Créer un nouveau style de bibliographie pour Zotero en 3 vidéos

Bon, c’est bâclé mais au moins c’est fait.

En fait, une vidéo suffit : celle-ci, qui présente en 5 minutes (avec son) l’interface de Simple Style Generator de Zotero.

Mais cette seconde vidéo-ci (5 minutes aussi) peut être nécessaire pour ceux qui voudraient rajouter des champs non proposés sur l’interface. En effet la demande m’est venue dans un commentaire d’expliquer un peu l’interface, or celle-ci ne permet pas de récupérer l’ISBN (et éventuellement tout autre champ un peu exotique : si on veut récupérer le champ de Notes parce qu’on y stocke systématiquement le prix des ouvrages ou ce genre de choses, par exemple).

La seconde vidéo rajoute la valeur de l’ISBN dans un style déjà créé. Cela passe par une intervention simple dans le fichier XML simple qui génère les références bibliographiques. Mais je n’y prends pas le temps d’expliquer ce que sont des balises XML, par exemple….

Et enfin, cette troisième vidéo (1 ‘30) explique comment retrouver l’intitulé d’un champ qu’on voudrait exporter dans une bibliographique.

En effet dans la vidéo 2, j’ai utilisé le champ ISBN, dont le nom (“ISBN”) était relativement intuitif. Pour “l’appeler” dans le fichier de style, je voyais à peu près quel nom utiliser. Ce n’est pas toujours le cas. La 3e vidéo indique comment retrouver le nom d’un champ qu’on souhaite exporter.

<update>En fait, on a la liste des champs et la manière de les désigner sur cette page du site Zotero</update>

Je précise surtout que ces trois vidéos sont fondamentalement contextuelles, liées aux billets que j’ai fait autour de Zotero pour les acquéreurs et à l’export d’ISBN. Ce n’est donc pas une formation approfondie à l’interface, et l’exemple de style créé dans la vidéo n’a de sens que pour les monographies, pas pour les articles (par exemple).

Bref, c’est du vite fait mal fait pour permettre une première approche.

L’ensemble des vidéos prend 12 minutes, avec le son (sans le son aussi, d’ailleurs). Mais au final, pour créer un style, il faut 3 minutes maximum…

Je précise enfin que je ne suis pas un spécialiste des styles de bibliographies ni de l’interface Simple Style Generator : j’ai dû m’en servir 5 fois dans ma vie (dont les 3 fois pour faire ces vidéos).

LibX et Zotero pour les acquéreurs – une certaine utilisation de ces outils (1/2)

Plusieurs billets antérieurs essaient de reconstituer une chaîne de traitement pour les acquéreurs, en utilisant des outils adaptés (au besoin en les adaptant) et en essayant de fluidifier tout ça.

Résumons :

  • Etape 1 : la veille. L’acquéreur trouve sur Internet (notamment par des fils RSS adaptés, ou en s’abonnant à Vigilibris ou Electre) des titres intéressants à acheter
  • Etape 2 : le panier. il constitue dans Zotero un panier à partir de toutes ces sources pour constituer sa future commande
  • Etape 3 : l’export du panier. il exporte les ISBN de son panier Zotero grâce à un format “bibliographique”.
    A noter : je n’ai pas du tout exploré dans ce circuit les potentialités de la gestion de paniers en ligne avec Zotero 2.0. Ce serait à creuser.
  • Etape 4 : la récupération des notices il met cette liste d’ISBN dans Moccam-en-ligne pour en récupérer les notices (même billet Zotero-Moccam)
  • Etape 5 : le chargement dans le SIGB.

Comme Shaun l’a bien vu (mais je prétends m’en être rendu compte dès la rédaction du billet sur Zotero pour les acquéreurs), il y a un souci à l’étape 1 : lorsque je trouve une référence intéressante, c’est rarement (ou au moins : pas toujours) sur un site Zotero-compatible (rappelons tout de même qu’il est très facile quand on tient un blog ou un site web d’insérer une référence d’ouvrage avec Zotero, et que ça rend la notice téléchargeable par les internautes utilisant aussi Zotero).

