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Bibcamp 2011 : et puis après ?

29/01/2011

L’équipe d’Angers a publié son propre débriefing.

Mais le côté « Auberge espagnole » (ou wikipédien) justifie aussi que chaque participant s’y efforce. La notion de participants devant même s’élargir aux followers du live-tweet et aux lecteurs des compte-rendus :

  • Qu’est-ce qu’un Bibcamp ?
  • Comment bien animer un atelier ?
  • Comment bien participer à un atelier ?
  • Comment assurer le live-tweet d’un atelier ?
  • Comment rendre compte d’un atelier ?
  • Comment faire en sorte qu’un Bibcamp ne soit pas une journée féérique, avec retour à la plate réalité ensuite ?
    La question se posant différemment pour les organisateurs et pour les participants

Et, au final, la question ultime :

  • Qu’est-ce qui permet de savoir si le Bibcamp est réussi, et pour qui ?

Toutes ces questions (et les éventuelles réponses) ne visant évidemment pas à juger le Bibcamp passé, mais bien à se demander à quoi doit ressembler le prochain.

Pour ceux qui auraient raté le début…

Un Bibcamp, c’est juste une journée professionnelle sans spécialiste, sans enseignement, sans PowerPoint. Ce n’est pas une formation. C’est une journée d’échanges et de rencontres, sous la forme d’ateliers (petits groupes) courts sur des questions précises et pratiques.

Un Bibcamp n’a pas (à mon sens) vocation à devenir la forme par défaut de ce que doit être une journée professionnelle : il faut conserver des journées où l’on fasse venir des spécialistes, des personnes qui vous permettent en 2 heures de savoir en fin comment initier une problématique ou un dossier.

Comment bien animer un atelier ?

Je n’étais pas animateur, et ne souhaite pas jeter la pierre à ceux qui ont pris le risque de ce rôle. Ils auraient raison de me rétorquer que si j’étais pas content, j’avais qu’à me proposer. Mais l’idée est toujours de se projeter dans le prochain Bibcamp.

Voici les trois ateliers auxquels j’ai participé :

  • S’impliquer en équipe (avec une trentaine de personnes) – CR de Valérie-Anne Mange
  • Mener une politique culturelle (avec une dizaine de personnes)
  • Introduire de nouveaux services (avec une quinzaine de personnes) – CR de Fabrizio Tinti

Et au regard du sentiment immédiat que j’en ai tiré, voici des remarques qui sembleront inégalement évidentes. C’est pêle-mêle :

  1. on n’anime pas un atelier de 10 comme un atelier de 30 personnes (ce ne fut d’ailleurs pas le cas)
  2. c’est plus passionnant quand on assiste à un débat entre personnes engagées dans leurs opinions. Donc si tout le monde était venu comme moi en pur consommateur au second atelier (politique culturelle), j’en serais sorti frustré. A l’inverse, l’échange des points de vue fut vraiment passionnant.
    Peut-être qu’un atelier réussi est un atelier qui se construit comme un énorme table ronde
  3. ce résultat ne dépend pas de l’animateur, puisqu’il ne peut prévoir si les personnes seront d’accord entre elles ou non
  4. dans le premier atelier, les personnes présentes étaient plutôt d’accord pour dire que leurs collègues ne s’impliquaient pas assez dans leurs projets à elles.
    La pertinence du rôle de l’animateur est venue de sa capacité à sortir des cas concrets pour proposer une sorte de typologie, et une méthodologie
  5. la technique de la maïeutique ne convient pas à un atelier de Bibcamp.
    Dans un Bibcamp, l’animateur n’est pas là comme spécialiste pour trancher dans un débat, il est « juste » là pour s’assurer que la discussion reste dans le sujet, sans prise de parole excessive, et en s’assurant d’une forme de progression (sur un certain nombre d’aspects du problème qu’il se sera efforcé de définir, comme non limitatifs d’ailleurs).
    La maïeutique consiste à emmener les participants aux conclusions que l’animateur a établi en amont du Bibcamp. Mais il n’a pas la légitimité contextuelle pour cela.
  6. dans les ateliers où je suis allé, il n’a pas été trop difficile d’initier les échanges. Je ne sais si ce fut généralisé, mais ça veut dire que le principal souci de l’animateur ne doit pas être le grand silence.
  7. initier un atelier en proposant un plan global (sous la forme, plus subtile : « pensons aussi, à la fin, à évoquer des solutions, une méthodologie, etc. ») a plutôt bien marché.

