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Ré-enchanter le Sudoc-PS ?

10/04/2014

L’arrivée de Colodus l’an passé, la nécessité pour de nombreux CR de reconventionner (sur projets) avec l’Abes, et sans doute d’autres paramètres, m’ont amené à m’interroger sur la raison d’être du Sudoc-PS.

Je suis allé tout bêtement chercher dans la rubrique Sudoc-PS du site de l’Abes, et j’y ai trouvé un texte qui se veut, d’une certaine manière, refondateur : ce rapport sur l’avenir du Sudoc-PS remis en 2009 à la MISTRD.

Je pensais y trouver une formalisation réactualisée de cette raison d’être.

Voici la seule phrase qui y ressemble :

L’objet du réseau est d’alimenter le catalogue collectif en notices bibliographiques et états de collections des bibliothèques non déployées.

Mais cette phrase est déjà dans l’opérationnel : l’origine de la création du Sudoc-PS se traduit, en action, par l’alimentation d’un catalogue collectif. Mais je suppose que la création de ce réseau émanait d’un besoin plus abstrait.

Faute d’en avoir trouvé une formulation officielle (mais si vous en avez une, je suis preneur), voilà comment pour ma part je comprends la raison d’être du Sudoc-PS :

Rendre visibles à la communauté des chercheurs français les collections de périodiques de l’ensemble des centres de documentation du territoire, parce que les périodiques sont une source fondamentale pour l’activité de recherche

Peut-être que je me plante lourdement. Peut-être que le signalement national des périodiques n’a rien à voir avec la recherche : c’est simplement un type de document parmi d’autres, dont le projet de signalement national s’est traduit par le Sudoc-PS, cependant que les autres types de ressources (monographies, partitions, enregistrements sonores, etc.) se voyaient couvrir par d’autres projets.

Donc première question : est-ce que ma compréhension du Sudoc-PS est à peu près correcte ? Ou bien est-ce que je suis complètement à côté de la plaque ?

Quand je cherche sur Google « A quoi sert le Sudoc-PS« , je tombe sur le site du SCD de Nice. Ce qui est assez perturbant. Du coup j’ai fait la même recherche sur DuckDuckGo (pour sortir de la bulle de filtres). Même résultat.

Partons de l’hypothèse que j’ai raison

(parce que si je me plante, je n’ai plus rien à écrire dans ce billet)

Imaginons donc que l’objectif était de rendre visible les collections de périodiques pour l’ensemble des bibliothèques de France (DOM-TOM et Instituts français à l’étranger inclus), afin que les chercheurs puissent y accéder.

En 1982, la réponse apportée à cet objectif était de constituer un catalogue pour un signalement national.

Depuis il y a eu internet.
Il y a eu l’apparition de SIGB avec opac indexés par les moteurs de recherche.
Il y a eu l’habitude des usagers de ne plus passer par la bibliothèque pour accéder à des ressources documentaires.
Il y a eu la numérisation de périodiques anciens
Il y a eu la constitution de bases de presse (Factiva, Europresse).

Donc n’y a-t-il pas lieu de revenir à l’origine même de la création du réseau Sudoc-PS, pour le repositionner différemment.

Certes

Évidemment, les responsables des différents CR me diront qu’ils ne m’ont pas attendu pour adapter leurs outils, leurs pratiques, leurs usages, à l’évolution de cet environnement.

C’est évident.

Mais la constitution d’une base nationale de signalement des périodiques pour toutes les bibliothèques (Enseignement supérieur ou non), qui constitue encore le cœur de l’activité des CR, est-elle encore aujourd’hui la meilleure réponse à apporter au besoin initial ?

Et si Colodus vient concrétiser une évolution déjà sous-jacente (et assez fortement exprimée dans le document de 2009 sus-cité) allant vers plus d’animation de réseau, alors :

  • comment animer un réseau local s’il n’y a pas de réseau national
    Pas de plate-forme « Sudoc-PS » spécifique, pas de logo, pas de forum, pas d’outils d’échange administrés au niveau national : je ne parle pas seulement de la communication des CR entre eux, mais des bibliothèques rattachées au CR entre elles, et avec des bibliothèques d’autres CR
    Il n’y a pas d’espace de circulation des documents produits par le réseau (rapports d’activité, conventions, etc.)
  • n’y a-t-il pas lieu d’aller plus loin en animation de réseau, et de positionner un CR comme espace d’échange entre bibliothèques de son secteur, pour un ensemble d’autres dimensions ?
    Peut-être ces médiathèques, bibliothèques, centres de documentation, etc. apprécieraient d’étendre les points de collaboration à d’autres dimensions (partage d’outils de gestion, d’expériences, etc.) qui ne sont pas dans les missions du Sudoc-PS.