Donc il faut trouver une manière de basculer rapidement depuis le site contenant la référence vers un site me permettant d’exporter cette référence.

C’est là que je propose LibX.

LibX démultiplié

Souvenez-vous : LibX permet de rendre un ISBN cliquable de manière à ce qu’il pointe vers votre catalogue.

Mais

  1. rien ne vous empêche de pointer vers une autre base que votre catalogue. Par exemple : le Sudoc, WorldCat, Google Books, Amazon.
  2. rien de nous empêche de paramétrer plusieurs catalogues.

Que se passe-t-il si vous paramétrez plusieurs catalogues ?

Pour exploiter les ISBN comme rebonds vers des bases d’ouvrages, LibX vous propose deux méthodes :

  1. l’autolink : le navigateur reconnaît un ISBN et le rend cliquable. S’il y a plusieurs catalogues paramétrés, il ne pointe que vers le 1er
  2. le lien dans le menu contextuel : les préférences LibX permettent de choisir d’afficher un ou plusieurs des catalogues paramétrés
    Ce qui  permet de voir :

Rappel : pour afficher la pop-up “LibX Preferences”, cliquez (clic gauche) sur l’icône LibX présente au bas de votre navigateur, et choisir la ligne “LibX Preferences” :

Bon, et maintenant ?

Si vous paramétrez Amazon, WorldCat et le Sudoc, par exemple, sur les critères ISBN, vous pouvez être sur n’importe quelle interface contenant un ISBN, et ainsi connaître d’un clic la disponibilité, puis, si vous n’avez pas l’ouvrage, la possibilité de basculer (en sélectionnant l’ISBN puis en faisant un clic droit) sur une autre base zotero-compatible, vous permettant ainsi de charger la notice aisément.

Pour paramétrer ces trois bases, il faut :

  1. créer pour chacune un nouveau catalogue “Bookmarklet (URL Template)”,
  2. sélectionner ISBN dans les champs interrogeables et indiquer les URL suivantes :
    1. Amazon : http://www.amazon.fr/s/ref=nb_ss?__mk_fr_FR=%C5M%C5Z%D5%D1&url=search-alias%3Daps&field-keywords=%i (le %i indique où l’ISBN est à placer pour structurer une URL de requête)
    2. WorldCat : http://www.worldcat.org/search?qt=worldcat_org_all&q=%i
    3. Sudoc : http://www.sudoc.abes.fr/DB=2.1/CMD?ACT=SRCHA&IKT=7&SRT=RLV&TRM=%i

    Sauf pour le Sudoc, les URL indiquent qu’il faut faire une recherche “Tous champs” dans laquelle placer l’ISBN

Voir la vidéo (3-34 – muet)

Limites

La sélection de l’ISBN peut parfois être pénible du fait qu’il soit rendu cliquable. Vous pouvez donc être amené à désactiver l’autolink (décocher la case dans les préférences LibX). Les ISBN ne seront plus cliquables, mais vous pourrez les sélectionner plus facilement (par un double-clic gauche).

Ne nous leurrons pas : sur de nombreux sites seuls le titre et l’auteur seront fournis. Donc pas de recherche ISBN possible.

Cette question fera l’objet du prochain billet..

Citeline et Zotero : publier aisément une bibliographie

Voilà un outil qui a sans doute des alternatives, et qui ne changera la vie de personne.
Je le signale tout de même, car il reste intéressant : selon votre situation et vos méthodes de travail, soit il vous rendra un réel service, soit vous n’en aurez pas l’usage. De toute manière autant le connaître…

Principe

Citeline est un service du MIT permettantà des professeurs de mettre des “exhibits” en ligne, c’est-à-dire une sélection d’ouvrages à destination de leurs étudiants. Si j’ai bien compris, l’intérêt est double :

  • Une fois que l’étudiant affiche la bibliographie en question, de nombreux outils de tri, de filtres et de recherche lui permettent de sélectionner ceux qui l’intéresseront spécifiquement, et récupérer cette liste dans différents formats bibliographiques.
  • Par ailleurs le prof peut aussi récupérer le code HTML correspondant à une sous-sélection des ouvrages qu’il a mis en ligne, s’il souhaite afficher cette liste sur son site web, par exemple.