Comment bien participer à un atelier ?

Honnêtement, je n’en sais rien. Je ne pense pas avoir été un bon participant, vu que j’ai peu « participé » et beaucoup écouté.

Evidence : Un bon participant est quelqu’un qui participe mais pas trop, qui n’essaie pas de s’ériger en modèle, et qui n’étale pas sa misère pendant vingt minutes.  Est-ce la peine de l’écrire ? Il y avait beaucoup de personnes passionnantes (et spécialistes reconnus) à ce Bibcamp, et si certains étaient venus les rencontrer (moi le premier !!!), je ne crois pas qu’ils soient venus les écouter. Nous étions tous là comme simples praticiens. Il me semble que le principe a été respecté.

Comment bien live-tweeter ?

Je ne crois pas que la solution se trouvera d’une fois, avec une recette miracle. Mais il est évident qu’on peut mieux faire (même si, c’est incontestable, le LT en l’état a rendu et continuera de rendre de grands services aux absents — voire aux présents).

Sur le Bibcamp plus précisément, la polyphonie des ateliers pouvait se concevoir comme une chose charmante et délectable, à condition qu’elle puisse être choisie. Donc il me semble nécessaire que les organisateurs prévoient d’une manière ou d’une autre des live-tweets dissociables (ou, naturellement, fusionnables). Cela peut se faire au moins de deux manières :

  1. Soit les participants utilisent systématiquement un hashtag commun au Bibcamp, et un hashtag par atelier.
    Ça facilite le suivi, mais raccourcit la longueur des tweets.
  2. Soit les organisateurs prévoient en amont des Cover It Live, un par atelier, paramétré avec le hashtag commun du Bibcamp, et en ayant indiqué les comptes Twitter des participants de l’atelier en question.
    Cela implique que les organisateurs aient eu connaissance des comptes Twitter des participants.
    J’avais essayé de bidouiller un Cover It Live à la volée pendant un atelier, et le manque de pratique m’a fait perdre pas mal de temps pendant l’atelier, si bien que tous les échanges n’y ont pas été restitués (manquait le début, et manquaient des participants).

Sur le contenu des tweets aussi, je suis sûr qu’on peut améliorer certaines pratiques.

  • qu’un au moins des participants prenne une photo (même floue) de la pièce pour la mettre sur Twitter en début d’atelier
  • que l’on restitue au maximum les liens vers les sites, les diagrammes, les exemples, etc. proposés

Je n’ai pas d’autre suggestion pour le moment. Mais j’ai du mal à admettre que cet aspect-là n’est pas perfectible. Certaines de ces suggestions me semblent intéressantes.

Comment rendre compte d’un atelier ?

Je suis enthousiasmé par la diversité des formes prises par les comptes-rendus, tels qu’ils sont publiés sur le blog du Bibcamp : linéaires, en diaporamas, en cartes heuristiques.

Non que la carte heuristique me semble le summum indépassable de l’exercice, mais c’est aussi une manière alternative intéressante de rédiger un CR. C’est peut-être aussi un outil plus facilement exploitable pour quelqu’un qui voudrait s’appuyer dessus pour monter son propre projet, qu’un compte-rendu classique.

Un compte-rendu classique rend compte du déroulement d’une réunion. En l’état, il me semble qu’une carte heuristique est davantage le résultat d’un groupe de travail, comme son livrable en quelque sorte. Et elle est donc peut-être davantage dans l’esprit d’un Bibcamp.

Un Bibcamp réussi ?

A reprendre de toute façon : le blog événementiel, les comptes-rendus diffusés ensuite  (ou plutôt, à terme, des documents de travail).

Des Bibcamp thématiques ?

J’ai tendance à poser que par principe, la diversité des participants est une  richesse. Que si nous ne travaillons pas dans le même environnement institutionnel ou avec le même public, les échanges entre BM et BU doivent être perçus comme enrichissants. J’ai une vision très œcuménique de la vie (et de la vie professionnelle aussi).

