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Pourquoi les bibliothèques n’utilisent pas FOAF

12/09/2010

Traduction d’un extrait de ce billet.

Pour mémoire : FOAF est une ontologie pour décrire les relations entre personnes. C’est-à-dire que FOAF prévoit les types de relations qui caractérisent des individus.

Le blog Coyle’s Information pose la question « Pourquoi les bibliothèques n’utilisent-elles pas FOAF ? » et s’efforce d’y répondre en partie. Cela permet d’une part de se décomplexer si nous n’utilisons pas beaucoup FOAF (ontologie la plus fréquemment mentionnée pour décrire des individus, dans le web sémantique), tout en précisant que les bibliothèques, si elles maintiennent légitimement leurs propres vocabulaires, doivent travailler à les rendre interopérables (càd aussi bien les partager avec d’autres que d’être capables d’intégrer dans leurs systèmes les vocabulaires d’autres communautés).

<update>Un tweet de Got me fait peur concernant le contenu de ce billet. Bon… Je m’y attendais un peu</update>

La raison est dans la nature des deux communautés.
FOAF signifie » Friend of a Friend », qui est la clé de sa raison d’être : le schéma est initialement conçu pour des situations de réseaux sociaux. Il se concentre sur des personnes en vie et en ligne, et cela inclue l’information sur les contacts en ligne, comme les adresses mail, les sites web, les identifiants Facebook ou Skype, etc. Le nom de la personne, dans FOAF, n’est pas un identifiant, mais présuppose qu’avec le nom de la personne, plus un ou plusieurs identifiants on peut distinguer la plupart des individus les uns des autres.
Les données nominatives des bibliothèques (qui sont en vocabulaire contrôlé, intitulé « Notices d’autorités de personnes ») a pour objectif de créer un identifiant unique qui rassemble sous une seule forme les différentes formes d’un nom utilisés sur des publications.

[…]

Pour adapter à la fois la fonction (sociale) de FOAF et la fonction d’identification des bibliothèques, les bibliothèques auraient au minimum besoin de définir une sous-propriété d’une personne-FOAF, qui aurait une définition et une utilisation plus strictes. Quoi qu’il en soit, pour qu’une « personne » en bibliothèque puisse être désignée de manière plus spécifique qu’une « personne » dans FOAF, il n’est pas nécessaire que les deux soient dans le même vocabulaire. C’est l’une des principales caractéristiques dans les propriétés du web sémantique : comme n’importe quelles ressources, elles peuvent être liées et associées à n’importe quelle autre ressource.

Pourquoi ne pas combiner les propriétés de la bibliothèque et de FOAF dans un seul vocabulaire descriptif ? La réponse a peu à voir avec la technologie, et renvoie plutôt aux modes de fonctionnements des communautés. Les standardsz de métadonnées doivent être développées par (et pour) des communautés existantes. Les communautés FOAF et bibliothécaires ont clairement des besoins différents, des objectifs différents, et travaillent sur des cas fondamentalement différents.

[…]

Nous en revenons donc à la question des bibliothèques et de FOAF. En dernière analyse, nous ne sommes pas sûr qu’il y aurait beaucoup d’intérêt à essayer de combiner les deux approches, étant données les différences entre les communautés et fonctions respectives. […] On pourrait aussi argumenter que la différence entre les vocabulaires et leurs contextes est un point positif, permettant d’avoir plus d’une seule conceptions de ce qu’est une entité « Personne ». Comme les deux communautés maintiennent des vocabulaires de métadonnées, n’importe qui créant des métadonnées peut choisir l’un ou l’autre selon ses besoins sans devoir sacrifier en précision. On peut aussi imaginer que d’autres conceptions vont naître, comme des « Personnes » dans des données médicales ou financières, qui pourraient chacune apporter des éléments de données absents autant dans FOAF que dans les bibliothèques, du type sanguin à la balance bancaire. L’essentiel est de faire en sorte que ces vocabulaires sont correctement décrits et peuvent être liés les uns aux autres. Ainsi, chaque communauté peut maintenir son propre process, en fonction de ses besoins d’intégration de standard, mais les données peuvent être partagées au besoin.

[…]

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One Comment
  1. 15/09/2010 07:44

    Got devrait revenir commenter et critiquer le texte ci-dessus.
    Comme pendant ce temps les lecteurs passent et ne reviendront peut-être pas, je voudrais déjà, moi-même, revenir sur cette traduction.
    Comme je le lui ai expliqué en tweets (en réponse à un message de sa part exprimant des envies de meurtre :-)), j’ai commencé cette traduction, et au fur et à mesure je me posais la question de l’intelligence des propos de son auteur.
    J’eusse été Got, je ne me serais même pas posé la question de la pertinence du sujet initial. Mais je ne le suis pas, et cela est venu plus lentement.
    J’ai voulu me laisser le temps d’y revenir plus tard, et j’ai programmé le billet (puisque avec WordPress on peut prévoir la publication d’un billet pour une date précise).
    Las ! j’ai saisi la date du jour même, et le billet, en une seconde, s’est retrouvé dans les agrégateurs et dans Google.
    J’en profite pour poser sincèrement et platement la question : quelle serait la réaction raisonnable ? Retirer le billet (et avoir des clics frustrés) ? Le vider de son contenu ? Rajouter un texte « modérateur » ?
    Je cherche encore…

    Pour en revenir au texte ci-dessus, je trouve étonnant qu’il postule que les bibliothèques n’utilisent pas, n’ont pas besoin et n’auront jamais besoin de FOAF.
    Il faut bien comprendre que dans la logique du web des données, vous n’avez pas le devoir, comme c’est le cas lorsque vous utilisez une DTD ou un schéma XML, d’appeler l’intégralité de la structure d’une ontologie : vous cherchez à exprimer une relation précise entre deux ressources ? Piochez dans l’ontologie pertinente. Puis allez voir ailleurs pour la relation suivante.
    Donc dans une notice d’autorité, telle que nous les aimons dans les bibliothèques, certaines relations entre deux notices d’autorités (ou entre une notice d’autorité et une notice de « document » — au sens courant du terme) pourraient parfaitement s’exprimer avec FOAF (dans le cas de collectifs auteurs, ou de pseudonymes, etc.).
    Bref, il n’y a aucune raison d’exclure a priori l’usage de FOAF dans nos besoins, de même qu’il n’y aurait aucune raison de se contraindre à l’utiliser s’il n’y correspond pas.

    L’auteur signale qu’il y a donc des communautés différentes, et que les vocabulaires qui en sortent (le terme de vocabulary peut d’ailleurs être problématique pour parler du contenu d’une ontologie) correspondent à des besoins différents.
    Et l’évocation d’ontologies pour décrire des personnes dans un environnement médical ou financier n’est pas inintéressant (je serais étonné qu’elles n’existent pas déjà, d’ailleurs).
    Mais il n’en reste pas moins que le web des données est
    conçu pour naviguer de l’une à l’autre, et permettre d’intégrer au sein d’un même affichage toutes ces informations, pour peu qu’elles décrivent la même ressource (en l’occurrence, la même personne).

    Par ailleurs, dans le web des données les bibliothèques comme « utilisatrices » potentielles de FOAF ne sont pas seulement productrices, elles doivent aussi réfléchir à l’exploitation possible de données FOAF disponibles sur la toile pour enrichir leurs opac ou autres outils.

    (à présent, Got — ou tout autre personne qui le souhaite –, tu peux critiquer aussi ma propre prose en plus du billet originel !)

Les commentaires sont fermés.

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