Ces deux récupérations se font en cliquant sur l’icône .

Il est donc destiné aux enseignants et chercheurs disposant d’un site servant de support à leurs cours, ou publiant des articles sous forme de pages HTML.

Voici la procédure :
1. Vous créez un compte, et vous uploadez un fichier BibTeX pour générer un “exhibit“.

2. Cela vous génère une page web contenant toutes les références (le MIT vous en propose un exemple plus fourni). N’importe quel internaute visionnant cette page peut manipuler ces données (elles sont désormais toutes dans son navigateur, et ce n’est pas la liste stockée sur le serveur qui est modifiée) pour filtrer des résultats, lancer une recherche par mot-clé, trier par année, regrouper par auteur, etc.

Interconnexion Zotero-Citeline : l’extension ZotZ

Après avoir installé l’extension ZotZ (téléchargeable ici), qui permet d’associer Zotero et Citeline, vous pouvez sélectionner un répertoire dans Zotero, puis cliquer sur Outils et choisir “Export to Citeline”

Ce n’est donc pas une fonctionnalité supplémentaire pour les utilisateurs de Zotero, mais une facilité supplémentaire pour les utilisateurs de Citeline, ou de ceux qui sont susceptibles d’en avoir l’usage (et ne savaient pas que ça existait).

Oui mais…

J’ai tardé à vous parler de Citeline, parce qu’il y avait un problème : lors de l’upload d’une sélection depuis Zotero, l’affichage des signes diacritiques dans Citeline posait des problèmes.

En fait, Zotero produit un encodage UTF-8, alors que Citeline n’accepte que de l’ISO-8859-1. La différence est essentielle pour les accents : une page web encodée en UTF-8 contient le caractère “é”, et la même encodée en ISO-8859-1 contiendra l’entité HTML “&eacute;” permettant au navigateur d’afficher le caractère “é”.

Bref, dans Citeline on obtenait ??? pour chaque diacritique et rendait le service inutilisable pour tout internaute francophone.

Solution partielle

Or la version 2.0 de Zotero (celle qui est synchronisable en ligne et permet de créer des groupes et vient de sortir et est sensationnelle) a une fonction de choix de format d’encodage à l’export (UTF-8, ISO-8859-1, etc.) qui marche.

Oui, car la fonction existait aussi dans la version 1.5, mais quand on choisissait l’exporte n ISO-8859-1, Citeline n’en voulait pas pour autant.

Voici un rapide screencast (2 minutes de cinéma muet) pour savoir comment demander à Zotero que, pour chaque export, je puisse spécifier dans quel format je le veux.

Voir la vidéo

Cela signifie tout de même que l’extension ZotZ est inutilisable si vous voulez publier des titres contenant des signes diacritiques : il vous faut passer par un export en BibteX de votre bibliographie, enregistré dans un fichier local, pour télécharger ensuite ce fichier sur la page d’accueil de Citeline.

PS : Merci à Marlène pour ses exigences ;-)

PS2 : dans la vidéo, j’avais oublié que sur le PC utilisé c’était la v1 de Zotero qui était installée. D’une certaine manière, le résultat confirme ce que je disais…

PS3 : précision amusante : je n’ai pas encore beaucoup testé la version 2 de Zotero, mais il se pourrait bien que la possibilité qu’elle donne de publier des bibliographies en ligne rende inutile Citeline. Bon… comme j’avais rédigé la quasi totalité de ce billet avant, je n’ai pu me résigner à le supprimer corps et âme.

Zotero pour bloguer sur des ouvrages

En lien avec mon billet précédent sur l’OpenURL.

