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Le numérique en bibliothèque : cohorte fantôme ?

10/06/2014

Parmi les 3 ateliers auxquels j’ai pris part au Bibcamp de l’ADBU, il y avait celui-ci : « Positionner le numérique dans l’organigramme d’un établissement ».

Les échanges qui y ont eu lieu m’ont fait penser à la citation suivante :

(contexte : un roman SF. Dans une école militaire pour enfants, des « armées » de 40 enfants s’exercent à s’affronter, pour apprendre la stratégie. Elles sont généralement organisées en 4-5 cohortes de 8-10 enfants)

Ender, commandant d’une de ces armées, convoque un de ses soldats, Bean :

« Il faut que tu trouves des solutions aux problèmes que nous n’avons pas encore rencontrés. Je veux que tu tentes des choses que personne n’a tentées parce qu’elles sont totalement stupides. […]

Choisis cinq soldats, dit Ender. Un dans chaque cohorte. Ce sera une unité spéciale que tu entraîneras. Seulement pendant les séances d’entraînement supplémentaires. Explique-leur ce à quoi tu les entraînes. Ne consacre pas trop de temps à une seule chose. Le plus souvent, ton unité spéciale et toi, vous ferez partie de l’ensemble de l’armée, des cohortes ordinaires. Mais quand j’aurai besoin de vous, quand il faudra faire quelque chose que vous seuls pourrez faire

Orson Scott Card, La stratégie Ender, 1985

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6 commentaires
  1. 10/06/2014 13:54

    Un atelier qui vu du livetweet semblait en effet très riche, sinon central, au moins dans une perspective (dé)constructiviste :-). Y faire référence via une citation de ce grand classique qu’est Ender est des plus approprié, au moins pour l’aspect fulgurant de l’ouvrage.
    Après, sur le fond, la question reste posée, donc (je reformule pour moi même à vrai dire) : renoncer à convertir personnes et structures et acter qu’une task force dédiée est la seule solution pour « faire le job » ou tenter l’impossible transformation (« impossible »…au regard des contraintes externes – cf. cultnum des ens-chercheurs, pédagogie à la traine, manque de culture de collaboration, masse imposant un « nez-dans-le-guidon » continuel de tous les services, rôles que l’on fait jouer au BU, etc – et interne, notamment l’historique de recrutement et la culture poldoc classique, rôles que l’on accepte de jouer).
    J’aime doublement le parallèle avec Ender T1 car…car…si l’on y réfléchit bien est sans spoiler l’ouvrage aucunement, Ender et ses camarades s’entraînent pour affronter un péril mortel; soit ils gagnent, soient il périssent, et toute l’humanité avec eux.
    Nous en sommes un peu là, nous les #BUfr (peut être pas pour la dernière partie de ma phrase concernant l’humanité, ok :-)).

  2. 11/06/2014 09:45

    @amarois : en fait, si on essaie d’appliquer cette citation de la Stratégie Ender dans un organigramme, je ne sais pas exactement comment ça se traduirait. Plusieurs pistes sont sans doute possibles. Néanmoins pour moi c’est précisément autre chose qu’une task force.
    Des équipes consacrées au numérique, on en a dans les bibliothèques : des services, départements, etc. spécialisés, orientés « outils » ou « techniques » (du moins du point de vue des autres).
    De ce que je tire d’Ender, c’est autre chose : ce seraient des agents présents dans les sections, mais qui consacreraient du temps sur une mission transversale numérique.
    Autre chose que de simples correspondants.
    Tel que je le comprends, ce serait plutôt des gens affectés à 80% dans une BU, et à 20% dans la task force (important : ça veut dire que pour les 20% en question, les consignes et orientations sont données par le responsable de la task force, et pas par le responsable de la section).

  3. B. Majour permalink
    18/06/2014 14:12

    @Lully en fait, si on essaie d’appliquer cette citation de la Stratégie Ender dans un organigramme, je ne sais pas exactement comment ça se traduirait. Plusieurs pistes sont sans doute possibles. Néanmoins pour moi c’est précisément autre chose qu’une task force.

    Ça se traduirait par un organigramme occulte. 🙂

    Avec un emmerdeur très énervant, quasi inhumain, pour l’équipe en place.

    À l’École de Guerre, Bean est la hantise du colonel Graff, le responsable de l’école. Grâce à sa petite taille, l’enfant se glisse dans les conduits d’aération et espionne les enseignants, utilisant sa grande intelligence pour contourner les protections du système informatique de l’école et apprendre des quantités d’informations sur des sujets variés, allant de la situation sur Terre au fonctionnement de la station orbitale en passant par la liste complète des dossiers des élèves. Paradoxalement, le colonel Graff choisit de lui laisser la bride sur le cou afin d’apprendre à le connaître et à comprendre son fonctionnement psychologique.

    A qui on ne peut rien cacher. Parce que c’est un fouilleur de fond ou de fonds.
    Quelqu’un qui cherche en permanence.

    Bean découvre rapidement toute la gravité de la situation, et comment et pourquoi les enseignants leur mentent. Il réalise que les enfants sont en réalité formés pour commander une expédition humaine qui a été envoyée des décennies plus tôt vers les mondes des Doryphores, que le jeu de bataille qui est le centre de l’enseignant à l’époque n’est là que pour former certains enfants au commandement, dont Ender, l’enfant qui devra commander l’invasion humaine. Bean décide alors de travailler dans l’ombre, afin de seconder cet enfant qui le fascine au plus haut point et de mettre entre ses mains toutes les ressources dont il dispose. Il compose en secret une armée pour Ender, l’Armée du Dragon ; bien qu’en apparence constituée de rebuts et de bleus, Bean en a choisi les soldats en fonction de sa propre évaluation, établie grâce à leurs dossier.

    Bean, c’est un bibliothécaire en puissance.
    Avec son propre système d’évaluation, celui du terrain. (Normal, c’est un enfant survivaliste, qui a dû se débrouiller seul à Rotterdam pour tout apprendre. Il est autodidacte, il est créatif, il est observateur.)

    Ce qui éclaire d’un jour nouveau la citation.

    Je veux que tu tentes des choses que personne n’a tentées parce qu’elles sont totalement stupides.

    Là, Ender lui demande d’avoir des idées.
    Plein d’idées.
    Peu importe si elles sont ou paraissent stupides. Lui verra comment les utiliser.

    Il aurait pu dire aussi bien : je veux que tu brainstormes en permanence.

    Pour ton organigramme.
    Tu crois qu’il y a une branche recherches et développement dans l’organigramme d’une bibliothèque ? Ou même une cellule R & D ?

    Pourtant, quand on vend un produit, il devrait y en avoir une. 😉

    Au pire, on devrait avoir un « inventeur R & D ».

    La lumière s’éteignit.

    – Peux-tu retrouver ton chemin, Bean ?
    – Probablement pas.
    – Dans ce cas, reste ici. Si tu écoutes très attentivement, tu entendras la bonne fée qui viendra, au milieu de la nuit, nous apporter le programme de demain.
    – Ils ne vont pas nous mettre une nouvelle bataille demain, n’est-ce pas ?

    Ender ne répondit pas. Bean l’entendit s’allonger. Il se leva et fit de même. Il envisagea une demi-douzaine d’idées, avant de s’endormir. Ender serait content : elles étaient toutes stupides.

    Alors c’est quoi tes cinq-six idées impossibles après ce BibCamp ADBU ?
    B. Majour

  4. 18/06/2014 14:21

    La première idée impossible était précisément celle-là : avoir dans les BU des personnels à 0,x ETP consacrées aux activités du département transversal numérique.

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