Aller au contenu principal

L’indexation matière en transition : de la réforme Rameau à l’indexation automatique

22/01/2020

Début décembre paraissait un ouvrage dont j’ai tardé à vous rendre compte ici, avec les bousculements du quotidien dûs aux grèves puis aux vacances de Noël.
Et pourtant je suis très heureux d’y avoir contribué, et très fier du résultat.
Cet ouvrage, doté du bel ISBN 978-2-7654-1623-4, fait avant tout le point sur l’actualité normative — c’est du moins le motif initial : la réforme Rameau est difficile à appréhender, car elle est complexe à mener. Elle touche à des données intriquées, héritées de plusieurs années de pratiques qui posent problème aujourd’hui pour la cible visée. Et justement cet ouvrage rend compte à la fois de la cible (en espérant vous convaincre de son bien-fondé), et du processus pour y conduire.
Rameau à 40 ans. Pour qu’il vive au moins aussi longtemps, et si possible davantage encore, il faut résoudre un certain nombre de problèmes structurels, sans renoncer à toute sa richesse. Cette révision en profondeur qui vise à passer d’un manuel de 400 pages à un mode d’emploi de 20 pages. Dans sa course, elle touche évidemment les notices bibliographiques existantes qui utilisent Rameau.
Deux chapitres sont donc consacrés à cette réforme : évoquant le pourquoi, et le comment. La conclusion du livre complète la méthode sur la manière d’en bénéficier, sans pour autant apporter de solution simple : car de fait, ce n’est pas simple à suivre ni à implémenter (que ce soit pour la BnF, pour l’Abes, ou pour les bibliothèques qui réutilisent les données de ces deux agences, et qui indexent en Rameau).
Mais outre ces deux chapitres et la conclusion, les autres chapitres qui éclairent divers aspects très actuels autour de l’indexation matière et des utilisations qu’on peut en faire : visualisation, politique documentaire, actions de médiation, etc.

Indexer : pourquoi ? comment ?

Plutôt que de vous redonner le contenu en vrac et en phrases, voici la table des matières :
Introduction [Etienne Cavalié – @lully1804]
Partie 1 : le contexte normatif et la Transition bibliographique
    Chapitre 1. Indexation et grammatisation [Bruno Bachimont]
    Chapitre 2. Le sujet dans le modèle IFLA LRM [Françoise Leresche]
    Chapitre 3. La réforme de Rameau : principes, méthode, étapes [Florence Ménard]
    Chapitre 4. Perspectives d’évolution de Rameau après la réforme [Ewa Nieszkowska-Serlan
    Chapitre 5. Des nouvelles de la classification décimale Dewey [Jean Maury]
Partie 2 : l’indexation comme contexte au sein d’une collection
    Chapitre 6. Analyser les données d’indexation : comment ? pourquoi ? [François Pichenot]
    Chapitre 7. Les chantiers d’indexation rétrospective à la Bibliothèque nationale de France  [Etienne Cavalié – @lully1804]
    Chapitre 8. Indexation automatique des documents : de nouvelles métadonnées pour de nouveaux services [Jean-Philippe Moreux – @jpmoreux]
Chapitre 9. La formation à l’indexation dans l’enseignement supérieur : approche comparative des diplômes visant une insertion en bibliothèque de lecture publique [David Guillemin – @esDOC_DG]
Partie 3 : l’indexation comme appui à une offre de services
    Chapitre 10. Plaidoyer pour une indexation collaborative… Mais laquelle ? [Hélène Cavalié]
    Chapitre 11. Utiliser l’architecture de Rameau pour naviguer dans les données d’un catalogue [Pierre Bournerie]
    Chapitre 12. Indexation et médiation [Bernard Strainchamps – @Bibliosurf]
    Chapitre 13. L’indexation comme outil de politique documentaire [Géraldine Geoffroy]
    Chapitre 14. Visualiser l’indexation : au-delà de la cartographie [Raphaëlle Lapôtre – @RLapotre]
Conclusion  [Etienne Cavalié – @lully1804]
6 contributeurs viennent de la BnF, 6 contributeurs (pas tous les mêmes) sont membres d’un groupe de la Transition bibliographique. Mais il y a tout de même une part de lecture publique et du monde universitaire !
A propos de Transition bibliographique : le chapitre de Françoise Leresche est la première présentation complète, au sein d’une publication française, du modèle LRM (implicitement : il serait dommage de s’en priver !).
Je relève encore deux choses qui me plaisent dans le résultat obtenu :
  • la diversité des types de contributions : les premier et dernier chapitres relèvent plus de l’article académique, les chapitres 7 ou 13 sont des retours d’expérience, tandis que les numéros 6 et 12 sont plus exploratoires — et ainsi du reste. A travers ce kaléidoscope de chapitres, chaque page contribue à poser des jalons qui permettent de construire une réflexion sur l’indexation d’aujourd’hui et de demain
  • Des bouts de code commentés ont pu être conservés dans certains chapitres, afin de donner à voir le mécanisme de traitements informatiques, tout en facilitant la possibilité de les survoler (de les ignorer ?) rapidement : donc plusieurs niveaux de lecture sont possibles. Mais comme vous avez pu le constater précédemment si vous êtes familier de ce blog : j’aime bien donner à voir le code, qui pourrait devenir un type de texte aussi familier pour des professionnels de l’information qu’une notice au format Marc pour un catalogueur (dans les deux cas, ça relève de culture professionnelle de la maîtrise de l’information)
Vous pouvez aussi consulter mes propres contributions déposées sur HAL : intro + conclusion, et le chapitre 7