Je maintiens l’idée que dès qu’une référence bibliographique apparaît à l’écran, la machine doit pouvoir identifier la nature de cette information comme telle. Cela permet des rebonds OpenURL si le navigateur est doté d’OpenURL Referrer. Cela permet (et permettra de plus en plus) une meilleure articulation avec les logiciels de gestion bibliographique. En bref, les COinS sont la traduction à destination de la machine du texte libellé en clair pour l’utilisateur.

La seule condition pour les utiliser : ne pas avoir à les saisir manuellement.

Donc si vous tenez un blog qui parle régulièrement de livres divers — je pense notamment aux blogs de bibliothèques — jusque-là vous aviez le choix entre :

  1. écrire à la main la référence de la notice
  2. copier-coller depuis votre Opac, depuis WorldCat, Amazon ou LibraryThing (pour refaire ensuite la mise en forme, car un affichage tabulé n’est jamais ce qu’il y a de mieux pour un billet de blog)

Désormais vous aurez l’obligation de vous simplifier la vie, et de simplifier celle de vos lecteurs :

  1. Vous récupérez la notice biblio dans Zotero (toujours depuis votre Opac, WorldCat, etc.)
  2. Dans Zotero, vous sélectoinnez le titre que vous voulez bloguer, vous faites un clic droit > Créer une bibliographie à partir de l’élément sélectionné
  3. Vous choisissez le style de citation (=mise en forme de la référence — il vous faudra sans doute un peu de temps avant de trouver celui qui vous plait le plus) et Copier dans le presse-papier
    Copie d'écran Export bibliographique
  4. Vous collez dans votre éditeur de blog. Il vous affiche la référence, et il cache une balise span contenant les métadonnées du document.

Donc si un lecteur lit votre billet, est intéressé par l’ouvrage, il peut en récupérer la notice rapidement dans son logiciel de gestion bibliographique.

Si une autre bibliothèque (disposant d’un résolveur OpenURL) lit votre billet, elle peut cliquer sur le lien OpenURL pour savoir rapidement si elle-même possède déjà le document ou non.

De manière plus générale, il me semble inutile (dépassé serait plus juste) d’argumenter sur le bien-fondé d’une telle procédure :

  1. c’est plus simple que le copier-coller
  2. nous enrichissons nos pages de contenus sémantiquement structurés (sémantiquement pour la machine, cela va de soi)
  3. en développant naturellement ce genre de pratiques, nous participons aussi aux usages généraux du web, à la propagation de nouvelles possibilités.

On voit ainsi dans l’exemple ci-dessus que les COinS facilitent le “dialogue” entre une page web (parlant d’un bouquin) et un logiciel de gestion bibliographique. Mais d’une certaine manière, le format OpenURL sous forme de COinS peut fort bien devenir un format d’échange (ou plus exactement d’interopérabilité) entre les différents outils permettant de gé(né)rer des métadonnées : Connotea, LibraryThing, Amazon, Opac, etc.

Actuellement, quand un catalogue de bibliothèque propose l’export de ses notices vers l’un ou l’autre site (par les notices détaillées sur ce site propose une série de sites vers lesquels bookmarquer la notice), la bibliothèque doit assurer une maintenance sur la syntaxe propre à chaque plateforme. C’est la même chose lorsqu’un site de presse propose d’”envoyer” un article vers Digg, Wikio ou Facebook. Or l’OpenURL permet de décrire des sites web, des billets de blogs, à peu près toute ressource que l’on peut souhaiter décrire sur la Toile. Donc il constitue un format d’échange exemplaire.

Bref, il faut aller dans cette direction-là !

A quoi sert l’OpenURL

Même si on en parle de plus en plus, même si de plus en plus de bibliothèques en sont dotées, je ne suis pas sûr que tout le monde voie clairement comment fonctionne et à quoi sert l’OpenURL. Il est possible que ce billet arrive trop tard et ne soit plus nécessaire. Dans ce cas-là je m’en réjouirai (tout le monde serait au fait de l’OpenURL).