Cette diversité est parfois perçue comme source de lourdeurs. En l’occurrence, ce n’est pas tant sur les différences institutionnelles mais sur les profils qu’on pourrait travailler : les acquéreurs, les webmasters, etc. La question me semble encore ouverte. Je ne suis pas convaincu que ce soit pertinent de créer des Bibcamps plus profilés, mais ça vaut le coup de se poser la question, voire de tester.

L’idée proposée par l’équipe d’Angers, de les regrouper non pas dans des Bibcamps spécifiques, mais peut-être de cibler au niveau des ateliers, est sans doute la plus pertinente.

Le politique et le technique

Grande prétention affichée par les Angevins à avoir voulu éviter les geeks et autres techniciens. Ils étaient là pourtant — mais je n’ai pas eu le sentiment ni de leur omniprésence, ni de leur bruyance (ouf : le mot existe !). Les questions techniques évoquées dans les ateliers n’ont jamais empêché, il me semble, de rappeler qu’elles sont nécessairement au service d’une vision politique (au sens que vous voudrez), sans quoi ça devient une grosse foire inepte.

Donc ?

Dans une journée de formation, où l’on vient rencontrer des spécialistes et s’informer sur un sujet, l’évaluation peut se faire presque à la sortie de la salle (c’est d’ailleurs souvent le cas), permettant de savoir en partie ce qu’en ont retenu les personnes présentes. La réussite d’une telle journée se mesure aux acquis des participants entre l’avant et l’après.

Ici, il ne s’agit pas d’acquis, mais d’actifs : l’objectif n’est pas de faire rêver les participants sur les réalisations des autres, mais de leur donner des moyens de réussir leurs propres projets, notamment en sachant mieux traiter avec les difficultés.

Donc la réussite d’un Bibcamp, tel que, je crois, il était conçu par le SCD d’Angers, ne peut se mesurer que dans les mois à venir, qui permettront seuls de savoir s’il a servi à quelque chose. (Ou s’il n’est, pour 120 personnes, qu’une ligne de plus dans la rubrique « Formation continue » de leur CV.)

Alors pourquoi pas ?

Pourquoi pas, sur le blog du Bibcamp, une page qui recenserait les réalisations que leurs concepteurs estiment comme directement découlées du Bibcamp ?

Sans doute parce qu’elle risquerait de rester vide : objectivement, il est difficile d’admettre qu’un projet résulte d’une seule journée. Il y aura eu des acteurs entre temps, des groupes de travail, des échéances, voire des budgets. Et pourtant !…

Irréalisable, sans doute. Mais c’est dommage.

Une dernière demande…

A destination des Angevins : le making-off.

Pas tellement les fous-rires et les scènes ratées : plutôt le rétroplanning, la manière dont les ateliers ont été prévus (indépendamment de la manière dont ils se sont déroulés), l’intention derrière l’ensemble, et le détail dans chaque aspect.

Car la logistique était impeccable.
Et après…

  • Pour le Bibcamp 2012, pourquoi ne pas prévoir un débriefing collaboratif, à l’image du Bibcamp lui-même🙂
  • Pourquoi un seul Bibcamp 2012 ? Parce qu’il y a eu un Bibcamp 2011 ?
    Mais l’année 2011 est encore longue : pourquoi par un Bibcamp 2011.2 ?
3 commentaires
  1. Martina permalink
    30/01/2011 15:04

    Pourquoi pas venir à Hambourg en mars?

  2. 31/01/2011 14:53

    @Martina : cette interpellation m’a plus posé question qu’il n’y paraît.
    En fait, exprimée ainsi, elle signale l’existence d’un Bibcamp sous forme d’un (autre) événementiel.
    Le Bibcamp d’Angers avait un fort côté événementiel : c’était le premier, c’était à Angers, c’était presque people.
    Mais aller à Hambourg pour aller à un Bibcamp, c’est l’inverse de l’esprit du Bibcamp, qui se veut immédiatement productif.
    Donc un Bibcamp, à a la fin, ça me semble de plus en plus avoir un sens si c’est à rayonnement au maximum national, mais plutôt régional : plein de petits ateliers qui se mettent en place, permettent d’échanger les problèmes et les bonnes idées.
    Pour échanger des expériences, pas besoin d’aller très loin, finalement. Et ça coûte moins cher au contribuable.

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