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Sudoc or not Sudoc ? IdRef

15/10/2010

Il est très déconcertant de voir que l’Abes peut faire plein de choses remarquables, mais semble traîner l’interface du Sudoc comme un poids excessif — poids lié à des contraintes techniques qui, justement, ne dépendent pas de l’Abes mais surtout d’OCLC.

Toujours est-il que l’Abes a sorti hier une interface de consultation et d’exploitation des notices d’autorité Sudoc.
Logo IDref

Avec un nom de domaine et une identité visuelle complètement différente du site Sudoc.

La documentation sur les API disponibles est là (bon, la navigation dans l’aide se fait « à l’ancienne »…). Et puis vous aurez aussi la FAQ + SRV.

Soit dit en passant

Limite graphique

Le logo est bien. Il suggère que la lumière vient des livres (papier, bien sûr), et tout bibliothécaire digne de ce nom (j’exclus donc les trublions) applaudira 😉

Il est bien mais il n’est pas « copiable » parce que ce qui apparaît à l’écran est conçu comme une superposition de couleurs. L’image qui apparaît n’existe pas en tant que tel — du coup, pour « l’évoquer » directement, ça donnerait ceci :

Ce qui n’est sans doute pas le but recherché

En outre, le site a comme titre (balise <title>) « Autorites », mais l’URL est http://www.idref.fr/. Sous quel nom doit-on désigner ce site ? Le Fil Abes parle bien de IdRef, mais le nom n’apparaît nulle part. Les majuscules sont labellisées ? C’est la forme d’autorité retenue ? Corrigé : on peut bel et bien parler d’IdRef.

Limite ergonomique

Les listes de résultats n’ont pas d’URL spécifique. Et quand on utilise l’URL d’une notice détaillée, on perd les fonctionnalités de navigation. Ce n’est pas super pratique pour naviguer dans tout ça. Je me demande quelles contraintes techniques ont amené à faire ces choix peu naturels.

C’est assez joli, mais incontestablement : on ne feuillette pas une base d’autorités pour le plaisir. Donc pour quoi faire que c’est donc ?

API

Pour chaque requête, pour une liste de résultats vous pouvez récupérer en MarcXML les notices de la liste. Par exemple à la requête : Nom de personne = pastoureau correspond l’URL

http://www.idref.fr/OracleSru/OracleSru?Requete=GetDatabaseS%20LstAut%28%27persname_t:pastoureau%27,100%29%20GetDatabaseF%20dual

Le lien vers ce fichier XML est proposé comme une fonction d’export

Et je me demande du coup si l’Abes  l’a conçue comme une API ou non. En tout cas ça peut fort bien faire usage, puisqu’on peut envoyer une URL de requête (sur le même modèle que ci-dessus) et récupérer un flux XML. Donc ça correspond bien aux exigences d’une API.

Les API vous permettent de manipuler les données de la base sans passer par elle, donc de l’exploiter depuis votre interface à vous.

Exemple : (hypothèse de départ) mon opac permet d’afficher un message spécifique si l’internaute trouve 0 résultat. S’il y a 0 résultat, l’opac va interroger les autorités Sudoc, et trouver que les mots recherchés correspondent à une forme rejetée d’une notice d’autorités (exemple typique lié à des questions de translittération). Il récupère alors la forme retenue (celle qui est effectivement présente dans mes notices bibliographiques) et le propose comme rebond de recherche à l’internaute (rebond de recherche sur ma base, toujours).

C’est sans authentification préalable nécessaire (sauf si on veut modifier les notices, évidemment).

… et RDF

Chaque notice donnée est fournie avec son graphe en RDF. Du fait de la négociation de contenu, vous êtes reconnu comme un utilisateur avec un navigateur web, et le site vous renvoie une belle page HTML. Mais si vous aviez préféré du RDF, vous auriez été redirigé vers la notice sous forme de graphe RDF.

Comment le visualiser ?

Installez l’extension Firefox Semantic Radar. Naviguez sur la base des autorités Sudoc.

Quand vous affichez une notice détaillée, il ne se passe rien. Notez que l’URL est restée : http://www.idref.fr/autorites/autorites.html. Mais cliquez sur le « Lien permanent » juste sous le PPN

Vous changez d’URL, et celle-ci prend la forme http://www.idref.fr/027059952 (objectivement, c’est une URL sympa, compréhensible !).

Désormais en bas à droite dans votre fenêtre Firefox (juste à côté de l’icône Zotero ;-)), vous avez une petite icône « Graphe » . Faites un clic gauche dessus. Apparaît une URL cliquable (pointant vers un browser de graphes RDF).

Cliquez dessus, pour voir ? Vous arrivez sur quelque chose comme ça

Mais vous pouvez aussi récupérer directement l’URL du lien et obtenir le fichier RDF XML correspondant

Et avec ce genre de page, je fais quoi ?