Le principe de base est clair : en tant que chercheur, étudiant, lecteur, je rencontre sur Internet ou ailleurs des notices bibliographiques (articles, livres, vidéos, etc.). A chaque fois que j’en rencontre une, je veux qu’un lien apparaisse qui aille interroger directement le catalogue de MA bibliothèque, pour savoir si celle-ci peut me proposer le document.

Voyons à présent comment ça se concrétise.

Il vous faut deux extensions Firefox (la première fonctionne aussi avec Internet Explorer) pour le visualiser :

  1. OpenURL Referrer
  2. Zotero

OpenURL Referrer

OpenURL Referrer est une extension qui, dès qu’une référence bibliographique (identifiable comme telle par la machine, et pas par l’internaute) est présente sur la page, propose un lien vers le catalogue de la bibliothèque qui interroge ce catalogue pour savoir s’il contient la ressource (le livre s’il s’agit d’un livre, la revue s’il s’agit d’un article).

Donc vous installez OpenURL Referrer, et vous le configurez.

openurl-referrer-11

Je vais le configurer en supposant que je fais mes études au MIT. L’URL du résolveur OpenURL du MIT est : http://owens.mit.edu:8888/sfx_local/. Donc je la mets dans “Link Server OpenURL”. Et dans le champ Display link as Text, je mets : “Trouver le document”.
Si ce n’est pas mis par défaut, il faut cocher comme “version” (sous l’URL) : 0.1

openurl referrer preferences

J’ai trouvé ces paramètres en cherchant sur Google : “MIT OpenURL

Désormais, chaque fois que le navigateur va rencontrer une référence bibliographique, il va me proposer un lien cliquable “Trouver le document” vers le catalogue du MIT, m’indiquant si la bibliothèque possède la ressource en question.

Cela se voit immédiatement :

Si à présent je ne suis plus au MIT, mais à la l’université d’Angers (il y a des parcours singuliers, parfois), à la place de l’URL précédente propre au MIT, je mettrai : http://sfx6.exlibrisgroup.com:3210/sfxangers.

Et si je suis à Paris 6, je mettrai : http://jubil.upmc.fr/openurl.

A chaque fois, sur les mêmes sites, l’URL pointera sur mon catalogue.

Comment ça se passe ? Le site lui-même ne génère que la fin de l’URL, toujours la même, qui contient les métadonnées de la ressource (titre, auteur, ISSN, etc.). C’est le navigateur qui rajoute la racine déclarée dans les Préférences d’OpenURL Referrer. Tous les résolveurs acceptent une même syntaxe d’interrogation dans l’URL :

[Rq : c'est un livre en français, et le MIT ne l'a pas. L'existence du lien ne promet pas l'existence du livre]

Faire une requête en construisant une URL

Il n’a échappé à personne que pour interroger un moteur de recherche sur Internet (Google, Yahoo, Amazon, catalogue de bibliothèque), on peut

Le champ correspondant aux mots recherchés sera, s’appellera, selon la base : q, p ou “field-keywords”.

Mais pour une référence bibliographique, on peut avoir plusieurs champs qui caractérisent la ressource : auteur, titre de l’article, titre de la revue, ISSN, numéros des pages, etc.

L’idée simple de l’OpenURL, c’est que toute ressource référençant des documents utiliserait le même vocabulaire. La norme OpenURL, c’est donc un standard qui définit que le champ “Nom de famille de l’auteur” ne s’appellera pas “auteur”, “author”, “creator” ou autre, mais “aulast” (pour last name). Tout catalogue qui accepte l’OpenURL doit donc accepter que son champ Auteur s’appelle “aulast”.

De même, le titre de l’article sera, dans l’URL : “atitle” ; le titre de la revue : “title” ; l’ISSN : “issn”, etc.

Comme généralement le catalogue lui-même n’est pas nativement OpenURL, il faut installer un résolveur OpenURL (ou résolveur de liens, ou link resolver, ou link server) qui comprendra la requête OpenURL, la transmettra au catalogue (en Z39.50, par exemple) et récupèrera le résultat pour afficher la notice détaillée. De même que le catalogue a une URL d’accès, le résolveur a une URL spécifique. C’est l’URL racine à indiquer à OpenURL Referrer.