Gratification et gratitude

J’ai énormément appris à travers cette aventure éditoriale, et je remercie chaleureusement à la fois Martine Poulain et Muriel Amar, qui m’ont précieusement conseillé sur la maturation et la mise en forme du livre. J’adresse également toute ma gratitude aux auteurs dont les noms figurent ci-dessus, car ce fut un réel plaisir de travailler avec eux. J’estime devoir un remerciement plus particulier à ceux qui n’ont pas trop l’habitude de ce genre d’exercice d’écriture, et qui ont accepté malgré tout de me faire confiance. De mon point de vue, le résultat est à la hauteur des espérances, et même au-delà.
Vous trouverez certainement des défauts, des carences : d’abord parce que j’ai une certaine tournure d’esprit qui, parce que subjective, a tendance à insister sur certains points et à en considérer d’autres comme négligeables. Par ailleurs, l’année 2019 (implémentation d’évolutions fortes de Rameau) nous a beaucoup appris, et les textes ont été rédigés à l’hiver 2018-2019 (le rythme éditorial…). Je suis convaincu que le résultat est perfectible, mais de mon point de vue ce n’est pas grave : le livre n’est pas censé être auto-suffisant. Il vient compléter la littérature professionnelle là où il y avait un complément à apporter, notamment autour de la réforme Rameau et de la Transition bibliographique, en recontextualisant ces problématiques sous un certain angle. Les sites Transition-bibliographique.fr et rameau.bnf.fr continuent d’exister, ainsi que d’autres médias (réseaux sociaux, sites pro, etc.). Ce qui y manque sera publié sous d’autres formes, par d’autres canaux (puisque, malheureusement, il semble bien qu’il va falloir renoncer à la collection Bibliothèques du Cercle de la Librairie, et c’est bien regrettable).
Donc merci de votre indulgence : c’était pour moi toute une initiation que de coordonner seul un tel ouvrage, j’aurais certainement encore beaucoup à apprendre. Mais en l’occurrence chacun a fait du mieux qu’il a pu, et je pense sincèrement que ce livre peut rendre de nombreux services, en rendant compréhensible ce qui peut être encore confus, en ouvrant des perspectives, et suggérant des projets.

Promotion

Pour les Parisiens et Franciliens (de résidence ou de passage) : le livre fera l’objet d’une présentation suivie d’un débat le 11 mars en fin d’après-midi à la Bibliothèque nationale de France (site Tolbiac).

Commentaires fermés

%d blogueurs aiment cette page :