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A quoi sert de vivre libre ?

06/09/2010

Je pensais ne pas intervenir dans la discussion lancée par Daniel, parce que, après tout, elle ne me concerne pas, en tout cas pas pour l’instant. Chacun dans son existence traverse des moments de doute sur l’intérêt de ce qu’il fait, et je vais attendre tranquillement ma part plutôt que de me précipiter pour réclamer celle de Daniel.

En outre, j’en suis resté à l’idée qu’avoir un blog n’a pas besoin de justification : c’est plutôt de n’en pas avoir qui m’étonne et mérite explications. Après tout, chacun d’entre nous a besoin, de temps en temps, d’expliquer ce qu’il fait, de se raconter, ou de se sentir un peu utile (ou supérieur ?) en apprenant des choses à d’autres personnes. C’est (entre autres) à cela que peut servir un blog, et je n’imagine pas pour l’instant de m’en passer. Si les non-blogueurs préfèrent le faire autour de la machine à café ou en dînant chez des amis, tant mieux pour eux.

Mais ce n’est pas tant aux interrogations existentielles que je veux répondre qu’aux mises en cause de la profession qui l’accompagnent.

Ma première réaction à la lecture de son billet a été : « Prétendre par son blog transformer la profession, c’est à la fois prétentieux et insolent ». Pour la prétention, je ne sais — mais au fil des mois nous savons combien Daniel aime être insolent, pour notre bien à tous ! En outre, certains assurent que Daniel est encore plus sexy quand il est énervé…

Mais derrière la remise en cause de l’existence de son blog (à quoi il sert, si il ne sert pas à ça ?), il y a une forme d’accusation de la profession. Je trouve intéressant d’y revenir.

D’abord, espérer voir les fruits de son action immédiatement a un côté adolescent. J’imagine un curé de campagne partant pour sa première paroisse et espérant en faire une terre de saints — tiens, cela a fait l’objet d’un roman admirable, d’ailleurs).

Ou encore : penser que bloguer ne sert à rien parce qu’on voit toujours les mêmes lenteurs autour de soi, c’est un peu comme estimer qu’Internet n’a rien apporté de bon, la preuve étant qu’il y a toujours autant de guerres dans le monde.

Bref, croire pouvoir changer le monde est une illusion à laquelle il faut savoir renoncer. Ou plus exactement, on peut partir avec l’idée de consacrer sa vie à changer le monde, mais admettre d’emblée que ses changements ne seront pas forcément perceptibles.

En outre, Daniel, toi insatisfait des bibliothèques d’aujourd’hui, comment sais-tu ce qu’elles seraient sans toi ?

Mais reprenons. Les personnes de plus de 40 ans (et plus largement toutes celles qui pensent qu’aujourd’hui, à l’école, on n’apprend plus rien) pensent avoir reçu tout leur bagage culturel avant leur 18-22 ans, le reste de leur existence étant l’exploitation permanente de ce qu’ils ont appris avant. Ils le pensent parce que c’est ce qui leur a été inculqué. Revenir là-dessus nécessite une telle remise en cause de soi que, dans leur situation, je ne suis pas sûr que j’en serais capable. Donc je ne leur jetterai pas la pierre. Et je félicite ceux qui en sont capables.

<update>J’ai fait une énorme connerie : je ne me suis pas demandé comment les personnes de plus de 40 ans liraient ce billet. Toutes mes excuses à tous ceux qui se sont sentis agressés personnellement : ils ont eu raison, ma phrase était agressive. Ce que je voulais dire (et que, après relecture, j’admets n’avoir pas dit ainsi), c’est qu’il y a 40 ans, l’école était pensée comme devant apporter un bagage utile pour toute la vie. Cela ne signifiait pas qu’il n’y aurait plus jamais rien à apprendre, mais que l’essentiel était acquis, et définitivement. Mon assertion ne parlait donc pas des personnes de plus de 40 ans en général, mais du système qui les a formés il y a 40 ans.

A partir du moment où vous lisez ce billet, comment pourrais-je prétendre que vous ne lisez pas la production de la biblioblogosphère ?

