jour que des informations m’attendent ! — c’est plus difficile. Aucune de ces deux extensions ne me permet de désactiver le temps réel pour n’actualiser mes flux que une fois toutes les deux heures, par exemple.

  • dois-je changer d’outil ?
  • dois-je demander à ce que l’outil change ?
  • dois-je renoncer à ce « gain de temps » ?
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3 commentaires
  1. 21/07/2010 09:52

    Dans sa série d’articles « Comment Internet transforme-t-il la façon dont on pense ? » , Hubert Guillaud citait, entre autres, la philosophe Gloria Origgi qui pense qu’Internet a révélé le pouvoir de la conversation. On pouvait notamment lire ceci : “L’internet nous permet de penser et d’écrire d’une manière beaucoup plus naturelle que celle imposée par la tradition de la culture de l’écrit : la dimension dialogique de notre réflexion est maintenant renforcée par des échanges continus et liquides” (3e billet de la série), ce que je trouvais assez passionnant. Selon elle, ce sont précisément ces échanges permanents qui nourrissent désormais notre réflexion et l’enrichissent.
    Cela dit, au quotidien, je suis très souvent déconnectée du chat et des réseaux et j’en reste à un agrégateur old school parce que cette conversation permanente ne me convient pas 😉

  2. 21/07/2010 11:00

    Je suis un peu bête, mais je ne comprends pas la différence entre google reader qui te dit : 250 messages non lus et echofon qui te dit 250 messages non lus. Pas si bête, je comprends que sur Chrome, ce soit agaçant puisqu’on a seulement les dernières informations à partir de…tout de suite ; là on est dans le temps réel. Mais avec echofon, au contraire, tu récupères l’info passée et tu la traites quand tu veux, même si en vérité l’outil est créé pour donner de l’info en temps réel. C’est pour ça que je te disais que l’outil au fond cela reste ce que tu en fais. Mais je n’ai peu-être pas compris ce qui te pose problème.

    Ce qui est certain c’est que la veille totale (en temps et quantité) est illusoire. Nous le savons. Ce que je trouve intéressant, c’est de voir comment change notre rapport à l’information quand nous la traitons toujours en temps réel. Penser prend du temps ; écrire prend du temps ; lire prend du temps. Pourquoi nous dépêchons-nous à publier ? Est-ce que nos idées (et textes) sont à ce point sujettes à l’obsolescence ? Ou est-ce que nos idées ne peuvent pas passer le cap d’un espèce d’enthousiasme sur un sujet ? à aller trop vite, on perd surtout une vraie capacité à analyser en profondeur pour gagner une espèce de crédibilité en tant que veilleur. Or, la veille n’est pas tout.

  3. 21/07/2010 15:44

    @Raphaëlle : c’est donc que je me suis mal exprimé.
    D’ailleurs, pour « l’anecdote », je trouvais le premier billet très insatisfaisant et ne souhaitais pas encore le publier, pour pouvoir le reprendre. Il est « parti tout seul », et une fois visible dans les agrégateurs (en temps réel…) impossible/inutile de le retirer.

    Ce que je cherche dans Google Reader et dans Twitter n’est pas un contenu de niveau équivalent. Sur GReader, j’attends une information potentiellement (non systématiquement, bien sûr) importante. C’est pourquoi je classe un peu mes flux par rubriques et, dans chaque rubrique, par ordre d’importance (plus ou moins).
    Lorsque j’ouvre GReader, ce qui m’intéresse est de pouvoir utiliser ces rubriques pour naviguer dans les différents niveaux d’informations. Mais GReader, et Netvibes plus encore, mettent désormais beaucoup plus en valeur les dernières actus qui viennent de tomber : la page s’actualise en temps réel pendant que je la consulte, si bien que mon attention est attirée par ces dernières infos.

    Je précise aussi que le premier billet a été rédigé il y a quelques semaines déjà (et devait paraître mi-juin — mais pile à ce moment-là est tombé un billet de
    Silvère
    beaucoup plus pertinent et le mien, non seulement risquait d’en être une pâle réponse, mais risquait tout simplement d’en être une réponse, ce qui n’était pas le cas), à un moment où Google valorisait la toute récente intégration de statuts Twitter dans ses résultats de recherche.
    Or contrairement à ce que l’air ambiant semblait imposer, ce n’est (mais nous sommes tous d’accord là-dessus) pas l’instantanéité de l’info qui la rend importante.

    Je voudrais juste que le temps réel cesse de s’immiscer et de s’imposer partout comme un élément fondamental de ma pratique du web.

    C’est plus clair ?

Les commentaires sont fermés.

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