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Passer le temps

06/02/2012

Si je ferme un jour ce blog, j’ignore si je ferai un joli faire-part de décès, ou si je laisserai simplement le silence s’installer jusqu’à ce que chacun comprenne.

Quoi qu’il en soit, ce jour n’est pas venu, et si je n’ai pas écrit depuis un mois, c’est que mon temps « libre » est occupé par moult autres choses qui me tiennent éloigné de ce blog. Ce n’était pourtant pas les sujets qui manquaient ; l’actualité politico-technique notamment était riche (SOPA, PIPA, MegaUpload, ACTA, François Hollande et Hadopi, le fichier des gens honnêtes, etc.). Elle pouvait heureusement se passer de moi pour être bien couverte et amplement commentée.

Passons à quelques petites autres choses.

BUApro

Mur de verre

Ces murs de verre qui n'offrent qu'un reflet de soi-même, plutôt qu'un regard intrusif - Crédit photo Ell Brown CC-BY-NC

Le SCD d’Angers (ou « BUA », que pour ma part je prononce B-U-A, mais finalement ‘BOUA’ est assez tentant) vient de lancer « un canal d’informations destiné aux professionnels du monde des bibliohèques ».

Tel que présenté, ça semble être un canal d’informations destiné aux professionels du monde des bibliothèques (si si :-)).  Donc plutôt un espace où l’équipe de la BUA va publier des documents éditorialisés, spécifiquement créés pour ce canal. Donc plutôt un outil de communication que de documentation, en fait.

[logiquement, ils devraient réagir — ou pas ;-)]

C’est déjà une façon intéressante de publier son activité intérieure, et, d’une certaine manière, d’en rendre des compte à la communauté des bibliothécaires (les commentaires sont ouverts ! Et le flux RSS est par là).

Pour ma part, plutôt que de publier nos activités intérieures, je rêverais plutôt de les rendre publiques. Autrement dit : prendre les documents à usage interne et les rendre visibles, faire de notre site intranet un site internet. Ce n’est ni meilleur que le projet BUApro, ni incompatible : c’est juste un angle de vue un peu différent.

Au SCD de Nice, nous avons 400 pages web de documentation sur le SIGB, les procédures, l’historique de l’activité, etc. J’en rends publiques des parties sur ce blog, ou dans des mails (en réponse à des questions), mais si je n’envisage pas qu’on puisse simplement supprimer l’accès par mot de passe, je me dis que, si c’était à refaire, j’essaierai de le concevoir d’emblée comme public (avec des pages spécifiques où rassembler les mots de passe, les documents confidentiels fournis par le prestataire, etc.).

Quoi qu’il en soit, cet espace BUApro m’évoque encore deux réflexions :

  1. c’est une aberration qu’il faille un établissement considéré comme innovant pour mettre en place un tel site. Aucune difficulté technique, institutionnelle ou autre ne s’oppose à ce que chaque établissement fasse de même : il est évident que ça faciliterait les échanges de bonnes pratiques, les idées ingénieuses, etc. et je ne connais pas un collègue qui soit contre le travail en réseau et la mutualisation des tâches, des compétences, des expériences et des expérimentations.
  2. je trouve assez rassurant que le temps passé par un Daniel Bourrion du temps où il publiait des billets de ce genre puisse être officialisé dans un espace institutionnel, puisqu’il parlait comme agent de son établissement pour le compte de la communauté (et que je considère qu’il le faisait forcément sur son  temps personnel puisqu’il le passait sur son blog personnel).

My Kindle & me

J’ai acheté un Kindle depuis 3 mois. Avant cette date, et depuis cette date, j’ai vu passer de nombreux articles sur, pour, contre les e-books par rapport aux livres (les plus ahurissants sont peut-être passés ces jours-ci sous les doigts de Yann Moix. Je ne vous renvoie pas à ses textes mais plutôt à celui-ci. Leur lecture m’a rappelé l’incipit du Que Sais-Je ? sur les bibliothèques de 1966 :

Les bibliothèques ne sont pas seulement un instrument de travail. Elles sont le conservatoire du patrimoine intellectuel de l’humanité.

Quoi qu’il en soit, je ne m’y retrouve pas. Pour ma part, je lis toujours énormément de livres, et je lis énormément de textes sur Kindle. Ma lecture sur papier n’y a rien perdu. Ce que je lis sur Kindle est pris

  1. sur ce que je lisais avant sur écran, quand c’était un peu long
  2. sur ce que je ne lisais pas du tout, parce que c’était trop long (trop long pour que j’arrive à le lire sur écran, trop long pour que je l’imprime)
    Articles en anglais, billets de Calimaq, articles Wikipedia fouillés, mémoires de l’Enssib, CR de réunion de l’Abes, documents trouvés sur HAL ou TEL, etc.