Pour l’instant, rien (d’autres vous diront que plein de choses sont déjà possibles avec, et ils auront raison. Pour ma part, je n’en suis pas là…) : prenez le temps de regarder à quoi ça ressemble, identifiez les différentes informations. Il y en a très peu : l’essentiel est naturellement dans les liens parce que (comme l’a dit Yann Nicolas lors d’une présentation aux journées Abes, je crois), le principe du web des données est de vider chaque notice pour renvoyer toutes les informations dans des notices d’autorités.

Or une notice d’autorité est une notice elle-même, qui contient des informations qui seront décrites dans d’autres notices : le concept de personne physique, par exemple. Familiarisez-vous avec ce genre d’affichage.

Tenez, un autre exemple : à partir de la notice Femmes victimes de violences, on arrive (via l’extension Firefox) à cette page affichant un graphe qui reprend toutes les formes rejetées. Comparez avec la notice Rameau de la BnF. C’est la même chose en plus compliqué ? Peut-être : pour vous ! Mais songez qu’un ordinateur qui naviguerait dans ces pages sera désormais capable de manipuler librement toute la structure de la base d’autorités, sans avoir à la dupliquer en interne — comme c’est actuellement le cas des BU qui cataloguent dans le Sudoc.

Je m’arrête là pour le moment. On aura l’occasion de creuser davantage, plus tard.

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3 commentaires
  1. 15/10/2010 22:17

    Dans le désordre :

    . URL statique vs URL par notice. IdRef, c’est d’abord une application Web professionnelle à brancher sur d’autres applis Web pro. On voulait surtout de la réactivité. D’où Ajax. Du coup, adieu aux URLs propres à chaque page affichée, sauf à accepter l’astuce qui donne des URL comme wwww.idref.fr/truc#123456789 au lieu de wwww.idref.fr/123456789 – c’est ce qu’on avait dans Calames, sans en être satisfait. D’où une séparation entre l’application http://www.idref.fr et les pages http://www.idref.fr/{ppn}. La première est une application sur-mesure pour nos partenaires (dont la liste est ouverte) ; les secondes donnent du contenu à consulter/exploiter aux personnes ou programmes qui possèdent chez eux nos identifiants d’autorité Sudoc (partenaires, moteurs…)(sous différents formats, selon les besoins). Le but n’est pas du tout d’offrir une interface de consultation du Sudoc par une entrée Personnes, Sujets – un peu comme Identities d’OCLC. Mais c’est ainsi que certains utiliseront le site – et ceux-là auraient préféré que l’URL soit dynamique, c’est vrai. Mais, à situation et priorités différentes, arbitrages différents

    . IdRef ou Autorités Sudoc ? Avec ce site, on vise les pros des bibliothèques (qui comprenent à demi-mots si on parle d’autorités Sudoc – sauf les trublions qui simulent 😉 ) mais on souhaite aussi travailler avec d’autres métiers (pour lesquels la notion d’autorité est inutile voire un obstacle ; pour lesquels on a voulu trouver une identité plus neutre, plus générique : référentiels…). Alors, c’est IdRef *et* c’est « autorités Sudoc »… comme tu es Lully et Etienne…

    . Contenu des pages HTML ou RDF. Le contenu des pages sera amélioré et enrichi dans les prochaines semaines. Pour l’HTML, on décodera les codes et on affichera les biblios liées, réparties par rôle, comme le fait déjà la page dans l’appli (sans l’URL spécifique). Pour le RDF, on s’efforcera d’ajouter des liens vers d’autres ressources mais d’abord vers les biblios liées du Sudoc.

    . API. IdRef possède un Web Service très complet pour interroger la base, avec tous les critères et filtres possibles (en fait, on interroge directement SOLR). Mais, nous souhaitons, dans un premier temps, roder le WS avec ceux qui nous en font la demande. Tu es le bienvenu ! Par contre, pas de Web Service pour créer des notices dans le Sudoc : faut passer par l’interface Web proposée. Mais, d’une manière générale, hélas, ce n’est pas parce qu’on on propose des WS que ça sert à beaucoup de monde. L’AMUE ou le CCSD le savent bien ! Idem pour l’ABES (STAR). C’est pourquoi Idref offre aux applications des partenaires une méthode différente pour interagir avec elles : une communication directe au sein du navigateur (postMessage).

    . Le logo. On n’est pas trop versé dans l’herméneutique, mais disons que c’est surtout une variation sur le logo du Sudoc. Personnellement, je le vois comme le négatif, la face cachée du Sudoc : les autorités, derrière les biblios. D’où cet air de nuit d’été et de plein de lune…

    C’était long, mais j’ai pas de blog… J’en profite.
    Merci à toi !

  2. 16/10/2010 10:07

    Merci pour toutes ces précisions !
    Plein de choses à suivre, donc.
    Pour l’espace, ne te gêne pas. Si tu veux/peux/souhaites, je t’offre même l’espace d’un billet ! 🙂

Trackbacks

  1. Bricolons un peu avec IdRef… « Vingt-sept point sept

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