Zotero

Zotero est un logiciel de gestion bibliographique intégrée à Firefox. On remplit sa bibliographie en naviguant sur Internet. On peut y stocker des notices d’articles, de chapitres, d’ouvrages, de conférences, etc., rencontrées un peu partout. Si je fais une recherche dans le Sudoc, une liste de résultats peut être rapidement stockée dans ma bibliographie (liste des sites où Zotero est capable de reconnaître des références biblio et de les importer en deux clics).

Quand j’affiche une notice, j’ai un bouton “Localiser”. Il permet de bricoler la fin de l’URL en vocabulaire OpenrURL, en mettant bout à bout les infos contenues dans la notice (titre, auteur, etc.), et de rajouter en racine l’URL du résolveur indiqué dans les préférences.

localiser1

Preferences Zotero

Autres applications — Que devons-nous faire ?

[Rq préalable : Ex Libris, fournissant le résolveur SFX, de loin le plus répandu, se charge d'un certain nombre de démarches décrites ci-dessous. Tout ce qui nous reste à faire dans ce cas, c'est la comm'.]

OpenURL Referrer permet de générer un lien dès que des métadonnées sont présentes dans la page. Pour cela, il faut que la machine sache qu’il s’agit de métadonnées. Donc les informations doivent être à la fois écrites “en clair” pour l’utilisateur, avec des caractères droits et italiques, et sous forme de balise autofermante  <span> contenant les informations bibliographiques en mode OpenURL : ce sont les fameuses balises COInS dont parlait déjà Figoblog il y a fort longtemps. La balise <span> étant autofermante, un navigateur ne la comprenant pas ne l’affichera pas. Mais si le navigateur sait ce que sont ces balises, il va générer le lien conformément au profil demandé par l’utilisateur, càd rajouter l’URL racine propre à la bibliothèque, et produire le texte (“Trouver le document”) choisi par l’utilisateur.

Une telle balise <span> ressemble (à peu près) à ceci (cf. aussi cette page) :

<span class="Z3988" title="genre=book&amp;aulast=North&amp;aufirst=Simon&amp;title=XML"/>

Ou trouve-t-on des références bibliographiques ?

Les bases de données bibliographiques comme le Web of Science, Pascal, Google Scholar, savent produire ce genre de balises. Si la base est sur abonnement, il faut déclarer son résolveur (et sa version, car il y a deux versions du langage OpenURL…) auprès de son fournisseur. Ainsi, par reconnaissance de l’IP, le fournisseur mettra la bonne URL racine (on parle de “base URL” dans la norme OpenURL).

Les bibliographies d’articles dans les revues en ligne payantes. Sur IOP, IEEE et plein d’autres, l’éditeur du site est capable, à côté de la référence de l’article, de générer un lien OpenURL si on le lui demande gentiment. A noter que nous avons déclaré notre “URL racine” à ScienceDirect — il s’est mis à générer un lien OpenURL uniquement avec les métadonnées de l’article en cours de lecture : on cliquait sur le lien, on basculait sur le site de la bibliothèque qui renvoyait à l’article en question. L’intérêt de la chose m’a laissé pantois. Nous avons retiré le lien.

Exemple de lien OpenURL ("Disponibilité") depuis la bibliographie d'un article

Exemple de lien OpenURL (

Certains services de gestion de bibliographie gratuits et collaboratifs comme Connotea (CiteULike ne le fait pas encore) génèrent déjà des liens OpenURL avec l’extension OpenURL Referrer.

