Skip to content

Dissémination – pour faire le point

01/02/2011

Objectivement, je trouve que les cartes heuristiques sont un outil d’une clarté exceptionnelle pour celui qui l’a élaboré.

Quand je découvre une carte déjà faite, quand on n’a pas participé au choix des embranchements, des rattachements et des émondes, je commence toujours par quelques secondes de panique.

Donc je ne vous reprocherai pas si, face à la « chose » ci-dessous, vous détournez pudiquement le regard.

A défaut de la trouver intéressante en soi, j’espère au moins vous convaincre qu’elle l’a été pour moi.

Explication préalable : j’ai voulu faire un point sur tout ce qu’il était possible de faire en terme de dissémination pour une bibliothèque. Par disséminer, j’entends : rendre la bibliothèque présente là où elle n’est généralement pas. Et je définis « bibliothèque » comme un synonyme de « bibliothèque universitaire »🙂

C’est partial, c’est cruel, mais c’est comme ça.

Donc cette définition impliquait d’intégrer tous les aspects, y compris en-dehors du web ou, comme on dit vulgairement, dans la vraie vie. J’avoue que sur ce point je manque beaucoup d’imagination autant que de pratique.

Spontanément, la première structuration de la carte fut une distinction par outils : quelque chose comme ça

Mais c’est une approche dramatiquement technique, qui empêche de comprendre pourquoi on met quelque chose en place. Je note avec intérêt que ce fut pourtant la manière qui m’est venue naturellement. #autopsychanalyse

Donc au final, j’ai la carte ci-dessus (la première) fondée sur les principes suivants :

  • elle permet à une bibliothèque de faire un bilan sur « là où elle en est »
  • structurée en « objectifs », elle interdit de se donner des bons ou des mauvais points en cochant les lignes : Là c’est bon, Tiens il me manque ça, etc. Certains sont en plus clairement redondants, voire incompatibles.
  • elle est censée être évolutive. En tout cas elle est évidemment infiniment perfectible. J’y reviendrai certainement de temps à autres pour l’améliorer. Mais je suis déjà content du travail de synthèse qu’elle m’a contraint à faire, et notamment d’aller refouiller dans le moteur de biblioblogs pour trouver quelques références explicatives.
    Car les flèches à côté de certaines rubriques, ce sont des liens hypertextes, pointant généralement non pas vers des ressources, mais vers des analyses ou descriptions de ces ressources
  • J’ai mis, sur fond rouge pâle, les moyens « classiques » des bibliothèques, hors dissémination (le site web, la salle de lecture, etc.)
  • J’ai arbitrairement distingué des sites sociaux, où on diffuse de l’information et où on fait de la communication, avec des sites plutôt orientés contenus (SlideShare, Dailymotion). J’en admets le caractère contestable, frontalier et flou.
  • Je considère que des blogs thématiques ne rentrent pas dans le cadre de la dissémination car la bibliothèque crée et administre alors son propre blog (c’est le sien). C’est tout différent quand elle va commenter chez d’autres blogs pour renseigner, expliquer, communiquer, etc.
  • De même, un service de Questions-Réponses n’est pas en soi de la dissémination. Il l’est s’il est accessible via un site externe (widget Ubib sur Facebook), ou s’il est même assuré complètement sur un site externe (Facebook, Yahoo Answers).
  • Une telle approche rend complètement caduque une page de type Boîte à outils listant tout ce que la bibliothèque propose en-dehors de son site web et de son catalogue en ligne.
    Elle contraint à présenter chaque outil dans sa démarche. Il me semble que c’est heureux.

Deux précisions complémentaires :

  1. c’était la première fois que j’utilisais MindMeister (je suis plus familier de XMind pour produire des cartes en local).
    Donc je n’ai sans doute pas exploité toutes les subtilités graphiques. Soyez indulgents !
  2. Que ceux qui se sentent inspirés pour compléter la carte n’hésite pas à se dénoncer ! Ce genre de plaisirs, ça se partage volontiers !

Et puis encore

(parce que je ne sais pas m’arrêter…)

On est loin d’avoir fait le tour sur la dissémination. Par exemple celle-ci pourrait se construire, se concevoir, comme un partenariat — ou, plus exactement, des partenariats pourraient se construire autour de l’idée de dissémination.

C’est déjà assez le cas avec les bibliothèques numériques qu’on retrouve dans Gallica. Imaginons un autre contexte : une ville où se trouvent à la fois une BU et une BM. Généralement, soit elles s’ignorent, soit elles réfléchissent à un opac Z39.50 (distinct de leurs opac propres, ou intégrés l’un dans l’autre). Une 3e solution, surtout quand on envisage un service grand public en BU à titre de recours ultime, serait que dans chaque opac soient proposés des rebonds contextuels, du type : « Relancer la recherche dans le catalogue de la BU (26 résultats)« .

13 commentaires
  1. 01/02/2011 10:11

    Super boulot pour la carte. Bravo !
    Concernant la dernière partie de ton billet et à titre d’exemple, on envisage de placer le rebond dont tu parles dans les notices, en précalculant le nombre de résultats (‘tant de documents du même auteur’) dans la Bm….