Notez que quand je l’ai formulé dans ce billet, personne ne s’est indigné du « cliché » véhiculé. Encore une fois mes plus sincères excuses !</update>

(Je précise que je ne suis pas en train de distribuer pas les bons points. Je vis aussi sur un tas d’idées que l’on m’invitera gentiment — ou non — à balayer un jour.)

En outre, ces personnes sont généralement les décideurs dans nos bibliothèques. Et c’est très bien aussi : si je n’avais une certaine assurance que dans 10-15 ans je serai « décideur » de quelque chose, je pense que je perdrai toute motivation pour aujourd’hui.

Bref, comme le rappelle B. Majour en commentaire sur Face Ecran, ce qui compte est que les nouveaux arrivants dans la profession suivent les problématiques évoqués dans la biblioblogosphère. Les blogueurs d’aujourd’hui se nourrissaient certainement de BiblioAcid hier. Il ne s’agit pas de tel ou tel blog qui transforme la profession en quelques années : c’est simplement qu’il est normal d’avoir

  • une petite population de biblioblogueurs qui apportent certains éléments à la profession
  • et d’autres terrains d’explorations et d’échanges (Twitter, Facebook, forums, listes de diffusions, etc.) qui ne sont pas a négliger

en plus des « médias classiques » que sont les revues professionnelles que nous parcourons tous, avec plus ou moins d’acuité ou d’intérêt.

Pour conclure : ne pas bloguer pour en avoir un « retour » demain ou après-demain, mais pour y prendre plaisir aujourd’hui et maintenant 🙂

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22 commentaires
  1. 06/09/2010 12:28

    Intéressant billet (comme d’habitude, en fait….)
    Peu à rajouter, sauf :

    – je ne sais pas qui peut prétendre que je peux être sexy, énervé ou pas. C’est une honteuse rumeur et je m’élève contre cet odieux mensonge…

    – plaisanterie mise à part : sans doute que je suis impatient et adolescent (je prends ça pour un compliment). Mais je ne peux me résoudre aux lenteurs dont le métier se satisfait dans sa majorité. Je ne peux pas.

    – la phrase de conclusion est celle qui m’a interpellé le plus. Elle m’a ouvert les yeux sur un point : je bloguais pour faire avancer les choses et pour me faire plaisir. Les choses n’avancent pas (pas assez vite à mes yeux en tous les cas) ; et je ne prends plus plaisir à bloguer… Ma conclusion s’impose d’elle-même.

  2. 06/09/2010 12:52

    Point 1 : c’était juste que ça me faisait plaisir 🙂
    Point 2 : c’est déjà aller trop loin que de dire « Je ne peux me résoudre aux lenteurs dont le métier se satisfait dans sa majorité ». D’accord, certains s’en satisfont. Pour moi, le principal problème est plutôt d’être encroûté dans son quotidien et de devenir incapable de se souvenir pourquoi on est là (nos rêves de jeunesse, en somme, ceux qui ont motivé notre vocation initiale). Cf. ce commentaire de Sophiebib à ton billet, auquel j’adhère : les blogs nous apportent au moins de continuer à penser plus haut que nous ne sommes contraints d’agir au quotidien.
    C’est le propre du quotidien que de nous faire croire qu’il est tout. Les discussions sur les blogs (qui souvent, c’est vrai, ne sont que des discussions) donnent encore un sens à « tout ça ».
    En outre, je pense que nombreux sont ceux qui ne se satisfont pas de cette lenteur, mais qu’ils l’acceptent comme inévitable (ils l’acceptent comme on peut choisir son inéluctable destin, de manière racinienne)
    Point 3 : que pourrais-je ajouter…