Donc le papier n’y a rien perdu, le Kindle est devenu un écran de  lecture support en relai à mon PC.

Accessoirement, je n’ai acheté aucun fichier numérique à Amazon et n’en ai pas l’intention, non pas tellement par principe, mais parce que je trouve de quoi lire sans cela.

Zotero

Zotero 3 est sorti, avec, pour l’essentiel :

  • le dédoublonnage (ouf !)
  • le stand-alone en production (logiciel complet, non plus appuyé sur Firefox, pour ceux qui ne voudraient pas Firefox) en alternative au plugin
  • la recherche dans sa base locale sur certains champs (notamment : limitation à Titre, Auteur, Date)
    mais aussi la possibilité de sélectionner une notice bib et de lancer la recherche, pour cette notice, dans un moteur externe (Google Scholar, Pubmed ou le Sudoc par exemple)

    (j’ai trouvé comment ajouter manuellement un moteur par quelques lignes de code dans le fichier locate/engines.json, mais je n’ai pas bien compris comment le faire depuis l’interface Zotero…)

Je regrette qu’il manque toujours la possibilité de ne partage de sa bibliothèque que certaines collections : c’est tout ou rien. Et pour éviter que ce ne soit tout et partager tout de même des bibliographis, il faut utiliser des groupes (ou d’autres outils).

Je n’ai pas eu le temps de tester les 3 nouveautés listées ci-dessous, c’est lamentable. Un signe des temps, peut-être ? Ou du temps — qui passe…

En revanche on m’a signalé que le translator Zotero « Amazon pour acquéreurs » était inopérant. Je l’ai mis à jour et il faut le réactualiser.

Projet d’établissement de l’Abes : un problème de collaborativité ?

Le n° 65 (février-mars 2012) d’Arabesques mentionne l’effort de mutualisation autour de la rédaction du projet d’établissement :

Nous avions aussi placé des espoirs dans la mise en commentaire sur le web des idées charpentant
notre projet. Force est de reconnaître que nos attentes – sans doute naïves – furent largement
déçues à moins que la période – l’été – n’ait été mal choisie : les commentaires se sont comptés
sur les doigts des deux mains.

Pour ma part :

  1. je trouve que l’idée était bonne, ou au moins louable
  2. j’ai été au courant au moment du lancement de cette initiative, j’aurais pu aller commenter, enrichir, proposer
  3. je n’ai rien fait
  4. pourquoi ?

(je le présente ainsi — en culpabilisation personnelle — pour m’efforcer de montrer que mon objectif n’est pas de critiquer les collègues de l’Abes, mais de d’essayer de comprendre pourquoi ça n’a effectivement pas marché : qu’aurait-il fallu pour que je veuille bien m’investir dans ce dossier)

D’abord, j’aimerais aller à l’encontre de l’idée que « ça n’a pas marché ». Cette initiative de l’Abes a été connue, au moins par les personnes les plus susceptibles d’y contribuer (car une telle initiative utilise certains outils, et implique – hélas – de la part des intervenants potentiels une familiarité avec ces outils, quand bien même leur utilisation est déconcertante de facilité). Donc même si les personnes qui ont eu connaissance de cette initiative n’ont rien écrit dans le site dédié (hébergé sous WordPress, si ma mémoire est bonne), au moins ils ont pu constater que l’Abes s’était ouvert à leur avis, et que s’ils ne l’ont pas donné, c’est donc bien leur faute.

Bref, cela permet

  1. d’attester d’une démarche d’ouverture, d’adaptation aux pratiques actuelles (web collaboratif, mutualisation, réseaux sociaux, etc.)
  2. de prévenir la critique que l’Abes fait bien ce qu’elle veut, dans son coin, en toute opacité.

C’est loin d’être négligeable !