Mais du coup on en revient à ces missions : un CR du Sudoc-PS est-il chargé d’animer un réseau de bibliothèques sur d’autres activités que le signalement des périodiques. Non (ce sont les lettres PS). Pour l’instant.

Pour conclure

Aucune conclusion, aucune certitude : mais 2 axes de réflexion sur ce qui me semble pour l’instant assez insatisfaisant

  • concernant le signalement des périodiques : l’alimentation du catalogue national est-elle la seule et meilleure manière de favoriser l’accès à ces collections ?
    [et est-ce bien à destination des chercheurs ?]
  • concernant le rôle d’animation : n’y a-t-il pas lieu d’envisager d’autres pistes ?
    Ces pistes ne seraient d’ailleurs pas forcément portées par les responsables du CR eux-mêmes : mais ceux-ci pourraient proposer des outils à leurs bibliothèques, qui leur permettraient d’enrichir leurs échanges entre elles.
    Tiens, ça me fait penser à ce petite schéma de Lirographe sur l’interaction entre bibliothèque et usagers, selon une typologie des sens des échanges

    Lirographe, 22/02/2010, « Actions de médiation des collections : petite typologie »

7 commentaires
  1. 11/04/2014 15:19

    Bonjour,

    Pour moi ton hypothèse est incomplète.
    Il faut lui ajouter la dimension « plan de conservation partagé ». Ça sert aussi côté back office à dégager du temps et de l’espace en ne gérant pas des collections qu’on peut trouver facilement à proximité. Si la BM de Poitiers a tout Rustica (et qu’on peut facilement le voir parce que les collections sont signalées au même endroit et qu’on a Périscope pour y regarder de plus près), il n’est pas nécessaire pour l’Université de le conserver aussi. cf http://fil.abes.fr/2014/01/27/pcp-mode-demploi/
    J’ajouterais que le travail que font les CR consiste essentiellement à mettre à disposition de bibliothèques peu équipées les outils pour faire ce signalement. Autrement dit, dans la plupart des cas les titres et états de collections ne sont signalés nulle part ailleurs, du moins pas sur le Web.
    Une convention avec un CR, ça peut vouloir dire des moyens débloqués par l’Université et/ou l’ABES pour déployer les moyens nécessaires au signalement, y compris en RH.
    Mais un responsable Sudoc-PS l’expliquera mieux que moi et corrigera sans doute quelques imprécisions !
    Sur le site du SCD de Poitiers on peut trouver des infos plutôt destinées aux professionnels : http://scd.univ-poitiers.fr/a-votre-service/services-aux-professionnels/
    Après je ne vois pas très bien dans quoi tu veux nous embarquer. Les questions d’animation entre bibliothèques hors université, et bien ça relève plutôt des prérogatives des collectivités locales concernées, à mon sens…Et je n’ai pas ouï-dire que la demande allait dans ce sens. La bibliothèque de l’Abbaye de je sais pas où veut bien que les chercheurs viennent y consulter telle journal paroissial, mais ne cherche pas particulièrement à développer ses relations avec la bibliothèque municipale de l’autre bout du département.
    Signaler les collections de périodiques, c’est déjà beaucoup!

  2. 13/04/2014 14:42

    @MarieIdille :
    Je reviens sur plusieurs points de ton commentaire, extrêmement stimulant (merci beaucoup !)

    Effectivement, mon hypothèse est incomplète si on est dans la perspective d’économies d’échelles (se répartir les abonnements entre bibliothèques proches — bref, faire ces PCP).
    Je me demande néanmoins si cet objectif était là à l’origine. Periscope est arrivé assez tardivement, finalement.
    Donc il serait peut-être utile de se demander quels sont les usages d’origine du Sudoc-PS, et quels sont les usages possibles, maintenant qu’on alimente une belle grosse base de données.
    De ces usages possibles, on se rendra compte que certains ne sont finalement que partiellement satisfaits, et on en déduira peut-être une priorisation intéressante (développer tel nouvel outil adossé au Sudoc-PS, pour répondre à tel besoin).
    Finalement, c’est un peu le principe des start-ups qui s’adossent à Twitter, Facebook ou Google pour croiser des données et répondre à des besoins précis, non prévus au départ.
    Mais n’y a-t-il donc pas un texte fondateur qui expliquerait pourquoi on crée ce signalement national pour les périodiques ?