  3. marie H permalink
    06/09/2010 13:19

    « Les personnes de plus de 40 ans pensent avoir reçu tout leur bagage culturel avant leur 18-22 ans, le reste de leur existence étant l’exploitation permanente de ce qu’ils ont appris avant.  »
    Faisant partie de cette tranche d’âge (malheureusement depuis longtemps), je me permets de m’insurger contre cette idée reçue… Je suis devenue bibliothécaire à 42 ans donc le bagage culturel et professionnel que j’utilise est bien récent et encore en construction (les blogs me permettent de de l’enrichir et je vous en remercie tous).
    Je ne suis pas une exception :
    nous sommes la génération qui a toujours vécu avec la crise (j’avais 10 ans en 74), le plus souvent nous avons été licencié au moins 1 ou 2 fois et nous avons changé 1 ou 2 fois de métier (sans compter notre nombre d’employeurs et sans parler de notre vie privée), en tout cas c’est ce que je vois autour de moi et ce que les différentes analyses socioéconomiques auxquelles je m’intéresse décrivent. Bien sûr il doit bien y avoir des bibliothécaires ou des conservateurs tombés dans la « carrière » en sortant de l’université, mais bon, ils ont aussi fait leur révolution numérique …
    Peut-être que la différence est que souvent « on ne nous la fait pas » : les inventions révolutionnaires qui ont fait pshitt on connaît (la cartouche audio, le SACD, le mini disc …), les gros sabots derrière les changements et surtout les régressions appelées « modernité », nous sommes parfois suspicieux.
    C’est sûr, quand j’avais 15 ans de moins, la réponse « on a déjà essayé, cela ne marche pas » m’énervait mais maintenant je réponds : « voyons pourquoi cela n’a pas marché et refaisons différemment ».
    Je reste convaincue que ce métier est le plus intéressant que j’ai connu, le plus enrichissant aussi, mais bon je débute ;-). Cela me semble peu étonnant que les changements soient lents, n’oublions pas que nous sommes parmi les métiers « les plus vieux du monde » 😉 et pour répondre à Daniel, je trouverai dommage que sa voix s’éteigne.

  4. 06/09/2010 13:20

    Totalement en désaccord avec tes considérations sur l’âge : « Les personnes de plus de 40 ans (et plus largement toutes celles qui pensent qu’aujourd’hui, à l’école, on n’apprend plus rien) pensent avoir reçu tout leur bagage culturel avant leur 18-22 ans, le reste de leur existence étant l’exploitation permanente de ce qu’ils ont appris avant ».
    Ah bon ? Qu’est-ce qui te permet d’affirmer cela ? Je vois autour de moi une belle quantité de « jeunes » arrivant dans le métier avec des mentalités de déjà vieilles bibliothécaires : je doute fort que beaucoup d’idées originales quant à l’évolution des bibliothèques émanent d’eux. Très faible proportion de blogueurs, et même de lecteurs de biblioblogs, parmi eux ;-((

    Je connais des conservateurs (je pense en particulier à un autre Daniel, directeur d’une belle BMVR) et des bibliothécaires de plus de 50 ans très réceptifs à la nouveauté et aux apprentissages tout au long de la vie.

    Mis à part ce bémol sur ce qui me semble être un a priori non fondé, merci pour ce billet.
    Je crois bien que des moments de lassitude, tous les blogueurs en connaissent à un moment ou à un autre.

  5. 06/09/2010 13:29

    Je lis à l’instant le commentaire publié par Marie 1 minute avant le mien 😉
    Je suis également dans la tranche des + de 40, et même des + de 50 (oui, mais c’est pas de ma faute), j’ai commencé à travailler en bibliothèque à 39 ans après avoir connu quelques belles galères, j’ai été reçue au concours de bibliothécaire à 45 ans et j’avais bien 47 ou 48 ans lorsque j’ai commencé à m’intéresser à internet. Il n’y a pas d’âge pour apprendre à bloguer, agréger des flux, partager sa veille et expérimenter 🙂