Mais la question demeure : comment aurait-on pu me donner envie d’aller y écrire ? Deux choses, il me semble :

  1. des prescripteurs
    des personnes qui, sur Twitter ou ailleurs, sont membres d’une communauté (sans forcément en être les leaders !) et qui relaient l’information en recommandant de participer au projet
    Pour motiver ces prescripteurs, il peut y avoir une monnaie d’échange. Pas forcément de l’argent ou un iPad : une information peut parfois en tenir lieu !
  2. la certitude qu’il s’y passe quelque chose
    pas tellement la certitude que mon avis sera pris en compte, mais la certitude que si j’y dépose un avis, ce n’est pas seulement l’Abes qui y réagira, mais aussi d’autres membres des différents cercles [damned ! je suis rattrapé par la terminologie G+] que je  « fréquente ».
    Ce second point dépend en partie du premier (disons qu’il est assez garanti, ou que je suis prêt à prendre le risque, si je reçois une recommandation énergique de la part de prescripteurs)

Ces deux aspects sont, il me semble, instructifs pour tout projet collaboratif émanant d’une bibliothèque : un SCD voulant monter une plate-forme de quelque chose aura intérêt à s’assurer que l’information sera rediffusée par des profs, par les administrateurs de groupes d’étudiants sur Facebook, etc. Le relai du prescripteur est, me semble-t-il, désormais essentiel pour réussir à lancer un projet de ce genre.

Une autre solution aurait certainement été plus contraignante pour l’Abes, mais aurait peut-être porté plus de fruits : inciter la twitto-biblioblogosphère à s’emparer de la question (que mettre dans le projet d’établissement ?) et écouter les échos.

On me répondra peut-être que c’était ingérable. C’est bien pourquoi je me garderai d’émettre une critique ou de donner un conseil. Il me semble juste que cela aurait peut-être généré des propositions et débats plus fournis de la part de la communauté des bibliothécaires on the web.

Disons les choses différemment : j’apprécie de pouvoir émettre des opinions et de la documentation sur mon blog, sur ce blog, parce qu’il permet un archivage de mes billets auxquels j’accède ainsi plus facilement quand j’ai besoin de m’y reporter.
Donc, plus clairement : je préfère écrire sur Bibliothèques [reloaded] qu’ailleurs.

Il est vrai par ailleurs que ni Le Monde ni Owni ne m’ont encore commandé une tribune… #pwnd

5 commentaires
  1. 06/02/2012 21:55

    Euh… En vrac :
    – On va surtout faire du story-telling et ouvrir les coulisses + balancer en ligne nos documents de travail (comme je l’avais fait avec le CCTP du site web). Alors oui, il y aura une part de comm (forcément) mais on ne vise la comm mais bien la documentation ;
    – En fait, on en sait pas trop ce qu’on va faire sur BUApro – wait @ see ;
    – D’accord à 200% pour ça « c’est une aberration qu’il faille un établissement considéré comme innovant pour mettre en place un tel site. » – c’est une aberration et une honte, en fait, sur toute la profession🙂
    – Sur l’Intranet : pour le nôtre, nous l’ouvrons à qui le demande, les visites sont gratuites ; peut-être qu’un jour on l’ouvrira totalement, mais alors ce n’est plus vraiment un Intranet😉
    – Evidemment, on pourrait aller plus loin et rendre effectivement certaines parties de l’Intranet ‘publique’ au sens ‘visibles par qui les cherche, i.e. les pros’ – comme nous sommes en train de réfléchir à la refonte de cet Intranet et à sa fusion sous Drupal, tu viens de me donner une idée – merci :)))

  2. 07/02/2012 08:56

    @Daniel :
    1. On peut très honnêtement distinguer « faire de la comm » et « communiquer ». Il est intéressant d’avoir des démarches non pas présentées de manière brute, mais explicitées, enrichies de paratextes.
    Mais ma remarque n’était là que pour être sûr d’avoir au moins un commentaire sous mon billet…
    2. « On ne sait pas trop » : d’un côté, je m’en doutais un peu, et puis d’un autre côté je me doute aussi que vous avez déjà des trucs à y mettre, et que ce n’est pas tant le contenu que la délimitation claire de ce contenu qui pourrait aujourd’hui poser question. En la matière, c’est une bonne méthode que de commencer ainsi (il me semble).
    Le « wait @ see », c’est une manière in d’écrire « wait & see » ?😉
    3. Pour l’accès à votre intranet, je sais bien. Mais tout de même, la démarche est différente de l’ouvrir et de l’ouvrir sur demande. Imagines-tu une bibliothèque dont les horaires seraient simplement : quand vous voulez, sur simple rendez-vous ?
    Et je suis ravi de t’avoir donné une idée🙂

  3. 07/02/2012 21:54

    wait@see c’est un gest manqué (presque inquiétant…)

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