    Tu me diras que à partir du moment où on acquiert des ressources, c’est normal de vouloir les signaler.
    Mais pourquoi se limiter aux périodiques ? Se répartir les acquisitions de monographies (et donc avoir une vue permanente sur ce qu’achètent les autres) est très intéressant aussi !
    Je vois 2 explications alternatives (ou complémentaires ?)
    1. c’est plus simple que de signaler en flux continu les acquisitions de monographies pour l’ensemble des bibliothèques de France et de Navarre (il faudrait trop de RH supplémentaires)
    2. les périodiques sont le nerf de la guerre pour l’activité des chercheurs, et c’est d’ailleurs pour ça que c’est l’Abes qui s’est lancé là-dedans.
    J’ai retenu la 1ère hypothèse pour l’instant.

    Tu écris « J’ajouterais que le travail que font les CR consiste essentiellement à mettre à disposition de bibliothèques peu équipées les outils pour faire ce signalement. Autrement dit, dans la plupart des cas les titres et états de collections ne sont signalés nulle part ailleurs, du moins pas sur le Web. »
    Quand tu parles de la plupart des cas, je pense que tu parles de la plupart des bibliothèques. Effectivement, peut-être que 60-70% des bib rattachées à un CR n’ont pas d’outil (de gestion comme de signalement) pour leurs périodiques.
    Mais je pense aussi que 80% au moins des titres de périos des bib rattachées à ce même CR sont dans les plus grosses bibliothèques de ce CR, et sont donc signalées par ailleurs dans un SIGB.
    Je donne ces chiffres sans aucun contrôle, c’est une pure impression et j’invite vivement les personnes mieux renseignées à me corriger.
    Bref, si la majorité des collections sont déjà signalées par ailleurs (ce qui n’était certainement pas vrai en 1982 !), le catalogage national est-il la meilleure et la seule réponse à apporter ?

    Le dernier paragraphe (« Après je ne vois pas très bien dans quoi tu veux nous embarquer. ») montre que je n’ai pas suffisamment explicité mes questionnements.
    Pour moi, ce n’est pas du tout le même travail entre :
    1. saisir des états de collections pour X bibliothèques dans WinIBW
    2. former ces X bibliothèques à utiliser un outil partagé de signalement.
    C’est la même différence au sein d’un établissement entre avoir un service central du catalogue et un réseau de catalogueurs. Dans le second cas, on a bien un réseau. Et un réseau, ça s’anime. Sinon, chacun se met au bout de quelque temps à faire n’importe quoi — voire pire : rien du tout.
    En général, dans un SCD, un « réseau de catalogueurs » vit par des réunions régulières et un intranet. A l’échelle d’un CR, je ne sais pas ce que ça peut donner. Mais ne pas tenir compte du fait qu’un réseau se met à exister, c’est risquer qu’il n’existe rapidement plus.
    (j’ai pu le constater d’assez près avec cette expérience de transcription collaborative menée par les Archives départementales des Alpes-Maritimes avec de Wikisource. Vous avez l’outil pour travailler, mais si vous n’avez pas une autre infrastructure autour pour échanger avec les utilisateurs, et permettre aux utilisateurs d’échanger entre eux, vous risquez de n’avoir plus d’utilisateurs).

    Pour revenir sur du concret (car « animer un réseau » est assez conceptuel) en terme de temps de travail :

    • Avant, le responsable du CR recevait des mails et des coups de fils pour mettre à jour les états de collection d’une bibliothèque, avec des relations bilatérales
    • A présent, le responsable du CR assure des formations (et pourquoi ne pas les grouper ? donc permettre à plusieurs bibliothèques de se rencontrer), du support, etc. autour de cet outil

    Et au cours de ces formations, ou plus tard, le responsable de la bibliothèque de l’Abbaye de X, non-bibliothécaire, se rend compte qu’il rencontre les mêmes problèmes/questions que celui du petit musée de Machin, non-documentaliste.

    Du coup j’enchaînais — mais ce n’était réellement qu’une question : à partir du moment où on se dote d’outils d’animation de réseau (formations, réunions, intranet, blogs, etc.), n’y a-t-il pas lieu pour ces petits ou gros établissements de partager autre chose que leur utilisation de Colodus ?
    Tu me dis qu’il n’y a pas de demande, et je veux bien le croire.
    Mais c’est comme les PCP avec le Sudoc-PS : Périscope est venu se greffer sur le Sudoc-PS 30 ans
    après le lancement du Sudoc-PS.
    D’autres outils ne viendraient-ils pas simplifier la vie des bibliothèques (CR et bibliothèques rattachées), adossées à Colodus ?