  6. artistikkkbranleta permalink
    06/09/2010 13:41

    « Mais reprenons. Les personnes de plus de 40 ans (et plus largement toutes celles qui pensent qu’aujourd’hui, à l’école, on n’apprend plus rien) pensent avoir reçu tout leur bagage culturel avant leur 18-22 ans, le reste de leur existence étant l’exploitation permanente de ce qu’ils ont appris avant »…….pour moi cette phrase représente LE cliché par excellence,attention à ne pas faire de généralités,le reste du texte m’a plus ou moins intéressée,bloguer ,pas bloguer….pourquoi ,oui ,bon……mais alors dire qu’une personne de 40 ans ou plus se suffit du bagage qu’elle a reçu entre 18 et 22 ans (soit dit en passant c’est un peu dur pour ceux qui n’ont pas pu faire de longues études) c’est extrêmement appauvrissant et presque cynique.je n’adhère pas du tout ,mais alors pas du tout.la somme de notre savoir se compte le jour de notre mort.

    mais bon,je ne suis pas bibliothécaire mais professeur ceci n’expliquant bien ,pas cela………

  7. artistikkkbranleta permalink
    06/09/2010 13:43

    je n’ai qu’un oeil en ce moment (accident) et à la relecture je m’aperçois que des mots manquent ,j’en suis désolée,carolina.

  8. 06/09/2010 14:00

    @Tous les derniers commentateurs : je vous présente mes humbles excuses pour la formulation de ma pensée, et je vous invite à relire la mise à jour, sur laquelle vous pouvez tout autant réagir si vous le souhaitez.

  9. MxSz permalink
    06/09/2010 14:43

    De toute façon, l’important, quel que soit l’âge biologique, c’est de ne pas avoir les cheveux blancs qui poussent à l’intérieur du crâne #brèvedecomptoir

  10. 06/09/2010 19:01

    Lully, franchement, prends le balai et nettoie bien : même dans la génération de mon père (il aura bientôt 80 ans et était menuisier) il a fallu remettre en cause les apprentissages d’origine et les méthodes de travail lorsqu’elles s’avéraient inefficaces. Restons alertes 😉

  11. 06/09/2010 19:37

    @Nadine : je prends bonne note (toujours prêt à remettre en cause ce que je crois savoir !). J’en reparlerai avec ceux de ma famille, la soixantaine, qui m’ont convaincu de la chose 🙂
    Pour essayer de reformuler une dernière fois ma pensée : ceux qui ont quitté à l’école avant 1980 y ont-ils reçu comme message que ce qu’ils apprenaient deviendraient un jour obsolète et qu’il leur faudrait continuer à apprendre toute leur vie ?
    Je ne dis pas que ce message condamne ceux qui l’ont entendu à rester immobiles toute leur vie, il me semble juste que ce message a existé.

  12. 07/09/2010 07:55

    Bonjour
    j’ai découvert ce billet près l’introduction du « update », ce qui m’évitera un commentaire totalement désobligeant -j’ai bientôt 60 ans et fais donc partie du public concerné!
    Ceci dit, même votre « correction » reste sujet à commentaire et critique. Je vous cite:
    « Mon assertion ne parlait donc pas des personnes de plus de 40 ans en général, mais du système qui les a formés il y a 40 ans. » Je lis cela en me disant que vous pensez que les gens de + de 40 ans n’ont pas été capables de se délier d’un système qui les a formatées. Erreur grossière!!! N’oubliez pas que ce sont les gens de ma génération -tout au moins une partie- qui ont fait « 68 » ce qui démontre -malgré toutes les critiques que l’on peut apporter à ce mouvement- que nous avions des idées et que nous étions capables de nous démarquer d’un système que nous savions obsolète et réactionnaire. Nous pouvons donc penser que ces personnes ont continué à penser, ne se sont pas enfermées dans des certitudes immuables, comme le démontrent d’ailleurs les commentaires précédents.
    Là où je travaille, je suis un des plus âgés, nous sommes deux à bloguer professionnellement, nous sommes quelques-un(e)s de plus -un ou deux peut-être- à demander, que dis-je à réclamer une évolution -des mentalités, des méthodes, des outils- et la plupart de celles et ceux qui s’y refusent ou s’en désintéressent sont bien plus jeunes que moi. Alors, les plus de 40 ans « ringards »? Non, pas plus que les autres. On trouve des ringards à tout âge, malheureusement…Alors attention aux assertions définitives, elles ont souvent tendance à vous revenir en pleine face!!
    Cordialement
    Alain