Les pages des sites des bibliothèques, devant prêcher la bonne parole, devraient comporter ces balises <span> à chaque référence bibliographique mentionnée. Les outils pour le faire facilement se multiplient. Et pourquoi pas dans nos catalogues : avec les moteurs de recherche web qui indexent de plus en plus le web invisible, Dieu sait le nombre de manières qu’un utilisateur a de tomber sur une de nos notices, dans notre catalogue, sans être passé par l’interface d’accueil. Donc s’il arrive directement sur une notice de livre, il peut apprécier un lien qui le renvoie directement à sa bibliothèque

A une époque, WorldCat générait ces liens. Du moins je les voyais sur les notices détaillées grâce à OpenURL Referrer. Je ne les vois plus pour l’instant (c’est curieux puisque WorldCat et l’extension OpenURL Referrer sont des produits OCLC). Plus généralement, tous les catalogues collectifs, qui dans une certaine mesure servent aussi de base bibliographique, devraient permettre cette fonctionnalité.

Le signalement des revues en ligne pourrait se faire de cette manière dans le Sudoc, et sur son propre Opac : régulièrement on se demande s’il faut cataloguer les revues en ligne dans le Sudoc. Déjà, si on pouvait demander au Sudoc un lien OpenURL, l’utilisateur pourrait, ayant trouvé une revue (papier ou en ligne), tomber sur le résolveur de sa bibliothèque qui lui dirait si celle-ci a la revue papier et/ou en ligne. De même, un lien dans l’Opac (notamment depuis les notices de revues, mais aussi depuis les monographies avec l’achat croissant de e-books) devrait permettre de rebondir rapidement des collections papier vers les collections en ligne.

Les postes publics des bibliothèques et les ordinateurs portables prêtés devraient donc proposer Firefox avec l’extension OpenURL Referrer préparamétrée (l’extension existe aussi pour IE7, mais je n’ai jamais compris comment les extensions IE fonctionnaient…).

Et pour les développeurs : Zotero ne passe pas d’accord avec les éditeurs de sites. Il s’appuie sur une communauté croissante de développeurs qui s’amusent à décortiquer le codage HTML des listes de résultats dans les catalogues, bases de données et autres, pour faire comprendre au logiciel que, sur telle URL, quand c’est violet c’est le titre, quand c’est vert c’est l’auteur, etc. (on trouve parfois des associations de couleurs un peu indigestes). Autrement dit, Zotero avale une information “mise en forme” et la restructure sémantiquement. Il en faudrait peu pour que Zotero prenne la place d’OpenURL Referrer, et génère à chaque référence rencontrée un lien OpenURL : sur HAL, OAISter, ArXiv, Pubmed, etc., toutes ces ressources gratuites qui ne dépendent donc pas d’éditeurs auprès desquels le fournisseur de notre résolveur OpenURL, non plus que le responsable de la doc électronique, pourrait déclarer les IP de ses utilisateurs.

NB : remarque sur SFX.

SFX est un logiciel remarquable. Mais je n’y ai rien compris la première fois que je l’ai rencontré : plusieurs liens sont proposés d’emblée, et on ne voit pas de raison a priori de cliquer sur l’un plutôt que sur l’autre. L’efficacité est là, mais en terme d’ergonomie il faudrait repenser la page de résultats. Parce qu’il est hors de question de prendre le temps d’expliquer à l’internaute ce qu’est l’OpenURL et poufrquoi il voit ce qu’il voit, alors que l’objectif de l’OpenURL est précisément de rendre la recherche plus intuitive (j’ai une référence — Hop ! je clique — et la bibliothèque m’indique si je peux avoir la notice en ligne ou en salle).

Biblio-webographie

Sylvain Machefert, L’OpenURL dans les institutions françaises, une chance pour la valorisation des ressources électroniques ?, Institut national des techniques de la documentation du CNAM – Mastère professionnel, 06/11/2007, [En ligne], http://memsic.ccsd.cnrs.fr/mem_00000613/fr/

“OpenURL”, Wikipedia, dernière mise à jour : 30/10/2008, [En ligne], http://en.wikipedia.org/wiki/OpenURL

“OpenURL”, Bibliopedia, dernière mise à jour : 18/04/2008, [En ligne], http://www.bibliopedia.fr/index.php/OpenURL