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Twitter, c’est comme la prière

09/03/2009

Twitter, c’est comme la prière :

  • On ne peut pas "tester", "pour voir" : il faut pratiquer vraiment pour en comprendre le sens
  • C’est une pratique solitaire, mais rattachée à une communauté
  • On croit qu’il s’agit de s’exprimer, mais en réalité il faut avant tout se mettre à l’écoute
  • On n’a aucune information supplémentaire, mais une plus grande intimité avec les dieux
  • On peut parfaitement savoir ce que c’est, et en conclure que non, ce n’est pas pour soi

Je reprends en détail.

On ne peut pas "tester", "pour voir" : il faut pratiquer vraiment pour en comprendre le sens

J’ai entendu plusieurs fois à la radio : "j’ai testé Twitter quelques jours." Ce n’est pas possible. Pour apprécier ce qu’offre Twitter, il faut s’y investir réellement, et non prétendre y entrer comme observateur.

C’est une pratique solitaire, mais rattachée à une communauté

Twitter est souvent décrit comme du micro-blogging, c’est à dire la possibilité de publier des billets très courts sur une interface encore plus simple à utiliser qu’un éditeur de blog.

En réalité, Twitter pourrait aussi bien se rattacher à la pratique du chat-room, un espace d’échanges permanent entre des personnes connectées simultanément. Donc "raconter sa vie" n’a aucun intérêt. Mais réagir à celle des autres et construire ainsi une conversation en a bien davantage.

Bavardage serait peut-être parfois plus juste. Cela dit, se saluer le matin n’est pas une pratique inutile, ni au bureau ni sur Twitter.

On croit qu’il s’agit de s’exprimer, mais en réalité il faut avant tout se mettre à l’écoute

La première chose à faire quand on crée un compte sur Twitter n’est pas d’expliquer ce que vous être en train de faire, mais de vous inscrire aux fils Twitter d’autres personnes. Dans le monde de la biblioblogosphère, vous pouvez par exemple vous inspirer de la liste de personnes qui lisent Daniel Bourrion, Bibliobsession ou Marlene Delhaye.

Ou bien commencer par lire ces trois-là, et voyez avec qui ils parlent en permanence (si : en permanence). Il y en a d’autres, mais je ne vais pas tous les dénoncer ! De toute façon, dans un premier temps, vous ne verrez que leurs échanges avec d’autres, mais vous ne verrez pas les réponses des autres : vous serez donc obligés, pour y comprendre quelque chose, d’élargir chaque jour un peu plus la liste des personnes que vous suivez.

Au fait, mon compte est , évidemment.

On peut ainsi passer des jours sans rien écrire, mais en appréciant d’être tenu au courant des petites avancées de chacun.

On n’a aucune information supplémentaire, mais une plus grande intimité avec les dieux

Pour les dieux, je vous laisse choisir les vôtres. Ce qui est certain, c’est qu’on a rarement des infos en avant-première. Mais on apprend progressivement que ces dieux sont des êtres humains (eh si !). On a l’impression de mieux les connaître — alors qu’on ne sait positivement rien de plus. Ce n’est pas grave : c’est très valorisant quand même.

En plus, on apprend que les autres, les petits, les sans-grade, ceux qui n’ont pas de blog — sont des gens très bien aussi.

On peut parfaitement savoir ce que c’est, et en conclure que non, ce n’est pas pour soi

Conscient de tout cela, il vous est loisible de conclure que ça ne vous intéresse pas. Mais en connaissance de cause.

De toute manière, pour rentrer vraiment dedans, il est (à mon avis) indispensable de ne pas avoir à aller sur Twitter pour consulter le fil des personnes que l’on suit : si on est adepte de Netvibes, il y a un module Twitter (dans les Widgets essentiels), pour ceux de iGoogle il y a plusieurs modules (non officiels). Pour les utilisateurs de Firefox, il y a TwitterFox. Sinon, votre liste de lecture est aussi un fil RSS (sur authentification).

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7 Commentaires
  1. iman permalien
    09/03/2009 19:09

    Alors "ça vous gazouille ou ça vous t’chatouille ? " Je n’ai pas encore passé le pas mais… ;-)

  2. dbourrion permalien
    09/03/2009 19:53

    Belle vision de la chose… Nous sommes pile dans l’intimité ambiante, je crois, avec Twitter (mais ça n’a rien d’original de constater cela).
    N’empêche, pour moi, c’est la manifestation d’une sorte de réseau permanent qui me fait irrésistiblement penser à un réseau de neurones…

    PS : rétablissons la vérité : je n’y parle pas en permanence, je paie des étudiants pour twitter à ma place… ;-)

  3. 09/03/2009 20:25

    @dbourrion : oui, j’ai bien compris lorsque tu as dit que tu expliquais à Claire le principe de Twitter : un nouveau recrutement (Claire, c’est la stagiaire ?)

  4. dbourrion permalien
    10/03/2009 07:01

    @Lully: ouep, je pourris la jeunesse :-)

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