  13. 07/09/2010 08:39

    @Alain : non, là je ne suis pas d’accord.
    Dire que le système était ainsi conçu (« Ce que vous apprenez maintenant vous servira toute votre vie ») ne dit rien de ceux qui sont dedans.
    Et pour parler de moi (et pas, cette fois, des autres), je pressens fortement que passé 50 ans je n’aurais pas trop envie de remettre en cause quotidiennement toutes mes méthodes de travail élaborées en 25 ans de carrière.
    Donc j’exprime toute mon admiration à ceux qui en sont capables, mais je ne veux pas jeter la pierre à ceux qui veulent finir tranquillement leur trajectoire professionnelle, sans trop se faire emmerder par des agitateurs d’idées.

  14. B. Majour permalink
    07/09/2010 09:38

    Salut

    Comme tu es rusé Lully, taquiner les +40 ans et décompter ceux qui se manifestent pour savoir combien ils sont à te lire !

    Malin, va. 😉

    N’empêche, tu vois, ils sont là… eux aussi 🙂
    Et moi de même.

    Quant à savoir si chacun doit ouvrir un blog ou alors intervenir sur ceux existants.
    Je me pose la question depuis un moment.

    Bien cordialement
    B. Majour

  15. 07/09/2010 10:35

    @B. Majour : je crois me souvenir de te l’avoir suggéré un jour. Avec tous tes commentaires, cela dessine une pensée, une réactivité, une personnalité, un besoin de parler — pleins de choses qui caractérisent pas mal de blogueurs 😉

  16. B. Majour permalink
    07/09/2010 14:27

    @Lully

    Oui, je sais… 😉
    Ce qui m’incite à hésiter entre deux points.

    – Contribuer à la dispersion supplémentaire
    &
    – Trouver du neuf à dire

    ou

    Aller au plus facile et rebondir sur les idées des autres.

    Le tout étant sujet au temps disponible dont je dispose. Ou à la façon dont je l’utilise. 🙂

    Bien cordialement
    B. Majour

  17. marie H permalink
    08/09/2010 09:43

    « ceux qui ont quitté à l’école avant 1980 y ont-ils reçu comme message que ce qu’ils apprenaient deviendraient un jour obsolète et qu’il leur faudrait continuer à apprendre toute leur vie ? »
    Je suis sûrement un mauvais exemple : fille de prof, bonne élève (allemand / latin / grec), bac C (ex S), prépa et Ecole de commerce. Tout ça pour dire, le profil d’enfant suradapté à l’école, qui aime ça et apprend parce que c’est bien vu et que c’est valorisé.
    Je ne me souviens pas d’avoir eu à l’école un message sur notre raison d’être là, c’était obligatoire, l’instit avait raison (même quand il nous tapait dessus). Et voilà.
    Nous pensions seulement que le savoir était légitime et qu’il fallait bosser pour l’acquérir. Mais mon expérience n’est sûrement pas comparable à celle d’un élève en difficulté par exemple.
    Que nous allions avoir besoin d’apprendre toute notre vie ? c’est la vie qui nous l’a appris.
    OUI nous devons apprendre tous les jours (heureusement), mais NON notre savoir n’est pas obsolète : ni les fables de La Fontaine, ni rosa, rosa, ni les tables de multiplication … les techniques deviennent obsolètes (par ex : j’ai appris le basic) mais pas nos connaissances qui après tout sont devenues notre culture, non ? et qui justement ont forgé notre capacité à comprendre ce qui se passe autour de nous et à apprendre de nouvelles choses.
    J’espère que les moins de 40 ans ont aussi eu cette chance.

