Skip to content

Old school

26/03/2011

D’abord il y a ça :

(signalé sur le blog des DCB20)

Ensuite il y a ça :

On devrait dire : « J’ai très envie… », « Je suis dévoré par le désir… » Mais on a peur d’avouer un faible. On craint de perdre la face en reconnaissant qu’il y a cette passion qui nous submerge. Alors on dit : « J’ai le droit. » C’est-à-dire qu’on passe de l’envie subjective à l’exigence objective, et plus encore, on passe de la relation de personne à personne à un cadre abstrait et normatif. C’est pourquoi cette tournure est le plus souvent déloyale. Elle masque un désir, voire un caprice. Et elle cherche à forcer la main : « J’en appelle à une norme juridique générale qui stipule que tout enfant est en droit d’obtenir son dessin animé en rentrant de l’école » (Fabrice Hadjadj)

Enfin

il y ale rapport annuel du Médiateur de la République, et les propos tenus par Jean-Paul Delevoye (Médiateur de la République, donc) sur France Culture jeudi 24 mars au sujet du pessimisme collectif et de l’optimisme individuel.

Alors

la gamine du début, au lieu de m’extasier sur le fait que c’est une digital native vachement précoce, j’ai envie de lui mettre une claque et de lui dire : « Apprends d’abord à dire ‘S’il-te-plaît’ ! »

En tout cas, le message est clair : ils seront aussi mal élevés à 20 ans !

4 commentaires
  1. B. Majour permalink
    27/03/2011 13:33

    Ah mon cher Lully.

    Ce qui m’étonne toujours, c’est qu’on souhaite mettre une claque au gamin plutôt qu’à ses éducateurs.

    On tape sur l’émissaire manipulé, plutôt que sur le manipulateur.

    En tout cas, le message est clair : ils seront aussi mal élevés à 20 ans !

    Sûr que leurs parents sont mieux élevés ! 🙂

    Bien cordialement
    B. Majour

    B

  2. 27/03/2011 13:58

    @B. Majour :🙂 Je suis d’accord, cette petite n’y est pour rien, quelque part. Et nous sommes dans un montage, évidemment.
    En fait, ce qui me fait réagir, c’est le ravissement qu’ont certains devant ce genre de discours : « Regardez-la, elle est charmante, et tellement digital native. Vous voyez, les temps changent, il faut s’adapter », alors qu’en l’occurrence, il faudrait plutôt obéir, ce qui n’est pas tout à fait la même chose.
    J’aime bien l’idée d’être à l’écoute des besoins des lecteurs, mais pas de petits capricieux qui exigent… Je suis vieux jeu.

  3. 27/03/2011 19:20

    Pardon, une autre précision (si nécessaire) : ce que j’exprime est une réaction de citoyen, au regard de la société, et non une réaction de bibliothécaire devant les demandes de lecteurs. Je ne conteste pas la légitimé des besoins exprimés, mais plutôt la manière, pour un utilisateur (de service public) de se positionner comme un consommateur exigeant revendiquant des droits.
    Il me semble que des relations d’une autre nature sont possibles, et seraient préférables.

  4. 28/03/2011 08:47

    Il se trouve que je lis en ce moment l’Homme sans gravité et que sa thèse, la subjectivité exacerbée a des conséquences fâcheuses pour la société, pourrait constituer un quatrième point à votre billet. Pas old school du tout, donc.

Les commentaires sont fermés.

%d blogueurs aiment cette page :