  3. Anne Guégan permalink
    18/04/2014 19:02

    Les centres régionaux sont héritiers de l’organisation du Catalogue national des publications en série (CCN-PS), organisation mise en place dès 1982. Il est intéressant de souligner qu’il s’agissait d’une initiative conjointe des ministères en charge de la Culture et de l’Enseignement supérieur, seule initiative transversale alors que la documentation de l’enseignement supérieur était déjà marquée par une forte dispersion (point souligné par un article récent de Bruno Carbone dans Arabesques (n°74, avril-mai-juin 2014, p. 4).

    Les missions héritées du CCN-PS étaient au moins au nombre de deux :
    – constituer un catalogue le plus complet possible des collections de périodiques
    – affermir la coopération au niveau régional entre les organismes documentaires pour un meilleur accès aux collections de périodiques

    D’où vient cette nécessité de constituer un catalogue complet ? probablement de la nature de ces documents : éphémères, ayant connu des difficultés de distribution et de conservation, à rayonnement local, les collections de périodiques sont souvent éparpillées et lacunaires. Ce point est développé dans un mémoire ENSSIB sur les centres régionaux SUDOC-PS d’un collègue de promo (mémoire non diffusé malheureusement mais on doit pouvoir contacter l’auteur).

    Les centres régionaux ont toujours accompli ces missions en alimentant le CCN-PS puis le SUDOC de données bibliographiques et de données d’exemplaires. Il est d’ailleurs à souligner que les centres régionaux ont l’expertise bibliographique en matière de publications en série. Ils ont la responsabilité d’instruire les dossiers de demande de numérotation ou modification ISSN pour les bibliothèques déployées ou non déployées de leur périmètre. Ce rôle est important et s’applique aussi aux ressources continues numériques : périodiques en ligne, périodiques numérisés. Les centres régionaux jouent aussi un rôle de formation, rôle qu’ils sont amenés justement à assumer avec la mise en service de Colodus. Une formation Colodus, ce n’est pas seulement une prise en main de l’outil. C’est aussi une occasion de former à la description des états de collections (lacunes) et à la description bibliographique.

    De plus, les centres régionaux ont toujours animé leur réseau régional en participant ou en étant gestionnaire de plans de conservation partagée, en proposant des journées d’étude ou des journées de formation et en prospectant les bibliothèques susceptibles d’entrer dans le SUDOC. Ainsi, récemment à Poitiers, la Fanzinothèque qui détient des collections de fanzines uniques en France et dans le monde, est entrée à sa demande dans le SUDOC.

    Il est vrai que ces missions sont souvent méconnues, y compris des professionnels. C’est probablement là qu’il faut travailler plus. Il manque peut-être une identité pour ce réseau SUDOC-PS à l’intérieur du réseau SUDOC.
    Récemment, avec les conventionnements ABES, les centres régionaux ont été incités à mettre en oeuvre plus d’actions de communication et d’animation à destination de leur réseau local. Diverses actions ont été menées par les centres régionaux : pages web dédiées, journées d’études, (la journée du centre régional SUDOC-PS en Poitou-Charentes a bénéficié d’une captation vidéo, vidéos sont accessibles sur le web), poster aux journées ABES, etc.
    On ne peut donc que souhaiter que les centres régionaux sortent un peu de l’ombre pour faire reconnaître leur rôle.
    Dernier conseil, suivez-nous sur Twitter @sudocPS63 !

  4. 26/05/2014 15:53

    Bonjour,

    je me retrouve bien dans la problématique d’animation du réseau qui est si difficile à mettre en place. J’ajouterai aussi que la notion d’appartenance à ce réseau est difficile à forger chez les collègues.
    Force est de constater que nous (enfin… je) déborde régulièrement de mes missions stricto sensu en répondant aux questions des collègues : où obtenir des subventions ? Quelle agence d’abonnement choisir ? Comment mettre en valeur ma base de dépouillement des périodiques ?
    Autant de questions intéressantes qui aident les collègues à avancer et auxquelles je ne me prive pas d’apporter des réponses (quand je les connais !) en étant modérée sur le temps que j’y consacre…

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