  18. artistikkkbranleta permalink
    08/09/2010 11:11

    je reprends la plume ,malgré mon oeil éteint temporairement…..j’ai eu de nombreux blogs ,certains assez »populaires » je dois le dire;et je retrouve ici tous les travers ,toutes les richesses de cette planète « bloguesque »,un texte écrit …un peu vite ,des réactions diverses ,viscérales,subjectives…..pardon mais tu vois (je te tutoies en tant qu’ancienne…47 ans!) ,personnellement tout ceci me semble un peu vain,j’y participe malgré moi parcequ’il y a quelque chose d’addictif dans le virtuel.on s’imagine changer le monde ,apporter sa pierre,échanger,communiquer.
    beaucoup de vide.

    et puis on reste sur les clichés : plus de 40 ans vs moins de 40 ans (ah ah si c’était aussi manichéen)…..les instits qui frappent les élèves ,les bons élèves et les mauvais……les années 68……
    j’aime mon métier,j’aime l’art plus que tout ,et pour moi ,il est évident que je dois m’adapter au monde tel qu’il est ,en sachant garder les techniques anciennes,défricher des terrains vierges ,écouter mes élèves ,et surtout ,leur refiler mon principal virus (je ne parlerai pas des autres…)la soif du savoir ,l’envie de grandir ,de se remettre en cause et de…..rire de tout ça .

  19. 08/09/2010 11:47

    Lully, bonjour. J’ai un peu tardé à répondre à votre réponse à mon commentaire.
    Et bien je ne suis pas d’accord non plus. Vous écrivez:
    « je pressens fortement que passé 50 ans je n’aurais pas trop envie de remettre en cause quotidiennement toutes mes méthodes de travail élaborées en 25 ans de carrière. »
    Et pourquoi? Considérez-vous que ces méthodes soient abouties et qu’elles ne pourront plus être améliorées, voir abandonnées et remplacées?
    Et vous écrivez aussi:
    « …je ne veux pas jeter la pierre à ceux qui veulent finir tranquillement leur trajectoire professionnelle, sans trop se faire emmerder par des agitateurs d’idées. »
    Je serais plutôt de ceux qui jettent la pierre. Pourquoi, passée la 50aine, deviendrait-on casanier? Pourquoi, passée la 50aine, les « agitateurs » d’idées deviendraient-ils des emmerdeurs? Et pourquoi pas à 30 ou 40 ans? J’en connais déjà de cet âge là pour qui ces « agitateurs » sont déjà des emmerdeurs.
    Qui disait?
    ne pas évoluer, c’est déjà régresser Où quelque chose dans ce goût-là…
    C’est quelque chose que j’ai appris du système dans lequel j’ai été éduqué: la découverte est toujours beaucoup plus satisfaisante que l’ignorance ou le désintérêt. Alors tant pis pour ceux qui préfèrent se laisser aller aux délices de la 50aine tranquille, moi qui approche de la 60aine, je veux toujours apprendre, découvrir, et changer si cela est nécessaire ou utile.
    Et je trouve moins satisfaisant et moins enrichissant de travailler avec des gens -quelque soit leur âge- qui ne veulent pas ou plus voir les choses évoluer -quelque soit la ou les raisons de cette attitude.
    Bien à vous
    Alain

  20. 08/09/2010 12:49

    @Tous : bon, on tourne un peu en rond sur le débat des quadras et +.
    J’avais une certaine vision de l’école d’avant 1968, apparemment elle est fausse, je vous promets de potasser mon histoire contemporaine à l’occasion.
    De toute façon, je l’avoue bien volontiers, je ne suis pas sociologue, et ce n’est ni mon but perso ni celui de ce blog.
    Je ferai plus attention à l’avenir, c’est promis.
    Je laisse ceux qui le souhaitent continuer de débattre de cette question, mais, avec (ou sans) votre permission, je vais passer à autre chose 🙂

  21. 13/09/2010 14:21

    Matrix est certainement un objet cinématographique propice au questionnement philosophique. Mais peut-être un peu redondant au fil de la trilogie, et sans doute, pour l’avoir revu récemment déjà un peu daté « nineties ». Ce sont souvent les effets spéciaux qui se démodent le plus vite. Je lui préfère Gattaca (1997).

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