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Des risques de l’utilisation des passerelles réseau sur l’amitié entre les peuples

11/02/2011

J’ai découvert aujourd’hui une incidence intéressante d’une technique de gestion de réseau courante (inévitable donc systématique, me souffle Daniel) dans les universités et autres institutions (comme la BnF).

Je vous raconte.

Hier donc, un troll (Sylvain — qui n’existe pas : il fournit une adresse mail de l’université Lyon 2, et l’annuaire de l’université ne le connaît pas) est venu pourrir un débat dont l’intérêt même a d’ailleurs été contesté sur Twitter. C’est un des avantages de Twitter, et je n’en voudrai pas à ceux qui se foutent de la question de l’ouverture du dimanche : moi-même, j’ai du mal à m’intéresser à tout.

Bref, un doctorant (en sciences humaines, je suppose, puisqu’il a fait référence à ses « collègues » de sciences) est venu dire, en substance, que les bibliothécaires ne servaient à rien.

Je l’avoue, je n’ai pas l’habitude des trolls. Donc ma seule réaction sur le moment a été de répondre. Je n’ai pensé qu’aujourd’hui à regarder son adresse IP.

J’ai constaté que son IP (localisée à la BnF d’après FrameIP) n’était pas totalement inconnue, puisque la même adresse avait aussi déposé sous deux autres noms et d’autres billets :

Je me suis donc renseigné via Twitter pour savoir ce qu’il en était des différentes adresses IP. Rémi et Archives Masala (qu’ils soient remerciés de leur aimable participation) m’ont confirmé avoir la même IP.

Comme d’autres institutions, donc la BnF a décidé d’apparaître comme un seul corps pour le monde extérieur (c’est idéologique sans doute : frisant l’éclatement permanent entre départements, il faut s’efforcer de conserver une certaine cohésion, au moins technique — c’est une plaisanterie, évidemment : il y a d’autres arguments à cette pratique).

Passerelle réseau - image Wikipedia

Passerelle réseau - image Wikipedia - Harald Mühlböck - cc-by-sa

Au sein du réseau, chaque IP est fixe et différente. Mais pour le monde extérieur, c’est la même.

Donc parmi les bibliothécaires et lecteurs de la BnF, il y en donc a un qui m’a pourri mon billet hier. Comme un vrai doctorant n’aurait pas eu de raison particulière de se cacher autant, je penche plutôt pour un collègue à l’humour particulier. Il y en a à la BnF comme ailleurs.

Nous en resterons donc là : pas de « coupable », mais une intéressante leçon technique sur l’utilisation des IP et des passerelles, et certaines de leurs conséquences.

J’en profite pour vous renvoyer à ce à ce billet sur les statistiques : car comme expliqué dans ledit billet, un module de stats distingue deux utilisateurs par leur adresse IP ou, s’ils ont la même IP, par le temps de latence entre deux visites (je n’entre pas dans le détail des cookies). Donc avec des telles pratiques :

  1. on brouille des bibliothécaires (pour un peu, j’allais le dénoncer, ce collègue de la BnF)
  2. on brouille des statistiques

C’est vous dire si c’est dangereux !

En revanche, ça permet de resserrer le réseau, puisque j’ai ainsi eu l’occasion de comparer des IP de commentateurs particuliers avec Daniel (une des « armes » dont on peut disposer face à ce genre de problème).

J’y ai découvert qu’une autre IP (non BnF) était commune entre le collègue de la BnF (chez moi) et le Dictionnaire du Diable des bibliothèques (chez Daniel).

Ils sont vraiment partout !

Évidemment, je ferme les commentaires sous ce billet.

<update>Précision suite à des lectures peut-être trop rapides du billet ci-dessus : j’ai effectivement cherché à savoir qui était derrière Sylvain, et je constate qu’il m’est impossible de le savoir.
Donc je n’accuse personne, ni implicitement ni explicitement.
Oui, je pense qu’il s’agit d’un professionnel des bibliothèques et oui, il est possible de que je me trompe. Ce peut être un doctorant de province venu à la BnF hier, et qui a décidé d’indiquer un faux prénom, un faux nom, et un mail en univ-lyon2.fr

Alors pourquoi ce billet ?
D’abord parce que c’est la première fois que j’ai un troll, et pas seulement quelqu’un qui est de mauvaise humeur (qui aurait alors mis un pseudo), mais quelqu’un qui est venu consciencieusement pourrir une discussion en feignant la mauvaise humeur et la mauvaise fois.
Et donc ça me fout en rogne, et je le dis, et je dis aussi que face à ça je n’ai pas envie de rester les brase croisés, et que je regarde ce que je peux faire pour m’en débarrasser.
Ensuite parce que je n’ai pas envie de faire de la modération a priori des commentaires. Idéologiquement, ça me déplaît. Bien sûr, j’y viendrai peut-être si nécessaire, mais ce sera aussi une forme d constat d’échec.

Ensuite parce que je trouve les remarques techniques intéressantes, et susceptibles d’être des nouveautés pour pas mal de lecteurs qui suivent ce blog : le système des passerelles et ses conséquences dans l’impossible gestion des trolls d’une part, et dans la question des statistiques d’autre part, cela me paraît instructif — comme toujours, instructif pour ceux que ça intéresse uniquement. Les autres ont de toute façon mille autres choses à lire pour s’attarder sur un billet qu’ils jugeront sans intérêt.</update>

Les commentaires sont fermés.

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