  2. 01/02/2011 12:53

    Cétépatant ! merci bien !
    Sur la complémentarité BU-BM, il y en aurait des tonnes à faire…

  3. 01/02/2011 13:38

    Vraiment très bien et très complète ta carte. Ca peut tout à fait aider des bibliothèques qui cherchent à développer leurs services externes et aussi les BM.
    Moi aussi j’aime bien travailler avec les cartes mentales. Je suis en train d’en préparer une sur les méthodes pour favoriser le travail en mode transversal.

  4. 02/02/2011 10:12

    Cette carte est excellente. C’est un véritable outil de travail et cela peut très bien s’appliquer aussi à un service d’archives!
    – Je trouve particulièrement intéressant le fait de structurer cette carte en fonction des objectifs/missions de la bibliothèque.
    – Le fait de mélanger des outils de nature différente met en valeur toutes les possibilités qui nous permettent aujourd’hui de faire un travail de diffusion/communication/valorisation et cela aide mieux aussi à voir que les médias sociaux ne sont pas un outil « à part » mais qu’ils s’intègrent bien à d’autres outils y compris aux outils essentiels comme le site web de la bibliothèque!! La complémentarité est évidente et c’est cela qui attire mon attention, cela peut être un outil aussi pour convaincre ceux qui ne pensent qu’au site internet officiel comme outil de diffusion.
    – J’aurais peut-être ajouté qqch sur « communiquer/valoriser le métier de bibliothécaire », après tout cela fait aussi partie du travail de « dissémination de la bibliothèque »
    – J’aurais sans doute ajouté Twitter à la partie « aider les lecteurs » ou à celle sur « créer des nouveaux services » Pourquoi ne pas utiliser Twitter pour répondre aux questions/doutes des lecteurs? Tu as mis Facebook mais Twitter peut servir à ça aussi.

    LFH

  5. 02/02/2011 10:58

    @LFH : Sur la « valorisation du métier de bibliothécaire », pour moi c’est non.
    La valorisation passe par le service rendu, et le fait que le service atteste de l’utilité (et de la technicité/compétence) du bibliothécaire.
    (mais chacun fait comme il veut — là, c’est ma carte :-))
    Sur le 2e point, je suis d’accord pour « aider les lecteurs ». Par contre, l’ambition d’utiliser Twitter pour assurer un service de questions-réponses (labelllisé en tant que tel, càd au-delà des questions pratiques d’horaires, etc.) n’est pas tenable : pas d’archivage, pb de longueur des réponses. Twitter peut à la rigueur servir à renvoyer vers un tel service, mais pas plus.

  6. 02/02/2011 13:06

    Bon travail pour cette carte !

    Je la garde sous la main😉

  7. 02/02/2011 14:25

    Ah ben oui je n’avais pas pensé aux problèmes d’archivage de Twitter, et pourtant je suis bien archiviste🙂

    LFH

  8. 03/02/2011 16:59

    Tu peux rajouter l’enrichissement des notices OPAC par des critiques de sites « sérieux  » (nonfiction.fr) et envisager le genre de partenariat dont tu parle (également avec des sites semi-institutionnels comme le Café pédagogique ou blogs de chercheurs, Hypothèse, CLEO,…).
    Enfin, j’envisage pour ma part un renvoi d’ascenseur entre le site des publi de l’établissement (qui ne renvoient pas vers notre catalogue, snif) et et notre opac qui pourrait proposer un lien vers les notices du Comptoire des presses universitaires http://www.lcdpu.fr/presentation/. Un lien commercial réglo en somme.

  9. 04/02/2011 07:34

    beau travail ! merci pour cette carte.

  10. 04/02/2011 08:54

    @Shaun : sur ton second paragraphe, je souscris. En revanche pour le premier tu t’es trompé d’atelier : « Enrichir son opac », c’est par là🙂

  11. 09/02/2011 21:06

    Très jolie carte, très claire. Je m’interroge sur les moyens humains à chaque fois que les réseaux sociaux apparaissent; une occurrence de Twitter/Facebook = xx heures de travail ?

    Sinon, étant très attaché aux Discovery Tools, je pense qu’on peut ajouter OPDS quelque part : en passant sur la page de la bib ou son catalogue avec un terminal compatible, une liste des références disponibles apparaît directement, classée par thème, ordre d’arrivée, etc…
    La meilleure place est sans doute dans « Faciliter l’accès aux documents ».
    Plus de détails sur http://code.google.com/p/openpub/

  12. 10/02/2011 08:56

    @Hatt : Merci beaucoup pour le signalement d’OPDS (auquel je ne connais rien, du reste). Je l’ai rajouté là où tu le suggérais (parce que c’était, je le crois aussi, la bonne place).
    Mais plutôt que de pointer vers la doc en anglais du Google Code, j’ai trouvé plus « gentil » de pointer vers ton billet, plus éclairant pour ceux qui, découvrant la carte, se demanderont ce que ça peut bien être.

  13. 21/05/2011 10:55

    retour sur la carte : je compte la citer la semaine prochaine dans une présentation lors d’une formation Médiat « Bilan des bu sur les réseaux sociaux », comme une première grille de lecture possible en amont des exemples concrets d’utilisation/présence de BU; j’ai par précaution duplique ta carte sur mon compte MindMeister; j’utiliserai la tienne en live; citation prévue. Encore merci pour ce travail de mapping

Les commentaires sont fermés.

%d blogueurs aiment cette page :